‹ Procès de M.F. Lamennais devant la Cour d'assises, a l'occasion d'un écrit intitulé Le pays et le gouvernementChapitre 4 sur 17 · VISITE DES ETUDIANTS · texte numérisé non relu

VISITE DES ETUDIANTS

0 La brochure de M. Lamennais a été publiée tout enticrOj ou en partie, dans la plupart des journaux indépendants des départenients. Les injures grossières qu'elle a values à son auteur de la part des feuilles du château, lui ont mérité les justes témoignages de sympathie de la part des citoyens.

« Les étudiants voulaient se rendre en grand nombre auprès de l'illustre écrivain; mais pour éviter tout prétexte de trouble et de provocation, ils ont jugé convenable de lui envoyer une députation.

« Ce malin, six étudiants, au nom de leurs camarades, se sont rendus au domicile de M. de Lamennais, et l'un d'eux portant la parole s'est exprimé ainsi :

« Monsieur,

a Nous venons , au nom de la majoiilé des étudiants aclueliemont « présents à Paris , vous témoigner notre admiration pour l'ouvrage « plein de courage et d'énergie que vous venez de publier. C'est une « nouvelle preuve que vous venez de donner de votre noble dévoue- « ment a la cause du peuple.

« Nous n'avons pas été surpris que ce dévouement ait suscité contre « vous des mesures violentes. Un pouvoir qui s'abaisse devant l'étran- « ger doit être brutal envers tous ceux qui défendent coaime vous les « droits du pays et la grandeur de notre nationalité.

« Ces mesures vous ont trouvé inébranlable. Votre conscience est a « la hauteur de votre talent, et les sympathies publiques doivent « vous prouver que les hommes de cœur savent apprécier l'un et « l'autre.

« Pour notre compte, Monsieur, nous avons cru devoir répondre « par de nouvelles expressions de notre estime et de notre reconnais- « sance, aux persécutions d'un pouvoir que nous avons flétri avec au- « tant de force que de vérité. »

« M. Lamennais a remercié ces jeunes gens de leur visite; il a ajouté qu'elle le dédommageait amplement des tracasseries dont il avait été l'objet. Du reste, en écrivant sa brochure, il avait su combien elle blesserait \os heramts qui sont ;iui'>îiri!'hai à la tête des affaires; mais qu'il avait fait sou devoir; qui! le ferait encore en toute occasion : si un

t'crivaln, ili-foiiilant avec conscience la cause du peuple, esl a peu près cerlaiii do provoquer des persécutions, il doit se trouver licuieux de réunir les sympathies lionoriil)lcs dont les témoignages lui arrivent de toutes parts. »

( National du 24 octobre.)

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