VENDREDI
Le Dr. Provost continue son témoignage :
Par le procès-verbal d’autopsie il appert que les
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membranes du cerveau étaient congestionnées.
Cette congestion est l’indice d’une maladie et démontre que les membranes n'étaient pas dans ieur état normal. Par l’'épanchement du sang dans le péricarde seul je ne puis me prononcer sur la cause qui la produit. Ce seul signe est insuilisant pour fonder une opinion. Cet épanchement n’est pas un signe de l’hydropisie du cœur, par ce que l’hydropisie de cœur n’est pas un épanchement de sang, mais de serum, bien que le sang puisse être mêlé au serum. Je ne me rappelle pas avoir vu l’épanchement dans le péricarde. Le sang de la plèvre n’a pas pu pénétrer dans le péricarde, hormis qu'il y avait eu solution de continuité dans cette membrane.
La putréfaction des intestins telle que décrite dans le procès verbal, a été suivant moi produite aprés la mort. Ce que Fon entend par putréfaction dans un examen post mortem est la putréfaction cadavérique.
Nous avons commencé nos opérations d'analyse le 7 Janvier, et nous les avons terminées, je crois, le 11 mars.
Sur le mucus de l'estomac, il y a quelques expériences que j'ai faites, mais je les ai répétées en présence du Dr. Bruneau avec les mêmes résultats. Quelques unes de ces expériences ont été faites en présence du Coroner Turcotte. Le reste a été tait por le Dr. Bruneau et moiconjointement. Le procès-verbal de nos séances n’a pas été fait jour par jour. Nous n'avons pas analysé nos réactifs pour la strychnine parce qu'il n’en n'était pas besoin. Ni ces réactifs contenaient de la strychnine, l'opération même l'aurait révélé.
Si on mêlait du chloroforme avec de l'acide sulplurique contenant de la strychnine, la présence d > la strychnine ne se montrerait pas ; mais la multiplicité de nos opérations m'a convaincu que l'acide sulphurique employé n’en contenait pas. ‘Le chlo-
roforme rendrait ensuite la strychnine s’il était traité pour la strychnine. La présence de la strychnine ne se rendrait qu'en mettant du bichromaté de potasse dans le chloroforme où un autre réactif propre à la strychnine. J'ai changé l’ordre dans lequel on a continué de mêler ces trois réactifs, savoir : le bichromate de potasse, l'acide sulphurique et la strychnine. J'ai versé l'acide sulphurique sur le bichromate de potasse, et Le série des couleurs ne s’est produite qu'après y avoir ajouté une poudre de strychnine. Ce qui m'a convaineu qu'il n’y avait pas de sitrychnine dans l'acide sulpburique, ni dans le bichromate de potasse. Cette expérience n'a pas été faite avec une matière à analyser ; mais seulement comme essai et pour m'habituer à cette réaction.
Quand l'épreuve de couleurs se produit bien, que toutes les couleurs sont caractérisées, et qu'il est fait avec toutes les précautions, c'est une preuve infaillible de. la présence de la strychnine, excepté dans un cas, le curara ou poison de l'Amérique, dont le curanina qui en est le principe actif produit la même réaction avec l'épreuve de couleurs et donne la même série de couleurs que la strychnine.
Quant aux auteurs qui ont soutenu que l'épreuve par la coloration (coloring test) n’est pas infaillible pour découvrir la présence de la strychnime, je ne les croirais que s'ils me montraient un réactif pouvant produire la même série de couleurs. Jusque là leur opinion ne peut ébranler ma conviction sur l'infailhibilité de cette expérience, toujours avec l'exception de lacuranina. Je ne crois pas que lac tion de la putréfaction des matières organiques puisse produire du jus ou autres substances qui pourraient produire les mêmes effets sur les réactifs. C'est impossible. L'absoption ne décompose pas la strychnine, les réactions ne se décomposent pas non plus. Il est arrivé souvent que ia strychnine déposée dans des matières organiques n’a pu être
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retrouvée par le chimiste qui la cherchait.
L'on cite au témoin un fait médical rapporté par un Dr. McAdam, qui dit avoir empoisonné un cheval avec 32 grains de strychnine, et a nourri un chien de la chair du cheval dont le chien aurait mangé deux livres par jour, engraissant à ce régime. Cependant le Dr. McAdam avait trouvé des traces de strychnine dans quelques muscles restant du cheval ; et on demande au témoin si cette expérience ne démontre pas que la strychnine se décompose par l'absorption. Il réponii que cette expérience démontre le contraire puisque l’on a trouvé des traces de la strychnine quine peut se révéler que quand cette substance est demeurée dans son intégrité ; qui si elle s'était décomposée n’auait pas trahi sa présence.
On cite au témoin une expériencerapportécen un recueuil périodique intitulé ‘“ Braithwate’s Retrospect” pour l’année 1858, page 281, à son rapport une expérience faite par les Drs. Taylor, Christisson et McKlegem qui disent avoir opéré par la méthode de Stass sur le sang, l'estomac et le contenu de l’estomac d'un homme suicidé par trois grains de strychnine, :t n'en n'avoir pas découvert, bien qu'ils aient agit indépendamment l’un de l’autre et séparément ; et on lui demande si le cas ne prouve pas que l’on ne trouve pas toujours la série de couleurs ? Il répond : Je ne puis rien dire de ce cas, parceque je ne sais pas si c’est le procédé qui a fait défaut ou s’il a 6t6 mal fuit.
Il ajoute qu'il sait que des hommes de l’art rapportent qu'ils ont vainemont appliqué l'épreuve de la coloration (coloring text), dans des cas où il y avait eu injection de strychuine et qu'ils n’ont point trouvé la série de couleurs qui en indiquaient sa présence ; mais qu’il a bien réussi chaque fois qu'il a tenté l'expérience. C’est la première expertise de ce genre dont j'ai été chargé. Je n'ai jamais été professeur de chimie ni de toxicologie.
Je connais que les Drs. Taylor et Christisson sont des auteurs classiques en cette matière. Les principes de la méthode de Stass sont les mêmes qu'ils étaient en 1857. Il peut y avoir des variantes dans la manière de les mettre en pratique. C’est toujours la même expérience bien que la méthode de chaque auteur puisse différer, et que l’on ne suive pas servilement la méthode indiquée par .un livre pour opérer. Je crois avoir pris les méthodes les plus süres d’après mes connaissances,
Je n'ai pas dit que j'avais trouvé la strychnine en cristaux en opérant sur le duodenum et le mucus qui recouvraient l'estomac. Je n'ai ici aucun des résultats de mes réactifs. La série des couleursse produit par la décomposition des réactifs, et il n’y a que la dernière couleur qui reste visible à la fin de l’opération. Ces expériences ont été faites le jour, moins une qui a été commencée le jour et terminée le soir. Le coloration ne peut pas être produite par la lumière ni par l'atmosphère. Le bichromate de potasse a une couleur rougeâtre. La dissolution du bichromate de potasse dans l’acide sulphurique produit une couleur verte,
Dans l'expérience faite sur le duodénum les couleurs étaient bien prononcées. Toutes les taches sur l’assiette (no. 2), à l'intérieur et à l'extérieur sont des taches d’arsenic. Il n’y a que celle de dessus qui n’a pas été touchée par aucun réactif. La quantité sur laquelle j'opérais était extrêmement petite. ; Je n'ai point considéré comme un indice certain de la strychnine le goût amère du résidu ; je n’y attache pas grand valeur, bien qu'il puisse ètre d’un certain poids.
La seconde Méthode que j'ai employée est bien connue, bien qu'elle n’ait pas encore été baptisée. C'est une méthode contenue dans un pamplet que j'ai en ma possession et qui vient des Drs. Rodgers et Girdwood. Elle n’a pas encore reçu de nom scientifique. Je ne crois pas que cette méthode ait
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reçu d'épreuve judiciaire, vu la rareté des empoisonnements par la strychnine. J’ai vu dans le procès de Palmer que l’inventeur de cette méthode citait à son appui beaucoup d'expériences, faites d’après ses principes.
Je prétends que pour constater la présence de Ja strychnine, il n’est pas nécessaire de la démontrer en cristaux, la seule épreuve de la coloration est suffisante.
PAR LA COUR
Je considère que je ne puis faire de calcul approximatif de la quantité de strychnine injectée, par le résultat que m'a donné l'épreuve de la coloration. Il est vrai que le petit volume de matière sur lequel j'ai opéré, et ia répétition du même résultat (la série de couleurs) démontre que lastrychnine avait été ingérée en quantité considérable. Cependant, ne connaissant pas combien de temps avant la mort elle avait été ingérée, je ne puis me baser sur la quantité de la matière sur laquelle j'ai opéré parceque la strychnine pourrait s'être déposée sur ce petit volume de matière en plus grande abondance qu'ailleurs, et qu'il pouvait y avoir eu absorption ou que toute la strychnine pouvait être restée dans l'estomac. Je suppose que j'ai opéré sur un millième &* grain, et que conséquemment les deux onces sur lesquelles j'ai opéré deux fois devaient contenir chacun un deux millième de grain. Ce millième de grain pouvait avoir été absorbé. Je ne puis dire que chaque partie du corps contenait une quantiïé de strychnine égale à celle que j'ai trouvée dans les deux onces sur lesquels j'ai opéré, par ce que l'élimination se fait plus ray:dement par certaines secrétions que par d'autres. J’ai opéré sur 4 du mucus environ, et je suppose que le troisième tiers devait en contenir une partie égale, c’est-àdire qu'il devait y avoir un millième et-demi en tout.
5x Dans les symptômes que j'ai observés comme
étant rapportés par les témoins, j'ai oublié de mentionner une forte émotion et que le toucher jetait les malades dans des convulsions tétaniques. Je considère comme un symptôme de l’empoisonnement par la strychnine, la crispation des doigts, des mains, et le fléchissement des orteils en avant est un des signes caractéristiques du tétanos et de l'empoisonnement par la strychnine.
Dans nulle maladie la rigidité cadavérique ne commence dans un temps aussi rapproché de la mort que celui où l’on a enseveli ou déshabillé et habillé le défunt, excepté peut-être Le tétanos. Cette rigidité est produite par le genre de mort. Il n?y a aucun symptôme caractéristique de l’empoisonnement par la strychnine pris seul et isolément. Il y a un ensemble de symptômes qui sont caractéristiques de la strychnine.
On m'a hier donné la lecture des symptômes de l’angine de poitrine causée par l’hydrothorax, parmi lesquels on a signalé “affection” revenant par accès caractérisés par une douleur vive à la partie inférieure du sternum. Dans l’angine de poitrine la douleur est plus que vive, c’est une sorte d’agonie. Cette douleur à ce degré ne fait point partie de la douleur du sternum dans l’'empoisonnement par la strychnine quoiqu'il y ait une douleur. Les deux douleurs n’ont pas le même caractère Dans l’angine de poitrine cette douleur est au milieu du sternum ; et dans l’'empoisonnement par la strychnine c’est à la région épigastrique.
Dans l’empoisonnement par la strychnine la gène dans la respiration existe seulement pendant les convulsions, pendant qu'elle est continuelle dans l’angine de poitrine causée par l'hydrothorax. Dans l’empoisonnement par la strychainela douleur dans la région épigastrique est accompagnée d'angoisse,
Pendant la convulsion tétanique, si elle est forte, la respiration est complètement suspendue et dans angine de poitrine et l’hydrothorax il n’y a que
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guflocation. Généralement dans l’'empoisonnement par la strychnine la face du malade est pale, bien
velle ne ie soit pas toujours, et frappé: de terreur, Ce dernier synptôme est commun aux deux malas dis. Ily a aussi dans Les deux maladies e sentiment d’une fin prochaiie, Dans l’angine de poitrine la position du alade n'est pas toujours la méme, si ce n'est qu'il parte les mains vers la résion du cœur. Dans l'empoisouneiment par la strychni-ne il y a rigidité tétanique, qui commeuce d'abord par Fe extremités, ensuite se communique aw tronc, à la face et:au cou. Dans l:mpoisonnement, par la strychnine, non-seulemeut le tronc est rejeté en arrière, mais aussi l4 tête ; 11 y a ce quon aps pelle vpis-tétanos, le-malade ne reposant que sur la tète et Les talons.
Les mâchoires se rapprochent violemment ; les coins de la bouche sont retirés en arrière. Aucun des symptômes que je vins Linmédiatement de décrire ne sont ceux de l’angine de poitrine causée par l’hydrothorax.
Dans Pangine par hydrothorax, le malade exerce de luimème une pression par ses mains et ses bras sur la région épigistrique, et je crois qre cette pression instinctive, il préférerait l'exercer lui méme, qu: la faire exercer par d'autres. Dans les deux cas, la pression elle-même procure du soulaxement au malade, Ce symptôme n’est pas constant dans l’empoisonnement par la strychuine. L'angine de poitrine causée par l'hydrothorax est moins remarquée que l’empoisonnement par la strychnine.
Je ne puis pas diresi une pression exercée sur Festomac du malade, lui ferait toujours du bien.
Les douleurs dans les jambes ne sont pas un des ayuiptomes de l’angine de poitrine, causée par l'hydrothorax. Dans l’angine de poitiine par l’hydrothorax, c’est un trait ordinaire qne le mala de conserye sa connaissance jusqu’à la fin, ex-
cepté si la mort était causée par l'hydrothorax. En ‘ce cas là, il survient souvent du déhire dans les deruiers instants. 11y a des cas où la mort est causée par l’hydrothorax, et d'autres par l'angine. Ïl n'y « pas à se prononcer là-dessus. [Il n'y « pas de convuisions dans l’'angine de poitrine causée par lhydrothorax. Il n’y a pas de serrement de màächoires dans l’angine de poitrine par l'hydrothorax. |
Le cahotement dont parle Michel Lemaire, en disant que le défunt se soulevait et cahot:it, n’est pas suflisant pour constater un symptôme. Il est pussible que dans langine de poitrine, la figure devi nue bleuâtre et noire, ce qui strui. dû à li suffocation.
L'angine de poitrine et l’hydrothorax, sont deux maladies lentes dont la première est engendrée par la seconde. L’hydrothorax est une maladie lente, et l’agonie est subite. Je ne puis dire «1 l’hydrothorax est de nature à produre lagonie dans la preuère phase ou en commengant.
Ni les convulsions que le défunt a eues le 21, chez Michel Cajolet eussent été dues à l’angine de poitrine causee par l'hydrothorax, 1! n'eût pas été en état d'aller au bois ce matin la Je ne crois pas non plus qu'il eût été en état de battre au moulin, les trois jours précédents.
Quand un homme me dit qu'il a le cœur travail- 6 ou qu'il a mal au cœur, je comprends qu'il a des nausées et non qu'il a une douleur a l'épigastre. Un homme ayant des douleurs dans la réziou épigastrique dirait qu'il a mal dans le creux de l’estomac. :
L'injection de l'acide arsénienx ne produirait pas de convulsions ; il y aurait des voussements iréquents et la diarrhée. Si la dose est petite, il n’y aurait que ds nausées ; en dose nédécinaie, il ne produit aucuu de ces effets sur le malade.
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Les symptômes remarqués chez le défunt ne sont ‘pas les symptômes de la gastralgie.
Il n'y a dans la strychnine aucun symptôme qui lui soit particulier et non commun à ne muladies. C’est l’ensemble des symptômes qui fait une maladie reconnaissabie.
Il n'y a en médécine aucune maladie qui ait un ensemble de symptômes semblables à l’empoisonnement par Ja strychnine,
Ré-examiné.—Dans un cas d’hydrothotax, la cavite de la pièvre- de l'un ou des deux côtés serait remplie de fluide, c’est ce qui constitue la maladie. ‘Ce liquide serartt du serum. Ce fluide resterait dans les cavités. Le procès-verbal de l’autopsie, Æait mention que la plèvre était remplie.
Je ne connais aucune maladie naturelle qui aït eu les symptômes et les carictères remarqués chez le délunt depuis le 22 an 81, ayant eu des reprises dans l'intervalle. Je n'ai jamais fait, ni vu faire d'expérience sur la curara Je n'ai jamais vu ce poison.
Dans l'expérience du cheval et du chien dont on m'a parlé ce matin, il pouvait v avoir tout au plus, un quinzième ou un vingtième de grain par livre de cheval ; et cette quantité n’était pas suffisante pour tuer le chien.
Dans l'analyse du duodenum, j'ai adopté la méthode Rogeis et Girdwoud, et je ne l’oi adoptée qu'après l'avoir vu opérer
Ce procédé se fut par le ch'oroforme et l'acide hydrochlorique. Je crois que ce procédé est plus eflicace sur les petites quaniités que celui de Stass. En ce procédé on substitue le chloroforme et l’acide hydiochlorique,à l’aciGe tartrique et à l'Ether empleyé par le procédé de Stass.
Depuis que j’ai fait l'analyse, j'ai employé le procédé de Rodgers et Girdwood avec succès. Par ce procédé, j'ai trouvé de la strychnine dans le suif.
Lans le rapport de l’autopsie, il est fait mention
d’éjection de sperme. C’est un des symptômes re. marqués par certains auteurs, dans l’empoisonnement par la strychn.ne
Troussean et. Pidoue mentionnent que la strych-. nine à un effet excitant sur les organes génitaux. Je ne connais pursoune mort de la trichine, dus le Bas-Canada. Li n'est pas probable que le défunt soit mort d’avoir mangé des champignons. Je suis, encore d'opinion que le défunt est mort d’empoisonnement par la strychnine.
RE-TRANSQUESTIONNÉ
Un malade peut vivre plusieurs mois, attaqué d’'hydrotorax. Dans les commencements de la ma- Jadie, le malade peut travailler et vaquer à ses occupations, si elle progresse lentemeut. L’anzine peut survenir dais n'importe quelle phase de la maladie.
Ii est vrai que l’'épanchement de sérum dans l'une ou l’autre, ou dans les deux plevres, est un des caractères de l’augine de poitrine, causée par l’hydrothorax.
Le sérum épanché dans les cavités, par des lésions intérieures, peut être rougvûtre et sangulnolent.
Les globules de sang ne peuvent pas pénétrer à travers les pores des veines sans ruptures.
Le Dr. Pierre Casimir Adolphe Bruneau, médeein de Sorel, 39 ans.
— Le ra; port est Ju.
Il a fit avec le Dr, Provost, le dernier témoin, l'analyse du duodenum et du mucus de l'estomac, de la poudre de morphine et des 6 poudres de carbomate de fer et de magnésie à eux remis par le Co: roner. Ïla signé le 7 rapport et corrobore le témoignage du Dr. Provost, en tout ce qui concerné sa coopération dans le rapport dont il atteste la fi délité et adopte les conclusions.
Il a fait avec le Dr. Provost l'analyse du duode-
PROVENCILIER BOISCLAIR. 199
num, du mucus de l'estomac et de la poudre de morphine et des six poudres de carbonate de fer et de imignésie, le tout à eux remis par le Coroner Jia signé le rapport avec le Dr. Provost, il atteste sa fidélité et en adopte les conclusions en autant que ce rapport a trali à ses opérations conjointes avec le Dr. Provost.
D'après l'ensemble des t moignages donnés pair rapport aux symptômes des maladies du défunt et le tésuitat des analyses chnniques par lui faites, il ne eut attribuer ia mort du d'fant à d’autre cause qu'à l'empoisonnement par là strychaine.
TRANSQUESTIONNÉ PAR M. CHAPLEAU
L'amertume de la strychnine est pius qu'une amertume ordinaire. Un grain de str; chine dans uu demuid d’eau on de boisson alcoolique donnerait une amertume iasupportable à mon avis, bien que je n'en aie pas fut l'experience, J'ai eitendu de rapport de l’autopsie faite par le Dr. Ladouceur
J'attribuerais à la patréfiction cadav rique la cause de l’épanchment du sang dans la péricarde, remarqu: pair ie Dr. Ladouceur dans son procèsverbai d'autopsie. Cet épanchement venu qnand il y avait congestion n’aunonce pas une maladie organique.
Avec ces symptômes la dilatation comp'ète du cœur dans ses aurullett:s et ses v nt:icules et sa couleur plus foncée que dans son état normal n'indiqueraieut pas encore de raaladie organique. lasphiyxie aurait pu canser ces symptôm:s. |’é6panch ment de sang daisles deux pèvr'es n'indique pis Lévessairement une maladie organique.
Cet épinchement ne pourrait se faire sans rnpture, mais cette rupiure pourrait être produite apiès [4 mort par la décomposit an des tissus Cet épancheiment ne pourrait etre pro luit sans rnpture, La congestion Gu cerveau se rencontre après io mort dans un très grand nombre de maladies, Une forte congestion de foie jiein d’un sang nai
peut être l'indice d’une maladie organique, mais: ne la snppose pas nécessairement Une maladie organiqne peut causer une mort subite. L'injection d'u sang noir dans le rein et la dilatat on de la rate avec sang noir n’appartiennent à aucune maladie en particu'ier ; ell:s appartiennent aussi bien aux mladies ordinaires où non organiques qu'aux maïadies causant mort violente.
= La couche d’un enduit noir très épais sur la sur-face de l'estomac est commune à plusieurs maladies, bien qu'elle indique uue lésion des organes: préexistant à la mort.
La putréfa: tion cadavérique commence dans les: vingt quatre heures, excepté dans certaines maladies d’un type asthétique
Les teintes violacées de l'estomac ne sont pas tonjours l'indice de linflammation de l'estomac. Apres la mort il arrive souvent que les sucs gastriques qui se trouvent dans: l'estomac produisent cette décoloration, et cela parceque ces sucs acquièrent certaines propri'tés qu'ils n'avaient pas pendant la vie et que l'estomac perd les.propriétés de résistence vitale qu'ilavait. Ces plaques noirâtres ont, pu être dues à la stag''ation du sang chezle défunt. Cela se produit souvent combiné avec d'autres symptômes pouvant être l'indice d’une enflammation.
Je ne puis pas dire que tous éléments qui cons-. tituent la strychnine se rencontrent dans la fibrinedu sang. - Le bichromate de potasse n’est pas coloré par l'acide sulfurique seul. Je crois que l’épreuve de la coloration (color test) est infaillible en ce. sens, que la série de couleurs découvertes par l’analyse prouve nécessairement la présence de la strychnine.
La lassitude dans les jambes n'accompagne pas toujours l’empoisonnement par la strychnîne.
Dans les maladies dont le siége est l'estomac les derniers moments sont quelque fois accompagnés.
PROVENCHER-BOISCLATR. 131
de tremblement nerveux et de contraction de la figure, Les convulsions dans l’empoisonnement pu la strychnine arrêtant la respiration, causent ’asphixie qui peut produire la mort. La respiratiou ne se trouve complètement arrètée que dans le paroxisine des convuisions. Il n'y a que quand tous les musties du corps sont forternent contractés que les muxcies respiratoires sout très gènés. :
Le tétanos 1di0pathique vient sans cause extérieure appréciable. Un gruud froid peut causer ce tétanos, ainsi que de fortes émotions. 11 y a quelques auteurs qui ont attribué le tetanos idiopathique à l'inxgestion de certaines substances,
Quelques uns prétendent que la strychnine se décompose par sou absorption dans le sang ét qu’elle fatt aussi suvir certains changements au sang. Cette question n’est pas encoie scientitiquement décidée.
KÉ-EXAMINÉ
Je n’ai jamais vu de cas de tétanos idiopathiue. Ces cas sont assez rares, qu’un des premiers fédecins d'Angleterie dit n’en n'avoir rencontré qu'un senl.
PAR LA COUR
Le défunt peut avoir été empoisonné par la strychnine, et le cadavre peut avoir présenté l’état décrit par lie procès-verbal de l’autopsie faite par le Dr.
adouceur.
La Cour s’ajourne à 6 heures P. M.
SAMEDI, 10 h. a. m.
Roch Moïse Samuel Migneault, médecin de-le paroisse de St. Michel d'Yamaska, 30 ans.
J'ai entendu 1 s témoignages donnés en cette cause y compris celui du Dr. Provost. J'ai assisté le Dr. Provost à analyser une boulette de graisse contenant de la strychnine, une poudre arsénicale. et une poudre de sulphate de magnésie,
«J'étais Shan à partir de l'analyse du contenu de l'estomac du défunt. J'ai vu le résultat de l’amalyse du mucus de lestomac, et aussi de lopération faite par le Dr. Girdwoud.
Je puis corroborer +t je corrobore le témoignage ‘du Dr r'rovost, relativement aux araly:es que nous ‘avons faites ensemble dont je certifie la rectitude et la régularité, et les résultats qu'elles ont proiduts J'ai opéré depuis le 24 Janvier au 18 Février, moins quelques jours d'absence.
ai vu les résultats de l'analyse faite dn mucus pris $ sur l'estomac du défunt pur le Dr. Provost: ai vu la série de couleurs qu'a produite cétte anadlyse. Cette série de coul-urs accuse la pr'sence de la strychnine.
Le procédé du Dr. Girdwood sur l'estomac était nouveau pour moi par rapport à l’acide hyd'ochlorique et au chlorolo me qu'il empliyait, et J'y prèstai une attention pa ticuli-re.
D'après les témoignages entendus de ‘a part de la couronne relativement aux symptômes et à la maiche de la maladie se pr'sentant du 22 au 24, et du 29 au 31 Décembre, laissant des intervalles où le défunt pouvait vaquer à ses affaires ; d’après le rapport de l’autopsie et le p'ocûs- verbal de l'ana- “lyse et le témoignage médical qui y a rapport, je ne puis attribuer cette maladie à aucune autre cau se qu'à un empoisonnement par la st:ychnine, Je n'ai pas vu dans mes études professionnelles, que de tétanus idiopathique produi-ît des convulsions interunitt ntes, avec des int rvalles aussi marqués que ceux observés chez le défunt
Je ne me rappelle pas d’avoir entendu parler de cas de tétanos idiopathique e : Amérique. D’après -<e que j'ai vu, les autenrs parla t de vas de tétanos di pi athique traités par eux, disent en avoir ren- ‘gout é un ou deux parmi tous Îles cus de tétunos traités par eux. Le tutanos idiopathique ne pré-
PROVENCHER-BOISCLAIR. 133
senterait pas tons les sysnptômes observés chez le déiunt.
baus le cours de ma pratique, j’ai rencontré trois cas de tétatics trannatique. Ti y a plusieurs symptôies, communs aux deux maladies, le tétancos traumatique et le npoisonueuwnent par la strychnine; dus Il y a dans le cas du déluit, plusieurs cas qui ue Se rencontrent pas dans l: tétanos traumatique. Je définiruis le tétanos traumatique: celni -Calsee par une itsion extérivure, et le t tasos idi “Oputhique, celui qui est produit sans cette sion “xtrivure. Je l'appeller is constitutionnel. Le tétancs 1liopathique pouvait laisser les organes dans l'itat decrit pr le procès veibal de l’autopsie.
Daus un cas de mort cansée par l'hvdrothorax, je ne croi, pas que le malade serait en état de faire un voyuge quelques heures avant sa moit.. Un épanchoineut de serum sanguinolent dans les plèvres peut etre pris pour un epañchement de sang etetre -Causé par l'hyürothorax et par d’autres « uses aussi ; un Cpanchetment de sang dans les pèvres n'indi que pas Phvdrothorax. L'hydrothorax ne peut jaauis produire un épanchement de sang pur. L'hydroihorax est gtnéralement appelce par ie vulgaire
de l'eau dans l'estomar
| TRANSQUESTIONNÉ
. Je suis dans mu huitième annnée de pratique. I y a certunes maladies organiques où les sy mptômes peuvent se modifier pir une autre maladie ‘dont ie principe est inconnu, et il y en a d’autres qui produwseni toujours les mêmes symptômes.
Li peut y avoir inflammation du lote et des poumons avec une lésion an cœur. l’inflammation de* poumons ne peut exister avec un commencemet de pénvardite, Une matadie organiqu: peut produtie quelqnes désordres dans un organe autre que celut qui est le siêége de la maiadie, L'existence slntitanés de plusieurs causes morbides dans
- l'organime peut cempliquer des sympiomes de ds
maladie principale, par la présenre de symptômes étrangers à cettt maladie, qui retiendra crpendant ceux qui lui sont propres.
L'unsine de poitrine se produit spon'anément. Un homme attaqué d’hydrothorax peut vaquer à ses atiaires dans certaines périodes de la maladie. Pour produire langine de poitrine, l’hydrothorax doit étre dans un état avancé.
li est probable qu'un hoinme attaqué d'hvdrothorax puisse aller en voiture, et le soir être atteint d’une angine de poitrine qui cause la mort. J’entends par vaquer à ses affaires, faire le travail de son état. Je ne puis dire si aucun des témoins à dit que depuis le 23 décembre, le défunt avait vaqué à ses affaires, dans le sens que je viens de don-ner à cette expression.
Je ne pense pas que la dose de strychnime qui aurait produit la maladie du d'funt, le 22, soit la même que celle qui a causé la mort Le 31.
Une dose de strychnine dont l'effet convulsif aurait cessé pendant six heures, ne pouvait pas amener d’autres crises.
PAR LA Cour.
Je dirais, dans mon opinion qu'il y a eu ingestion de strychnine dans l'estomac du défunt, le 22, le 24, ie 29 et le 81 décembre.
Dans mon opinion, la présence de l'acide arsénieux, quaud il a été ingéré, se révèle toujours par l'analyse chimique. Au meilleur de ma counaissance, dans la totalité des cas où on l’a cherché, d'après les rapports que j'en ai vus, on en a trouvé. Etant un minéral, il ne s’élimine pas du système, comme un poison végétal; mais sil a été pris en quantité suffisante pour créer un état morbide, il se révélera par l'analyse chimique, quelque soit la quantité rejetée par les vomissements.
RE-TRANSQUESTIONNÉ
Si je n'avais pour données que les symptômes du
PROVENCHER:-BOISCLAIR. 135
29, je ne concluerais pas 1 l’empoisornements ; s’il
p'out existé qu’une attaque, abstraction faite d: l’a-
nalyse, je ne conclurais pas à l’empoisonnerient.
Le poison ingéré le 22 Décembre auruit pu étre trouvé le 2 Janvier par analyse.
RÉ-EXAMINÉ
Ma conclusion est toujours la même, que le défunt est mort de l’empoisonnement par la strychnine.
Gilbert Prout Girdwood, physicien et chirurgien.—Je ne comprends pas le français. Qioique J'aie été présent aux témoignages rendus pur les témoi:is de la couronne, je ne les ai cependant pas compris. J'ai lu les témoignages traduits en anglais par M. J. G. Johnson.
M. Armstrong, pour la couronne, annonce son intention de demanderlopinion médicale du temoin, sur lés symptômes décrits par les témoins qui ont rendu leur témoignage en français
M. Chapleau, pour la défense s’objecte à cette | preuve, vu que le témoin n’a pas compris les témoignages, quand ils ont été rendus, et que rien ne garantit la fidélité de la traduction.
M. Armstrong propose de faire assermenter M.
Johnson, sur la tidélite de sa traduction.
La défense accède à cette proposition.
James G Johnson, Gentilhomme de Montréal, étant assermenté, jure que la traduction du fran--
ais en anglais, par lui faite, des témoignages que e Dr. Girdwood dit avoir Ins, est une traduction fidèle.
Le témoin est alors entendu, du consentement de la défense, et dépose comme suit :
Je conelus d'après Les symptô nes décrits par les témoins, que le défunt est mort d’empoisonnement par la strychnine.
Je fonde mon opinion sur les symptômes décrits par Marie Plourde, le Dr. Ladouceur, Michel Le-
maire, Lac Trahan et Joseph Joutras. Ces symptômes ne s'accordent pas avec ceux qui pr'cèderaient unvuort caus e par Je choléra, ni de convulsions, ni d'épilepsie, ni du tétarnros sot idiopathi- ‘que, soit traumatique, ni de l'inflammation du cer- Veau, ni de ia moële éptnière;ni de lhyd:othorax, ui de ranwine de poitrine.
La pl'niuile du pouss est incompatible avec l’anglue de poitrine, -
Daus l'angine de poitrine, le pouls est faible. Les syiuptomes décrits sont incompatibles avec l’empoisouinement par les champignons. Dans tous les vas d'empoisonnement par la strychnine, si la mort en est résuitée, il y a toujours moyen de découvrir les traces du poison-si l’on emploie les moyens convenables.
La strvchnine ne se décompose pas par l'absorp-
‘tion dans le Corps humain ; elie s'limiie du corps dans sou état d'intégrité et peut être dévconverte ‘dans ‘urine eusuite. Je puis prouver la ‘présence de la stryeéhnine par l'acide sulphurique et le bi- :chromate de potasse, ou avec l'acide sulphurique et le biaoxide de manganèse, ou l'acide suiphurique “et le binoxide de plomb, ou lac:de sulphurique et le ferro-cyanure de potasse, ou l'acide sulphurique et un courant d'électricité.
Iln'y a pas de substance connue qui donnerait, par les réactits, la meme série de couleurs que la strychuine J/épreuve par la coloration (coior test} peut cire neutralisée par la présence d’une matière
‘orzanique, L'on prévient cette neutralisation par la ürstruction de tonte matiè'e organique, an moy- ‘en de l'acide sulphurique. J'ai fait l'épreuve de mes réoctuis chimiques pour prouver leur pureté, c’est-à-dire pour prouver qu'il n'existait pus de strychuine dans leur composition.
Dans les matières organiques, j'ai suivi un pro: “céis qu mest particuiler, pour découvrir la pré- -sence de lu strychnine, Ce procédé a d’aburd été
PROVENCHER-BOISCLAITR. 137:
publié dans le “Times de Londres” en 1856, pendant le procès de William Palmer; :ussi duns la “ Lancette” et dns les journaux pharmacentiques.
Li y x eu des cas publiés où ce procédé a : té eme. pioyé.
Le seul cas où j'ai entendu parler de symptômes ileutiques à ceux-ci, à (té celui d'une mad me: Dow? Lile est morte d'empuisonnement par la.
strychnive. J'ai fait une una yse en cette cause.
Je suis arrivé à Sorel, Le 7 Février d'rnier, à la réquisition de M. Armstrong, pour faire une aualyse eu cette cause et dans une autre.
Le 8. je suis allé avec M. Arinstroug, chez le Coroner Tureutte, La j'ai entendu quelque partir des, témoignages pris à l'enquête. Je suis allé chez le Dr. l’rovost. Je lai trouvé en compagnie du br. Migneault, fusant une analyse d'uue partie des vis» cères qu'ils me dirent avoir été pris du corps du défunt Joutras.
Je leur ai demindé quel procédé ils suivaient. Le Dr. Provost répondit qu'il anaiysait par le procédé de Stass. [Il me donua l'estomac, duquel tout: avait été lavé, savoir, il me douna l'enveloppe de: l'estomac, comme elle se trouvait. après en avoir retiré le contenu. J'ai haché cette enveloppe en eces, avec l'assistance des Drs, Migneault et RS et Je l'ai mise dans une capsule neuve, couverte avec de l’acile hydrochlorique dilné. Je l'ai place duns un bain d’eau, et j'ai appliqué la caaleur jusqu’à ce que tout l'estomac fut dissous. J'ai mis cela de côté pour refroidir, et je l'ai filtré avec ua filtre mouillé; à la solution chaire que produisit ce filtre, j'ai ajouté du sulfate de magnésie. et de l’ammonac ; j'ai encore filtré cette solution et à la solution ainsi obtenue, j'ai ajouté environ un once de chloroforme et agit le tout dans une bouteille. Je retirai une partie du chioroforme, et je. l'ai évaporé à sec dans une capsule de porcelaine ; Vaifait l'épreuve pour la strychnine, et j'en ai.
constaté la présence ; il y avait néanmoins encore
uelques matières organiques ; j'ai retiré le restant 4 chioroforme et je l’ai fait évaporer jusqu'à ce qu'il fut sec.
Ce résidu ainsi obtenu a été mouillé d'acide sulfu.ique et chautfé pendant quelque temps, pour détruire la matiere organique. J'ai dilué cela avec de l’eau et je l'ai filtré pour séparer le charbon. La solution claire a été neutralisée avec de Pammouiac et agitée avec du chlorolorme. Ce chloroforme € tant évaporé, a fourni de la strychnine en abondanre,
Le Dr. Provost n’a en outre remis une vésisule biliaire, qu'il m’a dit appartenir au corps de Hrançois-Xavier Joutras. La vésicule biliaire était ligaturée avec de la ficelle et contenait une petite quantité de bile. Elle avait moins qu'un once de pesanteur ct a été traitée par le procédé qui vient d’être décrit pour l’estomac ; j'ai encore prouvé la présence de la stryhnine. J’ai appelé les Drs. Mi-
nvault et Provost pour remarquer les preuves de a présence de la strychnine dans les deux cas.
J'ai aussi va les preuves de la présence de la strychnine dans le contenu de l'estomac, traité par le Ur. Provost. Le Dr. Provost m'a remis une poudre blanche, pour laquelle il avait fait l'épreuve, et
u'il avait trouvé être du sulphate de magnésie. lux en outre remis une autre poudre qu'il n'a dit avoir prouvé être de l’arsenic. Je lai au-si prouvé et j'ai constaté que c'était de l’arsenic.
Le Dr, Provost m'a ensuite remis une petite boulette de graisse, couverte de poussière à l'extérieur. Coupée en deux par le tr Migneault, l’on a trouvé
weile contenait une petite quantité de strychnine. De ces analyses. je viens à ia conclusion que ie défunt a pris de la strychnine avant sa mort et « v5cu assez longtemps après pour que cette strychnine passàt à travers la circulation et se logeât dans la vésicuie billuire.
C’est là ce que j'ai conclu. .
PROVENCHER-BOISCLAIR. 139
TRANSQUESTIONNÉ
Je n'ai pas ici les échantillons de strychnine que j'ai trouvés dans la boulett: de graisse.
Le témoin à vu une petite capsuie en verre produite aux jurés; mais il n’en a pas fait d'examen.
J'ai fait ces expériences avec des substances chimiques, des instruments et des vases neufs
L'analyse du corps de madame Dowe se fit en ma présence.
d’atprocédé immidiatement après la réception des viscères du Dr. Provost. Le procédé a ét: continué sans interruption jusqu'a sa fin. Il était environ 104 à. an, quaud j'ai commencé, et j'ai fiui avant soleil couc 6. Je parle de mon procédé sur l’estomac. Je crois que c’est le lendemain que j'ai opéré sur l1 vésicule biliaire,
J'ai tout laissé au Dr. Provost. Je n'ai fait d'autre épreuve physiologique du résidu du contenu de l'estomac que celle d'y avoir goûté, et j'aitrouvé un gout amer. À cette saison de l’année, je n'ai pu trouver de crapauds. ,
Où lui montre le verre de montre qui à été pr duit par le coroner.
Je crois qe la substance jaune qui se trouve sur le verre est de la matière organique. [la été coustaté que le temps pris par la strychnine. pour passer dans ia circulation et se rendre dans la vessie, a été de vingt secondes, et elle prendrait 12 mème temps pour se loger dans la vésicule bihuire.
Je tai jamais vu de cas de tétanos idioputhique, maïs j'ai Vu des Cas de tétanos traumatique.
Quand le procès de Palmer a eu lieu, M. Rogers et moi-méme n'avions pas encore découvertle procédé, que nous n'avons découvert qu'après sou témolguiage.
Par La Cour.
C'est par l'épreuve de la coloration, que ji obteau lip.ésence de lastrychnine. La série ies cuuleurs est : bieu, pourpre, violet et roue,
J'ai examiné plus de deux cents corps humains et n'ai junais ostenu ln méme série de coulexs auparavant. Je n'ai jam us osteuu de la stryeuie ne dans les animaux, et n'en ai jamais découvort dans les êtres hum ins. Je Par découvert dans l'urine de personnes qui l'avaient prise mé licalement J'ai trouvé li mème série de couleurs,
Au procès de Palmer, il a été assuré pur le Dr. Tavio: que la présente de la strychnine ne pouvait pas etre indla,lliblement découverte, C'st aiors que Rozers et moi nous sommes mis à travaiter pour découvrir un proc“ds qui la d'couvrit, et nous avons découv: rt eelui que j'ai décrit au commancenent.de notre témoignage.
Quoiqu'il, y ait des personnes qui nient la possibilie «le découvrir La présence de la strychuiae par li série de couleurs, il n’en est, pas qui nient la présence de la strÿchnine quand la série des couleurs est produite.
Je considère comme un point non dsputé en médecine, que la présence de ces couleurs, L'ouvées par ce moyen. là. est une indication. certaine de la présence de la strychnine.
Ni l'acide arsénieux à été absorbé dans le corps. on peut toujours le trouver, à moins que celui qui la pris, vive assez longtemps pour léliminer, L’arsenic s’élimine comme la strychnine.
Comme règle générale, la nature tache de se dé-. faire de tous les puisons aussi vite que possible.
RE-TRANSQUESTIONNÉ
Le Dr. Täylor a dit, au procès de Palmer, que: d'autres substances pouvaient produire les memes: couleurs, mais il ne savait pas ce dont il varlait,, ni que les mêmes couleurs. quand elles se produisent, le sont sous d’autres circonstances que celles. rapportées par lui. ,
La couronne déclare son enquète close.
Somnbne -* -
La séance s’ouvre à sept heures du soir, une foule immense s’est rendue pour entendre les discours de la défense. L'intérêt est peint sur toutes les figures et c’est au milieu du plus profond silence que M. Gaultier se leva et prononga l'adresse suivante :