LXVI
Dans cette même séance du 1 2 pluviôse naît un incident qui n’est pas sans intérêt pour l’histoire de l’art. Quelqu’un fait observer qu’il serait temps de reconstituer la bibliothèque de la ci-devant Académie d’architecture. Un membre ‘•observe qu’il ignore si lors de la suppression des académies cette bibliothèque a été pillée et dévastée ; mais il assure qu’outre beaucoup de livres élémentaires d’architecture il devoit s’y trouver des projets de differens maîtres, déplus tous les projets qui ont remporté les grands prix, et les médailles de mois, de même que les restaurations de monumens antiques faites et envoyées par les pensionnaires que la nation française entretenoit en Italie. L’énoncé de ces differens objets en fait voir l’extrême importance.
“ Un membre croit que quelques uns des auteurs a la clôture des academies ont retiré leurs productions. On demande qu’ils soient invités a les rapporter, qu’ils ne peuvent les retenir sans se rendre coupables de dilapidation.
“On remarque que sans doute ils ne l’ont pas dû faire sans aucune autorisation et que plusieurs ont laissé des reçus de ce (ju’ils emportoient.
“ D’une part on donne a entendre que si cet enlèvement a eu lieu, ce n’est point une dilapidation, mais une mesure de sûreté pour mettre a couvert des dessins importans, qui aux yeux de l’ignorance auroient pu être détruits comme papiers inutiles : peut être aussi ajoute-ton est ce un mouvement de modestie de la part des auteurs, qui les a portés a retirer de la publicité des ouvrages qu’ils ne trouvoient pas assez forts pour leur réputation.
“Un membre demande que cette discussion soit ajournée a la prochaine séance pour obtenir de plus amples renseignemens. On veut savoir surtout si les tableaux, bas reliefs et
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projets qui ont remporté des prix appartenoient aux académies qui les avoient couronnés, avant d’accuser de dilapidation les artistes qui ont remporté leurs productions.
«On adopte la proposition de nommer deux commissaires pour présenter un rapport, dans lequel ils préciseront les objets qui appartenoient a la ci devant académie d’architecture, les certitudes qu’ils auront acquises sur les droits qu’elle y a voit, et les moyens de faire rentrer ce qui en auroit été détourné.
«La Société nomme commissaires a cet effet les citoyens Villers et Bienaimé. Sur une observation que la Commission des travaux publics a dû s’emparer de tous les objets qui se seroient trouvés lors de l’apposition des scellés dans les salles de la dite académie, ce qui paroitroit rendre cette démarché inu- •tile, la Société maintient son arreté, et les fonctions de ces deux commissaires qu’elle vient de nommer, persuadée que cette démarche est essentielle pour empêcher que cette suite d’ouvrages précieux et intéressans ne soit divisée, et envoyée partiellement a des ecoles nationales particulières, ce qui porteroit un grand préjudice a l’instruction publique en ce qui concerne l’architecture. «
Le i8 pluviôse, la Société Républicaine entend le rapport des commissaires, qui ne paraît, d’ailleurs, pas très concluant. Voici ce que dit le procès-verbal :
« Au sujet des objets composans la bibliothèque de la cidevant académie d’architecture, un membre expose a la Société que lors de la suppression des académies, la Commission temporaire des arts fut chargée d’apposer les scellés sur tout ce qui se trouva dans les différens emplacemens quelles occupoient, que le citoyen Gilbert inventoria tous les objets appartenans a la cidevant académie d’architecture; qu’il y eût un second examen fait par le citoyen David Le Roi, et qu’enhn