DÉPOSITION DU FRÈRE SEGUIN
pondit-elle. Et en effet je parle limousin *. L*interrogéant derechef, je lui dis : « Croyez-vous en Dieu? » — « Oui, mieux que vous », me répondit-elle *► — « Mais enfin, lui dis-je, Dieu ne veut pas qu'on vous croie, s'il n'apparaît quelque signe montrant qu'il faut vous croire. Nous ne saurions conseiller au roi, sur une siniple assertion, de vous confier et de mettre en péril des hommes d'armes. N'avez-vous donc rien autre à dire? » Elle répondit : « En nom Dieu, je ne suis pas venue à Poitiers pour faire signes. Mais menezmoi à Orléans ; et je vous montrerai signes pourquoi je suis envoyée '. » Elle ajouta : « Qu'on me donne des hommes en si grand nombre qu'on le jugera bon, et j'irai à Orléans ^. »
En même temps, elle nous dit quatre choses, alors à venir, qui sont arrivées depuis : Premièrement, que les Anglais seraient détruits, le siège d'Orléans levé et la ville affranchie de ses ennemis, après sommation préalable faite par ladite Jeanne; deuxièmement, que le roi serait sacré a Reims; troisièmement, que la ville de Paris serait remise en l'obéissance du roi;
1. « Ipse aatem loquens interrogavit eam quod idioma loquebatur vox eidem loquens : quœ respondit quod melius idioma quam loquens, qui loquebatur idioma Lemovicum ».