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lontiers à son désir, une rectification relative au titre qui lui a été attribué et contre lequel il ne saurait protester trop éiïergiquement. ^
Ancien militaire» ayant fait les campagnes de Crimée et d'Italie, ex-colonei des volontaires de Montrouge et du 53* régiment, de Paris, décoré par le gouvernement de la Défense nationale pour sa conduite à Buzenval, M. Delà- MARCâE n*a pas commandé de prévôté, pas plus au XIV* arrondissement qu'ailleurs. Il a, au contraire, grandement contribué, par ses efiForts persévérants, à empêcher l'établissement d*un pareil tribunal dans son patriotique quartier, et il est directement intervenu entre les belligérants ' pour sauvegarder les droits de l'humanité et tendre la main aux victimes de la guerre civile.
L't/nivers reproduit cette rétractation; il raccompagne des réflexions que voici :
Nous avons reproduit il y a quelques jours un extrait du Parii'Municipali relatif aux élections récentes.
M. Delamarche, représenté comme le patron d'une can? didature, était désigné comme ancien commandant de la prévôté du XI V*^ arrondissement à l'entrée des trojupes de Versailles à Paris.
M. Delamarche a repoussé avec indignation la qualité que lui attribuait le ParU^Municvpal^ et il nous a fait demander de faire reproduire la rétractation du Parts-AfumctpaZ.
Nous déférons d'autant plus volontiers à son juste désir que M. Delamarche, d'après de sérieux témoignages, se serait conduit vaillamment à Buzenval, à la tète de son bataillon, et aurait gagné dans cette occasion la croix de la Légion d'honneur, à la différence des déclamateurs forains, promoteurs à distance des sorties torrentielles. »
Au mois de décembre 1881, les mêmes calomnies sont cependant rééditées dans le Réveil, la Justice, le Radical, V Intransigeant,
M. Delamarche envoie à chacun de ces journaux une lettre rectificative.
Voici, notamment, ce que je lis dans V Intransigeant 4ont il a été parlé par un témoin, qui a ajouté que M. Delamarche ne se défendait pas.
C*est dans le numéro du 22 décembre 1881 :
Nous recevons la lettre suivante :
Paris, le 19 décembre 18ftl.
Monsieur le secrétaire de la rédaction au journal
V Intransigeant,
Monsieur le secrétaire,
Dans le numéro de Y Intransigeant du lundi 19 décembre courant, vous avez inséré un document émanant d'an Comité électoral du quartier de la Viliette, dans lequel^ sans nulle raison, car je né me suis occupé ni de l'élection ni des candidats, mon nom est cité avec la qualité de; « chef de la prévôté du XI ¥• arrondissement ».
Cette assertion est absolument mensongère. Je la considère en outre comme calomnieuse. Je vous prie en coasé-^ quence et au besoin je vous requiers, comme c'est .mon droit, d'insérer ma lettre dans votre plus prochain numéro.
Veuillez agréer, monsieur le secrétaire, mes civilités.
P. DELAMARCHE
Rue Brézin, i3.
M. Delamarche ayant été nommé dans notre journal, nous avons consenti à publier sa lettre, bien qu'en raison des grossièretés dont elle est pleine nous fussions parfaite** ment çn droit de refuser l'insertion...
Il parait qu*on apprend le style académique à Técole de V Intransigeant !
Il continue :
Nous nous réservons, bien entendu, de vérifier les assertions de Tex-commandant « des volontaires de MoDtrouge » rentré à Paris en mai 1871 avec les troupes royalistes et nous nous ferons un devoir, notre petite enquête terminée, de restituer à ce Versaillais peu repenti sa véritable physionomie.
En attendant, nous rappellerons à M. Delam arche que durant la période qui a précédé les élections générales, alors qu'il faisait partie du comité opportuniste patronant la candidature Germain Casse, la même accusation a été produite à la tribune des réunions publiques et que Tauteur de la lettre qu'on vient de lire, bien que présent, n'a pas cru devoir la relever.
La mémoire de M. Delamarche aurait-elle, comme son radicalisme, des intermittences?
M. Dela^iarchb va-t-il rester sous le coup de ces commentaires?
Non. Il répond. U Intransigeant réplique.
Il faut cinq lettres rectificatives, dont une signifiée par huissier, pour que le dernier mot lui reste.
Vous trouverez cette polémique dans le dossier, Messieurs les jurés. Vous verrez si Tattitude de M. Delamarche est celle d*un homme qui ne se défend pas (1).
Malgré ces protestations, malgré ces rectifications, la calomnie faisait son chemin. Ceux qui l'avaient lue la colportaient; ceux qui l'avaient entendue la propageaient à leur tour dans les réunions, dans les conversations, dans des lettres privées, s'eflforçant d'entourer
(I) Voir les autres lettres aux pièces jusliflcatlvcs, page 238.
M. Delam ARCHE d*une atmosphère de défiance et de soupçons.
Et puis, voilà que, tout-à-coup, tout ce! à prend corps, tout cela se condense. Ce ne sont plus seulement quelques insinu'iations, quelques lambeaux de phrases plus ou moins claires. Non, c'est un récit complet, émouvant, dramatique, où M. Delamarche fig-ure sous Taspect le plus odieux. C'est le roman de M. Jules Boulabert.
M'* A. Ledru donne lecture de la première partie du passage incriminé reproduit plus haut.
Il continue sa plaidoierie en ces termes:
Je m'arrête ici ; aussi bien est-ce une prose qu'on ne peut prendre qu'à petites doses.
Il faut, pour discuter froidement, imposer silence à l'indignation que nous inspirent ces audacieux mensonges.
Il y a là un certain nombre de faits précis, dont le Cri du Peuple prétendait faire la preuve.
Il .avait annoncé dix-neuf témoins. Il en a amené douze, et quand ces douze témoins ont eu parlé, nous avons été,- au point de vue de la preuve à faire, aussi avancés que s'ils n'avaient rien dit.
Nous avons eu ce que j"appellerai les témoins décoratifs, députés, anciens membres de la Commune.
M. Camille Pelletan a résumé, avec son talent habituel, ce qu'il avait dit dans son livre : La Semaine de mai, sur l'organisation et le rôle des Cours martiales. Il a déclaré très loyalement qu'il n'avait jamais
entendu parler de M. Delamârche. Ainsi, voilà un historien qui a fouillé les archives, consulté les documents, fait appel à de nombreux témoignages. Il a parle de la Cour martiale du boulevard des Fourneaux. Jamais il n*a rencontré le nom de M. Delamârche l
Après M. Camille Pelletan, est venu M. Camélinat. Lui non plus ne peut rien dire sur M. Delamârche, et cependant, ce n'est pas l'envie qui lui en manque. Il a parlé de tout, excepté du procès. Je m'imagine que le Cri du Peuple, en l'amenant à. cette barre, a eu une délicate attention pour MM. les jurés, et qu'il a voulu leur présenter un nouveau député, que tous ne connaissaient sans douté pas.
M. Alphonse Humbert est un adversaire de M. Delamârche. Celui-ci a eu le mauvais goût de combattre sa candidature à la députa tion... Il est cependant permis de n'être p^s partisan de la candidature de M. Alphonse Humbbut... Lui non plus ne sait rien.
Tous les témoins amenés successivement par le Cri du Peuple déclarent ne rien savoir. Seul, Garnier apporte quelques allégations, relatives à des faits accessoires, et que je discuterai dans un instant.
C'est, au contrçiire, avec une netteté, une précision absolues que s'expriment les témoins assignés à notre requête. Il m'est facile, en m'appuyant sur ces dépositions, de reconstituer la conduite de M. Delamârche.
Je vous ai indiqué, Messieurs les jurés, quels ont été ses services pendant la guerre. Je vous ai dit notamment, — j'ai là la pièce qui le constate, — qu'il avait été nommé colonel, non pas à Versailles, mais par décret du gouvernement de la Défense nationale, en date du 27 décembre 1870. Il en a reçu la notifi-
cation aux avant-postes devant Bourg-la-Reine Bagneux (1).
Arrive Tarmistice et avec Tarmistice une de crises morales qui suivent presque toujours les gra efforts et les grandes souffrances. Tant que le si avait duré, un sentiment unique avait absorbé toi les âmes: le sentiment de la lutte à poursuivre, d victoire à arracher coûte que coûte. Il avait empé de ressentir les misères du jour, atténué les haii contenu les soupçons. Maintenant, on était vair prisonnier de Tennemi. Cette noble passion, qui s tenait les courages, s*était évanouie. On était inqi de Tattitude prise par T Assemblée de Bordeaux, ressentait vivement Tinjure faite à la capitale pai décision qui transportait à Versailles le siège gouvernement.
Toutes ces causes de mécontentement, d'agitat étaient habilement exploitées par les partisans de révolution.
Le 24 février, était élaborée, au Tivoli- Vaux-Hall fédération de la garde nationale, représentée et diri par un comité central, qui se mettait immédiatem à Tœuvre et préparait Tinsurrection.
M. Dëlamarchë employa toute son autorité p maintenir ses troupes dans le devoir.
Le 12 mars, il recevait la sommation suivante:
(I; Voir aux pièces justiticativcs, pagcilT.
loi —