BÉ-EXAMINÉ
Je ne pense pas que la moustache fut postiche ; je la croyais réelle.
Didace St. Pieree— le même qui a déjà été appelé. — Je me suis trouvé chez le Dr. Giroux, de Trois-Eivières, témoin déjà entendu, le 30 Décembre, un dimanche après la messe, vers midi et-demi. J’ai vu là un homme qui s’est appelé Joseph Thérîen. C’est le prisonnier; j’en fais serment. Je l’ai bien remarqué. Je n’avais pas d’autre affaire qu’à le regarder tout le temps qu’il parlait au Docteur. Le Docteur lui a demandé de laisser son nom et il a dit que son nom était Joseph Thérien. Il a dit qu’il était de LaBaie. Il a demandé du strychnine ; j’en suis positif. Le Docteur dit qu’il ne pouvait en recéder, (1) qu’il n’en était pas graillé (2) de cela. Il en a demandé pour le Dr. Smith de LaBaie du Febvre qui l’obligerait bien. J’ai vu le Dr. Giroux prendre ses balances et lui en peser. Je l’ai vu l’envelopper, l’attacher et écrire que c’était du strychnine, le poison le plus vif. Je ne sais ni lire, ni écrire, ni signer mon nom. C’est le Dr. qui m’a dit qu’il avait écrit cela. Il a
(1) Expression populaire, au Ueu de céder, laisser avoir. (^2) Au lieu de fourni.
PROCÈS
ûemande au Dr. si pa pouvait l’empoisonner en emportant ;cela dans sa poche. Nous avons répondu tous les deux, le Docteur et moi, que tant qu i! ne s’en mettrait pas dans la bouche, il n’y^aurait pas de danger. Je l’ai vu payer un êc.u totmI au Dr. J ai dit au Docteur, apres son départ, que je croyais que c’était pour lui qu’il demandait le poison pour faire la chasse aux renards. Il a dit en partant : Quand je serai chez nous ce soir ie 1 arrangerai comme il faut que ça soit ; je me trompe, c est le Docteur qui l’arrangera. Le Docteur lui a dit : Si toutefois il arrive quelque malheur avec cela, je ne prétends pas être sujet à aucune pénalité. Le Docteur a dit comme moi, après son
ûepait . qml pensait bien que c’était pour les re-
îictrds.
TRÂNSQTJESTrOOTÉ PAE M. CHAPLEAU.
Je pense que le prisonnier avait un capot ^ris un casque de loutre et un pantalon gris. Il était haMlé tout en gris d’après ce que je puis me ra^
M. Armstrong, l’avocat de la Couronne m’a en-
voye,jeudi dernier, à la prison pour voir si ie reconnaîtrais le prisonnier. J’y suis allé et i’ai vu le meme homme que je vois maintenant à la barre Ln le voyant à la prison, je l’ai reconnu pour le meiue homme qui avait acheté de la strychnine du tiiioux. Dans la prison sa figure était dans le meme .état qu elle est aujourd’hui. Quand je l’ai vu chez le Dr. Giroux, il avait une forte moustache grisonnante rabattue sur la bouche ; et je vois aujourd hui quil n’a plus de moustache. Ce n’était pas une moustache rapportée. Le seul changement opéré dans sa figure, depuis le jour où je Pai ® Dr Giroux au jour où je l’ai vu dhs la piison, avait ete produit par l’enlèvement de sa
étaient plus longs qu’ils le sont aujourd’hui d’une ligne environ. Je n’ai ïamais parle au Dr. Giroux de cette afîaire là, ni
PEOYENCHER-BOISCL AIE. 39 ^
ici, ni ailleurs. Je ne lui ai jamais dit que moi je reconnaissais le prisonnier. Je ne sais pas comment il se fait que j’aie été appelé comme témoin. Je demeure à une vingtaine d’arpents de chez le Dr. Griroux. J’étais chez le Dr. pour avoir des remèdes. Le Dqcteur ne lui a pas demandé s’il avait un papier. J’étais à côté de lui. Il n’a pas été mention de papier. Le Dr. lui a demandé son nom après lui avoir donné le poison. Le Dr. lui a dit qu’il ne pouvait pas lui en céder beaucoup, qu’il n’en avait pas beaucoup. Le prisonnier voulait en avoir plus. Il a dit : Yous avez plus d^en belle (1) à en avoir de iioiitréal que le Dr. Smith. J’étais à cinq ou six pieds d’eux. Ça m’a paru motonneux. Je suis sûr que le Dr. Œroux ne^ lui a pas dit que ce n’était pas pour le Dr. Smith, mais pour lui qu’il demandait le poison. Je n’ai parlé de cette affaire là qu’à l’avocat de la Couronne. Depuis que j’ai vu le prisonnier à la barre, j’ai dit à quelques personnes que je connaissais le prisonnier.
PAR LA COUR
Je persiste à faire serment que la personne qui. a été acheter du poison chez le Dr. G-iroux, le 30 Décembre dernier, est le prisonnier.
Pierre Elzéard PôiTfER— -Marchand de Trois- Eivières, 30 ans.— Je connais bien le prisonnier, je l’ai vu plusieurs fois à mon magasin et je lui ai vendu des marchandises. Il demeurait alors à St. Zéphirin. Je crois qu’il demeurait alors à Ste. Monique. Il y a un an cet hiver que je le connais. Je l’ai vu à Trois-Eivières, le dimanche qui a précédé le jour de l’an, entre SJ à 9 heures a, m., chez, moi. Il m’a emporté une lettre que M. Moses Ezékiel Hart de St. Zéphirin m’envoyait. Je l’ai revue une couple de fois dans la journée. Je suis^
(1) Populaire I facilité. ■
PROCÈS
revenu de Trois-Rivières à St. Zéphirin ce iour là Nous sommes partis à une heure et-demie ^dri’apres-midi. Nous sommes revenus dans sa voiture Le matin il m avait dit qu’il voulait avoir queloue chose chez le Docteur. D’après ce qu’il â’a Ir 1 ai compris que c’était des remèdes pour le dÎ’ Ladouceur, et je lui ai conseillé d’aller chez Madame Tallee, vu que c était une veuve qu’il fallait encourager.^ Je 1 ai revu après la messe vis-à-vis mon magasin, vers midi. M Hart
qu’il m’envoyait M. Provenciie? pour Teidr'S
a«i, 1. lettre, jS'E lit *, ŸS"
Zcphiim avec vous. H me répondit • Je ne crois pas qneje pourrm vous emmener parceque iL che
XtX Lant qu’il
A nrl t Madame. Vaïée
Apies la messe il me dit : Je suis décidé à votis
ffZTh pour une heure ou rme
heure et-demie ; on traversera. Je ne lui ai nas reparle de ses remèdes. Nous nous sommes reu! dus le dimanche au soir à St. Zéphirin La dis tance est de neuf à dix lieues. J’ai revu le urison niM le lendemain chez M. Hébert à St. Zéphirin Yers onze heures à onze heures et-demie le 31
SfoRil?’ l®.?°°*e’^lLadouceur était présent II dit qu il venait chercher une prise pour François Joutras Le Docteur s’est offert pour y aller ouand Il lui a demandé une prise. Ha réSu^S n était pas venu pour le chercher. Il est resté trois ou quatre minutes chez M. Hart. Je n’ai pas en
f éteÆ£utas‘^°T®’"'' questions sur
?uM IW frotté
qui! lavait trotte ; mais quil venait chercher une pnse par précaution eu cas qu’il retombât de nou-
TRANSQUK.STI0NN)É par m. CHaPLEAU.
rovencher a dit qu’il venait voir le médecin
PEOYENCHEE-ÉOISCLAIE. 41
parcequ’il avait eu une crise, mais qu’il était mieux. Je crois que le prisoiinier a dit au I)r. Ladouceur :
J outras a eu une de ses crises ; il a pris une des poudrés que vous lui avez données, ^a ne lui a rien fait, et on voudrait avoir une poudre semblable à celle que vous lui avez donnée chez Cajolet. Je ne puis pas dire si le pj^isoimier avait une moustache quand il m’a ramené de Trois-Eivières ; je ne puis pas plus dire qu’il en avait une que je puis dire qu’il n’en avait pas. Hart m’avait écrit que je pourrais aller à St.-Zéphirin dans la voiture du prisonnier avec ma mère. Après avoir lu la lettre, je lui ai dit : comme pa, je vais m’en aller avec vous ainsi que ma mère. Il m’a dit : les chemins sont trop mauvais, c’est impossible. Après la messe il m’a dit : vous, je puis vous emmener. Mon impression est qu’il était habillé en étoffe grise foncée. Je pedx jurer que ce n’était pas en noir.
PÀK LÀ- COPE..
Je demeure dans la Eue du Platon et Madame Y allée demeure au coin de la Eue des Forges et la Rue Notre-Dame. Je crois que le prisonnier savait où demeurait Mme Yallée. Le Dr. â-iroux demeure à cinq ou six arpents de chez moi. Il peut y avoir 8 ou 10 arpents de l’endroit où lé prisonnier est venu me prendre à aller chez le Dr. G-iroux.
De. Joseph Adolphe Smith,— Médecin de Læ Baie du Fehvre, 69 ans. , .
Je connais le prisonnier ; j’ai vu le prisonnier pour la première fois, chez moi^ le 20 Décembre dernier. Il m’a donné son nom comme étant Modeste Provencher. Il est veniT.me voir comme médecin. Il s’est dit malade. Il me dit : Je ne suis pas bien ; je ne dors pas ; je n’ai pasM appétit, j’ai souvent des rapports, des aigreurs, je pense bien que j’aurais besoin d’être purgé. Jeltiî ai dit peut-être qu’uif émétisque vous ferait du bien. Désirez-vous prendre des ^pilules ou autre' chose^^
PEOCÈS
que seiait ce qu ü y a de mieux. Il a répondu • ie le crois. J ai dit a mon fils qui est médecin, de lui peseï un eme uque ; c’est ce qu’il a fait. Mon fils le lui a donne en lui donnant la direction. Après avoir eu le vomitif il m’a demandé de lui prépare^
m^it^maf^T d disant qn’ü dor-
mait mal. Je lui ai donne un demi once de laudn.
num, lui disant d’en prendre entre 25 ou 30 gouttes le soir avant de se coucher. Il m’a demandé do l’onpent gris. Mais je n’en a“is pa? Aprl
le prisonnier, wrès avoir cherche dans ses poches, dit qu’il ne trouvait pas
Inf eût livré M^il
lui en ai fait donner un autre par mon fils’ l/n
emporté le second immitif. JeEluia?vui-end e
Xdstf je 1 ai revu. Lors de la première
Msite je lui avais parlé d’un nommé AbraLm Pro vencher, mon débiteur, et il m’avait dit qu’il le verrait, ajoutant : Ne vous donnez pas le trouble de lui écrire je reviendrai dans quelques jours et le
passer la. Le 26 Décembre il est de nouveau entrp Pfl?i* bureau et j’étais avec mon fils. Il m’a
?boi P- f “ • Tiens, voilà M. Prov“n-
ohei eh bien, le vomitif ? Ah ! il dit • Il n’v a
,«f“ rr£..t,rr ri.:»
connaître le nom du poison pour les renards ^Je
«I.: jeW .iclit: l.p".,;p™,Te"“.ÎSS
PEO YENCHEE-BOISC L AIR.
. de la strychnine. Il m’a demandé si j’en ajais : J’ai dit : je n’en ai pas, je n’en ai jamais eue, je n’ai jamais voulu en garder. Il m’a dit : puisque vous n’en n’avez pas, est-ce qu’il n’y a pas quelques chasseurs ici qui en ont. Je lui ai dit : oui, et je lui ai donné les noms de André Lafond et Jean- Bte. Martel. Il m’a demandé la distance pour aller chez le plus éloigné, et j’ai répondu, comme un mille. Je lui ai donné la désignation des maisons. Il me dit : puisqu’il fait bien beau, j’ai une bonne voiture, pourquoi ne viendriez- vous pas avec moi, ca m’exemptera des démarches. Je suis allé avec lui, d’abord chez Jean-Bte. Martel, que nous n’avons pas vu ; ensuite nous sommes ailés chez Lafond. Rendus là, nous avons trouvé le père Lafond et la famille assemblée. J’ai dit au père Lafond : voici M. Provencher qui voudrait avoir quelques grains de poison pour les renards, pour emporter à ses garpons qui demeurent à Boston, en avez-vous ?
J’ai oublié de dire, que dans mon bureau, quand le prisonnier m’avait demandé du poison pour ses enfants, je lui avais dit : mais pourquoi vos enfants, qui demeurent à Boston, n’en achètent-ils pas là ? Il m’avait répondu, que ses enfants demeuraient à une quinzaine de lieues de Boston, et qu’il leur en coûterait pour aller l’acheter là. Que pour leur sauver les dépenses d’une voiture il aimait à leur en porter lui-même, devant aller prochainement les voir.
Le père Lafond a répondu : j’en ai 5 ou 6 grains ou 7 ou 8 grains encore, et je ne veux pas en recéder (1). Yous, vous pouvez en avoir quand vous yqm drez et cela me sauverait un voyage à Trois-Rivières. Le père Lafond a répondu : je ne m’en soucie pas, je pourrais en manquer quand j en aurai besoin. Alors nous sommes partis.
Le prisonnier m’a dit : Je pourrais envoyer quel-
(1) Laisser aroir.
PROCÈS
qu un en chercher ; écrivez-moi donc sur nn netif papier le nom du -poison. Ayant pleine crafiance en lui, et le considérant comme une pratique nou-
Ivi®’ J® l’ar jamaif char«'é
d aller en demander en mon nom au Dr. Giroux ou a d autres personnes. 11 m’a dit après être Zarü de chez Lafond : si M. Scott veut prendre £2^ nomsa jument, $50 comptant et $50 àVon retour^ iV
cheterai sa jument pour appareiller la miennè'^ie
■vendrai le couple dans les Etats et j’aurai une chance de payer les frais de mon voyage.
T EAJVÏ QUESTIONNÉ.
Je ne me rappelle pas qu’il m’ait demandé l’antorisation de se servir de mon nom poiu avoir IL UsùycAmfie, (le témoin reconnaît un petit écrit ainsi conpa : “strychnine Dr. Smith, 3 j.,) Le siZ
écritaétéAilr^f”*' 9® “arqué A. Cet
écrit a ete lait et signe par le témoin.
Rose Délima Benoit,— femme de François Marcultivateur de St. Thomas de Pierreville. 30 ans Connaît le prisonnier. Je l’ai vu vers le 26 olte' bre dernier, chez nous. Il est arrivé chez nous avec une femme vers le soleil levant. Une per-
femmeT ^®/é“0“\dit s’appeler Sophie Boisclair,
lemine de tranpois Jouiras est amenée en Cour
md kL-?co‘^'' 4’^®^érif et confrontée avec le témoin qui la reconnaît comme étant la femme avec oui le prisonnier est venu chez elle. ^
demi-wf minutes à une
: P® arrives dans la même voiture
Le prison-
Smel ont dit qu’ils venaient à
V]ù i voiture qui les miivait.
vide ch?1 uf R'-®" . la voiture
ture che5^ Tin à laisser la voi-
ï^PTi J pendant le temps de leur voyage et prendre soin. Ils parlaient entrL eSluâ
PEOVENCHÉR-BOISCLAIR.
La femme m’a dit que le prisonnier était son beaupère, Ils ont laissé la voiture le Y endredi matin et ils sont revenus la reprendre ie Dimanche pendant la messe. Avant de partir, le Yeiidredi, le prisonnier a fait des histoires en disant qu’il en avait une belle gtosse. En revenant ils ont demeoré chez nous lé temps qu’ils ont mis à atteler leur voiture, et ils^sont repartis chacun dans leur voiture.
TRANSQUESTION XÉ PAR M. CHAPLEAÜ.
J-e demeure à 2^ lieues, à 2| de chez Jouiras. Il y- avait du ÔM/m dans la voiture de derrière. C’était du qu’elle emportait au marché. Elle
avait du beurre, des œufs ; elle a dit qu’elle s’en venait à Sorel, vendre ses effets au marché. Les effets qui étaient nus dans la voiture de derrière ont été mis dans celle qui les a emmenas. Je- les aÎTeconnus tous les deux quand iis sont arrivés. La Joutras m’a dit qu’elle avait bien vendu 'ses effets. J’ai trduvé que ce n’était pas de convenance de venir comme iis le faisaient. Le cheval qui traînait la voiture chargée, boitait. J e trouvais la chose étrange parcequ’iis pouvaient venir dans une ieule voiture.
Félix Joutras— cultivateuFde St:' ZTéphirin de Oourval, 37 ans. Connaît le prisonnier et Sophie Boisclair. Je suis le frère du défunt. J’ai connaissance du retour d’un voyage de Sorel fait par Sophie Boisclair, vers le 28 Octobre, le Dimanche précédant la Toussamt. Je i’ai vu revenir avec Louis Lahaie un habitant de St. Zéphirin. Il était dans la même voiture qu’elle. J’ai vu le prisonnier et Sophie Boisclair ensemble àlaveiilée chez Franpois-Xavicr Jouiras. Qand je suis arrivé là, mon défunt frère était absent^ il est revenu vers la brunanîe, de la chasse. J’ai commencé à parler à Sophie Boisclair de son voyage. Elle m’a dit qu’elle avait vendu ses effets et que son voyage lui avait formé comme une dizaine de piastres. Elle a dit qu’elle était
PEOOÈS
venue à Sorel avec sa voiture et qu’elle avait couché à Yamaska. Dans la soirée, le prisonnier est arrivé et a demandé à Sophie Boisclair des nouvelles de son voyage à Sorel. Lui a dit qu’il était parti pour Eichmond, mais qu’il avait faussé sa route et était aile a Trois-Eivières. Sophie Boisclair lui a demandé des nouvelles de son voyage à Trois- Eivières. Ces choses ont été dites en présence du delunt. Je demeure à environ |- de lieue de chez le aelunt i ai vu 15 jours ou 3 semaines avant sa mort un Dimanche. J’ai été informé de sa mort le jour de lan au matin. C’est mon frère Narcisse Jouiras qui m’en a informé. Narcisse demeure à 3 ou 4 arpents de chez le défunt.
TRANSQUESTIOOTÉ PAB M. ChAPLEAU.
Nous avons causé ensemble. J’ai entendu dire qu il y avait de nos oncles fous par l’âge avancé * Mon pere a 71 ans ; il a un bon jugement, mais a perdu ia mémoire.
PAB LA COUB.
Le défunt avait 45 ans quand il est mort.
Thomas N. Hart,— Marchand de St. Zéphiriii— A"' prisonnier et Sophie Boisclair ^ J^e m Octobre dernier, j’étais ici à Sorel : i’étais A enu avec ma voiture. J’ai vendu une pouliche J ai rencontre le prisonnier avec une cruche. J’ai dit : J ai vendu ma pouliche, voulez-vous emmener mon waggon et moi en même temps? Il a dit •
J; J sommes quittés ainsi, lui
disant . Quand vous serez prêt à partir, vous me le
Jj“®®™U’ai fait un tour sur le mar- “/iiT ®®rise dans une ba-
rouche (1) et vendant des effets. Je lui ai dit: Êtesvous venue avec votre voiture ? Elle a dit : oiii-
(1) Barouche: Voiture à quatra roues, pour route.
PEOVENCHEE-BOISCLAIE. 47
J ai ajouté : dans ce cas là je m’en yais avec Proyencher, nous nous en irons ensemble. Elle a levé les épaules en riant. Plus tard, j’ai rencontré Provencber qui m a dit qu il ne pouvait pas emmener ni moi, ni mon waggon ; qu’il avait rencontré deux hommes, dont l’un d’eux lui devait et qu’il allait les emmener à St. Aimé. Le Samedi après-midi, à trois heures, je suis parti par la Mouche à Feu et me suis rendu à St. Zephirin. Le lendemain entre la messe et les vêpres, j’ai vu passer Sophie Boisclair dans la barouche et une demi-heure apres, le prisonnier. Dans la soirée, le Lundi ou le Mardi suivant, il est venu à mon m'agasin et m’a dit de ne pas parler de son voyage à Sorel, que sa femme était jalouse et qu il ne voulait pas que le monde le sût.
TEANSQUESTIONNÉ PAE M. ChAPLEAU.
Une heure et-demie après avoir vu Sophie Boisciair, le prisonnier m’a dit qu’il ne pouvait pas
GENEVIEVE Lafoege— Servante de Sorel, 23 ans.
Je SUIS servante depuis un mois chez Edouard Courohene, aubergiste de Sorel. J’y ai demeuré dans UM aiitre escousse et j’y demeurais dans le mois d Octobre dernier. J’ai vu le prisonnier vers
ic A Courchêne, vers le 20 ou le
-b uctobre. Le prisonniera logé là avec une Dame.
Sophie Boisclair est de nouveau emmenée en Cour et confrontée avec le témoin, qui la reconnaît comme la temme avec qui le prisonnier est venu chez Courchene. Le prisonnier n’a pas dit son nom Ils sont arrnres à l’hôtel ensemble vers la brunante Ils sont sortis pendant la veillée ; ils sont revenus vei s huit heures. Ils n’avaient rien demandé par logement. Ils ont couché dans la même chambre. C est moi qui ai été les reconduire II n y avait qu un lit dans la chambre. Le lendemain
PEOCÈS
mafin, le lit était défait. Je n’ai pas eu connaissance de leur lev'er et de leur départ de la maison.
TEANSQTJESTIONJSTÉE PAR M. ChAPLEAU.
Je les ai conduits à leur chambre vers 9 heures Ils etamnt sortis le soir pour acheter différents eftets. ^lle les .revoit aujourd’hui pour la première lois, ülle ne peut dire si le prisonnier avait une moustache, l’iusieuis hommes m’ont demandé si je reconnaîtrais le prisonnier et Sophie Boisclair. fa P ^*t ' m’a demandé s’il y avait une, clef à
PAR LA COUR
Le prisonnier et Sophie Boisclair, sont entrés dans la chambre, après que j'eusse placé la chandelle sur le lave-mains. Sophie Boisclair m’a demandé s’il v avait une clef à la porte ; je lui . ai dit que oui. J’âi mis en dedans cette clef qui était en dehors, je les ai quittés et j’ai entendu ferjner la porte. Je n’âi pas entendu le bruit de-la clef.
Marie MATHiEU-Femme d’Edouard Courchéne
aubergiste de . feorel — 44 ans. Croit connaître le pnsoimier J’ai vu, le prisonnier dans le courant du mois d Octobre- dernier; L’individu dont, ic veux parler est arrivé chez nous avec une femme.
feophie Boisclair est emmenée en Cour et coiiirontee avec le témoin, qui la reconnaît pour la personne qui est allée chez elle avec celui qu'elle croit être le prisonnier.
Quand Sophie Boisclair est arrivée chez nous, eue m a demandé où était mon mari. , Je lui ai répondu qu’il n’y était pas. Elle a répondu : C’est lacheux parceque je sms parente par mon mari au votre.
L homme est allé dételer son cheval. Il était entie à T heures P. M. N’a pas remarqué le jour de la semaine. Elle s’est appelée Madame..'
PEOYENCHEE-BOISCLAIR.
/Jouiras. Elle n’a pas dit de quelle paroisse elle était. Quand le soir est arrivé elle a demandé une chambre. C’est moi qui ai donné ordre à ma servante, Geneviève Laforge, d’aller conduire dans la cham- ‘ bre l’homme et la femme en question, c’est-à-dire, celui que je crois être le prisonnier et Sophie Boisclair,
Quand elle a demandé une chambre, elle l’a demandée pour deux. J’ai compris que c’était pour son mari. Je les ai vus le lendemain matin, une fois descendus. L’homme n’a pas demandé de ^ chambre.
TRANSQUESTIONNÉE PAR M. ChAPLEÂU.
Je n’ai pas remarqué l’habillement de l’homme. . Je crois que l’homme, qui est venue avec Sophie Boisclair, avait une moustache. L’homme que j’ai vu, avait la ligure plus pleine et plus coloré que celui qui est à la barre. Je ne connaissais pas le défunt. Avant de monter en haut, Sophie Boisclair a parlé avec quelques personnes dans la maison. La première fois qu’elle est venue elle m’a demandé une chambre, en disant qu’elle avait des effets à acheter et qu’elle partirait le lendemain matin de bonne heure. J’ai cru que Phomme qui a été en haut avec Sophie Boisclair, était son mari. Elle ne m’a pas présenté son mari. Je n’ai pas fait attention si l’homme en question et Sophie Boisclair se pariaient. Je connais G-eneviève Laforge pour une honnête fille. C’est nn petit garpon qui a ouvert la porte de la Cour, et c’est l’homme qui a dételé son cheval.
David A, Hart — Etudiant en Médecine, de Montréal, — 24 ans.
Je suis arrivé à St. Zéphirin de Courval le 28, et j’y ai demeuré trois semaines. J’ai assisté le Dr. Ladouceurdaus l’autopsie d’un nommé J outras, que .l’on disait mort d’empoisonnement. C’était le 2 ou
PEOCÈS
le 3 Janvier dernier. J’ai été là presoue tnnr i. temps. Je ne suis sorti que deux ^
quelques minutes pour prendre l’air qST
0^44 “Jrie-otr 'st“ -» ‘«4
minutes. Quand je suis twtf pluie Lahaie que nous aAuons laissé pour e-àrder ?e '
eSrenlt retiré ü y
grambre quand je sCtortfefqZdTi^Æ^^
m’ei sois aperçu^.® IprTs 'UodsI'®, >
vé l’estomac et Vrtie des i!rsSro’n^^^ T^^'
une assiette. L’assiette était nette II l’a* entre les jambes du défunt et l’o ^
linceul. Les intestins et L ^ recouverte d’un vés ont été iLatuS ? organes enle-
oontenu dans^la Amiture. “P°rte 1 assiette et son
TRANSQUESTIONNÉ PAE M. Chapleau.
mier, du^Dn voiture le pre-
tXrn7îa“C-
placée à la tête du cadavrt^eA®’® *^1
Ladoucttr «^''Smus ®r.
entre 50 à 100 pettonups cadavre. Il y avait
difficile d’empêcber les geuH^eS^Tud^
PEOYENGHEE-BOISCLAIE.
Michel Lemaire — ^^Cuitivateur de St. Zéphirin de coiirval— 57 ans. Connaît le prisonnier ; a connu le défunt. Je demeure à une centaine de pieds de sa demeure. Ma maison est d’un côté du chemin et la sienne de l’autre. J’étais présent quand le défunt est mort. Depuis une huitaine de jours il était conyalescent. Dans cet intervalle de huit jours il était plus malade dans un temps que dans l’autre. La veille de Noël, ils sont venus me chercher le matin, à 6 heures à peu près, pour voir s’il était assez malade pour qu’on allât chercher le curé. Il a été malade une fois avant sa dernière maladie. J’arrivai contre le lit du malade ; il était tranquille. Je mis la main sur lui^ il fit un saut en criant. Il me dit de ne pas le surprendre ; que quand il était surpris, que ça lui excitait beaucoup les nerfs ; là il s’est passé plusieurs choses qui ne sont pas remarquables, et je suis retourné chez nous, après être demeuré là environ un quart d’heure ; ensuite je suis revenu environ une demie-heure après. Javais les pieds un peu couverts de neige et en entrant je me suis secoué les pieds. Il lâcha un cri et fit mi saut. J’ai rentré dans la chambre. Arrivé près du malade, je lui ai dit que je n’y pensais pas parceque je ne l’aurais pas fait. Le curé est venu et l’a administré environ une heure ou une heure et-demie après mon entrée, et pendant cet intervalle j’étais demeuré dans la maison. Quand le curé lui a donné la communion^ il a saisi la main du curé et Va portée vers sa bouche pour recevoir la communion. Quand le curé lui a donné les saintes huiles, ça été la même chose pour les pieds. Il cherchait la main du curé, pour se mettre en garde contre les sauts qu’il faisait. Quand le curé l’eut administré, je n’ai rien remarqué et je suis parti dans le même temps. Le Dimanche, 30 Décembre, il est venu veiller chez nous, avec sa fille Elise. J’ai vu rôder Jouiras toute la semaine. Dans les intervalles de ses crises, il devenait assez tranquille.
Le 31 Décembre, je suis allé de moi-même chez
PROCÈS
le défunt rers 7 heures du soir. J’avais su on-’il
’ din’q l’avais vu revenir avec son cheval
.^ns apros-midi. Je l’ai trouvé couché Ir son ,ht , il me dit quil était malade. C’était dans 1p
SH s '-“H 1 ?"«' »“
l’û r f ' • pas de lumière, ni de siéo*e •
je fatiguai et allai à la cuisine. J1 y ait dans ïa
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saSon r'‘ à notre conver-
iTsouoe ce manger. Qn lui donna de
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Il était” t* it’és'Vlaint du froîT
înit a marcher dans la nlaoe Ti vn’v.+ ' * i se
Ijtt .prié .voit u«,ol.é”un,'n,mu™™ 'SiZu
es deux, le prisonnier et Sophie Boisclair.
cheimdTl°cdari®P‘'*'ï"“'^J® retourné
moi. Ji était alois vers neuf henrpQ
endormi
d’autrls ^ P"' ' ^®. ‘défunt, il n’y avait
-nri • dans la mai^son que le défunt
prisonnier et Sophie Boisclair. Le^enfanïSainî
PEOVENCHEE-BOISCLâm.
r^ans la maison, mais je n’avais pas remarqué leur présence. Je dormais, quand un de mes enfants me cria, de l’appartement voisin, de me lever, que la femme du défunt venait me cherclier, parce que son mari était bien malade. Ma femme y courut pendant que je m’habillais. Quand je fus habillé, j e me rendis près du défunt . 11 avait tous les m em-
bres en convulsion et le prisonnier le tenait. Cette convulsion a duré uiie minute o^u une minute eh demie après mon arri?ée. tll se tranquillisa. Il meregarda-près’de son lit II me dit : vous n’êtes pas allé quérir le Docteur? Je lui répondis que c’était parcequ’on ne me l’avait pas dit, mais que j’allais y aller. Le prisonnier me demanda si je voulais le tenir, qu’il irait lui-même*. C’est ce, qu’il fit, c’-à-d. qu’il se ^réa pour {1), J’étais bien impressionné. Je tenais le malade qui aimait à se faire tenir. Après un intervalle trop court pour que le prisonnier partît, le défunt dit : Il li’est pas encore parti. Un peu plus tard, il me répéta la même chose. Le défunt n'était pas encore parti. Une troisième fois ii me le dit encore et, de fait, le prisonnier n’était pas encore parti. Je ne trouvais pas un excès de retard de la part du prisonnier. Pendant ce temps là, il avait des crises et c’était pendant ces crises qu’il me disait cela. Il reposa et là il me dit qu’il allait mourir. Pendant toutes ces convulsions il avait prié et malgré leur force, il parlait assez bien pour faire comprendre qu’il priait, et quand il me dit qu’il allait mourir, je i’incitai à prier encore puisqu’il croyait qu’il allait mourir. Dans sa dernière crise, pendant laquelle il est mort, je disais les prières pour lui et ii les répétait avec peine. Quelques minutes avant de mourir, il me dit que la langue lui séchait. Je lui dis d’essayer à se la mouiller avec sa salive. Il essaya, mais ne le put pas. Depuis ma seconde arrivée jusqu’à environ 4 à 5 minutes avant sa
(1) Souvent employé pur le peuple, pour! se préparer.
PÈOCÊS
nior^ il n’y avait que moi d’étranger dans la maison. Ma femme allait chez moi et revenait, envoyant nos entants chercher du secours. Quatre ou cinq minutes avant sa mort, mon fils, Xavier Lemaire est arrivé. Joseph Joutras, cousin du défunt, est aiiivé quand il n avait plus de connaissance ; mais il respirait encore. La femme du défunt était dans la maison, mais n’était pas dans l’appartement 11 venait de mourir, quand Sophie Boisclair me demanda s’il était mort. Joseph Joutras et moi ayons répondu que oui. Elle a demandé si je voulais envoyer mon fils au devant du Docteur pour le taire revirer, disant que pa lui coûterait moins cher. Mon fils Xavier y es fc allé. Je pense qu’il y avait au-dessus d’une heure qu’il était parti quand il est revenu avec Modeste Erovencher. Quand ils turent arrivés, je demandai au prisonnier s’il avait parti le Docteur ? Il me dit que non ; que le Docteur lui avait dit qu’il l’avait vu cette même journée là ; qu’il n’était pas nécessaire qu’il vînt venir le voir ; qu’il lui envoyait une dose seulement. L autopsie du défunt a été faite après sa mort, par le Dr. Ladoticeur. Je ne puis dire dans quel appartement était Sophie Boisclair, quand elle m a demandé si son mari était mort.
J’étais chagrin de voir ie défunt malade, quand .e prisonnier a fait des badinages sur son état, et aussi de ce qu’il faisait ces badinages. Du moment de ma seconde arrivée à sa mort, il s’est écoulé 20 ou 30 minutes. ’
Pendant ces crises, le défunt était terriblement excite ; il se soulevait et cahotait. Il me faisait mettre mon bras en appuyant sur son corps, et il me tenait l'autre bras. Je me trouvais à sa droite. De sa main droite il tenait ma main gauche et j’entourais le milieu de son corps, de ma main droite qui tenait son bras gauche. Son lit était haut cl environ trois pieds et j’appuyais son corps, du quart de la pesanteur du mien. Je ne me suis pas
PEOYEN CHER-BOISCL AIE.
aperpu que Son corps cherchait à se soulever. Sa tète s’en allait en arrière. Son corps allait par crises. Ses membres se roidissaient en cahotant et se ralentissaient, et cela a duré jusqu’à sa mort. Ses jambes tremblaient toujours en roidissant et faisaient un mouvement de cahotement. Il ne se plaignait pas et priait toujours. Ses membres s’agitaient convulsivement. Et quand ces mouvements convulsifs furent finis, pa s’est jeté dans sa figure. Il est venu, c’était effroyable. Sa figure s’étirait sur tous les sens ; les yeux et le nez se 1 étiraient, Sa bouche était bouleversée comme le reste. Il est mort les mâchoires serrées. Sa figure a changé de couleur. Pendant ces crises il avait la figure grimapeuse. Après que les convulsions des memfces ont été finies et que pa s’est jeté dans la figure, elle a changé de couleur ; elle est venue toute tachée de taches bleuâtres et noires. Le bras qui était étendu était tranquille, et sa main droite serrait la mienne ; je pensais que c’était pour me faire un adieu. Il était tout en sueurs. Je sentais que l’endroit où mon bras appuyait son corps, était trempé de sueurs. Quand je suis arrivé, le prisonnier tenait le défunt et sa femme était dans la chambre du malade, qui pleurait. Elle laissa la chambre une ou deux minutes après mon arrivée. Il m’a dit par deux fois qu’il allait mourir. Il a eu, depuis mon arrivée, deux intervalles de tranquillité qui ont duré d’une minute à une minute et-demie chacun. Pendant ces deux intervalles, il prévoyait la crise et disait : pa va me reprendre ; et de fait la crise le reprenait. Il disait ces mots là librement. Qand ces intervalles de repos venaient, je me reposais et il me disait de le tenir, que pa allait le reprendre. Je suis positif à dire qu’il a conservé son intelligence jusqu’au moment de sa mort. Les efforts convulsifs se sont suivis et allaient en affaiblissant. Quand je suis arrivé, le prisonnier a proposé de lui faire prendre de la boissoîK
PEOCÈS
. Je mV suis opposé disant que je ne croyais pas que ça fut bon pour le mal de nerfs. J’ai aidé à le déshabiller; et à le rhabiller. On lui a mis une chemise, des culottes et une veste nette, après l’avoir lave et peig^né. pu a eu de la difficulté à le désnubiUer parce quHl avait les membns bien roùles II y arait une vingtaine de minutes' qu’il ‘était mort quand ond a déshabillé. Après qu’il a été mort, il est venu d autres personnes; parmi ces personnes . était son Irere Narcisse. G’est Joseph Joutras et le
.prisonnier qui m’ont aidé à l’habiller et le désha-
Diiier. A la seconde crise après mon arrivée ses rois petits eiiiaiits de 11, 9 et 7 ans étaient dans la ohambre qui pleuraient. Il a dit aux enfants d’aller dans un autre appartement ; que leur vue au«--
ïaÏÏè filhf
TbansQUESTIONNÉ PAE M. Ghapleau.
Il II a pas eu d’agonie. Avant sa mort il a été deux^ou trois minutes insensible. C’est moi qui lui ai iermé les yeux. Aussitôt qu’il eut cessé de souffler, sa ligure reprit une pose plus tranquille.
■ J e n aijamais assisté à la mort causée par le tvohus le choiera ou les inflammations d’intestins. La derniere crise a duré comme 8 ou 9 minutes La première après nnon arrivée a duré un peu plus longtemps. Pendant ces deux crises, je le tenais.
est le prisonnier qui l’a tenmpendant celle qu’il avait lors de mon arrivée. Je suppose que Sophie ^oisclair a pris la soupe dans la cuisine. C’était me la soupe au pain. «Le prisonnier était un hom-
me jovial. Après quhl eut mangélaToupiTet q'ÎÏÏÎ
pa le travaillait, il avait l’air d’un homme
me dit que
eflraye de son mai. Je lui ai dit: marche, c’est tô medecine qui te fliit cela ; car j’avais entendu dire par mon garçon, qu’il avait pris des remèdes. Il est mort 25 minutes ou une demi-heure après mon arrivée Le défunt me disait que quand on le tenait il était moins soufî’rant. Je suis parti de là
PEOYENCHEK-BOISCLAIK. 6T^
vers les deux heures et-demie du m atin. ^ Le défunt' ne paraissait pas avoir de frissons. Après la mort du défunt et avant de le déshabiller, j’ai pris unverre de boisson avec le prisonnier. • li ne s’est pas plaint de la soif, ni de l’oppressioîi de Fesiomac. Il n’y avait pas plus que trois ou «quatre minutes qu’il avait cessé de parler, quand il . a rendu le dernier soupir.
PAB La COITR. ’
Le devant de la maison du 'défunt donne sur le ■ sud-ouest. Elle a trente pieds de longueur, sur 24 de profondeur. La maison est divisée en deux parties par une cloison qui se trouvé sur le milieu de sa largeur et qui s’étend dans toute’ sa .profondeur. La moitié droite de la maison sert'-de cuisine qui a conséquemment 15 pieds de front, s'ur 24 ^ de- profondeur. Le reste est divisé en deux, par une cloison : ce qui fait deux autres appartements, l’un de dix>à onze pieds de profondeur, sur 15 d-e largeur, et l’autre de 13 à 14 pieds de profondeur sur .15 de large. Le , plua petit de ces appartements sert de salle, l’autre de chambre à coucher. La cuisine est à droite pour celui qui entre dans la maison par la porte de devant qui donne sur cette cuisine, et à gauche pour celui qui entre par la porte de derrière qui donne aussi dans le même appartement- La salle est dans le devant de la la maison et la chambre à coucher en arrière. Il y a une porte dans chacun de ces appartements donnant sur la cuisine, et il n’y en a pas entre la salle et la chambre à coucher. Il y avait un châssis sur le pignon et l’autre dans le derrière de la maison, et le lit était entre les deux, appuyé^ sur le pan de derrière de la maison et les pieds étaient du côté de la cuisine. Le lit était collé sur la muraille.
M. Chapieau demande alors rajournement.
M. le Shérif demande à la Cour quelle allocation il doit accorder aux jurés ? La plus forte que la loi accorde.
PROCÈS
depuis six ans que la loi accordant de’
aux jurés était V force les inrét JL • ^^^^P^tions
pendant à chaque terme de'^c» nn’fl
payés. Cela dépend^Lta la Cm,r
lites qui refusent de donner la mnlî
douze piastres et expoS a îf 5°““^ de
paroisse, à des dépenses on’eH
sauver. repenses qu elles pourraient leur
ten?io?d?g?rlî&î il ï
deüxjours defête. La défense
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te juré. çHijj, J, ,Sl"..?ï£od““““'''
La Cour s’ajourne à 8 h. P. M.
7 n 1 Mardi, 26 Mars 1867.
intérêt au procTs. Lrîlle®d’?d°'^®"
bien remplie Le r>ri«!nnn- est encore
»ai. il J “?»*,“ ««.6,
Giaiice. ’ ^ixüiue jusqu a linsou-
Elmire Labbée— de St MtoBaI ri’v
i.iïÆisrTii;?”-
allée av^^ïè prisoSr’lC7 1"*. ést
maison deuensinn o Vo i tient
était onze heures et-demïrdeT^ * pnsonnier. H
o..^.nf»?irKjs.rÆ;“iroS
PEOYEE CHEE-BOISCLAIE.
moi qni les ai servis à table^ Ils ne se tutoyaient pas. J’ai pensé que c’était quelqu’un qui désertait. Ils riaient souvent ensemble ; ils avaient l’air à rire, à avoir assez de plaisir. Après que le prisonnier eut demandé une chambre, j’ai fait du feu et Sophie Boisclair s’est déshabillée près du poêle. Je lui ai demandé d’où ils venaient ? Elle m’a répondu de St. Zéphirin. Un peu avant de partir, elle m’a dit qu’elle demeurait à Eichmond dans les bois Irancs. Je les ai vus le 8 Janvier, sous la garde du grand connétable. Quand ils sont entrés, j’ai demandé à la femme s’ils avaient repassé depuis l’automne dernier ? Elle m’a répondu qu’il y avait deux ans qu’elle n’était pas passée ici.
Teansquestionnée pae M. Chapleau. •
Nous tenons maison de pension et hôtel. Iis sont entrés dans la barre d’abord, et c’est là qu’il a demandé une chambre. Ils ont demandé une chambre comme les voyageurs en demandent pour se retirer. Ils n’ont pas demandé de chambre à coucher. Ils ont été satisfaits du salon et n’ont pas demandé d’autre chambre. Je ne les connaissais ni l’un, ni l’autre. Le salon est la salie de , réception des voyageurs qui ne restent pas dans la barre. Ils ont dit qu’ils s’en venaient à Sorel. J’ai vu qu’ils étaient en waggon. Ils ont parti environ trois quarts d’heure après leur dîner. Ils ont laissé manger leur cheval, chose habituelle aux voyageurs. Le 8 Janvier, je crois qu’ils étaient sous la garde du grand connétable. Quand j’ai fait la question, le prisonnier et Sophie Boisclair étaient dans la salle de devant avec deux personnes que je ne savais pas alors, mais que depuis j’ai appris être des connétables. Le prisonnier ne m’a rien dit. La première fois qu’ils sont venus, le prisonnier s’est conduit convenablement.
PROCÈS
MessirE Luc TEAHAN—Curp rJp • J
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que i? l’en?^ftiT PO^S^et tout Je temps. Lors-
que je 1 eus idit coinin limer, le. me' uréDarai à ]rii
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Ijomnce quelques paroles. J’ai fini de l’admimstrer
uis? é ?e' Après l’av“ r adn^!
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ladie sembkhie rappelle pas avoir vu une ma-
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musieurs cents et plusieurs mille, et je n’ai pas ■
PEOVENCHEE-BOISCLAIE.
Remarque la même maladie. Je ne me rappelle pas avoir vu d’antres personnes dans des convnlsions semblables. J’ai vn nne autre personne ayant les mêmes symptômes que le défunt, dont je ne puis dire la cause de la mort.
Teansquestionné pàe M. Chapleau.
La confession a duré -J d’heure ou 20 minutes. Il parlait distinctement et aisément. La personne qui m’a recommandé de parler au malade avant d'entrer dans la chambre était dans la salle d’entrée, .le ne sais si quelqu’un a été prévenir le défunt de mon arrivée. Pour administrer le défunt je l'ai touché aux extrémités. Quand je lui ai touché les pieds et qu’il a frissonné des pieds, je n’ai pas remarqué s'il ïrissonmiit du reste du corps. Il a frissonné légèrement. Personne ne lui tenait les jambes. Il ne tenait rien dans ses mains. Je ne me rappelle Xaas s’il me tenait la main en lui administrant l’Extréme Onction. Je ne me rappelle pas s’il a remué en recevant l’Extrême Onction. A part les pieds, pendant l’oiiction, il frissonna légèrement. .Je l’ai administré sans moiiyement apparent des parties sur lesquelles j’ai fait les onctions. Il ne m’a pas tenu la main quand je lui ai fait l’onction des pieds, .le suis bien certain qu’il ne m’a pas tenu la main pendant les onctions. Il ne me l’a tenue que pour radmiiiistration du Viatique. Il m’a paru bien calme, après radmiiiistration des sacrements. Quand je lui ai donné le Viatique, il m’a pris la main en tremblant pour recevoir le Viatique.
PAK LA COUR
J’ai cru qu’il me prenait la main, quand je lui ai donné le Viatique, -par la crainte qu’il éprouvait de remuer fortement ou de crier quand je le toucherais. De l’appartement d’entrée, je suis allé à gauche pour me diriger dans la chambre du défunt. Le pied de son lit était dans la direction de la salle
62 PfîOOÈS
d entrée ou cuisine. Il était encanté (1) sur son lit.
Par M. G-eemain.
Plize Joute as — Fille du défunt, — 16 ans. Connaît le pmonnier 11 demeurait chez nous, depuis a peu près 4 semaines, quand mon père est mort Quelques jours avant Noël, il a fait un voyage à LaBaie avec ma mère. Il y avait fait un volage ^eul auparavant. Quand il est parti, il a dit qull allait au fort, et quand il est reyenu, il a dit ou’il avait été à LaBaie. Il y avait comme trois ou ^u^
quand il y a ete avec ma mère. Depuis son premier
pa^té second, le prisonnier n’a
pas ete malade. .Je ii ai pas eu connaissance nu’il ait pris un vomitif dans cet intervalle. S’il ^rait
LTcl’^ r ^’^® J’®“ eu corJalï
ance. J ai toujours resté dans la maison II a ^it
ef àuÿldlr^"’T®J‘ quelques jour
rem?èdls ^® pour avoir des
-einedes. G est a peu près 8 jours avant son p'-e-
mier voyage a LaBaie, que le prisonnier a dit cda
Apres son voyage, il n’I pas parlé qu’il avairfu
table’'*’^^*^*^'' souvent en se mettant à
rSl’t PresMice démon père : je n:ai pas d’ap- L®“*’ ‘*1,“® P®® ’oien, il faut pourtant que j’ail-
k me chercher des remèdes. Je me rappelle Je jour ou mon pere a ete au bois avec lui. La veille au |oir mon pere avait dit ; il faut pourtant que j’ailll masucierie, je retarde toujours à y aller Le
^"® tu Vailles, tl
retardes trop. Le prisonnier a dit ; Je voudrais
garpon doit venir me trouver demain, pour aller midi pîf ^®’®’^^^oses Hart. Il viendra dans l’avautbois dans aller t aider un peuà charroyerton
^isdans lavant-midi, car il faudra que j’àille le
(n ^ couché.
PEOYENOHEE-BOISCLAIE.
rejoindre. Le lendemain, quand il a été pour partir, mon père a dit à son petit garpon : Tu devrais bien venir avec moi, je crois bien que je ne pourrai pas scier le bois tout seul. Ge petit garpon est mon frère, il a onze ans et s’appelle Franpois. Le prisonnier a dit ; J’irai bien avec toi ; il faudra que je revienne dans l’avant-midi ; mon garpon doit venir, je vais toujours aller t’aider à charroyer une escousse. Mon père a dit : Si vous voulez venir avec moi, je vous emmènerai bien ; vous allez toujours venir m’aider à charroyer une escousse. Mon défunt père s’est mis à mettre ses hardes ; M. Modeste s’est mis à dire ; Yous n’emportez pas quelque chose au bois ? mon défunt père a dit : J’en emporterai bien, comme je ne suis pas bien. Pendant que mon père mettait ses hardes, maman a pris un petit flacon, elle a gagné dans la chambre de devant, elle a gagné l’armoire où le prisonnier tenait ses boissons ; il est allé la trouver, et ils ont resté à peu près cinq minutes ensemble. Ma mère est entrée, et le prisonnier est entré après elle. Après qu’il a été entré, j’ai vu la porte se fermer. Je me suis douté qu il était accote sur la porte. Après cinq minutes, environ, ils sont sortis de la chambre tous les deux, ma mère et M. Modeste ; elle a présenté un flacon à mon défunt père. Il dit ; Je ne suis pas capable de l’emporter ; tu vas le donner à M. Modeste et il remportera. C’est M. Provencher qui a emporté le flacon, et ils sont partis pour le bois. M. Pro^/encher est revenu vers midi, seul. Ma
mère lavait le plancher des petites chambres en haut ce jour là. Il y a deux petites chambres. Quand il est arrivé, ma mère est descendue pour dîner ; après son dîner, elle est montée en haut, disant que c’était pour laver ; le prisonnier est sorti dehors ; au bout d’une escousse il est rentré, il a monté en haut et sont restés à peu près une heure ensemble. M. Provencher est descendu, et elle est restée en haut. Il n’est venu personne chez nous ce jour là.
PIÎOCÈS
En dînant, M, Proyencher a dit qu’il avait cinittémon pere au bois ; qu’il avait dîné comme il faut qu avant de dîner, il avait pris un coup, et qu’il lu’ en avait oflert, mais que lui (M. Provenchm-) n’en avait pas voulu et qu’il lui avait dit : garde-la et tu en prendras après ton dîner. A à peu près deux
P®^®> chercher maman, ^sant que mon pere était bien malade chez Caiolet Ma mere y est allee et est revenue à peu près âprès
dé'shlbfnï® la cuisine ; elle est entrée se
Sl'e i f chamore à coucher en disant quelle allait retourner bien vite ; qu’elle était ve nue chercher de quoi pour donnêrl manger à mmr Pci’c Modeste est entré dans la chambre
estlo^î-Kp parlé bas un petit instant et il est souti , il 11 a fait qu entrer et sortir.
i’ni l'appelle le soir que mon père est mort :
■ V “ n V presque tout le temps de sa maladie.'
a dit il me passe des coulants dans 1 estomac, je crois bien que ra va miemporter. Je crois bifi que je vais oir uiie ftiib esse qui va m’emporter. Il disait cela en rôdant et en se frottant les jambes. Il a dit : ie crois Inen que je ne verrai pas la nouvelle année. Il à iode une petite escousse, en se frottant les jambes • se plaignait toujours du mal de jambes. Il a dit qu U avait ie cœur comme empoisonné. Il a été s accoter sur le lit. Il a dit à maman : appelle
dans était couché sur un bed, (1)
dans la grande chambre,) qu’il essaye à venir me coucher. Après que M. Modeste l’eût couché sur^e gt, Il ciiait fort, disant que cette faiblesse allait
M Modeste ^ et c’était la force de
iVi. Modeste pour ie tenir sur son lit. Il a crié une
et a dit: -pauvre Sophie, (s’ail-essLlt è
a..glais, do„t k i,e„i,le se (ert pour désiguer de.
PEOVENCHEE-BOISCLâlE.
maman) va doim quérir M. Michel Lemaire, qu’il aille chercher le Docteur.” Quand j’ai vu cela, j’ai dit à maman : si vous n’allez pas chercher M. Michel Lemaire, je vais y aller. Elle a dit : laisse faire un peu,' il va aller mieux tout à l’heure ; pa ne sera rien. La troisième fois qu’il lui a demandé d’aller chercher le voisin, elle s’est décidée d’y aller, et quand elle est revenue avec M. Michel Lemaire, il était à la dernière extrémité. Il lui a demandé trois fois d’aller chercher les voisins II a été une escousse mieux, et après il lui a dit cela.
La veille du jour où mon père est allé au bois avec ie prisonnier, il avait battu au moulin chez Edouard, Mon père avait un moulin, en société avec mon oncle Narcisse Joutras, et il allait battre chez les habitants. Mon père venait coucher chez nous, quand il ne battait pas trop loin ; quand il battait trop loin, il couchait où il battait. Il le disait, quand il était pour coucher ailleurs. Quand mon père coui^hait à la maison, le père Modeste couchait en haut, dans sa chambre. Les chambres en haut n’avaient pas de portes . Quand mon père couchait ailleurs que chez nous, le prisonnier couchait en bas sur son bed, dans la grande chambre, et il approchait son bed du poêle, disant qu’il faisait froid. Il est arrivé que mon père est arrivé un soir, vers dix heures, ayant dit qu’il couchait chez Edouard Amand, et cela crois ou quatre jours avant d’aller au bois. Le père Modeste était couché sur le bed. Quand papa est arrivé, maman a été lui ouvrir la porte et ie prisonnier est monté dans l’escalier vite ; et il a été se coucher dans sa petite chambre où était son lit.
Pendant l’enquête, le bed qui était dans la chambre de devant, nuisait ; il a été transporté par des étrangers dans la chambre de derrière, et il y est toujours resté. Il a été mis au pied du lit de ma mère, et le prisonnier y a couché deux nuits. Mon père a battu quatre jours, chez Edouard Arnaud,