‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 35 sur 125 · LXVIII · texte numérisé non relu

LXVIII

tous les objets trouvés dans les ci-devant académies furent inventoriés comme propriétés nationales.

« On annonce qu en vertu d’un arreté de la Commission des travaux publics le citoyen David Le Roi a fait remise a cette commission de tous les susdicts effets.

«Un des commissaires nommés par la Société pour prendre des renseignements a ce sujet donne avis qu’il s’est transporté avec son collègue a la Commission des travaux publics, ou le citoyen Rondelet leur a déclaré que tous ces objets n’y avoient été apportés que comme dans un dépôt national provisoire, qu’ils paroissoient destinés a servir a l’instruction de l’école centrale. Que loin d’en vouloir priver le public, on avoit au contraire intention de les exposer tous, afin que les artistes pussent émettre leur opinion sur chacun de ces objets et les apprécier comme dans une sorte de concours.»

La séance du 22 pluviôse est marquée par la fin d’un incident, que Vignon avait soulevé contre Bienaimé et Allais. La Société décide qu’elle donnera à ceux-ci une marque particulière d’estime : ils ont bien mérité des artistes et de l’art en faisant connaître les «dilapidations» des vandales, et Vignon en sera pour ses réclamations.

Ce jour-là, la Société est décidément en veine d’énergie. Comme on constate que le buste de Marat a dispam de la salle des séances, — depuis quand! Peut-être depuis Thermidor! — on proteste, disant qu’il n’aurait dû être enlevé que sur un arrêté de la Société. Un membre, qu’on ne nomme pas, répond qu’il l’a retiré en vertu du décret de la Convention. Il n’importe. Le buste est réclamé par les artistes. On va le chercher, et, solennellement, il est brisé séance tenante.

Hé bien! il faut constater que la chose ne porta pas bonheur à la Société Républicaine des Arts. Cet acte de civisme, —

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c’en fut un, au même titre que naguère la glorification quotidienne de Marat, — ne lui valut même pas de rester dans les bonnes grâces du Comité d’instruction publique et de la Convention. Les artistes, petit à petit, se détachent de la Société et ils n’y viennent plus en très grand nombre. On en fait l’amère constatation. Le 22 ventôse, le temps est affreux, et, ce jourlà, la salle du Laocoon est vide, ou peu s’en faut. On n’y voit ni le président ni le secrétaire de la Société, demeurés au coin de leur feu. Combien sont là! Détournelle, qui a rédigé une manière de procès-verbal, dit qu’on a « délibéré néanmoins qu’on ferait part a la prochaine assemblée de l’intention que quelques membres ont manifestée qui est : que dans le cas de quelque evenement semblable les artistes qui seraient réunis dans le lieu des séances on continuerait a discuter les intérêts des arts, afin d’attester à la postérité du zèle que artistes ont mis aux progrès des arts & des sciences malgré tous les obstacles possibles «.

La vérité est que la Société Républicaine des Arts se meurt. La Révolution touche à sa fin et on voit déjà poindre, comme on disait avant Thermidor, l’hydre académique, je veux dire l’Institut, qui va resusciter les vieilles Académies. Les artistes de la Société Républicaine sentent le besoin d’élargir leur base d’action, sous peine de mort prochaine. On a créé différents organes qui n’ont pas donné, au regard des artistes, des résultats appréciables, tels la Commission d’instruction, le Conservatoire et la Commission temporaire des Arts, «autant de pouvoirs, dit un passage biffé des procès-verbaux, qui ne paraissent pas remplir le but». Ce but, c’est celui de l’éducation artistique. Pourquoi la Société ne s’y attacherait-elle pas! Mais il faudrait réunir tous les artistes, et c’est à la Convention qu’il appartient de provoquer une assemblée générale de cette na-

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ture. Cela signifie surtout, apparemment, cpie les membres de la Société Républicaine éprouvent le besoin d’attirer les anciens académiciens, ou d’aller à eux. Détournelle est officiellement délégué à l’étude de la question. Garnier lui est adjoint. La Société voudrait qu’à l’avenir on n’admît pas de «gens sans talent, qui osaient se dire artistes», comme elle l’a fait jusque-là, ce qui lui a valu de descendre assez bas dans l’estime publique, et un rapport de Garnier demande expressément au Comité d’instruction «la réunion de tous les artistes». Ce rapport évoque la Terreur qui opprimait ceux-ci avant le p thermidor, et notamment la dénonciation Wicar, et Garnier rappelle que la Société Républicaine demanda la mise en liberté des artistes, au moment de la réaction thermidorienne.

Puis, on revient aux propositions de secours à faire au Comité d’instruction, et on constate que Houdon a été oublié : «Un membre observe que des représentant du peuple ont remarqué que Houdon n’etoit pas sur la liste quil invitoit la Société a ly joindre. Cette proposition n’a pas de suite, la discussion se prolonge a ce sujet, plusieurs membre témoignent leur sentiment sur la maniéré dont on distribue les recompenses, on s’apperçoit sur tes listes qu’il y a des hommes recompensé qui n’en ont nullement besoin, un membre dépeint la maniéré dont les choses se font dans les comités, que le riche obtient souvent plus que le pauvre, parce qu’il rougit moins de demander que celui qui est dans l’indigence, il ajoute qu’il n’est pas nouveau de voir des artistes qui pourroit se passer des secours de la republique oser faire des démarchés impudente, et qu’au contraire celui qui a le droit de dire j’ai travaillé pour mon pays je suis pauvre j’ai des droits a la reconnoissance national aime mieux végéter et rougit de faire les moindres avances, il dit que les intrigant existe toujours

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