‹ Procès de Patrick James Whelen [microforme]Chapitre 12 sur 19 · SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI · texte numérisé non relu

SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

Le 10 septembre 1868, , 8 heures, P. M.

Vous dites, dans le Journal de Québec du 8 courant, que le procès Whelan comptera

‘parmi les causes célèbres. IL est rare, en

effet, qu'une cause réunis. e tant d'éléments propres à intéresser le publie. Toutefois, on attendait plus de la défense, Je ne saurais juger, Â présent, quel poids auront les témoignages qu'elle à produits, mais, corame me le disait un Anglais ce matin,

oo

la ‘défense boîte” évidemment. La déposition de Lacroix reste intacte jusqu'à présent, et elle est corroborée par celles de plusieurs autres témoins. Aujourd’hui, comme hier, la Cour a été comble toute la journée ; on y étouffe, on y est littéralement asphvxié. Un des jurés est bien malade. La Cour lui a procuré un médecin ; il aimerait mieux le grand air et son home. À mesure que la fin du procès approche, les paris se multiplient. De très-fortes sommes sont engagées, me diton. Les uns veulent que Whelan ne soit condamné que pour avoir pris part à une conspiration dont :e but était l'assassinat de M. McGee. Les autres prétendens qu’il sera ou totalement acquitté, où pendu ; discussions oiseuses, mais qui doivent naturellement surgir entre gens qui ont passé près d’une semaine à la Cour et commencent à s’ennuyer terriblement.

Je contisue à vous donner l’ahalyse complète des témoignages.

/ Jon CosGRoVE. assermenté, puis examiné par l’hon. J. H. Cameron :

Je demeure à Hull ; je connais Lacroix.

Le voilà, c’est lui. Il a la réputation d’être un ‘“ grand menteur.”

Æxaminé par M. J. O’Reilly :

Je connais Lacroix. Je ne sais quelle est sa profession. J'ai vu son nom mentionné dans les journaux. A Hull, il a obtenu des marchandises de moi sous de faux prétextes.

Simon LAFERRIÈRE, assermenté, puis eXaminé par l’hon. J. H. Cameron :

Depuis trois ans, je réside à Hull, il y a eu un an l'hiver dernier que je ïis la connaissance de Lacroix. Il n’a pas un bon “ caractère, ”?

Examiné par M. J. O’Reilly :

Je ne parle pas anglais. Je demeure à Ottawa depuis 10 ans. J’ai habité Aylmer et Hull. Je suis peintre. En 1865, je suis alié aux Etats-Unis où j'ai d’abord RE | ma profession ; puis je me suis engagé dan l’armée dû Nord. Je parle anglais pour les affaires ordinaires, mais pas bien. De puis mon retour, jo me suis engagé deux fois dans les chantiers et le reste du temps j'exerce ma profession de peintre. Je connais M. Lapierre, l'avocat, depuis l’époque où il allait au collége. Jessuis allé avec M. Lapierre chercher des témoins. On s'est “ bien amusé ” le long du chemin.

J'ai vu M. O’Farrell avant-hier soir à Ia taverne de Starr, près du marché. J'étais avec M. Lapierre et nous avons vu M.

O'’Farrell.

D et entres RSA SARA RSL NN

(Toutes les dépositions faitos en français | lui, à la Société Saint-Patrice et je me rap-

sont traduites, à mesure, en anglais par M. G. H. Macaulay, traducteur assermenté).

Frs. MarIGNyY, assermenté, et interrogé par l'hon. J. H. Cameron :

Je demeure à Hull depuis trois ans. Je connais J. B. Lacroix ; j'ai été deux mois avec lui en chantier. D'après ce que j'ai entendu dire de Lacroix, son ‘ caractère ?” général n’est pas bon ; je ne le croirais pas sur son serment. é

Exaniné par M. J. O’Reilly :

Je n'ai pas reçu d'argent.

Euphémie Larosse, assermentée et interrogée par l’hon. J. H. Cameron :

J’ai été en service chez M. Starr à l’époque où le prisonnier y pensionnait. Un jour, en faisant son lit, j'ai trouvé un pistolet entre la paiilasse et le matelas ; je l'ai pris, le coup est parti et m'a fait une blessure au bras. (Elle montre la marque.) Cela eut lieu avant le meurtre de M. McGee, six semaines environ après le jour de l'an.

William GoRDEN, interrogé par l’hon.

J. H. Cameron :

Je connais Whelan. J'étais teneur de livres chez M. Eglesgn tailleur où il traväillait. C’est le 28 novembre 1867 qu’il commença à traveiller chez M. Egleson.

pelle le meeting du ler mers où Whelan fut désigné pour être Murshald après quelque discussion. Lorsqu'il revint de Montréal, 5 ou 6 jours, je crois, après le jour de l'an, il avait un pistolet qu'il voulut me vendre. Je ne l’achetai pas.

Je n’ai pas marqué dons le livre la date du retour de Whelan. Je sais que Whelan appartenait au Sharm:vck quadrille club. Une fois, dans la boutique en lisant un journal, Whelan dit oue M. McGee n’était pas, après tout, un méchant homme. Lorsque Whelan fut arrêté, bien des gens du voisinage ont manifesté des sympathies pour lui. Je me rappelle que Whelan avait un jour montré son pistolet en rna présence, dans la. boutique ; Rowsell et un jeune homme du nom de Shanly étaient aussi présents. J'ai entendu parler de l’assaut sur Turner; l'as saut avait eu lieu dans une salle do danse.

Je croïs que Doyle a été arrêté le même

soir que \7helan.

Doyle a fait faire des habits chez Egleson dans le cours de l'hiver. Je ne suis jamais allé à la Chambre des Communes. avec Whelan.

À l’hon. J. H. Cameron :

Whelan a travaillé le jour du meurtre:

Madame Murray, examinée par l’hon.

La veille de Noël suivant, il vint dire adieu |J. H. Cameron :

aux ouvriers. Il revint travailier quinze jours plus tard. Il montra un pistolet (revolver) dans la boutique. Je vis encore le pistolet au printemps avant la mort de M.

MoGoe. Je ne l’examinai pas de près, mais c'était un revolver à six cours. Un des canons avait été décharge, et il nous dit que c'était la servante de chez Starr qui l'avait déchargé et s'était blessée au bras. J'ai vu Turner ici, entre autres fois le mer-redi qui suivit le jour du meurtre. Il vint à-1a boutique et parla du prisonnier, en présence de Wm Rowsell, P. Egleson, Wm et Jas. White, et Jas. Kinsella. Il dit à Egleson : “ Ainsi, ce pauvre Jim est arrêté; c’est n\alheurc'ix, c’est: un bon garçon. ,, + —Quel Jim ? demanda Egleson.

: James Whelan, répon@it Turner ; puis il ajouta qu'il avait entendu un M. P. dire que le gouvernement avait offert $16, 000 ur l’appréhengion du meurtricr. Turner Lit que, pour la moitié de cette,souime, ‘ il ferait pendre son grand-père. ”

Interrogé par M. J. O’Reilly :

Je connais le prisonnier novembre dernier.

r depuis 12 ler J’appartiens, comme

Je demeure à Ottawa. Je connais le prisounier. Il a pensionné chez moi en novembre et décembre 1867. Le 24 décembre i! partit pour Montréal par les trains de 1 h'ure.

À M. J. O’Reilly :

Le témoiu répète ce qui précède relativement au séjour de Whelan dans sa maison et ajoute que c'était un pensionnaire modèle, régulier, inoffensif et payant bien toutes les semaines.

John Lyew, interrogé par l’hon.J. H, Cameron :

Je demeure à Ottawa ; je suis épicier, Je sais que Whelan est parti pour Montréal la veille de Noël 1867.

À M. J. O’Reilly :

C’est la veille de Noël que Whelan me fut présenté par quelqu'un à ma boutique.

J’appartenais, comme lui, à la société Saint-Patrice. Je n’ai jamais parlé de M.

McGee à Mike Murphy. Je n’ai jamais parlé de Mike Murphy à Whelan. Jesuis agent ponr le journal l’Zrish Canadian.

À l'hon, J. H. Cameron :—C'ect la veille de Noël que Whelan est parti.

Pack KeLzy, interrogé par l’hon. J.

H. Cameron :

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Je demeure à Ottawa depuis trois ans et j'étais employé chez Egleson, tailleur, au mois de décembre 1867. Le 24 du même mois, Whelau partit pour Montréel. Il se fit un habit quelques jours auparavant. Il revinc de Montréal 8 ou 10 jours après le premier jour de l’an, je crois.

A M. J. O’Reilly :

Le témoin répète ce qu'il a dit du séjour de Whelan à Ottawa chez Egleson, puis il ajoute :

Le prisonnier parlait souvent en termes élogieux de M. McGee. Il lisait les journaux autrefois et allait au parlement. J’ap-

artiens à la société de Saint-Viacent de

aul et à la Saïint-Patrice. Lorsque Whelan revint de Montréal, il ne me dit rien de ses exploits en cette ville.

Michael DuaGan, interrogé par l’hon. J.

H. Cameron :

Je demeure à Montréal au coin des rues William et Mondelet. Jene connais pas du tout le prisonnier, je ne l’ai jamais vu, avant de le voir ici. Je jure posi*‘ivement que le prisonnier n’est point venu chez moi, seul ou avec d’autres, au mois de décembre dernier.

À M. J. 0’Reilly :

Ma femme tieni mon épicerie pendant que je suis ma profession de jaugeur.

(Le plan de la maison est produit.)

Je sais qu'au mois de décembre le témoin Wade a pensionné chez moi. J'étais là le 21 décembre 1867. On ne peut entrer par l'escalier de la rue William sans être entendu dans la boutique. Je ne connais point les gens qui pensionnent chez moi, parce que je suis souvent absent. Je ne suis pas allé chez moi pendant un an et 18 jours avant le 21 décembre. Je suis comme un étranger dans ma maison. Je ne fête jamais ; je suis habitué à prendre un peu d’eau-de-vie, Je joue un peu la flûte. Je me rappelle l'élection Devlin - MeGee et

l'incendie de la Salle Nordheimer, mais j'i-

-nore ce que c'est que l’ “ Orange Hall. ” e ne connais pas Doyle. Lorsque Wade a quitté la maison il me devait'èncore une iastre et je l'ai rejoint, en courant, au épôt pour me faire payer. Je n’appartiens à aucune société.

À l'hon. J. H. Cameron :

Je jure positivement que je ne çonnais

le prisonnier,

Mad. Duaaax,interrogée par l’hon. J. H.

Cameron, jure aussi qu'elle ne connait pas du tout le prisonnier.

À M.J. O'Reilly :

Je connais M. Wade. Vers Noël, il a.

pensionné chez moi 7 ou 8 jours. Jorsqu’il quitta il ne me donna qu'une piastre et partit sans me payer le reste. Il fallut le suivre au dépôt pour avoir l'argent. C’était 2 jours après Noël.

Peter EGLeson, tailleur, interrogé par l'hon. J. XI. Cameron :

J'étais à Ottawa lors de l'assassinat de M. McGee. Je connaisle prisonnier. J'ai été arrèté le 7, puis le 16 avril. Le prisonnier a été à mon service jusqu'à la mort de M. McGee. Je crois qu'il est allé à Montréal vers Noël. Je connais Turner, il était à mon magasin quelques jours après le meurtre. Je ne sais pas qui se trouvait alors au magasin, mais mon’ frère et le commis Golden s’y trouvent généralement.

John Downey, interrogé par l'hon J. H.

Cameron :—J'ai été pendant trois ans commis chez Duggan. [Puis le témoin répète tout ce qui a été dit relativemenx au séjour de Wade chez Duggan].

Interrogé par M. J. O’Reilly, le témoin renouvelle les mêmes déclarations, nomme les pensionnaires qui étaient chez Duggan vers Noël ec termine sa déposition en disant que Duggan est un ‘“ buveur de gix ” et a souvent eu des difficultés avec sa femme à cause de ceia.

Mad. Mary RoGcers,interrogée par M. K.

MacKenzie : |

Je demeurais à Montréal, vis-à-vis chez Duggan, au mois de décembre dernier ; j'avais L’hatitude d’aller voir Mad. Duggan dont je suis l’amie. Au mois dernier, Mad, Duggan avait des pensionnaires que je connaissais, mais le prisonnier n’en était pas un. J'ai vu M. Wade, mais je n'ai. jamais vu le prisonnier avant aujourd’hui.

À M. O’Reilly :

Je demeure à environ 12 verges de chez Duggan, de l’autre côté de la rue. Je suis allée voir Mad. Duggan un soir que son mari était à la maison.

Susann WHEATLEY, interrogée par l'hong J. H. Cameron, répète. ce qui a été dit dans le magasin d’Egleson' au sujet du meurtre et des $16,000 otfertes ; elle répète aussi que Turner aurait dit : ‘“ Pour la moitié de cette somme je vendrais mon grand-père. ”

A M.J. O’Reilly :—J'ai dit à madame Whelan que j'irais donner mon témcignage en cour. Je suis venue le donner de, mon gré et sans offre d'argent. Elle repète ce que Turner a dit des 316,000. .

A l’hon. J, H. Cameron :—Elle réitère l'ass ertion au sujet des $16,000. .}

M. J. O’Reilly :—Mais alors il n’y avait pas de récompense offerte. —C'est assez.

John Wuire, assermenté, puis examiné

ar l’hon, J. H. Cameron, répète ce que urner aurait dit au suiet des $16,000 dans la boutique d'Egleson. (Voir le témoiï ei RTE 1 À M.J. O’Reilly : — Il renouvelle les aa assertions ; il ne connait pas Whean.

Transquestionné par l’hon. J. H. Cameron, il. répète les paroles dites par Turner au sujet des $16,000.

William Ware, interrogé par l’hon. J.

H. Cameron :

Je suis menuisier, je demeure à Ottawa.

Je connais P. Egleson et Turner. J'ai vu Turner chez Egleson le lendemain de l’arrestation du prisonnier, un mercredi. Turner exprima des sympathies pour Whelan disant que c'était h dernière personne qu'il aurait soupçonnée du meurtre, car il ne l'avait is mais entendu proférer de menaces contre M. McGee. Il dit aussi qu'un membre du parlement avait offert à Turner $16,000 et le prix de son passage pour émigrer dans tel pays qu'il voudrait avec sa 1, famille, s’il faisait découvrir le meurtrier. Quelqu'un dit : “ 416,000, c'est une grosse somme |” — Turner répondit :

“ Je vendrais mon grand-père pour la moitie de cette somme. ”’

A M.J. O’Reilly :

J'allai chez Egleson dans l'après-midi et j'y restai environ deux heures ; puis j'allai Chercher mes outils à l'atelier de M.

MeGreevy. J'avais affaire chez Egleson

ur des habits. Mon frère était avec moi.

olden, Pat. Egleson, Turner, Kinsella et Rowsell étaient dans le magasin ; je n’y ai pas remarqué de jeune fille. Je connaissais Whelan et l'avais rencontré à une réunion de la société St. Patrice. Je ne vis

as Whelan le mardi. Le lundi précédent, # à 7.30 ou 8h. du soir, j'étais chez Egleson ; | ÿ'y ai vu Whelan et je me rappelle com- 1 ment il était habillé. Je restai au magasin jusqu'à 10h. moins 20m. J'’entendis dire que M. McGoe parlerait à la chambre Hi ce s0:"-là. Whelan sortit dr. magasin vers D huit heures.

C’est la dernière fois que j'ai vu Whelan chez Egleson. Je demeure dans la rue York. Après 6 heures; ce jour-là, je n’ei

été ni au parlement ni près du parlement. J'ai vu M. McGoe plusieurs fois. Je ne parlais jamais de lui; je n'avais ‘pas d’an-

tipathie contre lui. J'ai fait uné collecte |que j'allais à Montréal. Je ne pus le voir

à ia Chaudière, jeudi et vendredi, pour la défense de Whelan. On a eu bien tort de m'arrêter.

À M. J. O’Reilly :—Le vendredi aprèsmidi, j'étais à Hull, avec John Lyon, faisant une collecte pour la défense de Whelan.

Patrick KinsEeLLa, interrogé par M. M.

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