‹ Procés Provencher-Boisclair [microforme]Chapitre 11 sur 31 · MARDI, 26 MARS · texte numérisé non relu

MARDI, 26 MARS

La foule semble toujours apporter le plus vif intérêt au procès. La salle d'audience est encore bien remplie. Le prisonnier paraît un peu fatigué, mais il est toujours ferme, même jusqu’à l’insouclancCe.

ELMIRE LABBÉE—de St. Michel d'Yamaska,—18 ans. J'ai vu le prisonnier chez nous à la fin d'Octobre.un Vendredi. Tl était avec une Dame.

(Sophie Boisclair est emmenée en Cour.)

Le témoin la reconnait pour la personne qui est allée avec le prisonnier chez son père qui tient maison de pension à Yamaska, à 5 arpents de l’église. Sophie Boisclair est entrée avant le prisonnier. Il était onze heures et-demie de f'avant-midi. Le prisonnier est entré à peu près une minute après elle. ‘Il a demandé une chambre pour Madame.” Je les ai fait entrer dans le salor. J'ai fermé la porte du salon après leur entrée. [la recommandé le dîner : du maigre pour lu: et du gras pour Madame Ils ont diné environ trois quarts d'heure après. C’est

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moi qui les ai servis à table Ils ne se tutoyaient pas. J'ai p'nsé que c'était quelqu'un qui désertait. ‘Îls riaient souvent ensemble ; ils avaient l'air à rire, à avoir assez de plaisir. Après que le prisonnier eut demandé une chambre, j'ai fait du feu et Sophie Boisclair s’est déshabillée près du poële. Je lui ai demandé d’où ils venaient ? Elle m’a répondu de St. Zéphirin. Un peu avant de partir. elle m’a dit qu’elle demeurait à Richmond dans les bois francs. Je les ai vus le 8 Janvier, sous la garde du grand connétable. Quand ils sont entrés, j'ai demandé à la femme s'ils avaient repassé depuis l'automne dernier ? ‘Ile m'a répondu qu'il y avait deux ans qu'elle n’était pas passée ici.

TRANSQUESTIONNÉE PAR M. CHAPLEAU.

Nous tenons maison de pension et hôtel, Ils sont entrés dans la barre d’abord, et c’est là qu'il a demandé une chambre. Ils ont demandé une chambre comme les voyageurs en demandent pour se retirer. Ils n’ont pas demandé de chambre à coucher. Ils ont été satisfaits du salon et n'ont pas demandé d'autre chambre. Je ne les connaissais ni l’un, ni l’autre. Le salon est la salle de réception des voyageurs qui ne restent pas dans la barre. Ils ont dit qu'ils s’en venaient à Sorel. J'ai vu qu'ils étaient en waggon. Ils ont parti environ trois quarts d'heure après leur diner. Ils ont laissé manger leur cheval, chose habituelleaux voyageurs. Le 8 Janvier, je crois qu'ils étaient sous Ja garde du grand connétable. Quand j'ai fait la question, le prisonnier et Sophie Boisclair étaient dans la salle de devant avec deux personnes que je ne savais pas alors, mais que depuis j'ai appris étre des connétables. Le prisonnier ne m'a rien dit. La première fois qu’ils sont venus, le prisonnier s’est conduit convenablement.

re

ME3SIRE Luc TRAHAN—Curé de St. Zéphirin de Courval. Connait parfaitement bien le prisonnier. À très bien connu le défunt. J'ai admiuistré le défunt la veille de Noël. C’est le prisonnier qui est venu me chercher. Je suis arrivé dans l’avantmidi ; j'avais les Saintes Espèces avec moi. Il y avait beaucoup de monde dans la maison du malade, Lorsque je fus entré dans la maison en me rendant à la chambre du malade, x homme que je n'ai pas remarqué dans le temps, me dil : parlez-lui : avant d'entrer dans la chambre. Je ne savais pas pourquoi il me disait cela. Lorsque je me présen-

tal à la porte de la chambre, il fit un saut sur son lit, en criant. Je m'approchai de la table apprètée pour recevoir les saintes espèces ; lorsque j'eus déposé le Saint-Sacrement sur la table, je commengçai à le confesser. Il était calme dans le temps ; il. parlait bien, et avait tout son jugement. Lorsque . sa confession fut finie, je me préparai à lui donner le Naint Viatique, Quand arriva le moment de la : communion, il me saisit le poignet de Ia main droite; dans la gauche je tenais Les Saintes Espèces; je lui donnai à communier sans inconvénients, il n’a pas remué dans le temps, Quand je l'ai fait commuuier il m'a tenu le poignet tout le temps. Lorsque je l’eus fait communier, je me préparai à In donner l’Extrème Onction. Æn lui faisant les oncfions, je m'apperçus qu'il frissonnait à chaque onction que je lui faisais en le touchant. Les femmes qui ont préparé les meds pour l'onction, lui ont touché les pieds, el il remuail beaucoup en sautillant.. Je crois qu'il a prononcé quelques paroles. : J'ai fini de l’administrer et alors il est resté tranquille. Après l’avoir administré je lui parlai quelque temps. Je crois qu'il m'a dit qu'il était dans une grande peine. Il ne m'a pas dit à quel propos. Je n'ai jamais revu le défunt. . Je ne me rappelle pas avoir vu une maladie semblable auparavant. J'en ai administré: musieurs : cents et plusieurs nulle, et je n'ai pas”

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remarqué la même maladie. Je ne me rappelle pas avoir vu d’autres personnes dans des convulsions semblables. Jai vu une autre personne ayant les mémes symptômes que le défunt, dont je ne puis dire la cause de la mort,

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

La confession a duré } d'heure ou 20 minutes. [l parlait distinctement et aisément, La personne qui ina recommandé de parler au malade avant d'entrer dans Ja chombre était dans la salle d'entrée. Je ne sais si quelqu'un a été prévenir le défunt de non arrivée, Pour administrer le défunt je l'ai touché aux extrémités. Quand je lui ai touché les pieds et qu'il a frissonné des pieds, je n’ai pas remarqué s'il inissonnait du reste du corps. Ila frissonné légèrement. Personne ne lui tenait les jambes. Il ne tenait rien dans ses mains. Jene me rappelle pas s’il me tenait la main en lui administrant l'Extrème Onction. Je ne me rappelle pas s’il a remué en recevant l'Extrème Onction. A part les pieds, pendant l'onction, il frissonna légèrement. Je lai administré sans mouvement apparent des parties sur lesquelles j'ai fait les onctions. Il ne m'a pas tenu la main quand je lui ai fait l'onction des pieds. Je suis bien certain qu'il ne m'a pas tent la main pendant les onctions. Il ne me l’a tenue que pour l'administration du Viatique. Il m'a paru bien calme, après l'administration des sacrements. Quand je lui ai donne le Viatique, il m'a pris la main en tremblant pour recevoir le Viatique.

PAR LA COUR

J'ai cru qu'il me prenait la main, quand je lui ai donné le Viatique, par la crainte qu'il éprouvait de remuer fortement ou de crier quand jele toncherais. De l'appartement d'entrée, je suis allé à gauche pour me diriser dans la chambre du défunt. Le pied de son lit était dans la direction de la salle

d'entrée ou cuisine, Il était encanté (1) sur son lit.

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