‹ Procès de réhabilitation de Jeanne d'ArcChapitre 44 sur 171 · IV. — DÉPOSITION DE JEAN MOREL, PARRAIN · texte numérisé non relu

IV. — DÉPOSITION DE JEAN MOREL, PARRAIN

Jeanne avait eu quatre parrains, Jean Rainguesson, Jean Barrey, Jean le Langart et Jean Morel de Greux, Les trois premiers, soit par suite de décès, soit pour n'avoir pas été appelés, n'ont pas déposé. Le quatrième, Jean Morel, laboureur, âgé de soixante-dix ans, fit la déposition suivante :

Jeannette naquit à Domremy et fut baptisée dans ce village, à Téglise paroissiale de Saînt-Remy. Son père s'appelait Jacques d'Arc, et sa mère Isabellette. C'étaient des laboureurs de Domremy, où ils passèrent leur vie ensemble, et je puis affirmer, le sachant et Tayant vu, qu'ils étaient de bons et fidèles catholiques, de vaillants laboureurs de bonne renommée et de vie honnête, se gouvernant selon leur état. J'ai beaucoup vécu avec eux. Je fus môme un des parrains de Jeannette.

Dès son premier âge. Jeannette fut bien et convenablement élevée dans la foi et dans les bonnes mœurs. Elle était si excellente fille que, dans le village, tout le monde Taimait. Elle connaissait sa croyance et savait

son Pater et son Ave aussi bien qu'aucune de ses pareilles.

Ses parents n'étant guère riches S Jeannette viVait honnêtement selon sa condition. Toute jeune et jusqu'au moment où elle quitta la maison de son père, elle allait à la charrue et quelquefois gardait les bêtes dans les champs. En même temps, elle faisait les divers ouvrages des femmes, tels que le filage et autres '.

J'ai été témoin que Jeannette allait volontiers et souvent à la chapelle dite l'Herraitage de la bienheureuse Marie de Bermont, près de Domremy. Tandis que ses parents la croyaient dans les champs, à la charrue ou ailleurs, elle était là. Quand elle entendait sonner la messe et qu'elle était aux champs, elle rentrait au village et gagnait l'église pour entendre la messe. Je puis l'attester pour l'avoir vu.

J'ai vu aussi Jeannette se confesser au temps pascal et à d'autres fêtes solennelles. Elle s'est confessée, moi présent, à Guillaume Fronte, alors curé de la paroisse de Saint-Remy.

Au sujet de l'arbre des Dames, j'ai ouï dire jadis que des femmes appelées les fées venaient anciennement danser sous cet arbre. Mais on dit qu'elles n'y viennent plus depuis que l'évangile de saint Jean y est lu et récité. De notre temps, le dimanche où dans la sainte Église de Dieu on chante Lœtare Jérusalem à l'in-

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