DÉPOSITIONS DE L'ÉVÊQUE JEAN LEFÈVRE
J'étais là quand maître Nicolas Midi prononça son sermon sur la place du Vieux-Marché. Un détail dont je me souviens, c'est qu'après le sermon Jeanne adressa une prière à tous les prêtres présents, demandant que chacun d*eux dît une messe pour elle. Sa fin fut une fin bien chrétienne. Elle trépassa en jetant ce cri ; « Jésus ! Jésus! » Elle pleurait tant et faisait de ^i pieuses lamentations que je ne crois pas qu'il soit un homme de cœur assez dur pour voir un pareil spectacle sans être ému ju8qu*aux larmes. L'évêque de Thérouenne et tous les docteurs qui étaient là pleuraient, tellement ils étaient pris de compassion. Pour moi, je ne restai pas jusqu'à la fin. Je partis, ne me sentant pas la force d'en voir davantage.
Je ne sais rien autre.
ûOD fuit vocatus ad procesgum, » ^1452.) — « la quo processu ipse loquens iuterfuit usque ad primum sermonem factum in sancto Audeano, et a poot non fuil. » (1456.)
L'ôvêque prétend n'avoir plus été couvoqué depuis l'abjuration. Comment donc se fait-il que pa senteuce flguie au Procèsverbal officiel, dans la délibération où Jeanne fut proclamée relapse? Voici le texte officiel que j'ai traduit ailleurs (Pbocès de CONDAMNATION, pajçB 312) i « Magffiter Johannes ?abrl délibéra vit quod dicta niuUer e^t pertin/iY, contumax et iuobediens; et de residuo, statindeliberationeabbaiis Fiscampnensis. » — Tartufe!
Autre mensonge. Du témoig'iag« de Lefevre il résulte que ce prélat n'aurait assii^té au supplice de Jeanne qu'en simple curieux, et "OU à titre offlcinl. Ur, daus le texte autheutique de VJnstrumentum sententiv, texte contresigné par le» t«'0i8 greffier», à k «uite du formuiaird de la seutenee condamnant Jeanne comme relap-e, L'^.fôvre est expressément nommé comme uq des aesesseurs qui oat assisté au prononcé de la sentence de par couvocation spécaie : « Prsssentil^us ad hec^ Jukarn^ Pabri, Usttbus adpfêfmUia vocait9 specUUiier et rogatiê. »
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