LE TEMPS
Résume ainsi les dépositions des témoins entendus :
Ceux du Cri du Peuple déclarent ne rien savoir de particulier concernant M. Delamarche et le rôle que lui a fait jouer sous la Commune le journal incriminé.
En somme, toutes les dépositions où il est question du plaignant, ne s'appuient que sur des on-dit et ne sont corroborées par aucun fait. Loin de là, plusieurs témoins déclarent ne l'avoir jamais vu, et quelquesuns ne ravoir connu que par le procès pendant.
Quant aux dépositions des témoins à décharge, elles sont catégoriques. Tous affirment que jamais M. Delamarche n'a figuré au boulevard des Fourneaux, ni siégé à une Cour martiale. Loin de poursuivre implacablement les prisonniers, M. Delamarche a usé de tout son crédit pour en faire mettre plusieurs en liberté, entre autres toute une troupe à la prévôté, ainsi que le déclare M. Lespinasse. Un autre témoin, M. Roty, journaliste, déclare que tout individu sur les pontons dont M. Delamarche s*occupait, se regardait comme sauvé. M. Héligon, conservateur des entrepôts de Bercy, raconte qu'on a reproché à M. Delamarche d'avoir abusé de sa signature en faveur des fédérés, et M. Ricard, chef de bureau à la mairie du XIV* arrondissement, a eu entre les mains quantité de demandes en grâce apostillées par lui. Enfin, un commis principal à l'octroi de Paris, M. Finsterwald, a vu M. Delamarche mettre à la porte un garde national qui lui apportait une liste de dénonciations, et jeter cette liste au feu.
Après de semblables témoignages, M" Ledru,ravocat du plaignant, n*a pas eu de peine à établir que l'homme féroce et sanguinaire du Cri du Peuple^ le bourreau des fédérés, était au contraire un homme plein d'humanité et le sauveur de bien des égarés de cette époque.
Le ministère public réclame la condamnation des inculpés, et M* Laguerre, leur avocat, s'appuie surtout sur la bonne foi de ses clients, qui ont pu être trompés par des renseignements erronés.