‹ Procès Mercier [microforme]Chapitre 60 sur 66 · FRET · texte numérisé non relu

FRET

“et en raison de son crédit. La Caisse d'Economie ne prétend avoir été fraudée par les défendeurs, et n’a jamaïs passé de résolutions pour faire citer MM. Mercier et Pacaud devant le tribunal ‘pour ‘ use de conspiration. Ro

Cependant, la Couronne accuse messieurs Mercier et Facaud ne d’avoir conspiré, et pour frauder la Caïsse d'Economie d'une somme de $60,000, et aussi pour frauder la Province de Québe: de Ja même somme de $60,000.

Voilà maintenant plus de six mois que cette accusation est porté) contre l’ancir: Premier-ministre ‘par le Gouvernement, et, à l'heure «qu’il est, bien que la Couronne soit représentée par quatre savants avocats, quatre têtes fortes, quatre cerveaux brillants qui ont apporté, dans l'étude et la direction de cette cause, toute l'ardeur dont ils étaient capables, ils ne peuvent pas nous dire lequel, du Gouvernement ou de la Caisse d'Economie, a été fraudé. J'avoue, messieurs les Jurés, que c'est un piètre résultat, après tant de déploiement de :science et d’habileté,

Les $60,000, moins l'escompte, sont remises à M. Langlais, sous forme de chèque de la Caiss= d’'Econo:nie sur la Banque Nationale, et, après être sortis de la Caisse d'Economie, M. Pacaud dit à M. Langlais: ‘Combien allez-vous souscrire pour les élections ?” # Combien ?” dit M. Langlais. M. Pagaud reprit: “ Si M, Tourville eût eu le contrat, il aurait souscrit 850,000.” M. Langlais répondit : ‘Je n'ai jamais tiré en arrière pour mes amis. C’est bon, je vais vous donner ce montant, Allons à la Banque Nationale” M. bot Pacaud lui dit: “ Nous irons plutôt à la Banque Union.” Le chèque

fut payé, et M. Langlais remit $50,000 à M. Pacaud.

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en a-til profité en aucune manière? A-t-il connu l'emploi, la destination de cet argent? A t-il donné à quelqu'un des instructions à l'effet de retirer pour :ai cet argent de la Banque ? M. Pacaud dépose 824,500 à son crédit à la Banque Union, et … dépose à la Banque Union la somme de 825,000, pour être remise à À APRES la Banque Jacques-Cartier, au crédit de l’honorable M. Mercier. | . M.J. A. Mercier, le frère de l’ex-Premier- Ministre, qui était le Lo gérant et l'homme d'affaires de son frère à tel point qu'il avait coutume de retirer de la banque les argents déposés au crédit de l’honorable M. Marcier par des chèques signés en blenc a retiré de la banque Jacques-Cartier les $25,000, hors la connaissance de ce dernier, au moyen de deux de ces chèques en blanc, signés de l'honorable M. +: Mercier, mais remplis par M. J. A. Mercier, Ce dernier a dé

ne deux chèques, signés par lui, Mit Don sur la banque du Peuple, et payables à l'ordre de x LR ge ee ë e pe:

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Mais que sont devenus ces 850,000! M. Mercier principalement

! | ensuite les 825,000, par deux sommes égales de $12,500, à la banque : : | Nationale et à la banque du Peuple, à Montréal, et les a retirées e j + A. Mercier, sur la banque

n, Conseil de la Reine, lun des chefs du parti

me ITR.

libéral à Montréal, et trésorier du comité électeral de ce parti durant la dernière lutte électorale.

M. Geoffrion a déclaré, de la manière la plus positive, que ces $25,000 avaient été retirées par lui et employées pour des fins électorales et les dépenses légales du parti, et il à affirmé, de plus, qne l'honorable M, Mercier n'avait ni directement ni indirectement touché un seul centin de ces $25,000, et qu'il n'en avait bénéficié en aucune manière.

I1 est bon de se rappeler que cet argent avait été envoyé de Québec le 23 février, que lo 24, M. Mercier assistait à une grande assemblée publique des électeurs du comté de Richelieu, à Sorel, à laquelle devait assister Sir H. Langevin. M. Mercier était donc absent de Montréal ls 24 ét le 25. Or, c’est le 25 que l'argent a été retiré de la banque Jacques-Cartier, par M. J. A. Mercier, et il est amplement en preuve que, ni directement ni indirectement, verbalement ou par écrit, M, Mercier n’a donné aucune instruction à son frère de retirer cet argent.

Que reste-t-il donc, messiours les jurés, de tout ce bruit et ce tapage faits autour du nom de l’honorable M. Mercier au sujet de cette misérable accusation? Rien! si ce n’est qu'au moyen de calomnies, de dénonciations échevelées au sujet de l'affaire Lanylais, on a réussi à enlever d’uñe manière que je ne qual'fierai pas, la direction des affaires de la Province de Québec à un homme qui l'avait obtenue par des voies régulières et constitutionnelles, par la voix du peuple.

Messieurs les électeurs. ,.......: (On rit)...... Je vous demande pardon, Messieurs les jurés de vous avoir donné ce titre, mais voyezvous, cette cause a un caractère tellement politique qu'il est: naturel d'avoir fait une semblable méprise.

Je ne veux pas terminer cette trop lo:.gue adresse sans réfuter un des derniers moyens employés par la Couronne pour atteindre son but. Elle prétend que le contrat n'était pas sérieux et qu'il n'a pas été mis à exécution.

À qui la faute? Est-ce celle de M. Mercier ? Il était parti de Qué- Bec le 14 mars pour aller en Europe faire ce voyage, qui fut pour lui toute une suite de triomphes et d’ovations, et il ne fut de retour au pays que le 18 juillet suivant. M. Langlais est il resté inactif pendant ce temps ? Non! Il fait toutes sortes de démarches. Il s'adresse à l'honorable M. Garneau, premier-ministre intérimaire, et attire l'attention de ce dernier sur son contrat, M. Garneau lui répond :

- “Qu'il avait les papiers relatifs à ce contrat et. qu'il écrirait a®

“ Secrétaire provincial de donner instruction à tous les chefs de

“ département d'acheter leur papier de lui. Il lui dit d'attendre.

“ quelques jours et qu’il lui donnerait une réponse.” M, Langlais retourne voir M. Garneau, puis il confère avec l'honorable Charles Langelier qui lui promet de s'occuper de cette affaire. Je + lue he ARRANTEN AE UP Lo D A GA AO RL

Chose assez extraordinaire, tous les ents, à un moment donné, sont devenus remplis de papier. raison en est-elle dûe à ce que certains employés publics avaient voulu une dernière fois

un avantage aux marchands qui vendaient aux prix du détail et qui faisaient, comme je l’ai déjà dit entre 100 à 110 cent de profit ? Etait-ce dû à la mauvaise volonté des chefs de département, dont la plupart étaient hostiles à l'administration de M. Mercier ? Qu'importe. Langlais a-t-il fait tout ce qu'il pouvait faire, et est-il raisonnable de subprer qu'il en ait agi ainsi, lorsque luimême n us d' \are que, à les profits que la Province aurait réalisés par s°a contrat, il avait lui-même l'espérance d’en faire autant ?

Après le retour de M. Mercier au pays, il demande à Langlais pourquoi il n'a pas exécuté son contrat. Ce cdernie: lui donne les raisons que je viens d'indiquer. Et puis, l’on sait-—la chose est maintenant du domaine public—que les relations entre le Lieutenart-Gouverneur et ses aviseurs étaient devenues tendues à tol point que quelque temps plus tard, l’action du Gouvernement était réduite aux actes de simple administration. Et tour cela fut suivi de la chute du Gouvernement arrivée dans les circonstances que l’on connait. Donc cette dernière prétention de la Couronne croule comme toutes les autres que nous avons réfutées, et n'avait pour base que la persécution.

Je parle de persécution, car je veux répondre de cite aux substituts du Procureur-Général, qui ont fait des efforts inouïs pour vous faire croire que cette cause n'est pas un procès politique. Voici un Procureur-Général, qui, pour démontrer que c'est bien lui qui traîne de juridiction en juridiction, l’honorable M. Mercier, s'est donné la triste satisfaction d'apposer son propre nom au pied de l’acte d'accusation. Voici un chef politique, se faisant le dénonciateur d’un autre chef politique devant les Tribunaux, et l’on a la naïveté de nous dire sérieusement que ce n’est pas un procès politique ? . . Quelle lugubre et sinistre fares ! !!,..

Oui, malheureusement c’est un procès politique, avec lequel on amoindrit et prostitue l’administration de la justice, un de ces procès avec lesquels on dégrade les hommes de notre race. Depuis quelques années, la politique semble avoir été fatale pour nos hommes publics Canadiens-français. Au moment où cette cause retentissante s’ins-

| grandes pensées, vivifiait verser un sang généreux qui nous a valu les prérogatives et les :

s'est trompé : Nous n’avions pas touché le fond de l'ignominie ét o l’humiliation, nous devions l’atteindre dans cette cause, dans laquelle on a cherché à confondre avec les vulgaires criminels un homme dont le nom est encore acclamé par les trois quarts de la population. : Notre histoire naus à que jadis la politique évéillait de es cœurs et inspirait l’héroïsme qui a fait

libertés dont nous jouissens.

Parmi ces avantages, est celui de pouvoir nous faire entendre devant ce tribunal des libertés populaires, devant un jury, composé d° juges qui viennent ici sans espoir de récompense rendre la justice sans faveur comme sans crainte.

Je termine, messieurs les jurés. Ce que nous réclamons, c’est un verdict d'acquittement, non pas au nom de la pitié ou de la commisération, mais au nom de la vérité, qui est de notre côté, et du droit que nous avons défendu. Ce verdict sera accueilli d’une extrémité à l’autre de la Province avec resonnaissance.

Cet arrêt ne sera pas une réhabilitation, car mon honorable client n’a pas besoin de réhabilitation ; mais ce verdict lui donnera le courage de travailler encore pour son pays. Il est attendu avec confiance par une famille remarquable, qui a été, si vous le voulez, associée aux plaisirs du succès, mais aussi aux angoisses des jours de défaite et d’humiliation.

Ce verdict, ce sera le verdict de la raisons de l'équité et de la conscience, Ce sera le verdict de la nation, contre l’oppression et la

tyrannie. Ce sera le verdict du peuple : Voæ populi, vox Dei. ”

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