‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 116 sur 171 · Faciam vobis taie hahu · texte numérisé non relu

Faciam vobis taie hahu

attacha au bout sa missive avec un fil ; et ordonna à un archer de la lancer aux Anglais en criant : « Lisez. Ce sont nouvelles *. » La flèche arriva aux Anglais, avec la lettre. Ils lurent la lettre ; puis ils se mirent à crier avec très grandes clameurs : « Ce sont nouvelles de la

p des Armagnacs! » A ces mots, Jeanne se mit à

soupirer et à pleurer abondamment, invoquant le roi des cieux à son aide. Bientôt elle fut consolée, parce que, disait-elle, elle avait eu des nouvelles de son seigneur ^

Le soir, après souper, Jeanne me dit qu'il faudrait le lendemain me lever plus tôt que je n'avais fait le jour de l'Ascension, et que je la confesserais de très grand matin.

En conséquence, le lendemain vendredi, je me levai dès la pointe du jour; je confessai Jeanne, et je chantai la messe devant elle et tous ses gens. Puis, elle et les hommes d'armes allèrent à l'attaque qui dura du matin jusqu'au soir. Ce jour-là la bastille des Augustins fut prise après un grand assaut.

Jeanne, qui avait l'habitude de jeûner tous les vendredis, ne le put cette fois, parce qu'elle avait eu trop à faire. Ainsi ellesoupa. Elle venait d'achever son repas lorsque vint à elle un noble et vaillant capitaine dont je ne me rappelle pas le nom. Il dit à Jeanne : « Les capitaines se sont rassemblés en conseil. Ils ont reconnu qu'on était bien peu de Français, eu égard au nombre

Page 1