‹ Procés Trochu; plainte en diffamation et outrages envers un dépositaire de l'autorité publique. Débats devant la Cour d'assises de la Seine. Audiences des 27, 28, 29, 30 mars, 1er et 2 avril 1872Chapitre 3 sur 5 · NAPOLEON · texte numérisé non relu

NAPOLEON

Le 18 dans la nuit, le général Trochu, arrive aux Tuileries et voit l'impératrice. Quel que soit le respect dû à cette infortune, il faut contester quelques détails de ces souvenirs. La souveraine était très-courageuse, mais trèsexaltée, très-défiante. Dès rt^rrivée du général, d'une façon nerveuse, elle lui prit les deux mains lui disant ; « Si nous rappelions les princes d'Orléans?» C'était là un sentiment qui paraît bien généreux pour les princes, mais le général n'y a vu qu'une manifestation nouvelle de la défiance : sous cette forme féminime il n'a vu qu'une sorte d'épreuve qu'on voulait lui faire subir.

Comment admettre sérieusement cet appel des princes ! c'était pour sonder l'homme qui avait toujours passé pour orléaniste. Le général répondit :

« Madame, si on avait demandé l'abrogation des lois d'exil, il y a quelques mois, j'aurais été de cet avis, mais ce serait aujourd'hui récroîilemeatde tout l'édifice i »

Dès qu'il fut question du retour de l'empereur à P.iris, rimpératrice s'y opposa énergiquement, dieant : a Que les ennemis de l'empereur pouvaient seuls donner un pareil conseil ! »

Les plans du général Trochu disparaissent ainsi l'un après l'autre, car l'empereur ne revenant pas, il n'y avait pas d'armée de secours! c'était la continuation du système du ministre de la guerre qui n'avait pour idée que de faire affluer les renforts aux armées situées au dehors 4e Paris !

L'abandon de ce plan, nous le trouvons dans une lettre de l'empereur à sir Jonn Burgoyne, field-marshal.

« Wilhemshcehe, le 29 octobre 1870.

» Mon cher sir John, » le viens de recevoir votre lettre, qui m'a fait le plus

^rand plaisir, d'abord parce qu'elle est une preuve touchante de votre sympathie pour moi, et ensu.ie parce que vous me rappelez les temps heureux et glorieux où nos deux armées combattaient ense ^ ble pour la même canse. Vous qui êtes le Molike de l'Angleterre, vous avez compris que tous nos désastes viennent de celte circonstance que les Prussiens ont été plus tôt prêts que nous, et que, ponr ainsi dire, ils nous ont surpris en flagrant délit de for n ai ion.

» L'offensive m'étant devenue impossible, je me suis résolu à la défensive; mais empêché par des considérations politiqii s, la marche en arrière a été retardée, puis devenue impossible.

» Revenu à Châlons, j'ai voulu conduire la dernière armée qui nous restait à Paris, mais là encore des considérations politiques nous ont forcés à faire la marche la plus imprudente et la moins stratégique qui a fini par le désastre de Sedan.

» Voici en peu de mots ce qu'a été la malheureuse campagne de 1870 Je tenais à vous donner des explications parce que je tiens à votre estime.

» En vous remerciant de votre bon souvenir, je vous renouvelle l'assurance de mes sentiments affectueux,

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