a Amittemua nos gentes nostras
4. Le manuscrit de Notre-Dame donne ici auferretur au lien de afferretur, de même que piuH loin doub trouvons ablatum et non allatum. Si cette leçon invraisemblable était adoptée» il
DÉPOSITION DE L^KCUYEtt SIMON BEAUCKOIX 2
.ti>j
L'étendard fut apporté tout contre. On se remit h l'assaut, et, sur lé champ, sans grande difficulté, les gens du roi entrèrent dans le fort avec ledit étendard. Les Anglais s'étaient mis à fuir tant et si bien que, quand ils parvinrent au bout du pont, le pont se rompit et bon nombre furent noyés.
Le lendemain, les gens du roi sortirent pour com- Jîattre les Anglais. Ceux-ci, à la vue des nôtres, s'enfuirent. Voyant les Anglais fuir et les Français se mettre à leur poursuite, Jeanne dit aux Français: « Laissez-les aller. Ne les tuez pas. Qu'ils se retirent. Leur retraite me suffit * . »
Je ne sais plus rien de ce qu'a fait Jeanne. Ce que je puis dire encore, c'est qu'elle était bonne catholique, craignant Dieu, se confessant tous les deux jours, communiant chaque semaine, entendant quotidiennement la messe et exhortant les hommes d'armes à bien vivre et à souvent se confesser. J'ai bonne souvenance que, tout le temps où je fus avec elle, je n'eus jamais la volonté de mal faire.
Jeanne couchait tonjour^. avec d-es jeunes filles, et ne voulait pas coucher avec de vieilles femmes. Elle abhorrait jurements et blasphèmes, réprimandant fort quiconque jurait ou blasphémait. Dans l'armée, elle n'aurait oncques admis que des gens de sa compa-
faudrait entendre que déjà ordre avait été donné ^'emporter l'étendard et qu'eu effet il avait été emporté.
1. c< DimiUatis Anglicos ire, nec eos occidatis. Recédant; sufficit milii eorum recessus. »
gnie fissent le moindre vol. Si on lui offrait des vivres qu'elle sût acquis par pillerie, jamais elle n'en voulait user. Un jour, un Écossais lui donna à entendre qu'elle venait de manger d'un veau volé. Elle en fut fort irritée et voulut frapper cet Écossais.
Elle ne pouvait tolérer que des femmes de mauvaise vie chevauchassent dans l'armée avec les hommes d'armes. Aucune n'eût osé se trouver en sa présence. Dès qu'elle en rencontrait, elle les forçait à partir, à moins que nos hommes ne voulussent-les épouser.
Enfin, je crois que Jeanne était une vraie catholique, craignant Dieu, gardant ses commandements, obéissant aux préceptes de l'Église selon son pouvoir, bonne non seulement aux Français mais encore aux ennemis.
Tout ce que je dis ici, je le sais bien, car j'ai très longtemps vécu en sa compagnie et bien souvent je l'aidais à s'armer.
J'ajouterai que Jeanne voyait avec déplaisir et douleur que certaines bonnes femmes vinssent à elle pour la saluer. Cela lui semblait une espèce d'adoration, et elle s'en irritait*.
Je ne sais rien autre.