Nisi informatione praecedente super infamia
2. Voir Procès de condamnation, pages 277 et 278, j>age 335, [tage 373 ; et on appréciera la loyauté de ce bon apôtre.
3. Gomme preuve, lire la délibération du 12 mai où maître Thomas de Gourcelles se prononce pour qu'on mette Jeanne à la torture (Procès de condamnation, page 327). « Dicit quod sibi
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des difficultés furent soulevées et il y eut grande discussion entre les opinants sur la question de savoir si Jeanne devait être réputée hérétique.
Jeanne était dans la prison du château, sous la garde de Jonh Gris et de ses servants. Elle avait les jambes tenues par des chaînes de fer. Était-ce ainsi toujours? Je ne sais- Nombre d'assesseurs étaient d'avis que Jeanne aurait pu être mise aux mains de TÉglisè et dans une prison ecclésiastique. Ils auraient bien voulu qu'il en fût ainsi; Ijfiais je n'ai pas souvenir qu'il ait été rien dit là-dessus dans nos délibérations.
Je n'ai pas non plus entendu jamais mettre en délibération que Jeanne dut être visitée pour voir si oui ou non elle était vierge. Ce qui me paraît vraisemblable, ce que je crois d'après le dire du seigneur évêque de Beauvais et d'après ce que j'en ai ouï moi-même, c'est que Jeanne a été trouvée vierge. Si elle n'eût pas été trouvée telle, m'est avis que le procès n'eiit point passé la chose sous silence.
Sur les questions faites à Jeanne, je vous dirai qu'à ma connaissance elles étaient nombreuses. Mais je n'en ' ai pas souvenir *, sauf qu'une fois il lui fut demandé si ceux de son parti lui baisaient les mains. Je n'ai pas
yidetur bODum esse eam ponere îd torturis. » Maître Thomas eut soin que cette délibération ne fût pas iusérée dans le Procèsverbal officiel. Elle se trouve seulement dans la minute. 1. « Sed de eis non recordatur. »
non plus souvenir que Jeanne se soit plainte des interrogations qui lui étaient adressées.
Il fut fait et extrait certains articles, au nombre de douze, des réponses et des confessions explicites de .Jeanne. Ces propositions furent rédigées, comme il me le semble d*après des conjectures vraisemblables, par maître Nicolas Midi, aujourd'hui défunt. C'est sur les douze articles ainsi extraits que furent faites toutes les délibérations et données toutes les opinions des consultants. Fut-il délibéré sur la question de corriger les douze articles et furent-ils Tobjet de corrections? Je ne sais.
Au sujet de matre Nicolas Loiseleur, voici ce que je sais.' A plusieurs reprises je lui ai ouï conter qu'il avoit eu maints entretiens avec Jeanne sous un habit d'emprunt. Qu'est-ce qui y était dit ? Je l'ignore. En tout cas je me souviens d'avoir conseillé à Loiseleur de se faire connaître à Jeanne et de lui signifier qu'il était prêtre. Je crois aussi que ledit Loiseleur a entendu Jeanne en confession.
J'arrive à la prédication faite sur la place Saint- Ouen. Avant qu*elle eût lieu, Jean de Chàtillon avait adressé ses exhortations à Jeanne, moi présent ; et j'ai su en outre, de la bouche de Pierre Morice, qu*il avait fraternellement sollicité Jeanneà faire acte de soumission envers TÉglise. Durant la prédication qui fut faite par Guillaume Ërard» j'étais sur reslrade» derrière, les prélats. Je n'ai pas cependant souvenir des paroles du prédicateur, sauf qu'il disait « Torgueil de cette
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femme » *. Peu après le sermon, Tévêque se mit à lire la sentence. Quant à ce qui fut dit à Jeanne et à ce qu'elle répondit, je ne me le rappelle pas. Une chose dont je me souviens parfaitement, c'est que maître Nicolas de Venderès avait rédigé certaine cédule qui commençait par ces mots : « Chaque fois que Tœil du cœur '; » Mais je ne sais pas si cette cédule est au procès. Je ne sais pas même si c'est avant ou après Tabjuration'de la Pucelle que j'ai vu cette cédule entre les mains de maître Nicolas. Je crois bien que c'est avant. Par qui a été faite la cédule d'abjuration qui est au procès? Je ne le sais. Il m'est également impossible d'affirmer que cette cédule ait été lue a Jeanne, ou lui ait été donnée pour en prendre connaissance. J'entendis des assistants se plaindre à l'évêque de ce qu'il n'allait pas jusqu'au bout de sa sentence et admettait Jeanne à résipiscence. Mais quelles furent les paroles dites et qui les dit, je n'en ai pas souvenir.
1. « Nisi quod dicebat « Vorgueil de ccste femme. » Le textn du sermon de Guillaume Erard nous manque. On le possédait cependant au commencement du xvu® siècle ; car Edmond Kicher, l'auteur d'une histoire manuscrite de Jeanne d'Arc, dont j'ai plusieurs fois parlé dans les deux ouvrages dont celui-ci ept le complément, cite le sermon d'Erard comme étant une des pièces qu'il a consul t<^es et utilisées,
2. « Quotiens cordis oculus. » Pas de trace au procès d'une intervention spéciale du chanoine Nicolas de Venderès qui, d'après ce témoignage d'aiUeurs toujours équivoque, serait l'auteur de la formule d'abjuration ofûclellement adoptée et commençant par ces mots : « Quotiens hiimavx mentis oculus »;
Quelques jours après, le bruit se répandit que Jeanne avait repris Thabit d'homme. Là-dessus, Tévéque de Beauvais se rendit à la prison de Jeanne. J'y allai avec lui. L'évêque, prenant la parole, demanda à Jeanne pour quelle cause elle avait repris Thabit d'homme. Jeanne répondit qu'elle Pavait repris parce qu'il lui paraissait plus convenable, étant avec des hommes, de porter Thabit d'homme, que l'habit de femme*. -•
J'assistai à la dernière prédication qui fut adressée à Jeanne, le jour de sa mort, sur la place du Vieux Marché. Toutefois, je ne vis pas brûler Jeanne. Aussitôt la prédication faite et la sentence portée, je partis. Je crois que la condamnée avait préalablement communié ; mais je n'étais pas là quand elle reçut le sacrement.
Je ne sais rien autre.
1. Quœ respondit quod habitum iJlum resumpserat quia sibi videbatur convenientius portare habitum virilequ cum viris, quam habitum mulieris ».
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