‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 39 sur 125 · LXXVI · texte numérisé non relu

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claire et forte, grâce à laquelle, malgré toutes les manœuvres égalitaires, il devint chef d’école. On tombe ainsi dans le piège qu’on avait voulu éviter.

Le confus idéal de la Société artistique substituée à l’Académie Royale se montrait en désaccord avec son existence même. Tous les travaux un peu valables de la Commune, comme de la Société Républicaine des Arts, ne Rirent pas autre chose que des travaux académiques : indication d’une esthétique officielle, sujets de concours proposés, prix distribués, secours offerts, commissions élues, commandes de l’Etat sollicitées, etc. Mais toute cette besogne s’accomplissait avec le malaise et l’étonnement d’y revenir, parmi des bonnes volontés qui se cabraient devant les ornières déjà tracées, et (jue paralysait en outre le lourd poids mort d’une multitude prétentieuse et incapable.

En moins de cinq ans l’expérience fut accomplie. « Puisque nous ne pouvons être qu’une Académie », proclamèrent les rêveurs déçus, « rappelons les académiciens qui nous précédèrent ».

Et ainsi brent-ils. Car, éclairés par leur erreur et sincères avec eux-mêmes, ils apercevaient en toute évidence sur le domaine de l’art, ce qu’on ne devait pas découvrir de sitôt sur le domaine politique : à savoir que la tyrannie d’une foule ignorante est autrement oppressive que l’oligarchie d’une élite, et conduit fatalement, du reste, à l’autocratie.

Comme l’avait très bien prévu Renou, dans sa lettre si spirituelle : «M. David, voulant régner seul, affecte une démocratie outrée pour mettre la multitude de son côté, or la multitude des mauvais artistes est grande.»

Heureusement, l’influence de David n’avait point été néfaste, parce que ce despote ne tenait au pouvoir que par

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