‹ Procés Provencher-Boisclair [microforme]Chapitre 12 sur 31 · PAR M. GERMAIN · texte numérisé non relu

PAR M. GERMAIN

ELIZE JOUTRAS— Fille du défunt,—16 ans. Connait le prisonnier. [1 demeurait chez nous, depuis à peu près 4 semaines, quand mon père est mort. Quelques jours avant Noël, il a fait un voyage à Labaie avec ma mère. Il y avait fait un voyage seul, auparavant. Quand il est parti, il a dit qu'il allait au fort, et quand il est revenu, ïl a dit qu'il avait été à LaBale. Il y avait comme trois ou qua-

re jours qu'il avait fait son voyage seul à LaBaie, quand 1l y a été avec ma mère. Depuis son premier voyage à LaBaie jusqu'au second, le prisonnier n’a pas été malade. Je n'ai pas eu connaissance qu'il ait pris un vomitif dans cet intervalle. S'il avait pris un vomitif, je crois que j'en aurais eu connaissance, J’ai toujours resté dans la maison, Ilaàît qu'il n'avait pas d’appétit depuis quelques jours et qu'il allait chez le Docteur pour avoir des remèdes. C’est à peu près 8 jours avant son premier voyage à LaBaïie, que le prisonnier a dit cela. Après son voyage, il n'a pas parlé quil avait eu des remèdes. ÏIl disait souvent en se mettant à table, en présence de mon père : je n'ai pas d’appétit, je ne suis pas bien, il faut pourtant que j'ailie me chercher des remèdes. Je me rappelle le jour où mon père à été au bois avec lui. La veille au soir, mon père avait dit : il faut pourtant que j'aille à ma sucrerie, je retarde toujours à y aller. Le prisonnier a dit : oui, il faut que tu y ailles, tu retardes trop. Le prisonnier a dit : Je voudrais bien y aller avec toi : on verra cela demain. Mon garçon doit venir me trouver demain, pour aller chez Monsieur Moses Hart. Il viendra dans l’avantmidi,et je pourrai allert'aider un peu à charroyerton bois dans l’avant-midi, car il faudra que j'aille le

(1) ‘ :-nitié couché.

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rejoindre. Le lendemain, quand il a été pour partir, mon père a dit à son petit garçon : Tu devrais bien venir avec moi, je crois bien que je ne pourrai pas scier le bois tout seul. Ce petit garçon est inon frère, ik a onze ans et s'appelle François. Le prisonnier a dit: J'irai bien avec toi ; il faudra que je revienne dans l’avant-midi; mon garçon doit venir, je vais toujours aller t'aider à char:oyer une esrousse. Mon père a dit : Ni vous voulez venir avec moi, je vous emmènerai bien ; vous allez toujours venir m'aider à charroyer une escousse. Mon défunt père s’est mis à mettre ses hardes ; M. Modeste s’est mis à dire : Vous n’emportez pasquelque chose au bois ? mon défunt père a dit : J’en emporterai bien, comme je ne suis pas bien, Pendant que mon père mettait ses hardes, maman a pris un petit flacon, elle a gagné dans la chambre de devant, elle a gagné l'armoire où le prisonnier tenait ses boissons ; il est allé la trouver, et 1ls ont resté à peu près cinq minutes ensemble. Ma mère est entrée, et le prisonnier est entré après elle. Après qu'il a été entré, j'ai vu la porte se fermer. Je me suis douté qu'il était accoté sur la porte. Après cinq minutes, environ, il; sont sortis de la chambre tous les deux, ma mère et M. Modeste ; elle a présenté un flacon à mon défunt père. Il dit : Je ne suis pas capable de l'emporter ; tu vas le donner à M. Modeste et il l'emportera. C’est M, Provencher qui a emporté le flacon, et ils sont partis pour le bois. M. Provencher est revenu vers midi, seul. Ma mère lavait le plancher des petites chambres en haut ce jour là. Il y a deux petites chambres. Quand il est arrivé, ma mère est descendue pour diner ; après son diner, elle est montée en haut, disant que c'était pour laver ; le prisonnier est sorti dehors ; au bout d’une escousse il est rentré, il a monté en haut et sont restés à peu près une heure ensemble. M. Provencher est descendu, et elle est restée en haut. Il n’est venu personne chez nous ce jour là.

En dinant, M. Provencher a dit qu'il avait quitté mon père au bois ; qu’il avait dîné comme il faut ; qu'avant &e diner, il avait pris un coup, et qu'il lui en avait offert, mais que Iui (M. Provencher) n’en avait pas voulu et qu'il lui avait dit : garde-la, et tu en prendras après ton diner. À à peu près deux heures de l'après-midi, un petit Cajolet est venu avec le cheval de mon défunt père, chercher maman, disant que mon père était bien malade chez Cajolet. Ma mère y est allée et est revenue à peu près après deux heures d'absence. Quand elle est revenue, M. Modeste était dans la cuisine ; elle est entrée se déshabiller dans la chambre à coucher en disant qu'elle allait retourner bien vite ; qu’elle était venue chercher de quoi pour donner à manger à mon père. Le père Modeste est entré dans la chambre où elle était, il lui a parlé bas un petit instant et il est sorti ; 1l n’a fait qu'entrer et sortir.

Je me rappelle le soir que mon père est mort ; J'ai été debout presque tout le temps de sa maladie.

Vers 9 heures, mon père a dit il me passe des courants dans l’estomac, je crois bien que ça va m'emporter. Je crois bien que je vais avoir une faiblesse qui va m'emporter. Il disait cela en rodant et en se frottant les jambes. Ila àit: je crois bien que je ne verrai pas la nouvelle année. Il a rôdé une petite esconsse, en se frottant les jambes ; ik se plaignait toujours du mal de jambes. Il a dit qu’il avait le cœur comme empoisonné. Il a été s'accoter sur le lit. Il à dit à maman : appelle donc M. Modeste (qui était couché sur un bed, (1) dans ja grande chambre.) qu'il essaye à venir me coucher. Après que M. Modeste l’eût couché sur le lit, il criait fort, disant que cette faiblesse allait l'emporter. Il se débattait, et c'était la force de M. Modeste pour le tenir sur son lit. Ilacrié une escousse et a dit: “ pauvre Sophie, (s'adressant à.

enr ER ——

(1) Expression anglaise dout le peuple se sert pour désiguer de petits lits.

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maman) va donc quérir M. Michel Lemaire, qu'il aille chercher le Docteur.” Quand j'ai vu cela, j'ai dit à maman: si vous n'allez pas chercher M. Michel Lemaire, je vais y aller. Elle à dit : laisse faire un peu, il va aller mieux tout à l'heure ; ça ne sera rien. La troisième fois qu'il lui a demandé d’aller chercher le voisin, elle s’est décidée d'y aller, et quand elle est revenue avec M. Michel Lemaire, 1l était à la dernière extrémité. Ii lui a demandé trois fois d’aller chercher les voisins Il a été une escousse mieux, et après il lui a dit ceia.

La veille du jour où mon père est allé au bois avec le prisonnier, il avait battu au mbulin chez Edouard. Mon père avait un moulin, en société avec mon oncle Narcisse Joutras, et il allait battre chez les habitants. Mon père venait coucher chez nous, quand il ne battait pas trop loin ; quand il battait trop loin, il couchait où il battait. Il le disait, quand il était pour coucher ailleurs. Quand mon père couchait à la maison, le père Modeste couchait en haut, dans sa chambre. Les chambres en haut n'avaient pas de portes. Quand mon père couchait ailleurs que chez nous, le prisonnier couchait en bas sur son bed, dans la grande chambre, et il approchait son bed du poële, disant qu'il faisait froid. Il est arrivé que mon père est arrivé un soir, vers dix heures, ayant dit qu'il couchait chez Edouard Amand, et cela trois ou quatre jours avant d'aller au bois. Le père Modeste était couché sur le bed. Quand papa est arrivé, maman a été lui ouvrir la porte et le prisonnier est monté dans l’escalier vite ; etil a été se coucher dans sa petite chambre où était son lit.

Pendant l'enquête, le bed qui était dans la chambre de devant, nuisait ; il a été transporté par des étrangers dans la chambre de derrière, et il y est toujours resté. Il a été mis au pied du lit de ma mère, et le prisonnier y a couché deux nuits. Mon père a battu quatre jours,chez Edouard Amand,

à différents intervalles. Après la mort de mon père; qui a été enterré le Vendredi après le jour de l'an, le prisonnier est toujours resté chez nous, jusqu'au Dimanche matin. Le Dimanche, il est parti disant qu’il allait à Ste-Monique. L'enquête s’est faite le Lundi soir. Le père Modeste a couché le Samedi soir, dans la chambre de ma mère, sur le bed. Le Dimanche matin, il a parti pour Ste.-Monique, allant là pour rester une escousse ; il a dit qu'il reviendrait pour emporter le restant de son butin et pour faire battre de l'avoine qu'il avait dans la grange, et il est revenu le Lund‘. Le Lundi, il a encore couché dans la chambre de ma mère. Le Mardi, il a été chercher le moulin à battre, et c’est le Mardi que, le Grand-Connétable est venu le chercher. Le Vendredi, Le soir du jour où mon père a été enterré, le prisonnier à couché en haut, dans la chambre où était son lit. Il avait un couvre-pied avec des oreillers sur le bed. C’est maman qui les mettait. C’est maman qui faisait son lit 1cs matins qui ont suivis les deux nuits pendant lesquelles le prisonnier a couché dans la chambre de ma mère, et le Mardi matin, j’ai trouvé sur le lit de ma mère, le couvre-pied que maman avait mis à ma connaissance sur le bed, la veille au soir. Quand le couvre-pied était sur le bed, le soir, il état étendu, comme pour préparer un lit. Il était étendu comme on étend un couvre-pied sur un lit, pour servir à une personne qui y couche. Vers quatre heures et-demie de l'après-midi du jour où mon père est mort, 1l a ris des remèdes qu'il avait 6t6 chercher, le même jour. Ces Pre étaient en prise. Je les ai vus délayer par ma mère, et il les a pris en ma présence et celle de ma mère et du prisonnier. C’est ma mère qui les lui a délayés.

TRANSQUESTIONNÉE PAR M. CHAPLEAU.

Depuis quatre heures et-demie jusqu’à six heures, il se plaignait du mal de jambes. En arrivant du fort, 1l s’est plaint du froid ; il s’est assis près du

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poële, et a dit qu'il avait des courants dans l’estomac, qu'il pensait bien qu'il n’en avait pas pour longtemps. Ilavait le frisson. Après avoir pris son remède, il a dit qu'il se sentait du mieux, excepté son mal de jambes. Après 6 heures, il rôdait et ailait se coucher sur le lit de temps en temps. Monsieur Lemaire est venu vers 74 heures. Avant que M. Lemaire est venu, mon père se plaignait qu'il avait le cœur englouti, qu'il avait le cœur comme dans l’eau, qu'il avait le cœur malade. Il disait cela souvent. Quant M. Lemaire est arrivé, mon père était couché. Après un bout de temps, il s’est levé et est venu dans la cuisine où étaient M. Lemaire, ma mère, le prisonnier et moi. Mon père est venu dans la cuisine, et ils ont 7asé. Le prisonnier faisait des histoires et M. Lemaire parlait avec lui. Ma mère travaillait. Vers 7 heures, j'ai donné de la soupe à mon père. Je l'ai prise daus un chaudron qui était sur le bord de la seconde plaque d'un poële à fourneau. J'ai gouté à la soupe, de crainte qu'elle ne füt trop chaude. Je l'ai trouvé bonne. (C'était de la soupe au pain. J'en ai avalé une cuïllérée. Elle était douce aù goût. Je n'ai pas eu mal au cœur après. Je lui ai porté, dans la chambre, dans “re bolleà lait. Il était encanlé sur son lit. J'ai mis la soupe sur une table, près de son lit. Il y avait deux chandelles allumées, l’une dans la cuisine et l’autre dans la chambre à coucher, Pendant qu'il mangeait sa soupe, je rodais de la cuisine à la chambre à coucher. Il a toujours dit que cette soupe là était bonne. M. Lemaire n’y était pas. Quand M. Lemaire est arrivé, la chandelle qui était sur la table, dans la chambre à coucher de mon père, était étemmte, C’est moi qui l'avais éteinte ; mon père ayant dit qu'il allait dormir. La seconde fois que mor père a demandé de la soupe, je l'ai prise dans le chaudron que j'avais à terre. Je l'ai trempé dans une assiette avec une cuillère à soupe. Je lui en ai

mis à ou 6 cuillérées. Je l'ai trouvé bonne, Je l'ai mise sur la table.

Le poële est dans le mitieu de la maison ; le derrière est dans la cloison qui sépare la cuisine et la chambre à coucher. Toute la plaque de derrière se trouve dans la chambre à coucher. Le tuyau monte en haut et tombe dans la fausse cheminée qui est dans le milieu de la maison et qui ne descend que sur les entrais. Le fourneau du poële se trouve du côté de derrière de la maison. La table à diner se trouve vis-à-vis la porte de la chambre de devant. La table est accotée par la muraille. Il n’y a qu'un châssis dans le pignon de la cuisine. La table est vis à vis le châsis. Le chassis se trouve vers le milieu du pignon. :f. Lemaire était assis dans la cuisine, près de la porte qui donnait dans la grande chambre, à deux ou trois pieds de la table, et à peu près à la même distance du poële, entre le poële et la table, Il était à trois ou quatre pieds du chaudron qui était près du poële. Mon père a mangé sa soupe en disant qu'elle était bien bonne, Il était près de 8 heures, quand mon père a mangé sa soupe. M.

Lemaire est parti environ une heure après que mon père eût mangé sa soupe. Aussitôt que M.

Michel Lemaire a 6té parti, mon père se plaignant encore du mal de jambes, est allé se coucher. Quand M. Lemaire à parlé de partir, mon père a dit: vous pouvez rester encore ; j'ai bien mangé, je suis bien à présent, et je peux parler avec vous. M. Lemaire est parti un petitinstant après. Mon père a été reconduire M. Lemaire à la porte et il lui a dit: bonsoir. Après que mon père fut couché, j'ai été me coucher en haut. Les autres enfants étaient couchés depuis longtemps. J’ai été me coucher environ une heure après le départ de M. Lemaire. Mon père disait, comme auparavant, qu'il avait mal au cœur. Pendant cette heure j'ai parlé à mon père.

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L’escalier est dans la chambre à coucher, à gauche en entrant. L’escalier se trouve à côté du pied du lit. La porte de la chambre à coucher ouvre en dedans. L’escalier est du côté de la grande chambre. 1l n’y a pas de lucarnes dans les chambres à coucher. Les chambres à coucher se trouvent du côté du pignon au-dessus de la chambre à coucher et de ia grande chambre. Les chambres à coucher sont séparées par une cloison. Elles sont séparées du grenier par une cloison. En montant dans cet escalier on entre dans une chambre à coucher, celle de devant. La chambre de derrière était occupée par nous et celle de devant par le prisonnier. [y a un châssis sur le pignon de la maison, dans chacune des chambres. J'ai monté en haut et j'ai fait ma prière. Quand J'ai entendu plaindre mon père, je suis descendue. Il se plaignait de ses jambes et tremblait dans son lit, Il s'est plaint qu'il avait le frisson.

C’est le Samedi, que mon père a été au bois. Le Vendredi, il avait travaillé chez Amand. Le jour précédent il avait battu au moulin chez un autre ; deux ou trois jours auparavant, 11 y avait encore travaillé. Il s’est écoulé plus d’un quart d'heure depuis le moment où je suis descendue jusqu'à l'intant où M. Lemaire est arrivé. C’est encore une demi-heure après que je fusse descendue, que mon père a demandé à mamère d'envoyer chercher M. Lemaire. Après l’arrivée de ce dernier, j'ai toujours restée dans la chambre de mon père jusqu'à sa mort. J’en suis sortie par ce que mon père me faisait éloigner à cause que je pleurais. J'étais près de son lit quand il est mort. Il a parlé jusqu’au dernier moment. Il avait la bouche serrée, mais il parlait. J'ai vu M. Lemaire depuis Samedi. Je lui ai demandé comment cela s'était passé à la Cour ; Je lui ai demandé s’il avait parlé. Il a parlé avec les autres. Il a dit que gavait été bien. Personne autre ne m'en a parlé. J'ai dità M.Germain

ce que j'avais à dire ; c'était dans sa maison. J'étais avec mes parents. J'ai parlé à Marie Plourde, femme de Michel Cajolet, depuis qu'elle a rendu son témoignage. lle m'a parlé de son témoignage. C’est mon oncle, Narcisse Joutras, qui m'a conduit chez M. Lemaire. Avant de rendre le dernier soupir, mon père est devenu tranquille. Mon père a été enseveli par Joseph Joutras, M. Lemaire, M. Provencher et un des fils de M. Lemaire. Son ensevelissement a pris environ une heure. M. Lemaire est parti au point du jour. Il s'est rassemblé bien du monde, Quatre où cinq hommes en tout, Le deuxièrac jour après, l’enquête a eu lieu. El y avait beaucoup de monde.

Le lendemain de la mort de mon père, le jour de l'an au soir, j'ai couché en haut avec les enfants. La nuit qui a précédé l'arrestation de ma mère et du prisonnier, j'ai voulu coucher en bas, mais ma mère n'a pas voulu. Depuis la mort de mon père, jusqu'à l'arrestation de ma mère, nous n'avons pas couché en bas avec ma mère. Je me levais tard. Le Samedi et Je Lundi, je me levais vers six heures. Mon petit frère n’a pas couché en bas, et je suis sûre de cela comme je vis, vu que mon père est allé reconduire M. Lemaire, et que quand ce dernier est parti, mon père était debout et Jusait avec lui.

Quand j'ai vu le couvre-pied sur le lit de ma mère, les oreillers avaient été enlevés du bed et ma mère et le prisonnier étaient levés. Son lit n'était pasfait. Les couvertures étaient renversées sur son lit. Je n'ai pas fait le lit. C'était ma mère qui faisait les lits. Le couvre-pied, étendu sur le lit, était jeté par-dessus les couvertures renversées. Le couvre-pied était étendu sur le lit comme une couverture sur un lit, quandilest fait. C’est dans le cours de l’avant-midi, que j’ai remarqué cela, après déjeuner. J'ai déjeuné vers 8 heures. Nous appelions quelquefois le prisonnier “ grand père.”

Quand le prisonnier 'est revenu du bois, ma mère

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Javait les planchers en haut et le prisonnier a &it qu'il attendait son garçon. Nous avons diné ensemble.

Le prisonnier a dit qu’il avait laissé mon père à la veille de son diner, et qu'il lui avait dit de garder la boisson parcequ'il faisait froid. Après le diner, le prisonmier à été aux bâtiments pendant l’espace d'une heure. J'étais en bas pendant tout ce temps. Il avait sa chambre en haut. Après qu'il fut monté en haut, j'ai resté dans la cuisine. Le diner a été prêt environ une demi-heure apres son arrivée. Le diner a pris à peu près un quart d'heure, c’est à-dire une heure. Il a rest” en ue une heure, et quand il est descendu, manère lavait encore. Avant qu’ descendit, j’entendeis parler. Il y avait à peu près une demi-heure que le prisonnier était descendu, quand le petit Cajolet est venu chercher ma mère.

Quelque temps avant la Toussaint dernière, ma mère était venue à Norel avec le prisonnier. Ma mère ne s’est absentée qu’. 2 fois pendant ce tems là. Je n'ai pas vu partir .. Provencher. Je connais M. Raymond et M. Von. Ma mère a dit qu'elle était en bonne santé. Mon père, lui a dit, de prendre soin d'elle, de ne craindre sur rien, qu'elle était avec un bon homme. Dans le temps, la femme de Provencher était vivante, Ils sont revenus le Dimanche. Elle est revenue chez nous vers midi. Maman est arrivée la prenuière, J'ai vu le prisonnier passer chez nous dans l'après-midi. Il est venu chez nous dans l'après-midi ; mon père était à la maison. Il a dit qu'il avait fit un bon voyage à Richmond, qu'il avait été à l'ichmoud. Mon père savait que ma mère venait de Sorel avec le prisonnier. Quand ma mère est arrive de Sorel, mon père était chez nous. J'y étais aussi. Elle a parlé de son voyage. Elle a dit qu'elle avait fait un bon voyage. Il y avait de monde étranger et ils ne voulaient pas parler du voyage à Korel.. Je

ne savais pas, moi, que le père Provencher était venu avec ma mère à Sorel. Il lui a demandé si elle avait fait un bon voyage, elle a répondu que oui. Elle ne disait pas avec qui elle avait été.

Quelques jours après, elle s’est mise à dire qu’elle avait été à Sorel avec le prisonnier; qu'il lui avait fait prendre quelque chose pour la réchauffer et que leur voyage avait bien été. Avant le départ de ma mère pour Sorel, mon père savait qu’elle devait y venir avec le prisonnier, et elle lui a dit quelques jours après. Jusqu'à la mort de mon père, le prisonnier a été en de bons termes avec lui, et il en était ainsi desenfants. Mon père était dans l’habitude de faire la chasse aux rensrds. Il empétail (1) les renards avec des animaux. Depuis quatre ans, je n'ai pas eu connaissance d’une petite fiole dont il se servait pour empéler les renards. Depuis les doux années dernières, mon père faisait encore la chasse aux renards.

Mon père n'avait pas de poudre blanche qu'il conservait dans une petite fiole. Je ne sais pas si ‘depuis deux ans, mon père employait les poisons secrètement.

J'ai dit devant le Dr. Provost, le député Coroner, que mon père avait une fiole, J'ai aussi dit qu'il employait cette poudre [à secrètement.

Avant cette maladie là, mon père ne tombait pas dun mal; il tombait sans connaissance quelque temps avant ce temps 4. Je ne l'ai jamais vu tomber sans connaissance. Lui-même le disait. Mon père à eu le choléra l'été dernier. C’est quand il a eu le choléra qu’il tombait sans connaissance. Je ai vu quand 1l a eu le choléra. Jai connaissance qu'il a eu des crampes. IT était bien mal. Ilétait bien tourmenté. Quand il a eu ces crampes, il se rottait les jambes, et était bien tourmenté, 11 était agité. Ses membres tremblaient. Je l'ai vu trois ou quatre fois avec des crampes. Il n'a pas eu de

ES

(1) Populaire, au lieu de appâtait,

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ces crampes là depuis qu'il a eu le choléra. C'est l'été passé qu'il a eu ces crampes. Depuis ce choléra, mon pere s’est plaint souvent qu'il n'était pas bien ; qu'il était plus faible qu'auparavant. Il a été trois semaines malade depuis qu’il a eu le choléra, l’ét6 dernier.

J'ai depuis déclaré devant le Dr. Provost que quand mon père a eu le choléra, qu'il se débattait tellement, qu'il fallait deux hommes pour le tenir.

C'était deux jours après la mort de mon père que j'ai fait ma déposition devant le Dr. Provost. Mon père est resté avec nous environ une demi-heure après avoir mangé sa soupe. Une demi-heure après avoir pris sa soupe, 1l est allé se coucher, disant qu'il était faible. TIa dit qu'il y avait encore une faiblesse qui allait le reprendre. Joseph et Narcisse Joutras sont mes oncles. Depuis la mort de mon père, mon oncle Narcisse Joutras est venu souvent chez nous. Ma tante Mathilde a resté tout le tems avec nous. Mon oncle, Narcisse Joutras, ma tante Mathilde voient aux aflaires. Il ne nous à pas été parlé d'inventaire. C’est Narcisse Joutras qui m'a dit : Si tu veux venir faire un tour à St. Zéphirin, jai la permission de t'emmener. Je lui ai dit : c'est bon ; 1l y a longtemps que je m'ennuieici, Je suis contente d'aller faire un tour à la maison pour volr comment ça va ; ce que font les engagés. Je n ai pas parlé de notre témoignage. Quinze jours après l'arrestation de ma mère, Mathilde Joutras m'a dit que c'était aussi bon de ne pas venir la voir, que je la verrais toujours bien au procès. Je me retire dans la même pension que Joseph, Narcisse et Mathilde Joutras. Je les ai vus hier.

Mes parents m'ont toujours conseillé de dire la vérité, et jamais ils ne m'ont dit d'autre chose.

Ré-EXAMINÉE PAR M. GERMAIN.

Mon père avait voulu envoyer mon petit frère avec ma mère à Sorel, et ma mère n'avait pas voulu l'emmener, disant qu'elle n'avait pas besoin de:

chien de poche par derrière elle, Mon père, quand il a eu le choléra, allait sur le pot, vomissait et avait des faiblesses. C'était dans le temps des chaleurs. Après avoir fait ma prière, quand je suis descendue, après pas tout à fait une heure, j'ai trouvé sur le poële le chaudron que j'avais laissé à terre. Jai revu /« bolle dans laquelle j'avais donné de la soupe à monpère. Elle était sale Le fils du prisonnier se retirait aussi dans la mème pension. Je suis venue voir ma mère avec les fils du prisonnier ; L'un s'appelle Alexandre, l'autre Hilaire. J'ai été voir ma mère avec Mathilde Joutras.

PAR LA COUR

Quand ma mère est partie pour Korel, j'ai demandé à mon père : Ma mère ne veut pas laisser aller mon frère avec elle ? Je lui ai demandé: avec qui va-t-elle done ? Il m'a répondu : Elle a un ami. J'ai demandé qui? Il a répliqué : C’est M. Modeste. Je l'ai demandé pour aller avec elle. Quand, quelques jours après le voyage de Sorel, ma mère a dit à mon père qu’elle était venue à Sorel avec Provencher, et qu'elle avait fait un bon vovage, il a dit: Tant mieux, si tu as fait un bon voyage. Le prisonnier était dans l’habitude de prendre de la boisson. Il en prenait deux ou trois fois par jour.

Quand mon père a pris la soupe que je lui avais donnée, il était assis à un des bouts de la table, Il tournait le dos au chemin. Le prisonnier était à deux ou trois pieds de lui, et il parlait à M. Michel Lemaire. Je ne pourrais dire qui avait mis sur le poële, le chaudron que j'avais laissé à terre.

L'été dernier, quand mon père a «u le choléra, il revenait du bois et a dit qu'il avait été dans le bois au moins deux heures et qu’il ne savait pas ce

w’il faisait. Il avait été tout seul au bois. M. rovencher demeurait chez nous depuis environ trois semaines, quand mon père est mort.

Dem

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ONÉSIME CLouTIER—Cultivateur de St.-Zéphirin de Courval,—30 ans.

A connu le défunt. Connait le prisonnier. Le 23 Décembre dernier, j'ai rencontré le prisonnier dans le village de St-Zéphirin. Je lui ai demandé des nouvelles de François Joutras. [m'a dit qu'il était mieux, qu'il l'avait emmené chez lui ce matin là. Hier, je me suis trouvé bien en peine ; 1l s'est trouvé malade dans le bois ; j'avais peur qu'il ne vint mourir, On a fait en sorte de sortir au plus vite ; on a brisé notre voiture ; on a échappé notre jument. J'ai couru après au moins 10 arpents ; je l'ai rejoint, j'ai été au-devant de lui ; il était sur un petit peu de butin à côté du chemin, sur la neige ; pas moyend’atteler Ila embarqué sur sa jument : ; on a sorti du bois à la première maison, chez Michel Cajolet ; pas moyen de le rendre plus loin ; on a envoyé J. Bte. Chassé au Docteur ; ila faitle voyage en une heure de temps ; il a bien été; là, j'aurais bien désiré avoir ma jument, ilme semble que j’aurais fait quelque chose de mieux.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

C'était entre la maison de Henry Pepin et Joseph Lasonde que la chose m’a été dite. Je l'ai cru quand il m'a dit cela. Le mème jour, ] ai appris que Provencher n’était pas au bois, et j'ai eu des obstinations par rapport à cela, croyant qu'il m'avait dit la vérité. J'ai eu des obstinations avec mon père, à cesujet. J'ai su que tout était vrai, excepté que le prisonnier n'y était pas. J'ai eu cette obs stinanation avec Narcisse Joutras, Michei Cajolet et plusieurs autres. C’est vers 9 heures A. M. que j'ai vu Provencher. C'était avant la messe et je suis entré dans l’église. Quand l'enquête. s’est tenue, j'avais entendu dire qu ‘il était soupçon que le défunt avait été empoisonné. C’est sur les obstinations que J'ai eues au sujet de ce que le prisonnier im'a dit, que j'ai connu ce que je savais de l’af: faire, et que j'ai été appelé comme témoin.

EpouARD AMAND—Cultivateur de $t.-Zéphirin, —62 ans. À connu le défunt et connaît le prisonnier. Le défunt a battu chez moi, quelques jours avant qu'il soit tombé malade dans le bois. Il a arrivé chez moi le matin, et il a dit : si vous voulez, père Edouard, on ne battera pas ce matin. Je ne suis pas bien et il fait bien mauvais. J'ai dit : il faut toujours battre avant-midi, je n'ai pas de fourrage. On a déjeuné et on s’est mis en ouvrage. Il a mangé de la viande, du pain et des patates, comme nous autres. On s’est mis en ouvrage: on a battu jusqu'à midi. Le midi, il a diné comme il faut. Après cela, il a dit : je vais me coucher contre le poële, Il a darmi un peu, et s’est levé eton a fini notre journée. Le soir, il a soupé et s'en est retourné coucher chez lui avec son associé. Le lendemain, on a encore battu toute la journée. Le soir, il a retourné chez lui. Le lendemain, le Vendredi, il est revenu battre. [la dit: non, je ne mange pas de beurre ; Je n’aime pascela. La fille lui a dit: Vouiez-vous du lait ? il a répondu, oui. Elle lui a donné du lait, il a mis du pain dedans et a été s'asseoir près du poële. [1 faisait bien froid. Ensuite on s’est mis en ouvrage. Il a sorti comme un quart d'heure après, et s'est mis à vomir. Ila vomi à quatre ou cinq intervalles. Je lui ai dit: Va donc à la maison; ils t'iccommoderont quelque chose de chaud ; tu as froid, tu es mal. I] a dit : j'irai tout à l'heure: Quand j'ai vu qu'il n'y allait pas, j'ai été à la maison, et j'ai dit à la fille : cet homme est malade, accomode-lui donc quelque chose de chaud. Elle l'a accomodé, lui a mis de la boisson dedans, et il a été à la maison le prendre. IL est revenu et x dit: Je suis bien à présent. On a battu de même jusqu'à neuf heures ; on a été allumer à la maison. Dans la grange, il avait dit

wil m'était pas bien, qu’il avait les membres roies. Là il nous a dit: Pourtant, si je m'en retournais chez nous, M. Provencher viendrait battre à

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ma place. Il s'est accoté sur un mulon de foin quand 1] vomissait ; il se levait les bras sur le mulon et vomissait.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

[l avait été coucher chez lui tous les soirs. Il partait vers 8 heures où 81 heures, pour s'en alier chez lui. Il faisait bien froid. Je demeuraisä une dizaine d’'arpents de chez lui.

ANTOINE HOULE—CultivateurdeSt.-Zéphirin de Courval—35 ans. Connaiît le défunt et le prisonnier. Ce dernier travallait pour moi l'automne dernier. En Octobre dernier, il a dit qu’il partait pour Richmond, et à son retour, il m'a dit qu'il avait été à Sorel avec Madame Joutras, sur la demande du défunt qui l'avait prié d'aller avec sa lemme acheter de la farine.

J'étais une des gens de l'enquête du Coroner. Quand j'ai arrivé, le prisonnier était à peinturer le cercueil, Il est venu à moi, m'a donné la main et m'a dit: Voyez ce que c'est, M. Houle, pour avoir vouiu rendre service à ces gens là, peut-être que je vais étre dans le trouble. J'ai voulu aller chercher le médecin ; Madame Joutras m’a dit de ne pas l’emmener vu qu'elle était trop pauvge et de n'emporter que les remèdes.

Pendant l’enquéte, elle à lit que c'était elle qui avait dit à M. Provencher de ne px; emmener le médecin, qu'elle voyait que son mari était pour mourir et de n'emporter que des remèdes.

J'ai sorti de la chambre, pendant que le Dr. Ladouceur faisait l'autopsie, Je suis sorti de la chambre de devant où se faisait l'autopsie et je suis entré dans la cuisine. Madame Joutras était assise dans l'escalier de la cuisine dans le coin de la maison eu gagnant en arrière, et le prisonnier était assis sur un banc à trois où quatre pieds d'elle ; ils talent séparés par une ou deux personnes, Elle

m'a demandé si le médecin trouvait quelque chose dans le corps de son défunt mari. Je lui ai répondu que je ne pouvais lui rendre aucun compte làdessus, parceque les personnes non instruites ne pouvaient pas comprendre les termes des médecins. Je lui ai dit qu'à la manière du médecin, iltrouvait de quoi d'extraordinaire. Elle avait l'air inquiète et transportée. Son frère était assis auprès d'elle et son père lui a dit: Tiens-toi tranquille et ne parle pas.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

11 y avait une grande foule dans la maison et beaucoup d’agitation. Je connais le prisonnier. Il est ouvrier et a travaillé nne partie de l'été pour moi. Je le connais bief. TIlne portait pas moustache. [1 portait une impériale, mais pas de moustache au-dessus de la lèvre.

FRancçoiIs XAVIER LEMAIRE-—Apprenti Menuisier de Nt.- Thomas de Picrreville— 20 ans. Je suis le fils de Michel Lemaire qui a été entendu comme témoin. J'étais présent à la mort du défunt. ÿSophie Boisclair m'a demandé d’ailer au devant de M. Provencher pour lui dire de ne pas emmener le Docteur. J’ysuis allé. J'ai rencontré le prisonnier vis-à-vis chez Pierre Martel, à une petite distance en de ça, en venant chez Joutras ; c'était comme à un demi-arpent de chez le Dr. Ladouceur. J'étais à cheval. Quand je l'ai rencontré, il m’a demandé si j'étais un homme de St.-Zéphirin. Là je l’ai reconnu. J'ai dit que je venais l’avertir de la part de Madame Joutras de ne pas emmener le Docteur, parce qu’elle pensait bien qu'il n’en reviendrait pas. Quand Sophie Boisclair m'avait envoyé dire au prisonnier de ne pas emmener le Docteur, elle m'avait dit de lui dire cela: qu’elle pensait bien que son mari n'en reviendrait pas. J'ai dit cela à Provencher : que Madame Joutras per «it bier

PROVENCHER-BOISCLAIR. 19

que son mari était mort. Iln’avait pas de médecin

avec lui. Il a dit que le Docteur lui avait donné

une médecine et qu'il allait toujours l'emporter,

qu'il ne retournerait pus la porter chez le Docteur.

Il a dit que le Docteur n'avait pas voulu venir. —Pas de tranquestions.

ms

THÉOPHILE LAHAIE—Cultivateur de St.-Zéphirin-de-Courval—37 ans.

J'ai assisté à l’autopsie du défunt ; je me suis trouvé là et le Dr. Ladouceur m'a demandé pour l'assister, Je tenais la chandelle. Louis Boisvert et moi tenions les lumières ; un de chaque côté de la table. Vincent Chassé, Louis Boisvert et moi sommes restés près du cadavre pendant que le Dr. Ladouceur et M. Hart se sont absentés. Il était impossible que quelqu'un jetàt quelque chose sans ma connaissance. Je n'ai vu personne rien jeter sur le cadavre ou dans les viscères. J'étais près du corps et les autr * étaient assis sur une fenêtre plus loin. Nous étions tous trois étrangers à [a famille. L’autopsie était finie et le Docteur avait mis les viscères dans une assiette qui était près des pieds du cadavre.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

Nous n'avons pas été tous les quatre seuls. Quelques personnes sont entrées. Le gens qui ont regardé le cadavre pendant l’autopsie était à chaque côté de moi, Quelques unes des gens sont venues regarder pendant que l’autopsie se faisait. Il ÿ avait des étrangers parmi. Le médecin travaillait dans l’estomac et il n’était pas impossible que quelqu'un jetât quelque chose à l’autre extremité du cadavre,

ere

Louis Boisvert — Bedeau de St.-Zéphirin-de- Courval—34 ans.

J'étais à l’autopsie et j'ai tenu la chandelle. Nous étions quatre. Quand je tenais la chandelle, je pense qu'il était impossible de jeter quelque chose dans le corps du défunt sans que je le visse. Je n'ai vu personne rien jeter.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

J'ai changé de position à l'entour du cadavre, suivant ce que l’on avait besoin de moi. Ilest bien venu trente personnes voir le cadavre pendant l'autopsie. À part ceux qui faisaient l’autopsie, il s'est trouvé à la fois 12 ou 13 personnes pour regarder. Il in'a semblé que ceux qui regardaient avaient les mains derrière le dos. D'autres ne les avaient pas. Le Docteur a ôté quelque parties du corps, l’estomac et la cervelle et il a mis cela sur la table. Cela a bien été une demi-heure sur la table. IL déposait cela à côté du corps. Il n’est pas impossible que quelqu'un aurait jeté quelque chose sur le ca- «avre.

Joserx Jourras—Cultivateur de St-Zéphirimde-Courval—45 ans. Cousin germain du défunt.

Il avait à peu près 42 ans. Je demeurais son volsin. Je me suis trouvé quelques moments avant la mort: je l'ai vu dans l'après-midi, le 24 [me dit qu'il avait beaucoup de peine. Ensuite, le 25 dans l'après-midi, il & demandé à Louis Marcotte, on ma présence, un veau mort par accident, pour faire de l'appât aux renards, quand il serait mieux. Le défunt était un homme d'une bonne santé. [ly a cu dans notre famille deux personnes écartées par l’âge, Le père du défunt a autour de 71 à 72 ans. La dernière crise achevait comme je rentrais.: Je lui ai demandé s'il me reconnaissait, et il m'a fait un signe de tête. Sa femme rodait dans la cuisine. Quand il est mort, elle m'a demandés'il était mort. Sur ma réponse affirmative elie a dit : il faut en- “oyor au devant du Docteur, pour qu'il ne vienne

PROVENCHER-BOISCLAIR. 8i

pas pour rien. Provencher est venu 20 à 25 minutes, peut-être une demi-heure après. Provencher m'a dit qu'il avait demandé au Docteur de venir et que le Dr. lui avait répondu que ce n’était pas nécessaire, qu'il l'avait vu dans l’avant-midi et qu'une prise sufhrait.

Aussliôt après sa mort, j’ai rentré dans la cuisine, et la femme du défunt m'a dit : qu'elle lu avait accomodé un remède du Docteur et que ça lPavat rempiré ; qu'elle lui en avait accoinouë un autre, et qu'il n'avait pas voulu le prendre avant de manger; qu'elle lui avait fait chauffer de ia soupe ; que la soupe n'avait pas eu le temps de chauflier avant qu'il vint mourir, et que la prise qu'elle lui avait accommodée, elle l'avait jetée dehors. Elle m'a montré les prises que le Docteur lui avait envoyées, et qu'elle les trouvait extrèmement grosses ; que ça pouvait être cela qui lui avait faitmal, Làdessus je lui ai dit que le défunt pouvait avoir dit au Docteur : forcez, Docteur, je suis capable de les porter, C'était sa façon de dire qu'il était bien capable de porter les remèdes. Il m'avait dit quelques jours auparavant, qu'il était bien capable de supporter les remèdes. Je pense que nous n'étions qu'une couple dans la maison, M. Lemaire et moi. Le père du défunt Narcisse Joutras est venu quelques temps après ; nous nous sommes consultés et nous avons eu un mauvais doute. Nous sommes sortis dehors, Narcisse Joutras, F.Xaxier Lemaire, un des beau-frères du défunt et moi. Nous nous sommes consultés pour que la jastice y passat ; et nous nous sommes décidés à en parler à notre curé. Je lui ai dit : va trouver le curé, et à ce que le curé dira nous y passerons. On a réveillonné, et après que nous eümes réveillonné, le prisonnier a monte se.coucher en haut. Sophie Boisclair est montée à la suite et on ne les a pas revus de la nuit. Je les ai vus descendre le lendemain à 6 heures, à une minute ou nne minute et-demie d'intervalle. Ils

ont été faire leur prière auprès du corps. C’est le prisonnier qui est descendu le premier. J'ai passé la nuit là. Je n'ai été absent que pendant une demi-heure pour aller avertir George Boisclair, le beau-père du défunt et le père de Sophie Boisclair. J'ai aidé à ensevelir le corps. IL avait les mains fermées et les pieds étendus, et les orteils contractés en dedans. Les membres étaient raides, assez raides qu'on a eu l'heure qu'on ne le déshabillerait pas. Il avait gardé le capot ou surtout d'étolfe qu’il avait mis pour aller chez le Docteur.

Les habits qu’on lui otait accrochaïent sur ses doigts contractés. Il avait la figure pâle. Je ne me suis aperçu de rien d’ailleurs. Le prisonnier a aidé à ensevelir le défunt. Je n’ai pas trouvé qu’il traitait le cadavre convenablement. Il disait : 1l faut toujours bien lui oter ces hardes là ; on ne lui laissera pas sur le dos, et il le brousquaillait. (1) J'ai connaissance que le défunt a eu une attaque de choléra, il y a eu deux ans l'été dernier, assez forte pour recevoir les derniers sacrements. C’était dans les chaleurs de l'été. J'étais absent quand il est tombé malade, et il m'a fait demander, me disant qu'il était bien malade. Cette maladie là n'était pas semblable aux symptômes qu'il avait à sa mort.

Les crampes ne sont pas semblables à cela. Jen’y étais pas à ses crises du 29 Décembre. Mais j'y suis allé après, etilm'a dit qu'il faisait des sauts lorsqu'on faisait du bruit ou qu’il passait un ombrage devant hu. Les frères du défunt restaient près de là, mais ils n'avaient pas été avertis, ni moi non plus. Narcisse, demeure à 5 arpents, à 41 arpents. Moi, je reste à deux arpents. C’est Moyÿse Lemaire, fils de Michel Lemaire qui m'a averti. Il m'a dit: venez done chez M. Joutras, il se meurt. Il sera

(i) Expression populaire, pour brusquer, traiter d’une manière brusque.

PROVENCHER-BOISCLAIR. 33

peut-être mort quand vous serez rendu. Le défunt avait une terre considérable, de 60 arpents. Il faisait ses travaux et battait au moulin. Nous avons eu un moulin à scie ensemble, en société, et lui et moi le faisions marcher. J'ai trouvé que c'était un homme d’une bonne santé.

TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU

[m'a dit qu'ilavait eu des crampes, il était mieux. Ses crampes étaient passées, mais 1l n’était pas encore rétabli. Je n'ai pas dit devant le Coroner que le malade avait les mains crispées. On ne me la pas demandé, et je n'ai pas cru nécessaire de le dire. Je ne sais pas quelle heure 1l était quand nous avons réveillonné. Ça nous a pris au moins une demi-heure pour le laver et le déshabiller. Narcisse Joutras était allé avertir son frère, Joseph Joutras. Après avoir été avertir son frere, il est resté une heure ou une heure et-demie et n’est parti que pour aller faire sonner le glas. Non frère demeure à environ 50 arpents de la. [I est parti pour aller faire sonner le glas vers 6 heures. Narcisse Joutras n'a pas réveillonné avec nous. La femme de Michel Lemaire était repartie quand nous avons réveillonné. J'ai entendu dire que la femme de Francis Lemaire avait couché avec Sophie Boisclair, mais je ne le sais pas personnellement Sophie Boisclair m'a dit que la médecine qu'elle lui avait fait prendre Île soir, lui avait fait du mal. J’ai compté les prises qui restaient ; il en est resté six. Avant le 24 Décembre, le défunt ne m'avait jamais parlé de ses peines. Je ne puis dire s'il a eu le veau de M. Marcotte, lequel il lui avait demandé le 25. Je crois que le défunt faisait la chasse avec du poison. C’est moi qui payais rente à la femme défunte du prisonnier. J'ai dit à M. Wells que la femme du prisonnier ne m'avait jamais gourmandé comme il le faisait. Après le décès de la femme, j'ai sommé le prisonnier de quitter ma maison, mais pas tout de suite après la mort de sa femme. Quand

il a demandé pour aller demeurer chez le défunt, ii a dit je vais aller demeurer chez France Joutras : le monde jase bien, mais peu importe, Ça fait mon affaire,

J'ai bien connu le prisonnier depuis qu'ildemeure à St.-Zéphirin. Je n'ai pas mémoire de lui avoir vu de moustache. Il a colé de la planche chez moi.

DÉANCE DU 27 Mans 1867, 10 hs. 4. M.

La foule est plus considérable qu'hier. Le prisonnier est toujours le même.

Le Coroner apporte en Cour une valise conte-

nant les restes de l'analyse des viscères du défunt

Frs.-X. Joutras.

JOSEPH DUGUAY — Marchand de La Baie du Febvre—47 ans. Connaîtle prisonnier, A connu le défunt.—Connaît Sophie Boisclair.

INTERROGÉ SUR VOIR—DIRE.—À Ju dans les journaux le témoignage de Marie Plourde.

La Défense s’est objectée à l'audition du témoin à raison de ce fait,

La Cour a ordonné l'audition du témoin sous la réserve de l’objection ; c'est-à-dire qu’elle a décidé que, vû qu'il n’y a point de preuve de la fidélité du rapport, À serait prématuré d’exclure le témoignage, mais que si, par le témoignage même, il appert que la lecture du rapport aurait produit sur le témoin une influence défavorable au prisonnier, ja Cour avisera sur la direction qu’elle donnera au jury, en ce qui concerne l’admissibilité de la preuve.

À vu le prisonnier avec Madame Joutras entre le 20 et le 26 rutour de Noël, a mon magasin, au village La Baie, à un arpent environ de chez le Dr. Joseph Adolphe Smith, le père de Wenceslas Smith. Madame Joutras (Sophie Boisclair) est entrée la première, demandant à acheter des chaussures. Jene

puis dire si elle en a achetées. Je l'ai vu examiner

PROVENCHER-BOISCLAIR. 5 L] ies chaussures, et elle est sortie. Cinq minutes environ après sa sortie, le prisonnier estentré et a demandé si Madame Joutras était venue au magasin et avait acheté une paire de bottines ? Mon fils, Hylas Duguay, lui a répondu : Elle est venue : mais elle est sortie. Sur cette réponse, il est sorti. Elle est rentrée environ dix minutes après, et a demandé si on avait vu M. Provencher. Elle a gagné dans une autre partie du magasin et a demandé autre chose. C'était dans l’avant-midi, vers onze heures. Je pense qu’elle a essayé des chaussures. TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU.

Je les connais bien.

Quand le prisonnier est venu chez moi, il venait

de la direction de la maison du Dr. Smith. Ilve:nait à pied.

JoHN MARCOUX—Marchand de Trois-Rivières.

39 ans.—Connait le prisonnier pour l'avoir vu plusieurs fois à Trois-Rivières, l'été et l'automne,dernier. Je lai vu au magasin d’Elzéar Pothier, témoin entendu de la part de la Couronne. Ilvenait acheter. J’aidais quelquefois M. Pothier, à vendre. Il m'a demandé la pharmacie du Dr.

Vallée. C'était 15 jours, trois semaines ou un mois après la mort du Dr. Vallée. Je suis surti à la porte et je lui ai montré où elle demeurait.

Pas de transquestions.

MATHILDE JouTRAS, fille majeure, de St. Zéphirin de Courval,-—39 ans.

Je suis la sœur du défunt. J'allais de temps en temps chez le défunt avant sa mort. J'étais là le jour de Noël. Je me suis trouvé seul avec le défunt pendant la messe. Le prisonnier et Sophie Boisclair étaient allés à la messe dans la même voi-

iure. Îlse promenait dans la place et me parlait de sa maladie dans le bois. Il a dit : Je crois bien que je n’en ai pas pour longtemps ; je crois bien que je vais mourir. Il m'a dit cela plusieurs fois. Je l'ai trouvé bien triste, et j'ai cru qu’il n’en avait pas pour longtemps, d'après ce qu’il disait. [ls’est reœardé dans un miroir, et a dit: Comptes-tu que je suis changé ? Il a ouvert sa chemise et il m’a dit : Comptes-tu comme il n'a sorti du mal au bord des cheveux et partout. Il avait comme des boutons rouges au bord des cheveux et sur le cou. Il a dit : Te crois que ça va encore me reprendre. Je lui ai dit : couche toi. Ilrépondit: Je vais famer un peu, peut-être que ça me fera du bien. Il a fumé un peu et a été se reposer sur son lit, et je lui demandai s’il allaitmieux. Il dit: j'ai espérance que ça va se passer. Ils’'est frotté les jambes en se promenant, avant de se coucher, et dl se les est encore frottées sur son lit. Il disait toujours qu'il avait de la peine à marcher et qu'il avait les jambes roides, quand cette maladie-là le prenait.

Vous a-til parlé du prisonnier et de sa femme ?

Objecté à cette question par la défense. Objeclion maintenue.

Le prisonnier avait sa chambre en haut. Ilétait \ peu près sept heures du matin, quand le prisonnier est monté en haut pour aller se changer. Sophie Doisclair avait commencé à arranger le déjeuner dans le fourneau. Elle m'a dit: Viens rachever d'arranger le déjeuner, je vais aller me chanver. J'ai été arranger le déjeuner.

Il y à dans la maison deux escaliers qui montent en haut. Il y en a un dans la cuisine, qui communique avec le grenier et un dans la chambre à coucher qui communique en haut. Il communique à la chambre de derrière des deux chambres à coucher qui sont en haut. Cette chambre de derrière communique avec celle de devant, par une ouverure de porte. Il n’y avait pas de communication

PROVENCHER-PBOISCLAIRK. #1

éntre les chambres à coucher et le grenier. Entre la chambre de derrière et le grenier, il y a une porte ; mais elle est condamnée, La chambre de devant était celle du prisonnier, et celle de derrière, était celle des enfants. Ces deux chambres à coucher étaient dé même grandeur. La cloison des deux chambres à coucher, séparait à peu près également le haut de ia maison, dans sa largeur. Pour aller au grenier il faut nécessairement monte par l'escalier de la cuisine.

C'est par l'escalier de la chambre à coucher, celle d'en bas, que le prisonnier est monté pour aller st changer. Nophie Boisclair a monté aussitôt après lui. Bille a resté en haut comme une demie-heure, etest descendue sans être changée. Ses hardes n'étaient pas dans les chambres à coucher. HKlles étaient dans le grenier. Après être descendue, elle est remontée au grenier, par l'escalier de la cuisine et est redescendue avec ses hardes, qu'elle a emportées dans la chambre à coucher d’en bas, où elle a été se changer.

Dans l'après-midi, les parents dn défunt sont venus le voir. Ils sont entrés dans la chambre à coucher. J'étais dans la cuisine avec Elize Jouiras, témoin entendu. Le prisonnier était couché sur un sofa dans la grande chambre et sy reposait. Vers la brunante, Sophie Boisclair est entrée dans la chambre où il était, a fermé la porte par-dessus elle, et y est resté comme un quart-d'heure. Je w’ai rien entendu. Elle est sortie la première, et lui est sorti presque tout de suite après elle, Klle a été s'asseoir au bout de la table où j'étais, et lu s’est assis près d'elle. Entre minuit et une heure le même soir, le prisonnier est monté dans sa chambre. Le défunt avait le corps dérangé. Il avait été sur son vaisseau. Sophie Boisclair dit : Je ne coucherai pas avec toi, ici; cela sent trop mauvais. Ilreprit : Va le vider ; Et elle y alla. Puis elle dit: Je vais aller coucher en haut avec ra pe

tite fille. Le défunt l'a appelée, disant : Sophie, descends. Elle n’a pas répondu et n’est pas descendue. [1 l’a appelée une seconde fois, disant : Tâche de descendre, Sophie : tu ne resteras pas là ? Elle n’a pas répondu ni n’est descendue. . La troisième fois il lui a encore dit : Sophie, descends. Tu ne viens pas folle sans doute ; tu ne resteras pas là ? Elle n’a pas répondu et n’est descendue qu'environ un quart-d'heure après qu'elle eut été appelée trois fois. Il Pavait apelée trois fois de suite.

Le soir de la mort du défunt, je suis arrivée là, il venait de mourir ; il était enseveli. Je n'ai vu personne réveillonner. Il y avait un bol a café sur le poële, contenant des branches d'absinthe qui trempaient dans l’eau ; j'ai eu en\ie d’en boire, mais une 1dée m'est venue de n’en pas prendre. Sophie Boisclair a regardé le prisonnier, et lui a demandé si elle allait mettre cela dans la bouteille où je savais qu'elle avait coutume de mettre de l’absinthe. Il fit un signe de tête que j’ai compris vouloir dire de le jeter dehors, et elle a été immédiatement le jeter dehors. Elle est passée par la porte de derrière. Il commençait à faire clair. C'était le jour de l'an au matin. Le prisonnier et Sophie Boisclair s'étaient couchés et ils étaient levés.

Quand je suis arrivée à la maison, le prisonnier et Sophie Boisclair n'étaient pas encore couchés. Il est monté en haut se coucher dans sa chambre, et Sophie Boisclair a aussi été se coucher en haut avec une de mes sœurs, Délimas Joutras, qui m'a dit qu’elle avait couché avec elle. Elle est maintenant malade des suites d’une couche.

La veille de Noël, le prisonnier en parlant, disait que le défunt était toujours malade et qu'il n'était plus bon à rien. Il a dit : Moi, je ne connais pas ce que c’est que la maladie ; je n’ai jamais eu une heure de maladie.

Le matin du jour de l'an, j'ai vu le prisonnier

PROVENCHER-BOISCLAIR. 8g

prendre un petit coup, que lui a donné Sophie Boisclair.

Il passait pour un homme qui aimait à prendre son coup, sans toutefois se déranger.

Le jour de lan au matin, vers 7 heures, j'ai été regarder le défunt. Je l'ai découvert jusqu’à la ceinture. Il avait les doigts des deux mains racoquillés en dedans. Je lai vu plusieurs fois ensuite, mais je ne lui ai découvert que la figure.

TRANSQUESTIONNÉE PAR M. CHAPLEAU.

En arrivant chez le défunt, j'ai dit bonjour à Kophie Poisclair et j'ai été faire ma prière au corps. Je ne l'ai regardé qu'à sept heures. J'étais arrivée vers une heure du matin, ou deux heures. Je me suis tenue dans là cuisine. Nous étions comme quatre personnes en bas, une de mes sœurs, Délima tr Joseph Lemaire, Joseph Joutras et moi.

Lé mari de ma sœur, Francis Lemaire, est arrivé avec nous; mais je crois qu'il est allé dételer ailleurs. Je ne puis dire si Michel Lemaire y était. Sophie Boisclair était descendue quand j'ai désabrillé le défunt. lise était encore couchée. Je suis arrivée avec Délima Joutras, son mari, Francis Lemaire, et Narcisse Joutras qui était venu nous chercher. J'étais chez Joseph Joutras, mon père, et Narcisse Joutras est venu nous chercher. Je suis allé avec lui chez mon beau-frère Lemaire qui est venu avec nous ainsi que sa femme.

PAR LA COUR

Il y a environ 20 arpents de chez Joseph Joutras à aller chez Francis Lemaire. Joseph Joutras et François Lemaire demeurent sur deux rangs, à une distance à peu près égale de chez le défunt.

TRANSQUESTIONNÉE PAR M. CHAPLEAU.

Pendant la nuit, personne n’a pris de liqueur à ma connaissance. Le bol à café avait passé la nuit

sur le poë.e. Je n'ai rien douté quand l’idée m'est venue de ne pas boire d’absinthe. Le prisonnier a montré la porte à Sophie Boisclair quand il lui a fait signe de jeter le contenu du bol. Ily avait une porte de faite pour communiquer entre les deux chambres à coucher, en haut : mais elle n'était pas posée. Elle était dansle grenier. La porte de communication entre la chambre de derrière et le grenier était fermée avec des pianches qui l’accotaient en dedans du grenier pour l’empècher de servir. Cette porte n’était pas pendue. Il n’y avait rien qui fermait l'ouverture entre les deux chambres à coucher.

Elise Joutras était dans la maison, le jour de Noël. Elise s’est changée eile aussi, avant la messe où elle a été. J'ai été dans les chambres d’en haut, le jour de Noël. Le beurdas (1) avait été fait. Le défunt n'est pas monté en haut quand la femme y était le matin ; il avait trop de mal aux jambes pour y monter. La jeune fille n’était pas alors en haut. Elle s’est changée après que sa mère a été descendue. Pendant que Sophie Boiscl:.1r était en haut, j'étais en bas dans la cuisine. Le défunt y était aussi. Il n’a pas fait de cas de ce que sa femme montait en haut. Iln'a rien dit. J'étais arrivé la veille de Sorel, à midi. J’avais bien rodé dans la maison auparavant. J'ai trouvé que ce n'était pas la place de Sophie Boisclair de monter ainsi en haut. Sophie Boisclair appelait le prisonnier, monsieur Provencher, et elle le faisait appeler grand-père par ses enfants. Le jour de Noël, il y avait une dizaine de personnes à veiller dans la cuisine. Le défunt a presque toujours été couché ; il a cependant rodé. Les veilleurs sont entré dans la chambre du défunt, et ont ensuite veillé dans la cuisine. Personne n’a soupé ce soir là. On a réveillonné vers onze heures. Il n’y a pas de porte entre la grande chambre et la chambre à coucher, J’ai donné m3

(1) Beurdas: Expression populaire, ménage,

PROVENCHER-BOISCLAIR. vi

déposition devant le Coroner. Je n'ai pas été questionné comme je le suis aujourd’hui, et on ne se souvient pas de tout. Je n'ai parlé à personne de mon témoignage.

PAR LA COUR

On venait de se coucher quand Narcisse Joutras est venu nous avertir de la mort du défunt. Jene m'étais pas endormie.

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