XLIII
le talent de l’analyse, qui est le résultat d’un grand savoir, n’appartient pas à tous. » A cette sage parole de Nestor, — mais de Nestor académicien, — on répond qu’il ne servirait à rien d’avoir détruit les académies, dont le «vice essentiel etoit d’avoir un goût dominant », si on devait les imiter. « Ce seront les mêmes hommes que vous choisirez pour former votre commission car c’est parmi eux c]ue se trouve une grande partie des talens que vous voudrez appeller et s’ils avoient des préjugés, ils les ont encore, s’ils infîuencoient , ils continueront d’exercer cette influence : chacun se reposera sur le travail de la-Commission. »
Le jugement de la Commune ne serait qu’une illusion. Elle adopterait les décisions de la commission. Soit. Mais les peintres jugeront-ils les architectes, les architectes se prononceront-ils sur les sculpteurs! Pourquoi pas! Et on cite modestement Michel-Ange et Servandoni « qui possédoient tous les arts ». Fastidieuse, la discussion se poursuit pendant une dizaine de séances.
La monotonie en est, fort heureusement, coupée par des incidents qu’il faut noter pour les historiens d’art.
Dans la séance du 24 septembre i 75)3 > on lit :
« Le citoyen Lebrun dépose sur le bureau les titres academiques de sa femme. L’assemblée applaudit a sa conduite, et sur la proposition d’un membre le president donne a ce citoyen le baiser fraternel.
« On demande ensuite que tous nos frères les académiciens soient invités a suivre cet exemple afin de livrer aux flammes tous ces signes honteux de l’aristocratie. Le citoyen Foucou ci devant académicien déclare qu’il a bmlé sa patente le dix aoust. L’assemblée paroit satisfaite de cette déclaration.
« On appuie la proposition tendante a ce que tous les di-