ERREUR DE M. POPELIN-DUCARRE
M. Raspail, a-t-on dit encore devant la Cour, n’est pas le premier inventeur des charbons artificiels; on trouve treize brevets antérieurs sur cette fabrication. — Mais M. Popelin-Ducarre commet en cela une bien grosse erreur pour un homme' du métier; il devait se contenter de dire que M. Raspail n’était pas le premier inventeur des combustibles artificiels. En sa
quali îé de fabricant de charbons artificiels, il ne peut ignorer la différence qui existe entre le mot combustible et le mot charbon ; il sait bien qu’un combustible peut brûler avec flamme, odeur et fumée, tels que les bois, les houilles, les tourbes, etc., mais qu’un charbon, pour être réellement charbon , doit être dépourvu de flamme, d’odeur et de fumée, tels que le charbon de bois, le charbon de houille ou coke, le charbon de tourbe, etc., etc.; et que jamais avant mon père on n’a obtenu de charbon artificiel brûlant sans flamme , sans odeur, sans fumée et propre à remplacer la charbon de bois dans tous scs usages domestiques et industriels ; car il est incontestable et incontesté que mon père a, le premier, transformé, par la carbonisation , des combustibles artificiels en charbons artificiels.
J’ajouterai enfin que, malgré les efforts déployés sans succès par M. Popelin-Ducarre pour rapetisser l’invention de mon père, les nombreuses médailles obtenues par M. Popelin-Ducarre attestent suffisamment l’importance cle cette invention et les immenses services qu’elle est appelée à rendre à la société.
Nota. Quant à la médaille d’argent que le jury de l’exposition universelle de 1855 a décernée à M. Popelin-Ducarré, je ferai seulement observer à la Cour que si mon père, dans son Mémoire (*), a énoncé le contraire, c’est qu’il avait plu à M. Popelin-Ducarre de la passer sous silence dans l’énumération complaisante qu’il a faite , devant les premiers juges, de ses médailles, croix et autres récompenses.
Après ces quelques explications, je ne peux qu’attendre avec la plus entière confiance la décision de la Cour.
Agréez, messieurs, l’assurance de ma considération distinguée.