‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 21 sur 171 · LA SECONDE SÉANCE A NOTRE-DAME DE PARIS · texte numérisé non relu

LA SECONDE SÉANCE A NOTRE-DAME DE PARIS

» Accusée d'avoir pris des habits d'homme, d'avoir porté les armes et de s'être prévalue de révélations diaboliques ou imaginaires, elle a donné des réponses toutes chrétiennes et pleinement justificatives, qui montrent bien qu'elle n'a fait que céder à la nécessité, que viser au bien public, qu'obéir à une pieuse et divine inspiration.

» Dès le commencement de la cause, les juges, se piquant de paraître procéder selon les règles de la justice, ont fait recueillir des informations sur la Pucelle, dans son pays d'origine. Mais ils ont eu soin de ne pas les joindre au procès. Bien plus, dans l'excès de leur perfidie, ils se sont appliqués à en dérober la connaissance. Pourquoi cela? Parce que l'opinion commune, se révélant par ces informations, n'avait fait que leur apporter la constatation authentique des vertus de Jeanne, de son innocence sans tache, de son exactitude à suivre les offices et à recevoir les sacrements, de la pureté de sa foi, de la chasteté de ses mœurs, de l'honnêteté de sa vie, de l'intégrité de sa réputation. De tels témoignages contrariaient les vues des juges. Ils ont donc rejeté du procès ces informations et ont dolosivement voulu qu'elles restassent cachées sous le boisseau *.

i. « A processu îpsas înformatioDes abjeceriint et dolose sub modio Yoluerunt abscondi. » — L'avocat Maugier affirme Pexisteace des informations ; mais, en même temps, comme le fera le promoteur, il soutient qu'elles n'ont pas été livrées à la publicité parce qu'elles étaient trop favorables à Jeanne.

« Qui ne voit que cette fille d'un âge si tendre, si dui'ement incarcérée, et si cruellement tourmentée soit par les menaces de ses gardiens, soit par les perpétuelles insultes de ses ennemis capitaux, soit par les vexations infinies de ses juges, ne pouvait ni être proclamée coupable ni encore moins être condamnée par ces hommes prévenus, dont elle avait à plusieurs reprises récusé la juridiction et de qui elle en avait appelé au pape qu'elle réclamait comme juge de ses dits, de ses faits et de sa personne ?

» Bien loin d'avoir rejeté l'autorité de l'Église, Jeanne l'a invoquée. Mais, en même temps, avec quelle persévérance n'a-t-elle pas affirmé qu'elle avait eu des révélations de Dieu et de ses saîhts et qu'elle avait agi avec leurs secours! Que ce soit là une chose vraisemblable, des docteurs et maints savants personnages l'affirment. En tous cas, il n'y a pas lieu ici à mauvais jugement. De telles matières comportent l'incertitude, et le meilleur est d'en laisser la décision à Dieu. Ce qui est sûr c'est que, dans le cas de Jeanne, il n'y a eu ni idolâtrie, ni sorcellerie, ni imposture. QuVt-elle voulu? Ramener des sujets sous l'autorité de leur naturel seigneur et roi. Et cela comment? En n'ayant foi qu'en Dieu; en invoquant les saints; en se gardant absolument de toute adoration ou invocation de malins esprits.

» Rien n'égale l'audace de ces juges qui n'ont pas rougi de proférer contre la Pucelle toute sorte d'accusations ignominieuses et de lui attribuer des aveux qu'elle n'a jamais faits. Il n'y a qu'à lire toute la suite

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