LA NATION
Après avoir donné les origines du procès, passe à l'audition des témoins du Cri du Peuple:
M. Kayl n'a jamais eu connaissance du rôle joué par M. Delamarche à la Cour martiale des Fourneaux.
Victor Roland, employé des pompes funèbres
qui a enseveli les cadavres des Fourneaux, n*a jamais vu M. Delamarche.
M"" Émion, marchande de vins, n*a jamais vu non plus M. Delamarche.
Il failt avouer que les témoins produits par M. Delamarche ont été singulièrement plus catégoriques que les témoins de la défense.
Tous affirment que M. Delamarche n'a jamais été président delà Cour martiale de la rue des Fourneaux; que toutes les exécutions faites dans ce local ont été commandées par un officier de gendarmerie, assisté de deux sous-officiers. M. Delamarche aurait montré au contraire une grande douceur et une grande bienveillance pour les individus arrêtés.
L'un des témoins cite même ce fait que M. Delamarche a refusé de prendre connaissance d'une liste de dénonciation que lui apportait un garde national.
M. Roggen et son fils, arrêtés et sur le point d'être fusillés, déclarent avoir été sauvés par M. Delamarche qui s'était porté garant de leur innocence devant la Cour martiale.
M. Rouffiac a été arrêté à la fin de la Commune, condamné et déporté. Il a passé devant la Cour martiale de la rue des Fourneaux et n'a pas vu M. Delamarche organiser des exécutions sommaires.
Au sujet de la déposition de M. Rouffiac, rapportée ci-dessus, la rédaction enregistre la lettre suivante:
Paris, le 8 décembre 1885.
Monsieur le Rédacteur,
Dans votre numéro du 6-7 courant, vous me faites ire, comme témoin dans l'affaire du Cri du Peuple^ )elamarchè, que j'ai comparu devant la Cour des ourneaux et qu'ayant servi la Commune, j'ai été enayé aux pontons.
Cette déposition n'est pas la mienne. Voici ce que ai déclaré :
i*> Que M. Delamarche a été un des seuls qui aient it cesser le feu aux Prussiens dans le parc de Boisréau.
2" Que M. Delamarche nous a réunis le 13 mars ^71 et nous a dit de ne pas servir la Commune et de 2 pas nous battre entre nous en présence des Prusens.
y Sur une demande de M. le président, si M. Delaarche avait parlé qu'il y aurait un second siège, j'ai ;pondu: Non!
4° Enfin, j'ai dit qu'à la rentrée des troupes j'avais j M. Delamarche distribuer des bons de vivres à la airie aux anciens gardes nationaux.
J'ajoute que je n'ai point servi la Commune, que je ai point été arrêté, ni par conséquent déporté.
Veuillez agréer, monsieur le directeur, etc.
ROUFFIAC, Ancien adjudant aux volontaires de Montrouge, 28, rue de Vanves,
En donhant les félicitations obligatoires à M* Laguerre, la Nation est obligée de déclarer que:
Devant le néant des preuves apportées par les témoins, une seule chose restait à plaider, etc.