‹ Procès Mercier [microforme]Chapitre 59 sur 66 · ARE · texte numérisé non relu

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Législature et approuvé, Les adversaires de M. Mercier y donnèrent leur assentiment.

Lisons les paroles du chef dé l'Opposition Provinciale d'alors, le LEADER actuel de l’Assemblée Législative, de l'honorable M. Taillon.

L'honorable M. Taillon. —-“ Depuis l'année dernière, je m'étais ‘ préoccupé d'améliorer certains services de détail dans les Départe- ‘ments, ainsi j'avais pensé qu'il serait à p de créer un bureau ‘* pour contrôler certaines dépenses ; et je voulais aussi n'avoir qu'un ‘: seul magasin d'effets de bureau pour tous les Départements. T1 y &. “ des économies à faire sous ce rapport, ”

Je sais que pour quelques-uns, les paroles mêmes de M. Taillon ne sufliront pas pour étouffer le désir qu’ils éprouvent de faire condamner M. Mercier. fependant, c'est une autorité bien respectable que c’est celle d’un homme qui fait honneur à notre race et au parti conservateur, d’un homme qui, j'en ai l& conviction, désapprouve les persécutions indignes infligées à M. Mercier.

La question, en février 1891, n’était done pas nouvelle, Il y avait done quatre ans que l’on débattait ce sujet important de faire une économie de $20,000 par année, dans un seu! service public.

Messieurs les jurés, vous êtes douze hommes honnêtes, et possédant, de plus, le bon sens ordinaire des affaires. Eh bien ! après avoir entendu la longue preuve faite devant vous, en est-il un parmi vous qui ne coniprenne pas les avantages de ce contrat Langlais et l’économie qui en devait résulter ? En est-il un qui ne scit pas convaincu qu'un gaspillage déplorable aurait été arrêté par la nomination d’un pourvoyeur général de papier portant une marque spéciale ?-— Je n'insisté pas davantage, car je constate que vous faites des signes d’assentiment. Or, si vous, messieurs, après avoir simplement entendu les exvlications que comporte la preuve, vous comprenez les avantages de la transaction, pourquoi l’honorable M. Mercier, après quatre ans d’études, de représentations et de recherches, ne les aurait il pas compris ?

Bien que l’idée du contrat. ait été approuvée par le chef de lopposition pour l’Assemblée Législative, la Couronne persiste dans sa prétention que ce contrat a été fait, non-seulement avec précipitation, mais encore à linsu et hors la connaissance des collègues de l'honorable M. Mercier. Vraiment la passion et le fanatisme rendent aveuglés certaines gens !

M. Mercier n'en a pas parlé à ses collègues ! Si tel en est le cas, il & sérieusement menti, quand il a écrit la lettre du 23 février, qui est la base du contrat. (M. Lemieux lit la lettre, qui est dans le

discours de M. Languedoc.)

L'honorable Premier-Ministre a-t-il dit la vérité lorsqu'il a affirmé qu'il en avait conféré avec ses collègues ? La Couronne soutient le contraire, mais n'a rapporté aucune preuve à l'appui de ses affirmations, à Aa À AR Re AE se

Mais pas de subtilités, et rappellons les faits. Permettez-moi néan-

moins, messieurs les jurés, de ne pas citer au long les témoignages des Hunorables messieurs Garneau et Robidoux, les principaux collègues de M. Mercier, qui nous ont dit et répété qu'ils connaissaiant le contrat, qu'ils l'avaient ratifié et approuvé, et qu'ils er avaient compris les avantages. Si M. Mercier a fait part de ce pro: jet de sontrataux membres de son cabinet, s'il en a discuté le mérite avec eux, il n’a done pas menti lorsqu'il a écrit, dans sa lettre du 23

: février 1891, qu’il en avait conféré avec ses collègues ? Si n'a pas menti, messieurs les avocats de la Couronne, vous nous devez, non pas une simple apologie, mais une complète rétractation.

La question était si peu nouvelle, que, d'après M. Langlais, un projet de contrat avait été préparé par l’'Honorable L. P. Pelletier, secrétaire actuel de la Province de Québec dans le gouvernement de Boucherville, dès l'année 1887, au même effet que le contrat Langlais, mais, à mon sens, à des conditions beaucoup moins avantageuses, puique ce projet de contrat était fait pour l'espace de dix ans, et à des prix fixes pour toute la durée du contrat, Si ce projet

eût été adopté et exécuté par l'Honorable M. Mercier, la Province,

<omme le voulait alors M. Pelletier, aurait été liée pour dix ans, à payer des prix convenus et déterminés, et cela au grand détriment de l'intérêt publie. Car nous savons tous que la compétition

ui existe, à l'heure qu’il est, entre les différents manufacturiers, et l'améiioration constante dans les moyens de fabrication du papier, “ont pour conséquence une réduction continuelle dans les prix. Alors, en vertu de ce projet de contrat de 1887, la Province n'aurait pu profiter de cette baisse, et aurait peut-être été obligée, dans cinq ans ‘d'ici, à payer 85,00 pour chaque rame de papier qui ne vaudrait que $2.00 où $3.00.

D'ailleurs, le mandataire a-t-il le droit de lier son mandant pour un laps de temps plus long que la durée de son mandat ? Le mandat du peuple, confié à M. Mercier, en 1887, était pour quatre ans, et ç'aurait été une grave et sérieuse usurpation, une grande injustice de sa part, que d'engager la Province de Quéhec et d'obliger ses mandants pour une période de temps plus longue que celle pendant laquelle les ‘électeurs de la Province de Québec lui avaient confié leurs intérêts et l'administration des affaires publiques,

Tout s'est-il done bâclé dans un instant, tel que ni solennellement affirmé par les avocats de le Couronne? M. Langlais a juré que depuis la rédaction du projet de contrat par l'honorable L.'P. Pelletier, il avait constamment sollicité le contrat de fourniture de-papeterie pour tous les départements, À raison de 20% de moins que les prix payés jusqu'alors, ,

En janvier, 1890, il écrivit à l'honorable M. Mercier, le priant de voulcir bien lui accorder le contrat. M. Mercier lui répond qu’il lui

faut remettre à plus tard la solution de cette question, vu la multi- *- plicité de ses occupations, T1 y avait done une correspondance ... ommencée un an auparavant. : Ce n’est pas tout : M. Lénglais ayant

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appris que l’honor:ble M. Mercier allait partir pour l'Enrope en février 1891, obtient une entrevue avec lui, et l’entretient de nouveau cle son projet,

Là il dit à M. Mercier: ‘Il y a assez longtemps que vous me “ promettez la chose, pourquoi né m'accordez-vous pas ce contrat-là 7”

M. Mercier lui dit: ‘ Assoyez-voas et expliquéz-moi bien une

“ dernière fois les raisons pour lesquoiles le Gouvernement devrait ‘vous onner ce contrat, et les avantages et profits que ia Province pourra en recevoir.” Alors M. Langlais lui répond: “Je vous nromets de sauver à la Province dix à quinze et même vingt par ‘ cent sur los prix qui ont été payés pour le parier jusqu'à présent, ‘ Je vous promets de plus de mettre une raarque spéciale sur le ‘< papier et autres objets de papeterie vendus âu Gouvernement, cela empêchera que le papier soit volé, enlevé ou employé à d’autres fins que celles pour lesquelles il est achuté, Je vous promets de vous donner les quantités et les qualités que vous voudrez avoir. “ Vous nommerez un employé qni rassemblera les ordres et les commandes des différents départements, qui me transmettra ces ordres “ et qui verra à ce qu'ils soïient fidèlement exécutés, sans qu'il y ait “ de vol ou de gaspillage.” M. Mercier conclut cette entrevue en lui disant : “Je consulterai mes collègues, #t je vous donnerai une réponse dans quelques “ jours,” Tout ceci est bien clair et écarte toute idée de précipitetion inaue,

La Couronne, sentant le terrain lui échapper, se rabat sur la raison suivante : “ Ce contrat a été accordé au milieu d’une lutte électorale, et M. Mercier qui était définitivement parti de Quéhec pour l’Europe, y est revenu uniquement pour le purachever et l’octroyer.” Ces deux circonstances ne vomporteut pas, en ellesmêmes, un caractère de criminalité,

La présence de M. Mercier à Québec, le 22 et 23 février, s'explique facilement, Nous étions, À cette époque, en pleine tourmente électorale, M. Mercier s'était mis à la disposition de son parti; sa présence était requise eb sollicitée partout, car l'on sait de quel immense prestige il jouissait. Îl n’était pas maître de son temps ni de ses instants ; il allait, comme toujours, là où il y avait du danger et des ennemis sérieux à combattre. Et c'est tellement vrai que, non-seulement le 22 et le 23 février, il avait changé son itinéraire et modifié son programme, mais qu'après être parti de nouveau de Québec, le 23 février, pour n'y plus revenir, nous le retrouvons, le 3 wars, présent à une assemblée des électeurs du comté de ‘ontmorency, tenue dans les intérêts de la candidature de M. Tarie.

Comme on le voit, chaque fois que la Couronne fait un j'A8 dans cette cause, c’est pour trébucher sur les obstacles qu'elle avait jetés sur notre sp Mis il y avait, dit-on, lutte électorale, et le besoin d’arg ur l'organisation du parti se faisait peut-être

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sentir, Qu l'on tou non au rm d’une Pere si M. Mercier

devait alors faire un voyage de 4 où 5 mois en Europe, si la rumeur pot À et la “msg avaient informé M. Langlai: da passage de M.

ercier, à Québec, le 22 ou 23 février, n'est-il pa: naturel qu'il ait tenté un dernier effort pour obtenir'le contrat si vivement sollicité ? M. Langlais, en homme intelligent, a compris ou devait conspremdr > les conséquences vt les éventualités d'un retard : un compétiteur pouvait surgir ; des influences politiques pouvaient lui barrer le chemin ; un minis re peut tomber malade on disparaître. D'un autre côté, nour des raisons d'intérêt publie, dans un but d'économie, M. Mercier était aussi en droit d'activer cette affaire et de la terminer aussitôt que possible ? l

Vous me direz peut-être, Messieurs les jurés, que nous insistons trop sur ces détails infimes : Vous avez-raison, Mais il a fallu néanmoins s’y arrêter, car les avocats de la Couronne ont paru y attacher une grande importance,

Arrivors-doné au point capital de la cause, et nbordors-le hardiment. Parlons de suite de la première entrevue entre M. Langlais et M. Pacaud, et ‘appelons la correspondance, échangée entre M. Mercier et M. Langlais, qui constitue la base du contrat que l’on

rétend entaché de fraude et fait-dans le but collusoire sie léser les intérêts de la Province de Québec et d'obtenir illégalement la somme de $60,000. ”

Nous sommes au 22 février ; M. l'anglais se rend à la résidence de M. Pacaud et lui dit : “ J'appread@#par les journaux que M. Mercier “est à Québec et que sont séjour y scra de courte durée ; je vovdrais ‘ bien avoir uno entrevue avec lui, car je suis anxieux d’en fiir ‘“ avec cette question du contrat de papeterie, et je désirerais avoir ‘une réponse définitive avant son ‘’oart pour l’”urope. ” M.

: Pacaud lui dit : “ Vous ferie” bien de te voir, tâche, de le rencon- “Ctrer demain entre 9 à 94 hrs. a, mi, à sou béreau, aux bâtisses du “ Parlement. ” Et &rès avoir parlé davantage du même sujet, Pacaud. ajoute : “ Si voas obtenez le contrat, souscrirez-vous pour les élec: “tions ?” Langlais répond : “ Ne parlez pas de ce sujet, je ne veux “ pas que vous me parliez de cela, mais rencontrez-moi demain matin “matin entre 9 à £, rs, au bureau de M. Mercier. ” + + J'ai besoin, messie -s les jurés, à cette partie de mon adrüsse; de toute. votre bienveïllunte actention. re Ë .

On dit qu’il y eu conspiration entre Messieurs Mercier et Pagau . pour fräuder-la Province de Québec. : és : Qu'est-ce que la conspiration ? c’est l'entente, c'est le complot entre deux ou plusieurs personnes pour arriver à un brt commu : Y at-il eu entente entre l'honorable M: Mercier et M. Pacand pt roi du contrat et pour l'obtention de la sômme.de $60,000? : Oh ! dira la Couronne, le rendez-vour était fixé & Il avait done été informé que Langlais l'y ction disparaît et est mise à néant par M

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la ruine ou de ln riches.

tsire particulier de l'ex-Premier-ministre qui nous dit —et d’aïl}.ars tou, ceux qui ent. en l’avantage d’avoir des rspports avec l’honorable M. Mercier, savent quelles étaient ses habitudes matinales de travail — que le 23 février dès 7 k heures du matin, M. Mercier était rendu à son bureau.

Langlais était-l attenda par M. Mercier ? Prenons la version de Langlais qui est le seul témoin quipuiss* nous renseigner sv: ce voint. 1 at dit shit. 8 4! beures, il se rend aux bâtisses du Parlement, et s'in-

es employés de M. Mercier, si ce dernier est présent et re Sur l4 réponse qu'il était engagé et donnait audience à un : <itcyen de Montréal, Langlais quitte les appartements de M. Mercier

. st se du'ige dans ur.e autre partie des batisses.

Si M. Mercier avait été prévenu de la visite de Langlais, s’il avait été anxieux d'obtenir de lui $80,000 peur des fins personnelles ou électorales, si enfin, pour être plus explicite, il y avait eu conspira-

tion entre Pacaud et l’ex-premier ministre pour obtenir au moyen

du contrat Langlais une forte souscription électorale, ne semble t-il pas naturel & vraisemblable, qu’il eût pris, pour atteindre son but, tous les mov ns à sa disposition ? N’est-il p«s raisonnable de croire qu’il eût dit à son personnel : “Si M. Langlais se présente à mon bureau, ce matin, dites lui que je ne serai retenu que pendant ss quelques instants, que je désire le voir, et ne le laissez pas partir “ sans que je le voie 4 es

Je vous pose cette question ben simple et vous demande de me répondre si telle n'aurait pas été sa oh 0 en pareil cas,

‘Rien de tel.

M. Mercier ayant terminé l’entrevue svec sun visiteur, laisse son buresu, sans s'informer de Langlais, sans donner aucune instruction à ses‘ 1ployés au sujet de Langlais, et se dirige à l'étage do mt

“vers la salle réservés au conseildes ministres.

Langlais retourne au buréauce M. Mercier, st au moment d'y entrer il fait ls rencontre de M. Pacaud.

Aucvne surprise n’est manifesté» au sujet de l’ibsence de M. Mercier, "à porsonne ne dit : ‘Haurait dû attendre, il devait attendre, il-sa ‘ait que nous devions-venir œ matin.”—"Tien enfin-pour indiquer qu’une si SR existait, qu'un complot ou une entents avait eu lieu.

Oeite pertie de la cause est basée sur le témoignage de Langlais,

qui. ést, pour ainsi dire, le seul témoin de la poursuite. - Et pourquoi

glais ne serait-il pas crû ? N’a-t-il pas toutes les qualités pour de la confiance ? Son caractère d'honorabilité n’a-t:il pas été par nos adversaires politiques, depuis un grand nombre "De 1873 à 1887, il.a été un des are av pourvoyeurs les bureaux publics. Je me plais à le dire et à le afére ici, M. Langlais a agi dans toute cette affaire avec une caractère qui Va rendu inébranlable devant Garros dé

En effet, M. Langlais n'avait que deux mots à dire pour satisfaire uos adversaires, qu'une phrase à ajouter à sa déposition pour faire condamner M. Mercier. Il n'avait qu’à déclarer que l'honorable M. Mercier savait qu'une souscription électorale devait être payée, C’en. était fait de la défense. M. Mércier aurait été déshonoré et aurait, pris lo chemin de la prison ou du pénitencier. Mais nen ! Langlais comprenant que le Gouvernement voulait persécuter mon disti1gué client, n’a pas fléchi devant les d':tées. de sa conscionce, et maintenant, il peut lever le front haut devant ses corcitoyens, car sa conduite lui vaut un certificat d’honnêteté que l'argent et le Lonvoir né peuvent pas donner. :

tte fermeté lui fait honneur, et, de cette conduite, il lui restera un souvenir, qui, plus tard, le dédommagera des humiliations par lesquelles il a passé, pour avoir respecté, d’une manière aussi inflexible, son serment et la vérité.

Revenons aux faits de la causr. M, Langiais dit à M. Pacaud: “ Quallôns-nous faire, M. Mercier est parti?” M. Pacaud alors lui répond : “ Ecrivez-lui une lettre ; dictez-la à M. Clément, secrétaire du Premier-ministre, ” On dicte une lettre à peu près en ces té-mes: “ Veuillez donc, s’il vous plait, avant de partir, en finir avec “ ce contrat que je sollicite depuis si longtemps, y attends ici une ‘t réponse de vous. ” ;

Cette lettre, Messieurs les jurés,n’a pas été produite en cette cause Qu’est-elle devenue ? Comment se fait-il que ce dossier soit tronqué ? Quels scit les gardiens des documents des départements ? Ce sont nos adversaires politiques, qui, seuis, peuvent expliquer la disparition de cette lettre, qui, s' elle était devant le tribunal, donnerait de la force au témoignage de M. Eanglais et le corroburerait en tous

ints { !!

Cette lettre est envoyée à M. Mercier, par un des employés de son bureau, qui la lui remet daasla chambre du conseil des ministres, Messieurs Garneau et Robidoux ont, tous deux, déciaré, sans hésitation, que cette quéstion du contrat: de papeterie avait été souvent discutée entre les ministres, qu’elle leur avait été scumise par M. Mercier, et que tous lés ministres comprenaient l'importance de nommer un seul poarvoyeur de papeterie pour tous les bureaux publics,

Cette question étant si bien comprise, il ne fallait pas un siècle

ur y donner une solution. Aussi M. Mercier répondit.il à M. Lauaiits par la lettre du 9° février, que j'ai déjà lue.

__ Uette réponse de M. Meraier à M. Langlais, était dura grande

importance, En effet, c'était la base d’un contrat de papeterie pour l'espace de quutre ans, et pour un montant annuel, variant entre $100,000 à #125,000. Mais ce contrat était, au moins pour M. Langlaïis, incomplet, en ce qu’il ne spécifiait pas les termes et les dates paiements qui devaieni lui étre faits. Aussi Langlais écrivitil Mercier pour lui denan-ler les moyens d'obtenir de. l'escompte

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aux banques, ôu de lui indiquer qriel montant il pourrait lui avancer, et à quelle époque ces montants seraient payés.

- Et la chose se conçoit facilement, Langlais, obligé d'exéruter un sôntrat pour un montant annuel de $109,000 à #$125,000, avait besoin de capitaux, qu'il avait l'intention de se procurer des banques ou d'autres institutions financières. Pour engager ces derniers à lui ayuncer les deniers nécessaires, il lui fallait prouver qu'il était porteur, non-senlement d'un contrat, mais d’un convrat en vertu duquel il toucherait, à une époque déterminée, une somme qui lui permettrait de leur remboarser le montant qu'il aurait emprunté.

Il écrit donc la lettre qui nous a été lue antérieurement. M. Mercier qui connaissait que Langlais jouissait d’un excellent crédit, e6 fuisaii des affaires pour un montant de $125,000 par

. année, accéda à sa demaade” Un particulier qui ferait un contrat

avec un entrepreneur, dont le crédit et lhornêté seraient bien établis, pour la construction d’un édifice, hésiterait-il à lui avancer ou payer des arrhes de #1,000 sur un contrat de $4,000 à $5,000 ? L'ex-Premier-ministre s'engagoait à payer à Langlais un accompte sur son contrat de $100,000 à $121,000, par aanée : $30,000 dans

six mois, à compter du 23 février 1,91, eu #30,000 dans un an, à

comnter du 13 mars 1891, et cela sous la condition légale que Langinis remplirait bien fidèlement et honnêtement son contra.

Quelles sont donc les objections que l’on fait à cette transaction ? La première est que les prix de 1h papeterie ne sont pas mentionnés et définis dans le contrat, et qu’il ne porte d'autre évaluacion que les mots ‘ prix courants.”

Voyons si ces termes ‘prix couranis ” sont assez explicites pour protéger les intérêts de la Province, et s’il valait mieux acheter au

rix courant du gros qu'au prix courant du détail. Un contrat pour

400,000 est un gros contrat, et le contrat Langlais était pour av, moins ce montant, puisqu'il à été prouvé par M. Chrysostôme Langelier, ci-devant régistraire de la Province, que le coût annuel de la prpererie était en moyenne de 100,000 à $125,000.. Cette dépense s’est élevée l’année dernibre à $#10,009:

M. Langlais a déclaré que le prix courant, thentiohné dans le contrat, était le prix courant du gros, et son témoignage à été corroboré par M. McFariane, grand mancfacturier de Montréal, témoin de la poursuite. |

Or, qu'enterd-on par prix courants du gros ? Ce sont les prix qui sont généralement fixés par les manufacturiers et les marchands de gros. Jusqu'en 1891, les achats de papier et de papeterie, en général, pour les différents bureaux publics, avaient #té faits aux prix courants du détail. M. Dassault noas n dit qu'il faisait de 100 à 110 pour cent sur la vente de certaines qualitésde papier au Grouvernement. ti PRE.

Meci nous donne une idée des prix exhorbitants que le Gouvernement avait payés jusque-là pour des articles de papeterie. Il y avait

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donc lieu de faire une réforme, 6: c’est la réforme qu’on voulait accomplir par le contrat Langlais, s’il avait été mis à vis et si M. Mercier n'avait pas été indignement, chassé du pouvoir. , J'attire sur ce point, l'attention de. tous ceax qui parlent tant d'économie

dans les temps actuels.

Mais l'on nous dit: “ Le gouvernement se trouvaiv ecmplètement à la merci de M. Langlais, qui. aurait fait et établi les prix qui x convenaient, et ces prix n'auraient été contrôlables. ” Et

: quoi / C'est le contraire qui est vrai et c'est Langlais qui était à ss

merci du Gouvernement, car s’il n’eût pas exéité son contrat fidèlement, fourni du papier de la qualité voulue, s'il n’eñt pas agi honnétement, si ses prix eussent été exagérés, le à arr pes) n'avait qu'à lui dire: “ Monsieur, nous n’avons plus besoin de votre marchandise, car vous ne remplissez pas votre contrat honnête-nent, et nous allons nous pourvoir ailleurs. ?

Dans quelle position Langlais se serait-il alors teen | Pouvaitil poursuivre le Gouvernement ? Mais tout le monde spit que nulle DEMNEAS peut être intentée contre la Couronne qu'avec l’autori-

ministres, . ratifiée par le Lieutenant-gouverneur. M. Langlais se trouvait donc entièrement à la merci du Gouvernement, ét nous en avons la preuve dans cef’e cause-ci. Le Gouvernement ucbuel a refusé d'exécuter le contrat, et a, par ce moyen, ruiné Langlais qui s'est trouvé dans la triste nécessité de faire cession de ses biens, pour le bénéfice de ses créanciers.

Deuxième objectish au contrat : “ Les deux lettres pue lesquelles M. Mercier permettait à M. Janglais d'obtenir $60,000, étaient. des lettres de crédit et affactaient le crédit de la Province de Qué Je nie catégoriquement cette mt et il sufit de rappeler les faits pour la réfuter.

Chaque année, les Chambres réunies votent les sommes nécessaires pour solder les dépenses publiques et particulièrement celle de la papeterie. M. Verret, 2.uditeu de la Province, à établi que la Législature, en février 1891, avait déjà voté les sommes suffisantes pour ce service, pour l'année fiscale 1890-91, 1891-92, Ainci, rendant la session du printérups de 1890, les argents nécessaires pour rencontrer les dépenses publiques de la Province de Québec et particulièrement celles de la papeïerie, vour l’année fiscale 90-91, avaicnt été votés et, pendant la seconde session, dans l'automne de 1990, les argents pour les mêmes dépenses de l’année fiscale 91-92, avaient été aussi votés. Les 460,000 qui devaient être payées à M. Langlais, pendant l'année fiscale 91-02, devaient l'être à mêine les nrgents déjà votés

r la Législature. Par conséquent, il est clair que le crédit de la

ince n'était pas affecté en aucune manière par les deux" lettres é fn à M. Langlais par l’honorable M. Mercier. Il n’y n eu que change nent ue à des crédit* votés pur la Législature pour … la papet: vie. ana sd ces crédits en argent, au lieu d'être. és un Lars veau ‘pour Has au

prix du détail, de la papeterie pour ce Département, devuit l'être par un pourvoyeur général qui achèterait au prix du gros pour tous es Départements, à raison de 20 p. c. à meilleur marché,

Par cette réforme, le Gouvernement devait faire une économie de $80,000 pendant la durée du contrat Langlais. Le crédit de la Province wa nullement été engagé par ces lettres de M. Mercier, ou, en d’autres termes, elles n'ont pas augment“ les obligations de la Province.

La troisième objection au contrat, soule-:ée par la Couronne, est que le contrat est illégal. Si cette prétention est bien fondée en fait et en droit, il ne reste plus de base à l’accusation de conspiration. En effet, si c’est au moyen de ce contrat qué l'honorable M. Mercier et M. Pacaud devaient obtenir frauduleusement $60,000 des deniers de la Province, comment peut-on supposer sérieusement que la Province fût exposée, de quelque manière, à perdre un seul centin, si ce contrat était illégal et ne pouvait être =: à exécution ? Le contrat étant nul, n'avait pas d’éxistence légale, et un tel contrat n'étant pas obligatoire pour les parties, le Gouvernement aussi bien que. M. Tanglais pouvaient le mettre’ de côté et refuser de lui donner sanction.

J'ai touché à tous les points, qui, d’après la poursuite, constituent la faute dont est accusé l’ancien chef de l'Exécutif de la Province de Québec. Nous avons suivi la Couronne pas à pas dans la voie où elle s’est engrigée, nous l’avons suivie jusque dans ses deniers retranchements. Que reste-t-il de cet échafaudage si péniblement érigé ?

Que reste t-il de cette accusation lancée contre l’ex-Premier-ministre,

accusation formulée eur tous les tons, sur ies tribunes publiques, et répétée à satiété dans une presse hostile, en ‘termes injustes et déloyaux ? Qu'en reste-t-il ? Rien ! absolument rien ! Oui, il en restera une chose : Le souvenir de la diffamation. d’un homme émi-

nent, faite pour des fins politiques. L'on se rappellera que, pour l'écraser, on « eu recours à tout, et qu'on a même mis en péril le.

prestige de l’organisation judiciaire, et sapé une des bases de !l'auto-

rité, les tribunaux, pour lesquels notre population avait jusqu'ici un :

respect religivux.

Nous avons laissé M. Langlais et M. Pacaud à la porte des bâtisses du Parlement. Tous deux se rendent de là à la Caisse d'Economie Notre-Dame. M. Langlais demande à voir le président. On lui répond qu'il est allé prindre son dîner. Messieurs Langlais et Pacaud se dirigent vers sa résidence, d’où ils reviennent avec lui

à la Caisse d'Economie, Après avoir examiné le contrat Langlais, ainsi que les lettres de M. Mercier, M. Robitaille, qui avait déjà

avancé et prêté des deniers de la Caisse sur de: semblables docu-

ments, d’après le témoignage de M. Marcoux, consentit à faire à M.

Langlais le prêt de $60,000,

Aucune fausse représentation n'a été faité à la Caisse d'Economie et M. Pacaud n’a ee dit un seul mot pour faire décider l'emprunt. Le prêt fut fait à M. Langlais parce qu'il était connu de la Banque,

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