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amour de l’art. A cause de cela, il trouva, dans les Sociétés dont il était l’âme, des sujets aveuglément dévoués. Ces hommes turbulents et chimériques, non exempts de faiblesse et de lâcheté, comme le prouve leur triste campagne de délations, gardaient au cœur la flamme sainte. Ils surent, à certains moments, comprendre que l’éternelle beauté est plus sacrée que les changeants concepts politiques, et, devant les injonctions gouvernementales leur enjoignant de détruire, sur les monuments publics, les emblèmes de l’ancien Régime, ils élevèrent la voix pour défendre les nobles formes qui représentent l’éphémère avec des splendeurs d’infini, et restent ainsi, non le patrimoine des Rois, mais celui de l’Humanité.
A l’époque révolutionnaire, une telle ferveur n’était pas sans danger, ni par conséquent sans mérite. Cette attitude seule devrait assurer à nos Sociétés artistiques l’attention reconnaissante de la postérité , et retenir sur nos lèvres le sourire d’ironie qu’appelle trop souvent le désordre stérile de leurs séances et la puérilité de leurs illusions.
Et voilà pourquoi, dans ces tumultueux Proch -Verbaux , palpite pour les amants de l’art, sous un battement de fièvre, une angoisse presque sainte : la fièvre et l’angoisse de notre génie troublé, mais toujours fier, durant les heures les plus tragiques, les plus déconcertantes de notre histoire nationale.
Henry LAPAUZE.
Août ipoi-Mai 1902.
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