‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 13 sur 125 · XXVI · texte numérisé non relu

XXVI

a «décerné ie Louvre aux Sciences et Arts», réclame du Ministre de l’intérieur un local pour y tenir ses séances. Le 28 février 1792, elle prend une délibération dans ce sens, et elle charge MM. Touesny, Petit-Coupray, Châtelain et Provost du soin de s’en entretenir avec le Ministre. Ils lui demanderont une salle où la Commune des Arts se réunira deux fois par semaine, le mercredi et le samedi. Cette salle pourrait être celle de l’Académie de Peinture, ou toute autre que le Ministre jugera convenable. Les mêmes commissaires sont chargés de faire de nouvelles représentations au Ministre contre la «nomination illégale et surprise» du S*" Lucot [sic) au Bureau de Consultations, en sa qualité de membre de la Commune des Arts^‘1

L’incident Lucotte n’a pas en soi grand intérêt, mais il est caractéristique. Déjà le système des dénonciations personnelles commençait. On ne s’en prenait pas exclusivement aux institutions anciennes, mais aux individus, et les ministres étaient tenus d’entendre les délégués de la Commune des Arts, comme ceux d’une association puissante. Nous savons, en outre, par une lettre du S*" Lucotte lui-même, que l’union la plus intime ne régna pas toujours dans la Commune des Arts. Cette lettre est récemment entrée par hasard aux Archives Départernentales de la Seine^'^l Datée du i i janvier 1792, elle est évidemment adressée à un collaborateur du Ministre de l’intérieur, qui avait nommé M. Lucotte commissaire du Bureau de Consultations. Cette lettre montre enfin que la Commune des Arts n’avait pas le privilège exclusif des dénonciations. Elle le partageait tout au moins avec la Société du Point Central.

Arch. nat., F” 1097. — Comm. par M. Barroux.

+-»•( XXVI I )>c

Monsieur,

Le Ministre de l’intérieur m’a nommé commissaire du Bureau de consultation. En cela il a fait usage du droit que l’Assemblée nationale constituante lui a donné par son décret. Lorsqu’il m’a nommé comme membre de la Commune des Arts, je l’étois alors et je le suis encore. Depuis cette nomination, cette Société s’est désunie. II me semble qu’ayant été reçu par les deux divisions, et- devant tenir également à l’une et à l’autre, il étoit de mon devoir de n’adopter aucune d’elles particulièrement, mais de rester uni à l’une et à l’autre.

On me mande. Monsieur, que parce que je suis resté inviolablement attaché k ces principes qui me paroissent de toute justice, vous devés me demander ma démission. J’ay l’honneur de vous observer qu’ayant été nommé par votre prédécesseur pour occuper une fonction publique entièrement désintéressée, vous ne pouvez me destituer sans me faire perdre la réputation que mes travaux m’ont acquis dans les arts et conséquemment la fortune que j’ay droit d’en espérer ; sans me faire faire mon procès pour cause de malversation ou d’incapacité. J’attendray donc que les tribunaux prononcent : car je ne pense pas que l’on doive jouer d’une manière légère avec la réputation et la fortune des citoyens.

J’auray l’honneur de vous observer encore. Monsieur, que les sollicitations que quelqu’intrigans font faire près de vous par plusieurs membres de la Commune des Arts n’ont été déterminé que par le succès qu’a déjà obtenu, par de semblables moyens, la Société du point central et que sa démarche a privé le bureau de consultation des lumières de M. Derotz, artiste extrêmement distingué, que le bureau n’a certainement point remplacé par les nouveaux que la Société lui a nommé et que le bureau remplacera difficilement.

Je suis avec respect. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Lucotte,

Architecte mécanicien , rue Royale, place de Louis quinze.

I 1 janvier 1792.

II faut le dire à son honneur, le Ministre de l’intérieur ne parut pas s’émouvoir outre mesure des réclamations de la Com-'

Page 1