‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 10 sur 125 · XXIII · texte numérisé non relu

XXIII

II y a chez lioüs deux partis, celui des officiers auxquels se sont joints plusieurs académiciens, et celui des académiciens qui, se trouvant en trop petit nombre, ont appelé les agréés. II faut vous apprendre que les agréés sont ceux qui ont aporté des ouvrages à l’Académie, et a qui l’on a ordonné un morceau de réception. Pour les presser de payer cette dette honorable pour eux, puisque' c’est les inviter a déposer dans nos salles un témoin de leur talens, ils n’ont droit de seance, qu’apres avoir donné leurs morceaux de réception ; voilà ce qu’on appelle de la tyrannie. Mais ces artistes, quand le Sallon n’était pas ouvert à tous les barbouilleurs, y exposaient avec nous pêle-mêle, parce que nous sommes et avons toujours été empressés de faire connoître les jeunes talens; et cependant on nous traite de despotes.

J’oubliois de vous dire qu’il est un troisième parti, celui de M. David, qui, voulant régner seul, affecte une démocratie outrée pour mettre la multitude de son côté, or la multitude des mauvais artistes est grande. Hormis son talent, M. David est un homme nul; du reste, il est plein d’orgueil et de mépris pour ses confrères ; il veut détruire l’Academie a force de calomnies, parce que le Roi ne l’a pas nommé Directeur de i’Academie de France à Rome, place qu’il est incapable de remplir, car cette place est presque diplomatique, puisqu’il suplée l’ambassadeur au besoin. Ce poste ne peut donc convenir à un homme qui, passé son talent, ne sait ni se présenter ni parler comme il convient. M. Quatremer, qui le connoit, et qui est plus fier que lui, a fîaté son ambition pour étayer la sienne. Ce M. Quatremer aspire a etre a la tête des arts en France, ce qui seroit le plus grand malheur qui put leur arriver. Pour parvenir à ses fins, il a intrigué pour se faire nommer député; il a fait un plan, qui, si on l’adoptoit, feroit fuir les plus grands artistes, parce qu’il les transforme en martres en gages.

Le Sallon tel qu’il est, ou l’on admet toutes les drogues de l’art, est un projet soufîé par MM. Quatremer et David. Dans ce moment cy : les officiers et académiciens se sont reunis pour faire notre pétition. Elle a été adoptée a l’unanimité, A4. David excepté. II etoit venu à notre assemblée pour nous troubler ou nous insulter. Quand il a vu son projet échoué, il s’est mis avec M. Restout, notre transfuge, a la tête de la Commune des Arts. Pour barrer notre pétition, M. David s’est rendu vendredy dernier, comme chef d’une députation, au Club des Jacobins. Là on a

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