‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 14 sur 125 · XXVI · texte numérisé non relu

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mime des Arts sur rincident Lucotte. Celui-ci ne se borna pas à écrire. 11 agit directement, et si le Ministre ne le reçut pas, il s’en excusa dans l’incertitude du jour où il pourrait trouver un moment favorable, ajoutant qu’un de ses collaborateurs se tenait à sa disposition^'^. Quelques jours plus tard, le Ministre écrivait à la Commune des Arts que M. Lucotte lui avait remis copie d’une pièce qui prouvait sa qualité de membre de ladite Société. « Ce certificat, disait-il, a été collationné dans mes bureaux sur l’original qu’il a rapporté, ainsi cette copie est parfaitement exacte, et on devra la regarder comme telle^'^l» Enfin, pour ce qui était du local réclamé, le Ministre de l’intérieur faisait savoir à M. Restout, «Président de la Commune des Arts au Louvre », que l’autorisation qu’il donnait à celle-ci avait un caractère essentiellement provisoire. La Société du Point Central n’avait pas obtenu cette faveur. Le Ministre ajoutait en tout cas que « les sociétés particulières admises à s’assembler dans le Louvre ne peuvent se faire un titre de cette grâce momentanée». Cette réserve acquise, le Ministre ne voyait pas d’inconvénient «à ce que la Société de la Commune des Arts piofite de la faveur accordée à d’autres sociétés semblables de se réunir dans la salle des Pairs

La Commune des Arts, on le voit par cette lettre, n’avait pas réussi à en imposer absolument aux pouvoirs publics, et on savait encore répondre avec quelque dignité à ses injonctions parfois un peu trop hautaines.

Arch. nat., F” 1097 : lettre du 5 mars 1 792 à M. Lucone, rue Koyale, place Louis-Quinze.

Arch. nat., F” 1097 : lettre du

9 mars 1792 à la Société de la Commune des Arts.

Arch. nat., F” 1097 : minute (sans date).

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HISTORIQUE DE LA COMMUNE GÉNÉRALE DES ARTS

(4/i8 juillet 17^3-6 septembre 1793.)

Le 17 octobre 175)2, David avait été élu député à la Convention par l’assemblée électorale de Paris. L’Académie de Peinture ne devait pas tarder à s’apercevoir que l’ennemi était à ses portes. David à la Convention cela signifiait que les artistes entendraient parler de lui s’ils tentaient de se soustraire à sa dictature prochaine. Un jour, ses collègues de l’Académie de Peinture feront un effort suprême pour le retenir, ou plutôt pour le ramener, mais à Renou, l’informant, le 27 avril an II, qu’il a été inscrit à son rang pour professer à f Ecole des modèles, David répond sèchement par ces mots qui tranchent comme le couperet de la guillotine : «Je fus autrefois de f Académie. « David s’exprime au passé. L’Académie , à son tour, sera bientôt le passé, et c’est à David surtout qu’elle le devra. L’occasion est trouvée : dans sa séance du 4 juillet 175)3, Convention Nationale, «sur l’observation d’un membre qu’il existe encore dans Paris des monuments où fon voit des attributs de la royauté ou des inscriptions en l’honneur des rois, ou des allégories fastueuses prodiguées à Louis XIV, entre autres sur les portes Saint-Denis et Saint-Martin », décrète :

Article premier. Que la municipalité de Paris donnera des ordres pour que dans toute l’étendue de son arrondissement, tous les objets sculptés ou peints sur les monuments publics, soit civils, soit religieux, qui présentent des attributs de la royauté ou des éloges prodigués à des rois, soient effacés ou changés.

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