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La Commune des Arts, au contraire, prend, dès ce moment, cette physionomie o^cielle vers quoi tendaient tous ses efforts depuis lypo. Elle y a mis deux ans et neuf mois, mais quel triomphe !
Si les documents nous manquent pour retracer la vie intérieure de la Commune des Arts du 27 septembre 175)0 au 4 juillet 1 7P3 — encore que, comme on l’a vu, nos recherches de ce côté n’aient pas été tout à fait inutiles — il n'en va pas de même à dater du jour où la Convention Nationale lui a donné avec éclat son estampille révolutionnaire. Les procèsverbaux de la première période de la Commune des Arts sont-ils perdus à jamais! Dorment-ils dans la paix poussiéreuse d’archives privées, ou ont-ils été recueillis par quelque établissement où les retrouvera l’érudition avisée d’un chercheur heureux! Ces procès-verbaux nous manquent : voilà le fait.
Mais nous avons la bonne fortune de révéler les procèsverbaux de la deuxième période de la Commune des Arts, du 4 juillet 175)3 au 28 floréal an iri (17 mai 175)5)» viron pendant les deux années qui suivirent le décret de la Convention.
La première séance de la Commune Générale des Arts, — car elle élargit tout de suite son titre, — convoquée par le Ministre de l’intérieur Carat, fut tenue le i 8 juillet 175)3.
Il s’agissait de nommer les six commissaires chargés de préparer la destruction de tous les attributs de la royauté. Le fait même que la Convention s’adressait aux artistes en général, pour leur demander de désigner six d’entre eux, au lieu de frapper à la porte de l’Académie , devait être interprété comme un signe précurseur : à partir de ce jour l’Académie
COMMUNE DES AI\TS
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était détruite. C’est bien ainsi que le comprirent tous les artistes de la Commune Générale, réunis dans une salle voisine de la salle du Laocoon, où l’Académie tenait ses séances.
C’est Ansselin qui ouvrit la première séance, en sa qualité de président de la Commune «avant la convocation generale». Mais Ansselin céda la place au doyen d’âge, qui était Vien, alors âgé de 77 ans, assisté des deux artistes les plus jeunes, Pajou fils (27 ans) et Isabey {26 ans).
Le procès-verbal nous apprend que la lettre de Carat invitait les artistes à « la plus parfaite impartialitée dans leurs deliberations, qui ne devaient tendre qu’au plus grand avantage des arts et ne reconnoitre d’autre distinctions que celles des talens». Au reste, le rôle de l’assemblée était limité, par le décret de la Convention, à la question des attributs. Sur l’heure, l’Académie est mise en cause par «un membre», qui n’est pas nommé, lequel ayant remarqué que la salle de réunions de l’Académie «provisoire» était fermée, if semblait qu’elle fût encore réservée à un corps privilégié. Ce qui paraissait d’autant plus extraordinaire, — et la remarque était juste, — que ce corps était virtuellement détruit par la réunion générale des artistes. En conséquence, il demanda que cette salle fût ouverte et que l’assemblée y tînt séance. Il y eut une minute de délire, dont le procès-verbal porte trace : le mot «applaudi» a été biffé après coup, mais on peut encore le lire. Au reste, deux membres insistent, et ce sont Sergent et David, dont les noms ont été également rayés. David présenta «cette ligne de démarcation comme un reste d’aristocratie qu’il falloit détruire». Il ajouta, en indiquant la salle d’un geste tragique, que puisque «c’était là la Bastille de l’Académie, il fallait s’en emparer». Et, aussitôt, l’assemblée, d’un mouve-