‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 152 sur 171 · Et aliter in eo scribi procuraruDt, licet mendose · texte numérisé non relu

Et aliter in eo scribi procuraruDt, licet mendose

2. « Sed credebat et intelligebat quod Ecclesia illa de qua interrogaDtes loquebantur erant^ illi ecclesiastici qui ibi erant partem Anglicorum foventesi »

parler, à propos du procès de Jeanne, ni de jugement, ni de sentence; car il n*est pas possible qu'il y ait jugement là où juges, assesseurs et consulteurs sont privés, pur l'effet Ide la crainte, du pouvoir de juger selon e ur libre ap'bitre. Et cela a été ainsi et est vrai.

XX. — D'après ce qui précède, le procès en question est en beaucoup de ses parties corrompu, vicié, mensonger, reproduit imparfaitement et sans fidélité, enfin entaché de telle sorte qu'au fond il ne doit y être ajouté aucune foi. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXI. — Les propositions précédentes et autres étant pesées, ledit procès et la sentence sont nuls et souverainement injustes, vu que l'ordre du droit n'y a été nullement gardé et qu'on y découvre l'œuvre de juges incompétents, n'ayant pas juridiction en cette

cause et vis-à-vis de cette personne. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXII. — Une autre preuve de la nullité et de la manifeste injustice dudit procès et de ladite sentence, c'est qu'en une cause si grave, il ne fut donné à Jeanne aucune faculté de se défendre. La défense est de droit naturel \ et elle lui fut absolument déniée par toutes sortes de movens et d'artifices. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXIII. — Quoiqu'il fût bien constant parmi les juges que Jeanne s'était soumise à la décision de notre

i. « La défense est de droit naturel, dit le Digeste, et ne peut •atnais être entravée. »>

sainte mère l'Église, et qu'elle était une catholique orthodoxe, si bien que, la jugeant telle, ils avaient décidé qu'on devrait l'admettre à la communion du corps de Notre-Seigneur, néanmoins, obéissant à leur excessive partialité pour les Anglais ou n'ayant pas la force d'affronter leurs colères et leurs menaces, ils la condamnèrent très injustement comme hérétique au supplice du feu. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXIV. — Sans autre sentence du juge séculier, les Anglais, avec une grande troupe d'hommes d'armes, mirent une espèce de rage à sévir contre Jeanne et la conduisirent au supplice. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXV. — Toujours, mais plus particulièrement au temps de sa mort, Jeanne se comporta catholiquément et saintement, recommandant son âme à Dieu à plusieurs reprises, et invoquant Jésus à voix haute jusqu'à son dernier soupir, de telle sorte qu'elle fît répandre des larmes à tous les assistants, même aux Anglais ses ennemis. Et cela a été ainsi et est vrai.

XXVI. — Tous les attentats, tous les procédés non juridiques précités, les Anglais en ont été les auteurs directs ou indirects, par suite des sentiments dont il a été parlé, parce qu'ils craignaient fortement cette Jeanne qui soutenait le parti du roi de France et qu'ils la poursuivaient d'une haine capitale; et aussi, parce qu'ils visaient, par ce moyen, à diffamer le roi de France très chrétien, pour avoir usé du secours d'une femme ainsi condamnée. Et cela a été ainsi et est vrai.

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