PE0CÈ
a differents intervalles. Après la mort de mon père qui a ete enterré le Vendredi après le jour de l’an’ E prisonnier est toujours resté chez nous, jusqu’au Dimanche matin. Le Dimanche, il est parti dilli* allait à Ste.-Mo'nique. L’enquête s’est taite le Lundi soir Le père Modeste a couché le bamedi swr, dans la chambre de ma mère, sur le bed. Le Dimanche matin, il a parti pour Ste.-Monique, allant là pour rester une escomse ; il a dit qu il reviendrait pour emporter le restant de son
butin et pour faire battre de l’avoine qu’il avait dans la grange, et il est revenu le Lundi. Le Lundi il a encore couché dans la chambre de ma mère. ’Lb Mardi, il a ete chercher le moulin à battre et c’est
. M.rf. 1, G,„d-Co„„é..Me ..t L CWÎ
chei. Le Vendredi, le soir du jour où mon père a ete enterre le prisonnier a couché en, haut dans la chambre où était son lit. Il avait L couVreTied
meitfr C’est maman qui les
maman qui faisait son lit les matins qui ont SUIVIS les deux nuits pendant lesquelles le prisonnier a couché dans la chambre de ma mere, et le Mardi matin, j’ai trouvé sur le lit e ma mere, le couyre-pied que maman avait mis
veille au soir, couvre-pied était sur le bed,!^ soir, il état étendu, comme pour préparer un lit. Il était étendu comme on etend un couvre-pied sur un lit, pour servir a une personne qui y couche. Vers quatre heures et-demie de l’après-m'idi du jour où moSe est mort, il a pm des remèdes qu’il avait été chercher le même jour. Ces remèdes étaient en prisi .1 e les ai vus delayer par ma mère, et il les a pris en
C’Lt prisimnier.
^ est ma mere qui les lui a délayés.
Transqukstionnée par M. Chapleau.
il A® heures et-demie jusqu’à six heures,
fort ?1 if arrivant du
lort, il s est plamt du froid ; il s’est assis près du
PÉOYENCHÈE-BOISCLAIÉ. 67
poêle, et a dit qu’il avait des courants dans l’estomac, qu’il pensait bien qu’il n’en avait pas pour longtemps. Il avait le frisson. Après avoir pris son remède, il a dit qu’il se sentait du mieux, excepté son mal de jambes. Après 6 heures, il rôdait et allait se coucher sur le lit de temps en temps. Monsieur Lemaire est venu vers heures. Avant que M. Lemaire est venu, mon père se plaignait qu’il avait le cœur englouti, qu’il avait le cœur comme dans l’eau, qu’il avait le cœur malade. Il
disait cela souvent. Quant M. Lemaire est arrivé, mon père était couché. Après un bout de temps, il s’est levé et est venu dans la cuisine où^ étaient M. Lemaire, ma mère, le prisonnier et moi. ^ Mon père est venu dans la cuisine, et ils ont jasé. Le prisonnier faisait des histoires et M. Lemaire parlait avec lui. Ma mère travaillait. Yers 7 heures, j’ai donné de la soupe à mon père. J e l’ai prise dans un chaudron qui était sur le bord de la seconde plaque d’un poêle à fourneau. J’ai goûté à la soupe, de crainte qu’elle ne fût trop chaude. Je l’ai trouvé bonne. C’était de la soupe au pain. J’en ai avalé une cuillérée. Elle était douce au goût. Je n’ai pas eu mal au cœur après. Je lui ai porté, dans la chambre, dans line bolle à lait. Il
était encanté sur son lit. J’ai mis la soupe sur une table, près de son lit. Il y avait deux chandelles allumées, l’une dans la cuisine et l’autre dans la chambre à coucher. Pendant qu’il mangeait sa soupe, je rôdais de la cuisine à la chambre à coucher. Il a toujours dit que cette soupe là était bonne. M. Lemaire n’y était pas. Quand M. Lemaire est arrivé, la chandelle qui était' sur la table, dans la chambre à coucher de mon père, était éteinte. C’est moi qui l’avais éteinte ; mon père ayant dit qu’il allait dormir. La seconde fois que mon père a demandé de la soupe, je l’ai prise dans le chaudron que j’avais à terre. Je l’ai trempé dans une assiette a'tec une cuillère à soupe. Je lui en ai
PEOCÈS
mis 5 ou 6 cmllérées. Je l'ai trouvé bonne. Je l’ai
mise sur la table. lai
Le poêle est dans le milieu de la maison • le derrière est dans la cloison qui sépare la cuisine et la chambre à coucher. Toute k plaque drdTrrière se trouve dans k chambre à coucher. Le tuvlu monte en haut et tombe dans k fausse cheminée qui est dans le milieu de k maison et qui 11™^ cend que sur les entrais. Le fourneau du poêle derrière de la maison.^ La
bre^ de d"“’’ f k porte de k cham-
^ ^ La table est accotée par la mu-
raille. 11 n y a qu un châssis dans le pinnon de k cuisine. La table est vis à vis le^cŒ Le châssis se trouve vers le milieu du pimon. M Lemaire était assis dans k cuisine, près de k porte qui donnait dans la grande chambre, à deux
distaufe^^n*^® table, et à peu près à k même distance du poele, entre le poêle et k table II
était a trois ou quatre pieds du chaudron qui était près du poêle. Mon père a mangé sa s^upren disant qu elle était bien bonne. Il était près^ de 8 heuies, quand mon père a mangé sa soupe. M Lemaire est paru environ une heure après que
Aussitôt ^que M.
xlichel Lemaire a ete parti, mon père se plaignant encore du mal dejambes, est allé se coucher. Quand m. Lemaire a parlé de partir, mon père a dit •
;v ous pouvez rester encore ; j’ai bien mangé, je suis ^ a présent, et je peux parler avec tous. M ^emaire est parti un petit instant après . Mon père
bonsoii. Apres que mon père fut couché, j’ai été
ZHhffr enfants étaient
enxbon dépens longtemps. J’ai été me coucher
jLu 1® de M. Lemaire.
- peie disait, comme auparavant, qu’il avait maUu cœur. Pendant cette heure j’ai plrlé à mon
PEOYEN CHEE-BOISCLAIE.
L’escalier est dans la chambre à coucher, à gau- .che en entrant. L’escalier se trouve à côté du pied du lit. La porte de la chambre à coucher ouvre en dedans. L’escalier est du côté de la grande chambre. il n’y a pas de lucarnes dans les chambres à coucher. Xes chambres à coucher se trouvent du côté du pignon au-dessus de la chambre à coucher et de la grande chambre. Les chambres à coucher sont séparées par une cloison. Elles sont séparées du grenier par une cloison. En montant dans cet escalier on entre dans une chambre à coucher, celle de devant. La chambre de derrière était occupée par nous et celle de devant par le prisonnier. Il y a un châssis sur le pignon de la maison, dans chacune des chambres. J’ai monté en haut et j’ai fait ma prière. Quand j’ai entendu plaindre mon x^ère, je suis descendue. Il se plaignait de ses jambes et tremblait dans son lit. Il s’est plaint qu’il avait le frisson.
C’est le Samedi, que mon père a été au bois. Le Vendredi, il avait travaillé chez Arnaud. Le jour précédent il avait battu au moulin chez un autre ; deux ou trois jours auparavant, il y avait eiicore travaillé. Il s’est écoulé plus d’un quart d’heure depuis le moment où je s-iiis descendue jusqu'à l’intant où M. Lemaire est arrivé. C’est encore une demi-heure après que je fusse descendue, c|ue mon père a demandé à ma mère d’envo^^er eliercher M. Lemaire. Après l’arrivée de ce dernier, j'ai toujours restée dans la chambre démon p>ère jusqu’à sa mort. J’en suis sortie par ce que mon x^ère me faisait éloigner à cause que je pleurais. J'étais X^rès de son lit quand il est mort. Il a x'>arlé jusqu’au dernier moment. Il avait la bouche serrée, mais il parlait. J’ai vu M. Lemaire depuis Samedi. Je lui ai demandé comment cela s’était x'^^^ssé à la Cour ; Je lui ai demandé s’il avait x^arlé. Il a x'>arlé avec les autres. Il a dit que pavait été bien. Personne autre ne m’en a parlé. J’ai dit à M. Germain
PROCÈS
ce que j’avais à dire ; c’était daii?f sa maison. J’étais avec mes parents. J’ai parlé à Marie Plourde, femme de Michel Cajolet, depuis qu’elle a rendu son témoignage. Elle m’a parlé de son témoignage. C’est mon oncle, Narcisse Joutras, qui m’a conduit chez M. Lemaire. Avant de rendre le dernier soupir, mon père est devenu tranquille. Mon père a été enseveli par Joseph Joutras-, M. Lemaire, M. Provencher et un des fils de M. Lemaire. Son ensevelissement a pris environ une heure. M. Lemaire est parti au point du jour. Il s’est rassemblé bien du monde. Quatre ou cinq hommes en tout. Le deuxième jour après, l’enquête a eu lieu. Il y avait beaucoup de monde.
Le lendemain de la mort de mon père, le jour de l’an au soir, j’ai couché en haut avec les enfants. La nuit qui a précédé rarrestation de ma mère et du prisonnier, j’ai voulu coucher en bas, mais ma mère ii’a pas voulu . Depuis la mort de mon père, jusqu’à l’arrestation de ma mère, nous n’avons pas couché en bas avec ma mère. Je me levais tard. Le Samedi et le Lundi, je me levais vers six heures. Mon petit frère n’a pas couché en bas, et je suis sûre de cela comme je vis, vu que mon père est allé reconduire M. Lemaire, et que quand ce dernier est parti, mon père était debout Qi jasait avec lui.
Quand j’ai vu le couvre-pied sur le lit de ma mère, les oreillers avaient été enlevés du hed et ma mère et le prisonnier étaient levés. Son lit n’était pas fait. Les couvertures étaient renversées sur son lit. Je n’ai pas fait le lit. C’était ma mère qui faisait les lits. Le couvre-pied, étendu sur le Ht. était jet^ par-dessus les couvertures renversées. Le couvre-pied était étendu sur le lit comme une couverture sur un lit, quand il est fait. C’est dans le cours de l’avant-midi, que j’ai remarqué cela, après déjeuner. J’ai déjeuné vers 8 heures. Nous appelions quelquefois le prisonnier “ grand père. ” ^ Quand le prisonnier est revenu du bois, ma mère
PEOYENCHÈÉ-BOISCLAIS. 71
lavait les planchers en haut et le prisonnier a ait qu’il attendait son garpon. Nous ayons dîné ensemble.
Le prisonnier a dit qu’il avait làissé mon père à la veille de son dîner, et qu’il lui avait dit de garder la boisson parcequ’il faisait froid. Après le dîner, le prisonnier a été aux batiments pendant l’espace d’une heure. J’étais en bas pendant tout ce temps. Il avait sa chambre en haut. Après qu’il fut monté en haut, j’ai resté dans la cuisine. Le dîner a été prêt environ une demi-heure après son arrivée. Le dîner a pris à peu près un quart d’heure, c’est à-dire une heure. Il a resté en haut une heure, et quand il est descendu, ^ma mère lavait encore. Avant qu’ii descendit, j’eiîtendais parler. Il y avait à peu près une demi-heure que le prisonnier était descendu, quand le petit Cajolet est venu chercher ma mère.
Quelque temps avant la Toussaint dernière, ma mère était venue à Sorel avec le prisonnier. Ma mère ne s’est absentée qu’une fois pendant ce tems là. Je n’ai pas vu partir M. Provencher. Je connais M. Raymond et M. Yon. Ma mère a clit qu’elle était en bonne santé. Mon père, lui a dit, de prendre soin d’elle, de ne craindre sur rien, qu’elle était avec un bon homme. Dans le temps, la femme de Provencher était vivante. Ils sont revenus le Dimanche. Elle est revenue chez nous vers midi. Maman est arrivée la première. J ai vu le prisonnier passer chez nous dans l’après-midi. Il est venu chez nous dans l’après-midi ; mon père était à la maison. Il a dit qu’il avait fait un bon voyage à Richmond, qu’il avait été à Richmond. Mon père savait que ma mère venait de Sorel^avec le prisonnier. Quand ma mère est arrivée de Sorel, mon père était chez nous. .Py étais aussi. Elle a parlé de son voyage. Elle a âit qu’elle avait fait un bon voyage. Il y avait de monde étranger et ils ne voulaient pas parler du voyage à SoreL Je
PEOCÈS
ne savais pas, moi, que le père Provencher était venu avec ma mère à Sorel. Il lui a demandé si elle avait fait un bon voyage, elle a «répondu que -oui. Elle ne disait pas avec qui elle avait été.
Quelques jours après, elle s’est mise à dire qu’elle avait été à Sorel avec le prisonnier; qu’il lui avait fait prendre quelque chose pour la réchauffer et que leur voyage avait bien été. Avant le départ de ma mère pour Sorel, mon père savait qu’elle devait y venir avec le prisonnier, et elle lui a dit quelques jours après, Jusqii’à la mort de mon père, le prisonnier a été en de bons termes avec lui, et il en était ainsi des enfants. Mon père était dans l’habitude de faire la chasse aux renards. Il empâtait (1) les renards avec des animaux. Depuis quatre ans, je n’ai pas eu connaissance d’une petite fiole dont il se servait pour empâter les renards. Depuis les deux années dernières, mon père faisait encore la chasse aux renards.
Mon père ii’avait pas de poudre blanche qu’il conservait dans une petite fiole. Je ne sais pas si depuis deux ans, mon père employait les poisons secrètement.
.l’ai dit devant le Dr. Provost, le député Coroner, cjue mon père avait une fiole. J’ai aussi dit qu’il employait cette poudre là secrètement.
Avant cette maladie là, mon père ne tombait pas d’un mal ; il tombait sans connaissance quelque temps avant ce temps là. Je ne l’ai jamais vu tomber sans connaissance. Lui-même le disait. Mon père a eu le choléra l’été dernier. C’est quand il a eu le choléra qu’il tombait sans connaissance. Je l’ai vu quand il a eu le choléra. J’ai connaissance qu’il a eu des crampes. Il était bien mal. Il était bien tourmenté. Quand il a eu ces crampes, il se frottait les jambes, et était bien tourmenté. 11 était agité. Ses membres tremblaient. Je l’ai vu trois -ou quatre fois avec des crampes. Il n’a pas eu de
(1) Populaire, au lieu de appâtait.
PEOYENCHEE-BOISCLAIR.
ces crampes là depuis qu’il a eu le choléra. C’est l’été passé qu’il a eu ces crampes. Depuis ce choléra, mon père s’est plaint souvent qu’il n’était pas Dieu ; qu’il était plus faible qu’auparavant. Il a été trois semaines malade depuis qu’il a eu le choléra, l’été dernier.
J’ai depuis déclaré devant le Dr. Provost que quand mon père a eu le choléra, qu’il se débattait tellement, qn’il fallait deux hommes pour le tenir.
C’était deux jours après la mort de mon père que j’ai fait ma déposition devant le Dr. Provost.^ Mon père est resté avec nous environ une demi-heure a]3rès avoir mangé sa soupe. Une demi-heure après avoir pris sa soupe, il est allé se coucher, disant qu’il était faible. Il a dit qu’il y avait encore une fai-. blesse qai allait le reprendre. Joseph et Narcisse .Jouiras sont mes oncles. Dex>uis In mort de mon père, mon oncle Narcisse Jouiras est venu souvent chez nous. Ma tante Mathilde a resté tout le teins avec nous. Mon oncle, Narcisse Joutras, ma tante- Mathilde voient aux aflaires. Il ne nous a pas été parlé d’inventaire. C’est Narcisse Joutras qui m’a dit : Si tu veux venir faire un tour à St. Zéphirin, j’ai la permission de t’emmener. Je lui ai dit : c’est bon ; il j a longtemps que je m’ennuie ici. Je suis contente d’aller faire un tour à la maison pour voir comment ca va ; ce que font les engagés. Je n’ai pas parlé de notre témoignage. Quinze jours après l’arrestation de ma mère, Mathilde Joutras m’a dit que c’était aussi bon de ne pas venir la voir, que je la verrais toujours bien au procès. Je ine retire dans la même pension que Joseph, Narcisse et Mathilde Joutras. Je les ai vus hier.
Mes parents m’ont toujours conseillé de dire lavérité, et jamais ils ne m’ont dit-d’ autre chose.
Ré-exajminée pae M. Gekmain.
Mon père avait voulu envoyer mon petit frère avec ma mère à Sorel, et ma mère n’avait pas voulu l’emmener, disant qu’elle n’avait pas besoin de
PEOCÈS
chien de poche par derrière elle. Mon père, quand il a eu le choléra, allait sur le pot, vomissait et avait des faiblesses. C’était dans le temps des chaleurs. Après avoir fait ma prière, quand je suis descendue, après pas tout à fait une heure, j’ai trouvé sur le poêle le chaudron que j’avais laissé à terre. J’ai revu la holle dans laquelle j’avais donné de la soupe à moh père. Elle -était sale^ Le fils du prisonnier se retirait aussi dans la même pension. Je suis venue voir nra mère avec les fils du prisonnier ; L’un s’appelle Alexandre, l’autre Hilaire. J’ai été voir ma mère avec Mathilde Joutras.
PAE, LA COUP
Quand ma mère est partie pour Sorel, j’ai demandé à mon père : Ma mère ne veut pas laisser aller mon frère avec elle ? Je lui ai demandé : avec qui va-t-elle donc ? Il m’a répondu : Elle a un ami. J’ai demandé qui? Il a répliqué : C’est M. Modeste. Je l’ai demandé pour aller avec elle. Quand, quelques jours après le voyage de Sorel, ma mère a dit à mon père qu’elle était venue à Sorel avec Prqvencher, et qu’elle avait fait un bon vovage, il a dit : Tant mieux, si tu as fait un bon voyage. Le prisonnier était dans l’habitude de prendre de la boisson. Il en prenait deux ou trois fois par jour.
Quand mon père a pris la soupe que je lui avais donnée, il était assis à un des bouts de la table. Il tournait le dos au chemin. Le prisonnier était à deux ou trois pieds de lui, et il parlait à M. Michel Lemaire. J e ne pourrais dire qui avait mis sur le poëie, le chaudron que j’avais laissé à terre.
L’été dernier, quand mon père a eu le choléra, il revenait du bois et a dit qu’il avait été dans le bois au moins deux heures et qu’il ne savait pas ce qu’il faisait. Il avait été tout seul au bois, M. Provencher demeurait chez nous depuis environ irois semaines, quand mon père est mort.
mOYm CHER-BOISCL AIE. 75
Onésime Cloütiee — Cultivateur de St.-Zéphirin de Courval, — 30 ans.
A connu le défunt. Connaît le prisonnier. Le 23 Décembre dernier, j’ai rencontré le prisonnier dans ]e village de St.-Zéphirin. Je lui ai demandé des nouvelles de Franpois Joutras. Il m’a dit qu’il était mieux, qu’il l’avait emmené chez lui ce matin là. Hier, je me suis trouvé bien en peine ; il s’est trouvé malade dans le bois ; j’avais peur qu’il ne vînt mourir. On a fait en sorte de sortir au plus vite ; on a brisé note voiture ; on a échappé notre jument. J’ai couru après au moins 10 arpents ; je l’ai rejoint, j’ai été au-devant de lui ; il était sur un petit peu de butin à côté du chemin, sur la neige ; pas moyen d’atteler II a embarqué sur sa jument : on a sorti du bois à la première maison, chez Michel Cajolet ; pas moyen de le rendre plus loin ; on a envoyé J. Bte. Chassé au Docteur ; il a fait le voyage en mie heure de temps ; il a bien été ; là, j’aipms bien désiré avoir ma jument, il me semble que j ’aurais fait quelque chose de mieux.
Transquestionné par M. Chapleau.
C’étÿit entre la maison de Henry Pépin et Joseph Lasonde que la chose m’a été dite. Je l’ai cru quand il rn’a dit cela. Le même jour, j’ai appris que Provencher n’était pas au bois, et j’ai eu des obstinations par rapport à cela, croyant qu’il m’avait dit la vérité. J’ai eu des obstinations avec mon père, à ce sujet. J’ai su que tout était vrai, excepté que le prisonnier n’y était pas. J’ai eu cette obstinanation avec Narcisse Joutras, Michel Cajolet et plusieurs autres. C’est vers 9 heures A. M. que j’ai vu Provencher. C’était avant la messe et je guis entré dans l’église Quand l’enquête s’est tenue, j’avais entendu dire qu’il était sou])pon que le défunt avait été empoisonné. C’est sur les obstinations que j’ai eues au sujet de ce que le prisonnier m’a dit, que j’ai connu ce que je savais de l’af-. faire, et que j’ai été appelé comme témoin.
PEOCÈS
Edouaed Amand — Cultivateur de St.-Zéi)liiriu, -—62 ans. A connu le défunt et connaît le prisonnier. Le défunt a battu chez moi, quelques jours avant qu’il soit tombé malade dans le bois. Il a arrivé chez moi le matin, et il a dit : si vous voulez, père Edouard, on ne battera pas ce matin. Je ne suis pas bien et il fait bien mauvais. J’ai dit : il faut toujours battre avant-midi, je n’ai pas de fourrage. On a déjeuné et on s’est mis en ouvrao-e. Il a mangé de la viande, du pain et des patates, comme nous autres. On s’est mis en ouvrage ; on a battu jusqu’à midi. Le midi, il a dîné comme il faut. Après cela, il a dit : je vais me coucher contre le poêle. Il a dormi rin peu, et s’est levé et on a fini notre journée. Le soir, il a soupé et s’en est
retourné coucher chez lui avec son associé. Le lendemain, on a encore battu toute la journée. Le soir, il a retourné chez lui. Le lendemain, le Vendredi, il est revenu battre. Il a dit : non. je ne' mpge pas de beurre ; Je n’aime pas cela. La fille lui a dit : "Vouiez-vous du lait ? il a répondu, oui. Elle lui a donné du lait, il a mis du pain dedans et a été s’asseoir près du poêle. Il faisait bien froid. Ensuite on s’est mis en ouvrage. Il a sorti comme un quart d’heure après, et s’est mis à vomir. Il a vomi à quatre ou cinq intervalles. Je lui ai dit : Va donc à la maison ; ils t’accommoderont quelque chose de chaud ; tu as froid, tu es mal. Il a dit : j’irai tout à l’heure. Quand j’ai vu qu’il n’v allait pas, j’ai été à la maison, et j’ai dit à la fille : cet homme est malade, accomode-lui donc quelque
chose de chaud. Elle l’a accomodé, lui a mis de la boisson dedans, et il a été à la maison le prendre. Il est revenu et a dit : Je suis bien à présent. On a battu de même jusqu’à neuf heures ; on a été allumer à la maison. Dans la grange, il avait dit qu’il n’était pas bien, qu’il avait les^ membres roi- Ees. Là il nous a dit : Pourtant, si je m'en retournais chez nous, M. Provêncher viendrait battre k
PEOYENCHEE-BOISCLAm. 77
ma place. Il s’est accoté sur un mulon de foin quand il vomissait ; il se levait les bras sur le mulon et vomissait.
Teansquestionné pae M. Chapleau.
Il avait été coucher chez lui tous les soirs. Il partait vers 8 heures ou 8| heures, pour s’en aller chez lui. Il faisait bien froid. Je demeurais aune dizaine d’arpents de chez lui.
Antoine Houle— Cultivateur de St.-Zéphirin de Cour val — 35 ans. Connaît le défunt et le prison» nier. Ce dernier tr^vallait pour moi l’automne dernier. En Octobre dernier, il a dit qu’il partait pour Eichmond, et à son retour, il m’a dit qu’il avait été à Sorel avec Madame Joutras, sur la de» mande du défunt qui l’avait prié d’aller avec sa femme acheter do la farine.
J’étais une des gens de l’enquête du Coroner. Quand j’ai arrivé, le prisonnier était à peinturer le cercueil. Il est venu à moi, m’a donné la main et m’a dit : Yoyez ce que c’est, M. Houle, pour avoir vou» lu rendre service à ces gens là, peut-être cjue je vais être dans le trouble. J’ai voulu aller chercher le médecin ; Madame Joutras m’a dit de ne pas l’emmener vu qu’elle était trop pauvre et de n’emporter que les remèdes.
Pendant l’enquête, elle a dit que c’était elle qui avait dit à M. Provencher de ne pas emmener le médecin, qu’elle voyait que son mari était pour mourir et de n’emporter que des remèdes.
J’ai sorti de la chambre, pendant que le Dr. La- • douceur faisait l’autopsie. Je suis sorti de la chambre de devant où se faisait l’autopsie et je suis entré dans la cuisine. Madame Joutras était assise dans l’escalier de la cuisine dans le coin de la maison en gagnant en arrière, et le prisonnier était assis sur un banc à trois ou quatre pieds d’elle ; ils étaient séparés par une ou deux personnes, Elle
PROCÈS
ra’a demandé si le médecin trouvait quelç[ue chose dans le corps de son défunt mari. J e lui ai répondu que je ne pouvais lui rendre aucun compte làdessus, parceque les personnes non instruites ne pouvaient pas comprendre les termes des médecins. Je lui ai dit qu’à la manière du médecin, il trouvait de quoi d’extraordinaire. Elle avait l’air inquiète et transportée. Son frère était assis auprès d’elle et son père lui a dit : Tiens-toi tranquille et ne parle pas.
TEANSQUESTIONNÉ PAE M. ClIAPLEAU.
11 y avait une grande foule dans la maison beaucoup d’agitation. Je connais le prisonnier. Il est ouvrier et a travaillé nnfe partie de Tété pour lïioi. Je le connais bien. Il ne portait pas moustache. Il portait une impériale, mais pas de moustache au“dessiis de la lèvre.
Feançois Xaviee Lemaiee— Apprenti Menuisier de St.-Thomas de Pierreville— 20 ans. Je suis le fils de Michel Lemaire qui a été entendu comme témoin. J’étais présent à la mort du défunt. Sophie Boisclair m’a demandé d’aller au devant de M. Provencher pour lui dire de ne pas emmener le Docteur. J’y suis allé. J’ai rencontré le prisonnier vis-à-vis chez Pierre Martel, à une petite distance en de pa, en venant chez Joutras ; c était comme à un demi-arpent de chez le Di. Ladouceur. J’étais à cheval. Quand je l’ai rencontré, il m’a demandé si j’étais un homme de St.-Zéphirin. Là je Pai reconnu. J’ ai dit que je venais 1 avertir de la part de Madame Joutras de ne pas emmener le Docteur, parce qu’elle pensait bien qu’il n’en reviendrait nasi Quand Sophie Boisclair m’avait envoyé dire au prisonnier de ne pas emmener de Docteur, elle m’avait dit de lui dire cela : qu’elle pensait bien que son mari n’en reviendrait pas. J ai dit cela à Ih'ovencher : que Madame Jouiras pensait bien
TEOVENCHEE-BOISCLAIE.
, ^ue son mari était mort. Il n’avait pas de médecin avec lui. Il a dit que le Docteur lui avait donné une médecine et qu’il allait toujours l’emporter, qu’il ne î retournerait pas la porter chez le Docteur. Il a dit que le Docteur n’avait pas voulu venir.
—Pas de tranquestions.
Théophile Lahaie — Cultivateur de St.-Zéphirin-de-0 our val — 87 ans .
J’ai assisté à l’autopsie du défunt ; je me suis trouvé là et le Dr. Ladouceur m’a demandé pour l’assister. Je tenais la chandelle. Louis Boisvert et moi tenions les lumières ; un de chaque côté de la table. Yincent Chassé, Louis Boisvert et moi sommes restés près du cadavre pendant que le Dr. Ladouceur et M. Hart se sont absentés. Il était impossible que quelqu’un jetât quelque chose sans ma connaissance. Je n’ai vu personne rien jeter sur le cadavre ou dans les viscères. J’étais près du corps et les autres étaient assis sur une fenêtre plus loin. Nous étions tous trois étrangers à la famille. L’autopsie était finie et le Docteur avait mis les viscères dans une assiette qui était près des pieds du cadavre.
Transquestionné par ,M.’Chapleau.
Nous n’avons pas été tous les quatre seuls. Quelques personaes sont entrées. Les gens qui ont regardé le cadavre pendant l’autopsie était à chaque côté de moi» Quelques unes des gens sont venues regarder pendant que l’autopsie se faisait. Il y avait des étrangers parmi. Le médecin travaillait dans l’estomac et il n’était pas impossible que quelqu’un jetât quelque chose à l’autre extrémité du cadavre.
Louis Boisvert — Bedeau de St.-Zéphirin-de- ;C our val-— 84 ans.
PEOCÈS
J’étais à l’autopsie et j’ai tenu la chandelle. Nous
étions quatre. Quand je tenais la chandelle ie pense qu’il était impossible de jeter quelque chose dans le corps du défunt sans que je le visse. Je n’ai vu personne rien jeter.
Transquestionné par M. Chapleau.
J’ai changé de position à l’entour du cadavre, suivant ce que l’on avait besoin de moi. Il est bien venu trente personnes voir le cadavre pendant l’autopsie. ^ A part ceux qui faisaient l’autopsie, il s’est trouvé à la fois 12 ou 13 personnes pour regarder. Il m’a semblé que ceux qui regardaient avaient les mains derrière le dos. Ij’autres ne les avaient pas. Le Docteur a ôté quelque parties du corps, l’estomac et la cervelle et il a mis cela sur la table. Cela a bien été une demi-heure sur la table. Il déposait cela à côté du corps. Il n’est pas impossible que quelqu’un aurait jeté quelque chose sur le cadavre.
Joseph Joutras — Cultivateur de St.-Zéphirinde-Coiiryal— 45 ans. Cousin germain du défunt. Il avait à peuplés 42 ans. Je demeurais son voisin. Je me suis trouvé quelques moments avant la mort : je l’ai vu dans l’après-midi, le 24. Il m’a dit qu’il avait beaucoup de peine. Ensuite, le 25 dans l’après-midi, il a demandé à Louis Marcotte, en ma présence, un veau 'mort par accident, pour faire de l’appât aux renards, cjuand il serait mieux. Le défunt était un homme d’une bonne santé. Il y a eu dans notre famille deux personnes écartées par Tâge. Le père du défunt a autour de 71 à 72 ans. La dernière crise achevait comme je rentrais. Je lui ai demandé s’il me reconnaissait, et il m’a fait un signe de tête. Sa femme rôdait dans la cuisine. Quand il est mortj elle m'a demandé s’il était mort. Sur ma réponse affirmative elle a dit : il faut en- ■^myer au devant du Docteur, pour qu’il ne vienne ■
PEOYENCHER-BOISGLAlft.
pas pour rien. Provencher est venu 20 à 25 minutes, peut-être une demi-heure après. Proyencher m’a dit qu'il avait demandé au Docteur de venir et que le Dr. lui avait répondu que ce n’était pas nécessaire, qu’il l’avait vu dans Tayant-midi et qu’une prise suffirait.
Aussitôt après sa mort, j’ai rentré dans la cuisine, et la femme du défunt m’a dit : qu’elle lui avait accomodé un remède du Docteur et que pa l’avait r empiré ; qu’elle lui en avait accomodé un autre, et qu’il n’avait pas voulu le prendre avant de manger ; qu’elle lui avait fait chauffer de la soupe ; que la soupe n’avait pas eu le temps de chauffer avant qu’il vint mourir, et que la prise qu’elle lui avait accommodée, elle l’avait jetée dehors. Elle m’a montré les prises que le Docteur lui avait envoyées, et qu’elle les trouvait extrêmement grosses ; que pa pouvait être cela qui lui avait fait mal. Làdessus je lui ai dit que le défunt pouvait avoir dit au Docteur : forcez, Docteur, je suis capable de les porter. C’était sa fapon de dire qu’il était bien capable de porter les remèdes. Il m’avait dit quelques jours auparavant, qu’il était bien capable de supporter les remèdes. J e pense que nous n’étions qu’une couple dans la maison, M. Lemaire et moi. Le père du défunt Narcisse J outras est venu quelques temps après ; nous nous sommes consultés et nous avons eu un mauvais doute. Nous sommes sortis dehorfe, Narcisse Joutras, F. Xaxier Lemaire, un des beau-frères du défunt et moi. Nous nous sommes consultés pour que la justice y passât ; et nous nous sommes décidés à en parler à notre curé. J e lui ai dit : va trouver le curé, et à ce que le curé dira nous y passerons. On a réveillonné, et après que nous eûmes réveillonné, le prisonnier a monté se corrcher en haut. Sophie Boisclair est montée à la suite et on ne les a pas revus de la nuit. Je les ai vus descendre le lendemain à 6 heures, à une , minute ou une minute et-demie d’intervalle. IL
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ont été faire leur prière auprès du corps. C’est le prisonnier qui est descendu le premier. J’ai passé la nuit là. Je n’ai été absent que pendant une demi-heure pour aller avertir Greorge Boisclair, le beau-père du défunt et le père de Sophie Boisclair. J’ai aidé à ensevelir le corps. Il avait les mains' fermées et les pieds étendus, et les orteils contractés en dedans. Les membres étaient raides, assez raides ^ qu’on a eu l’heure qu’on ne le déshabillerait pas. Il avait gardé le capot ou surtout d’étoffe qu’il avait mis pour aller chez le Docteur.
Les habits qu’on lui otait accrochaient sur ses doigts contractés. Il avait la figure pâle. Je ne me suis aperpu de rien d’ailleurs. Le prisonnier a aidé à ensevelir le défunt. Je n’ai pas trouvé qu’il traitait le cadavre convenablement. Il disait : il faut toujours bien lui oter ces hardes là ; on ne lui laissera pas sur le dos, et il le hrousquaülait. (1) J’ai' connaissance que le défunt a eu une attaque de choléra, il y a eu deux ans l’été dernier, assez forte pour recevoir les derniers sacrements. C’était dans les chaleurs de l’été. J’étais absent quand il est tombé malade, et il m’a fait demander, me disant qu’il était bien malade. Cette maladie là n’était pas semblable aux symptômes qu’il avait à sâ mort.
Les crampes ne sont pas semblables à cela. Je n’y étais pas à ses crises du 29 Décembre. Mais j’y suis allé après, et il m’a dit qu’il faisait des sauts lorsqu’on faisait du bruit ou qu’il passait un ombrage devant lui. Les frères du défunt restaient près de là, mais ils n’avaient pas été avertis, ni moi non plus. Narcisse, demeure à 5 arpents, à 4 J arpents. Moi, je reste à deux arpents. C’est Moyse Lemaire, fils de Michel Lemaire qui m’a averti. Il m’a dit : venez donc chez M. Joutras, il se meurt. Il sera
(1) Expression populaire, pour brusquer, traiter d’un'g manière' brusque .
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peut-être mort quand vous serez rendu. Le défunt avait .une terre considérable, de 60 arpents. Il faisait ses travaux et battait au moulin. ^ Nous ^"V'ons eu un moulin à scie ensemble, en société, et lui et moi le faisions marcher. J’ai trouvé que c’était un homme d’une bonne santé.
Teansquestionné par M. Chapleau.
Il m’a dit qu’il avait eu des crampes, il était mieux. Ses crampes étaiei^t passées, mais il n était pas encore rétabli. Je n'ai pas dit devant le Coroner que le malade avait leé mains crispées. On ne me l a pas demandé, et je n’ai pas cru nécessaire de le dire. Je ne sais pas quelle heure il était quand nous avons réveillonne. Ça nous a pris au moin^ une demi-heure pour le laver et le déshabiller Narcisse Joutras était allé avertir son frère, Joseph Joutras. Après avoir été avertir son frère, il est resté une heure ou une heure et-demie et nest parti que pour aller faire sonner le glas. Son frère demeure à environ 50 arpents de Il est parti pour aller faire sonner le, glas vers o heures. Narcisse Joutras n’a pas réveillonné avec nous. La femme de Michel Lemaire était repartie quand nous avons réveillonné. J’ai entendu dire que la femme de Francis Lemaire avait couche avec Sophie Boisclair. mais je ne le sais pas personnellement. Sophie Boisclair m’a dit qué la médecine qn’ elle lui avait fait prendre le soir, lui avait fait du mal.^ J ai compté les prises qui restaient ; il en est resté six. Avant le 24 Décembre, le défunt ne m’avait jamais parlé de ses peines. Je ne puis dire s’il a eu le veau de M. Marcotte, lequebil hii avait demande le 25. Je crois que le défunt faisait la chasse avec du poison. C’est moi qui payais rente à la femme défunte du prisonnier. J’ai dit à M. Wells que la^ femme du prisonnier ne m’ avait jamais gourmandé comme il le faisait. Après le décès de la femme, j’ai sommé le prisonnier de quitter ma maison, mais pàs tout de suite après la mort de sa femme. Quand
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il a demandé pour aller demeurer chez le défunt, il a dit je vais aller demeurer chez France Joutras ; le monde bien, mais peu importe, ca fait mon aifaire. ^
J’ai bien connu le prisonnier depuis qu’il demeure à St.-Zéphiriii. J e n’ai pas mémoire de lui avoir vu de moustache. Il a colé de la planche chez moi.
Séance du 27 Maes 1867, 10 hs. a. m.
La foule est plus considérable qu’hier. Le prisonnier est toujours le même.
Le Coroner apporte en Cour une valise contenant les restes de l’analyse des viscères du défunt Frs.-X. Joutras.
Joseph Duguay -- Marchand de La Baie du Febyre— 47 ans. Connaît le prisonnier. A connu le défunt. — Connaît Sophie Boisclair,
Inteeeogé sue voie— diee.—A lu dans les journaux le témoignage de Marie Plourde.
La Défense s’est objectée à l’audition du témoin à raison de ce fait.
^ La Cour a ordonné l’audition du témoin sous la réserve de l’objection ; c’est-à-dire qu’elle a décidé que, vu qu’il n’y a point de preuve de la fidélité du rapport, il serait prématuré d’exclure le témoignage, mais que si, par le témoignage même, il appert que la lecture du rapport aurait produit sur le témoin une influence défavorable au prisonnier, la Cour avisera sur la direction qu’elle donnera au jury, en ce qui concerne l’admissibilité de la preuve.
A vu le prisonnier avec Madame Joutras entre le 20 et le 26 autour de Noël, a mon magasin, au villao-e La Baie, à un arpent environ de chez le Dr. Joseph Adolphe Smith, le père de Wenceslas Smith. Madame Joutras (Sophie Boisclair) est entrée la première,^ demandant à acheter des chaussures. Jé ne puis dire si elle en a achetées. Je l’ai vu examiner
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les chaussures, et elle est sortie. Cinq minutes environ après sa sortie, le prisonnier est entré et a demandé si Madame Joutras était venue au magasin et avait acheté une paire de bottines ? Mon fils, Hylas Duguay, lui a répondu ; Elle est venue ; mais elle est sortie. Sur cette réponse, il est sorti. Elle est rentrée environ dix minutes après, et a demandé si on avait vu M. Provencher. Elle a gagné dans une autre partie du magasin et a demand é autre chose. C’était dans l’avant-midi, vers onze heures. Je pense qu’elle a essayé des chaussures.
TRANSQUESTIONNÉ EAE M. ChAPLEAU.
Je les connais bien.
PAE La COUE.
Quand le prisonnier est venu chez moi, il venait de la direction de la maison du Dr. Smith, Il venait à pied.
John MAECOUX—Mar chaud de Trois-Rivières. — 39 ans. — Donnait le prisonnier pour l’avoir vu plusieurs fois à Trois-Rivières, l’été et l’automiie^dernier. Je l’ai vu au magasin d’Elzéar Pothier, témoin entendu de la part de la Couronne. Il venait acheter. J’aidais quelquefois M. Pothier, à vendre. Il m’a demandé la pharmacie du Dr. Vallée. C’était 15 jours, trois semaines ou un mois après la mort du Dr. Vallée. Je suis sorti à la porte et je lui ai montré où elle demeurait.
Pas de transquestions.
Mathilde Jouteas, fille majeure, de St. Zéphh rin de Cour val, — 39 ans.
Je suis la sœur du défunt. J’allais de temps en temps chez le défunt avant sa mort. J’étais là le jour de Noël. Je me suis trouvé seul avec le défunt pendant la messe. Le prisonnier et Sophie Boisclair étaient allés à la messe dans J a même voi-
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ti^re. 11 se promenait dans la place et me parlait de sa maladie dans le bois. Il a dit : Je crois bien que je n’en ai pas pour longtemps ; je crois bien qne je vais monrir. Il m’a dit cela plusieurs fois. Je l’ai trouvé bien triste, et j’ai cru qu’il n’en avait pas pour longtemps, d’après ce qu’il disait. Il s’est regardé dans un miroir, et a dit : Comptes-tu que je suis changé ? Il a ouvert sa chemise et il m’a dit : Comptes-tu comme il m’a sorti du mal au bord des cheveux et partout. Il avait comme des boutons rouges au bord des cheveux et sur le cou. Il a dit : Je crois que pa va encore me reprendre. Je lui ai dit : couche toi. 11 répondit : Je vais fumer un peu, peut-être que ça me fera du bien. Il a fumé un peu et a été se reposer sur son lit, et je lui deihaiidai s’if allait mieux, II dit : j’ki espérance que pa ysi se passer. Il s’est frotté les jambes en se promenant, avant de se coucher, et il se les est encore frottées sur son lit. Il disait toujours qu’il avait de la peine à marcher et qu’il avait les jambes roides, quand cette maladie-là le prenait.
Vous a-t-il parlé du prisonnier et de sa femme ?
Objecté à cette question par la défense. Objection maintenue.
Le prisonnier avait sa chambre en haut. Il était à peu prés sept heures du matin, quand le prisonnier est nîônté eh haut pour aller se changer. Sophie Boisciair avait commencé à arranger le déjeuner dans le fourneau. Elle m’a dit : Viens rachever d’arranger le déjeuner, je vais aller me changer. J’ai été arranger le déjeuner.
Il y a dans la maison deux escaliers qui montent en haut. Il y en a un dans la cuisine, qui communique avec le grenier et un dans la chambre à coucher qui communique en haut. Il communique à la chambre de derrière des deux chambres à coucher qui sont en haut. Oette chambre de derrière communique avec celle de devant, par une ouverture de porte. Il n’y avait pas de commuhicatich '
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sAtre les disim'bres à coucher et le grenier. Entre la chambre dé derrière et le grenier, il y a une porte ; mais elle est condamnée, La chambre de devant était celle du prisonnier, et celle de derrière, était celle des enfants. Ces deux chambres à coucher étaient de même grandeur, La cloison des deux chambres à coucher, séparait à peu près également le haut de la maison, dans sa largeur . Pour aller au grenier il faut nécessairement monter par l’escalier de la cuisine.
C’est par l’escalier de la chambre à coucher, celle d’en bas, que le prisonnier est monté pour aller se changer, Sophie Boisclair a monté aussitôt après lui. Elle a resté en haut comme une demie-heure, et est descendue sans être changée. Ses hardes n’étaient pas dans les chambres à coucher. Elles étaient dans le grenier. Après, être descendue, elle est remontée au grenier, par l’escalier de la cuisine et est redescendue avec ses hardes, qu’elle a emportées dans la chambre à coucher d’en bas, où elle a été se changer.
Dans l’après-midi, les parents dn défunt sont ve-^ nus le voir. Ils sont entrés dans la chambre à coucher. J’étais dans la cuisine avec Elize J outras, témoin entendu. Le prisonnier était couché sur un sofa dans la grande chambre et s’y reposait. Yers la brimante, Sophie Boisclair est entrée dans la chambre où il était, a fermé la porte par-dessus elle, et y est resté comme un quart-d’heure. Je n’ai rien entendu. Elle est sortie la première^ et lui est sorti presque tout de suite après elle. Elle a été s’asseoir au bout de la table où j’étais, et lui s’est assis près d’elle. Entre minuit et une heure, le même soir, le prisonnier est monté dans sa chambre. Le défunt avait le corps dérmigé. Il avait été sur son vaisseau. Sophie Boisclair dit : Je ne coucherai pas avec toi, ici ; cela sent trop mauvais. Il reprit : Ya le vider ; Et elle y alla. Puis elle dit : Je vais aller coucher en haut avec ma pe-
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tite fille. Le défunt fa appeléOj disant : Sopliie., descends. Elle n’a pas répondu et n’est pas descendue. Il l’a appelée une seconde fois, disant : Tâche de descendre, Sophie : tu ne resteras pas là ? Elle n’a pas répondu ni n’est descendue. La troisième fois il lui a encore dit : Sophie, descends. Tu ne viens pas folle sans doute ; tu ne resteras pas là ? Elle n’a pns répondu et n’est descendue qu’environ un quart-d’heure après qu’elle eut été appelée trois fois. Il Pavait apelée trois fois de suite.
Le soir de la mort du défunt, je suis arrivée là, il venait de mourir ; il était enseveli. Je n’ai vu personne réveillonner. Il y avait un bol a café sur le poêle, contenait des branches d’absinthe qui trempaient dans l’eau ; j’ai eu euA ie d’en boire, mais une idée m’est venue de n’en pas prendre. Sonhie Boisclair a regardé le prisonnier, et lui a dema'ndé si elle allait mettre cela dans la bouteille où je savais qu’elle avait coutume fie mettre de l’absinthe.
„ Ii fit un signe de tête que j’ai compris vouloir dire de le jeter dehors, et elle a été immédiatement le jeter dehors. Elle est passée par la porte de derrière. Il commençait à faire clair. C’était le jour de l’an au matin. Le prisonnier et Sopliie Boisclair s’étalent couchés et ils étaient levés.
Qaand je suis arrivée à la maison, le prisonnier et Sophie Boisclair n’étaient pas encore couchés. Il est monté en haut se coucher dans sa chambre, et Sophie Boisclair a aussi été se coucher en haut avec une de mes sœurs, Délimas Joutras, qui m’a dit qu’elle avait couché avec elle. Elle est maintenant malade des suites d’une couche.
La veille de Noël, le prisonnier en parlant, disait que le défunt était toujours malade et qu’il n’était plus bon à rien. Il a dit : Moi, je ne connais pas ce que c’est que la maladie ; je n’ai jamais eu une heure de maladie.
Le matin du jour de l’an, j’ai vu le prisonnier
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prendre un petit coup, que lui a donné Sophie Boisciair.
Il passait pour un homme qui aimait à prendre son cou]3, sans toutefois se déranger.
Le jour de l’an au matin, vers 7 heures, j’ai été regarder le défunt. Je l’ai découvert jusqu’à la ceinture. Il avait les doigts des deux mains racequilles en dedans. Je l’ai vu plusieurs fois ensuite, mais je ne lui ai découvert que la figure.
TEANSQUESTIONNÉE PÂE, M. GhâPLEAU.
En arrivant chez le défunt, j’ai dit bonjour à Sophie Boisciair et j’ai été faire ma prière au corps. Je ne l’ai regardé qu’à sept heures. J ’étais arrivée vers une heure du matin, ou deux heures. Je me suis tenue dans la cuisine. Nous étions comme quatre personnes en bas, une de mes sœurs. Délima Joutras, Joseph Lemaire, Joseph Jouiras et moi. Le mari de ma sœur, Francis Lemaire, est arrivé avec nous ; mais je crois qu’il est allé dételer ailleurs. Je 118 puis dire si Michel Lemaire y était. Sophie Boisciair était descendue quand j’ai désabrillé le défunt. Elise était encore couchée. Je suis arrivée avec Délima Joutras, son mari, Francis Lemaire, et Narcisse Joutras qui était venu nous chercher. J’étais chez Joseph Joutras, mon père, et Narcisse Joutras est venu nous chercher. Je suis allé avec lui chez mon beau-frère Lemaire qui est venu avec nous ainsi que sa femme.
PAR LA COUE
Il y a environ 20 arpents de chez Joseph Jouiras à aller chez Francis Lemaire. Joseph Joutras et François Lemaire demeurent sur deux rangs, à une distance à peu près égale de chez le défunt.
Transquestionnée ^ PAR M. Chapleau.
Pendant la nuit, personne n’a pris de liqueur à ma connaissance. Le bol à café avait passé la nuB
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