‹ Procès Ruel-Boulet [microforme]Chapitre 3 sur 5 · SR RÉRREEREERE SAR HER · texte numérisé non relu

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cette maladie, yeux le bas du corps de Boulet et declure que c'etait pitoyable à voir, quil était couvert de galle.

Boulet se: piaenai constamment, éprouvait €

Dionne a vu de ss propres

de grande: dificu:tes pour marcher, si bouche était infecte, enlin le mal venerien faisait de PAU prourès,

ur qu'il y eut une affection régu'ière de la bou:he au bas ventre, d'une maniere 8:

pruononcee, il .alait que le virus vener en fut puissant et incurable, Sous de telles circonstunces peut-on fa re un cime à la Boulet d avoir eu de la repuygnunce à embrasser son # oux qui portuit sur lui des traces d'une inlue muudie ? Lavocal de la Couronne aurait dû teni: un peu c mpte des habitudes et de lu imaladie de Boul t, avaut d: faire des phras s au:si p mpeu-es sur léncrmité de la luute le sa ieme d'avoir refuse du poser ss lëvr 8 sus la such: d'un tel honune |

Je nacc'pt' as le :e nignage du Dr. Jacq es r lutiveme:t à l'inspection du cps de Boulet, car cetie inspecti n est incomplète : il n'a pas examiné les parties génitales, l'intér.ur de l'œsophage, ia moëlleëe;inière, ni une partie des intvsins. Li ;ouvait se trouver, duus la moël: s#janière et dans les intestins, ues lésions qui pou'aient produire la conyes- Lion aux pou.uons el au crveau, et dunmr des symplômes aualogu.s à ceux de l'emnusunement par la strjchine, Lorsqu'un me- “ecin avou : ne pis avoir lait une inspectivn complète et satis aisante, on doit s'en rapporter aux témoigiages de temoins oraiuares pour ce qui r garde l'existence d'une maladie uuterieure aux prétendus symptômes d'emp isonn.ment. C: n’est pas ici une que-tiou du domaine exclusif de la medecine, come dins la preuve des syin, tôümes, Iis'agit de savoir si Boulet avait réellement une maladie venérienne, Or voici ds lémoius qui ont vu de leurs propres yeux le curps de Boul t'et ont constalé l'existence d'une malidie vénerienne. Le caractère de cette maludie vst assez connu et trop evideut pour que le témoignage de témoins ordinaires ne soil pas accepte, à l'encontre du temoignage d'un inélecin pr.cédani à laut se du © rp:qui admet ne pas en avoir fait un examen minutieux. GC: n'est donc pas uiie question de sym, tô ues. dont les nuances sont si varices, si inperc ‘ptibles, que l'œil du medecin seul peut le: apprecier avec certitude, mais bien seulement uu:: question de fait, dont la jreuve peut être fuite par des téinoins ordinaires.

Voici les admissions du Dr. Jacques: ‘ La syph.lis peur être à l'etat d'incubation dans le système à l'heure de la mort sans laisser de traces extérieures. Si la maladie n'a pas produt de signes extérieurs, ils ne peuvent apparaitre sur le corps après la mort. La maladie vénérieune peut exister sans laisser de traces exterisures. La syphilis peut exister sans lasser de träces, quand eile n’est qu'à l'état detransition de la première a la seconde période, et qu'elle n'est qu'à l’état de germe.

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Boulet pouvait être dans cet étal, mais ce u'est pas mon «pinion."

Avec un concours de témoins comme ceux produits par la défense, relative ment à cette maladie vénérienne si prononcés, il est diMicile d'accepter comme conclusive l'opinion du medecin qui a fait une inspection si imrarfaite. Le Dr, ducques dit qu'il n'a fait aucune visite particulière des parties génitales, qu'il trouvait dans teur état normal, Proi ablement qu'il a voulu dire que les parties genitales lui avaient

ru être dans leur étit normal, puisqu'il ne vs a pas visitées. Parce que les parties génitules ont paru être dans leur état normal, il ne s'en suit pas qu'elles étaient saines, Il pouvait y avoir à l'interieur des traces une maladies essentiellement chron que. Lu vérole est quete quefuis 1: culisee, elle se produt par la lesion des vs, et la moëlle épin ère peut contenir un virus venerien, Je ne desire pas entreprendre la discussion de cette grave question, mais & dis que la sposition d'une mnladie venerienne est possible, ji rsque l'on tient ce mpt: de la preuve si positive des témoins de ln défense eu de l'insuffisance de l'autopsie. Bouiet soignait seul il se cachait pour applique: ses remèdes, Da quoi se servait-il ? Nous n'en savons rien, Prenait-il des remèdes à l'intérieur? C'est possible. Le champ des suppositions est ouvert à la défense, et il lui esl permis de dire que les remèdes que B ulst prenait ainsi à la derobée, sans avoir la moindre connaissance sur leur” portée, pouvaient augmenter son mal et accélérer sa mort, Il est de plus constut: que quelque temps avant sa mort Boulet a mangé du lard cru. Et voici ce que dit le Dr. Crevier à ce sujet : ‘Du lard mange quelque temps avant la mort, aurait dû rester dans l'œsophage ou l'estomac. s'il n'a pas été rejetée par la vumissement. Du lard resté dans un de ces conduits peut amener la congestion au poumon et au cerveau, suivie de l'asphyxie accompagnée de convulsions, Il y a une foule de maladies qui simulent sensiblement l’empoisonnement : tel que le tétanos, l'épilepsie, pour l'empoisonnement par la strychnine.”

d- comprendrais la force d'une accusation d'empoisonnement, lorsque la victime, avant le crime, était saine de corps, jouissait d'une bonne santé et qu'elle n'est tombée que sous les effets d’un poison aussi promyjt que la strychnine. Mais lorsque la prétendue victime est un homme miné par la vérole et par l'usage de remèdes violents, et que celte victime n'est plus qu'un cadavre ambulant, il m'est permis d'entretenir un donte et de m demander si ce ne sont pas ses propres remèdes qui l'ont tué : surtout lorsque l'on constate que dans les remèiles pris, il y avait de la strychnine, Le jour mème de la mort, Boulet prend du calomel qui contient de la strychnine. Voici ce que dit le juge, dans sa charge, relativement à la découverte de la strychnine dans le calomel :

“ Le Juge rappele au Jury l'incident dont ils ont été témoins, relativement à l'analyse du

calomel supposé contenir de la strychnine ; que pour arriver à connaitre cette substance étrangère, la poursuite et l'accusation avaient consenti à une analyse soumise iux Drs. Girdwood et Bibaud. Cette analyse est faite par les mêmes procédés, les mêmes réactifs que ceux employés par les médecins experts, dans leur anaivse, et le Dr. Bibaud, formant son opinion et sa conviction d'après les mènes procédés, affirme que la substance étrangère au calomel est de la strychnine.”

Sans admettre que cette strychnine ait pu causer Ja mort, mais alléguant que Bouiet etait dans un état de faiblesse à ne pouvoir vivre longtemps, ne peut-on pas supooser que la st ychnine trouvée dans le corps de Boulet, yrovenait de l’ingestion de ce caiomel ?

Voyez sous quelles circonstances favorables se trouvaient l’accusé : Boulet est dangereusement malade, il meurt. On accuse Ruel de l'avoir empoisonné, La preuve démontre qu'il est vrai que Boulta pris de la strychnine, mais que cette strychnine provient d'un remède inoffensif, préparé par un medecin.

L'expertise chimique a démontré l’existance de la strychaine dans le corps de Boulet. cela est tout naturel puisqu'il y en avait, mais de là à condamner Ruel comme l'auteur de l’ingestion de cette strychnine, c’est un peu fort. Le Dr. Jacques me répondra, que la quantité trouvée indique toujours la quantité ingérée, je répliquerai que c'est très-problématique. Voici le calcul fait par ce médecin et sa conclusion.

‘“ Nous avons pris pour les analyser des partics d’uorgane d'entre ceux qui absorbent le plus de poison. Nous avons analvse 4 livres environ, et l'individu devait peser 150 livres au moins, la proportion donnerait à peu près à grains, mais comme le reste du corps absorbe moins, nous avons retranché 2? grains: nous avons operé sur toutes les parties d'orgaras que nous avions, et nous n’en avons pas conservé. Si j'obtenais les mèmes phénomènes que dausl+ cas de Boulet, ie concluerais à l'empoisonnement par la strychnine.”

Ce calcul peut être jusie dans certaines circonstances plus favorables que celles-ci: La strychnine, comme poison végétal, s'absorbe dans le sang, et il est plus difficile d'établir le nombre de grairs injéré,que si c'était un poison minéral comme l’arsenic. Or, calculer le nombre de grains par la pesanteur du corps, c’est pousser un peu trop loin la démonstration mathématique. Le Dr. Jacques a trouvé de la strychnine, il le ditet le prouve. C'est parfait, parce que c’est vrai ; il y en avait dans le calomel fourni parle Dr. Thériault; et le Dr. Crevier dit, que Boulet ayant pris deux doses de ce calomel avant sa mort, équivalant à 10 ou 12 grains, l'explication de la présence de la strychnine est toute naturelle. Il est étrange d'entendre dire ensuite par le juge dans son adresse au jury les quelques mots suivants, pour expliquer cette découverte de la strychnine dans le calomel :

‘“ Le juge fait remarquer au jury que ce fait est au moins une admission que l’on peut croire

aux affirmations du Dr. Girdwood, relativement aux analyses qu'il pourra faire.”

Ainsi il n'y aura que le Dr, Girdwoo:l qui profitera de cette découverte ! Quant au pnisonnier, il parait que ceia ne le regardait pas ! Décidément le Dr. Girdwood est pour moi une personne fantastique. Dans le procès Provencher, le juge Loranger en faisait un phénomène, Ilavait perfectionné, disait-on, ja méthode de Stass, et le juge prenait un trouble infini pour convaincre le jury que la Lancelte de Londres avait adims ce perfectionnement :

et c'est ce qui fait que Provencher a éte pendu ! Dans le procès Ruel, de la strychnine a eté trouvée dans l& calomel injére par Boulet, au moyen du procédé du Dr. Grdwood. Croyrzvous que cela servira au prisonüier. as du tout: cela co tribuera à consolider la gliire de ce fameux médecin. et Ruel sera pendu!

Je livre le Dr Girdwood à votre ailinirat: n,. Il a séduit nos magistrats : la vie de l'accusé est une bagatelle à côte de ses experiences, L'échafaud pour lui est un piedestal ! On semblerait croire que les procès de Provencher et de Ruel n’ont eu d’autre but que de faire la réputation du Dr. Girdwood. de dois protester contre la condescendance des tribunaux à son égard. Ce médecin qui se prétend si savant, ne connait pas un mot (le la langue française. Dans le procès Provencher, les procédés de la cour ont été suspendus pour faire traduire au Dr. Girdwood les témoignages rendus en français. Dans le procès Ruel, la même chose a eu lieu, Un avocat serait tombé sous le coup du ridicule, s'il avait demandé une telle traduction, Mais il parait que le Dr. Girdwo:d est le seul médecin légiste que nous avoirs dans la province. Il est heureux qu'à défaut de l'anglais, il ne parle pas seulement chinois, car les tribunaux auraient été obligés de s'adjoindre un interprète du Céleste Emire. Onfn'exice en loi un interprète que pour les jurés et jamais un médecin ou un avocat n’a pu émettre une prétention qui prouve son ignorance aussi manifestement.

Un juge consciencieux, n° donnant aucune prise à la prévention. aurait fait ce raisonnement : Boulet, avant sa mort, est malade, il meurt. On trouve dans certaines parties du corps des traces le strychnine. Il appert que la veille ou le jour de sa mort, il a pris du calomel mélangé de strychnine, Avant de conclure à un empoisonnemeni, n'est-il pas prudent de s'assurer, d'abord, s’il n'était yas assez malade pour être affecté par cette strychnine,et ensuite de voir si indépendamment de cette strychnine, Boulet ne serait pas mort des suites de sa maladie, De plus, une moindre quantité de strychaine n’'a-t-elle nas plus d'effet dans un corps déjà affaibli par la maladie, et dont le sang est très appauvri, que trois grains dans un corps sain ?

Ces considérations auraient du être assez fortes pour porter le juge à diriger le jury d’une manière favorable à l'accusé. Malheureusement rien ne doit paraitre en faveur de l’accusé, Voici ce que dit le juge à ce sujet:

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