Animalia et pecus dictœ viliœ custodiebat
l'ancien temps. Mais, pour nos péchés, elles n*y viennent plus*. Tous les ans, au printemps, et particulièrement le dimanche de Lœtare^ que nous appelons aussi dimanche des Fontaines, nos jeunes filles et nos jeunes garçons vont à cet arbre. Jeannette y allait comme les autres. On y chante, on y danse, on y fait une dînette, et, en revenant, on va boire à la fontaine-aux- Groseilliers. La veille de l'Ascension, à la procession où les croix sont portées par les champs, le curé va sous cet arbre et y chante l'évangile. Il va aussi à la fontaineaux-Groseilliers et aux autres fontaines pour chanter l'évangile. Ce sont faits que j'ai vus.
Lorsque Jeannette fut à Neufchâteau, tous les habitants de notre village s'y étaient enfuis. Soit durant son séjour, soit à son retour, j'ai toujours vu Jeannette en compagnie de son père et de sa mère. Elle n'a jamais été au service de personne, sinon de son père, jusqu'à son départ pour France ^.
Quant à l'enquête qui aurait .été faite dans notre pays par ordre des juges, après la prise de Jeannette, j'ai simplement ouï dire qu'il y eut à Domremy des frères mineurs chargés, assurait-on, de recueillir des informations. Mais je n'en sais pas davantage ; car il ne me fut rien demandé.
Je ne sais rien autre.