COMMENCÉ
LE 10 SEPTEMBRE I 7p 3 , [l’AN] 2^ DE LA RÉPUBLIQUE.
PROCÈS VERBAL DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE
DE LA COMMUNE DES ARTS
Seance du lo septembre ijp) l’an 2® de la République ime et indivisible.
La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal de la précédente seance, sur le quel il n’y a point de réclamation.
Une legere discussion s’élève sur la dernière question qui avoit occupé l’assemblée. L’on arrête que les jeunes artistes au dessous de l’age de i 8 ans occuperont l’extrémité de la salle qui se trouve derrière le president.
On procédé à l’appel des artistes non encore reconnus qui sont les citoyens Jouette Peintre, Delorme Peintre, Parcevat Peintre, Duchesne peintre et architecte, Guénot Peintre, Hubert Peintre, Debourges fils Peintre, la c®““® Cazin Peintre, Thiboust Croissant Avril Pere graveurs.
Un membre invite le c®“ Sergent à informer l’assemblée de ce qu’il sait relativement aux prix d’encouragement. Le c®" Sergent dit
A partir de cette séance, on ne parle plus de la Commune Générale , mais simplement de la Commune des Arts.
que le decret de 1791 porte que le maximum de la somme attribuée annuellement aux Sciences et aux Arts en general est de deux millions, mais que ce decret ne dit pas qu’il y aura 2 millions chaque année. Que cent milles livres furent attribuées en 1791 pour l’objet particulier des Beaux Arts qu’il prendra des renseignements et engagera la Convention à faire executer la loi cette année comme à prononcer sur l’année dernière et celle cy la quotité de ces deux sommes.
Un membre observe que le c®" Hüe a joui particulièrement d’une somme de dix mille livres pour son deuxieme tableau des ports de France, il demande que la Commune des arts prenne des mesures pour interrompre à cet artiste la jouissance de ce privilège. On objecte au préopinant que cette question a été récemment discutée et que l’assemblée a pris un arrêté qui consiste a présenter une pétition tendant a demander une loi générale sur les concours ou son exécution si elle existe.
Le Bureau qui avoit été chargé de la rédaction est interpellé de dire s’il s’en est occupé.
Un des secrétaires répond que la pétition n’est point encore rédigée : il rappelle que les differens membres de l’assemblée étoient egalement invités a présenter des projets de rédaction, il en promet une pour la prochaine séance.
On passe à l’ordre du jour qui est la lecture du projet du comité sur le mode de jugement pour les prix de cette année.
Le secrétaire du comité lit le travail. Après cette lecture la discussion alloit s’entamer, mais plusieurs membres demandent l’impression, la distribution à la prochaine séance et l’ajournement delà discussion à huitaine. Ces propositions sont arretées.
On demande l’ouverture de la séance de mardy à 6 heures précises et sa levée à 1 o. On demande la question préalable sur la clôture des séances motivé sur ce qu’on ne peut rompre une dis cussion entamée. On revient à la première partie de la proposition et l’assemblée arrête que ses séances ouvriront <à 6 heures.
Un membre demande que dans le cas où l’assemblée se dissoudroit volontairement, la discussion soit continuée et il observe à cet égard que l’on peut toujours fixer l’ouverture mais jamais la clôture d’une assemblée puisqu’il dépendroit d’une partie de ses membres de rendre ses délibérations milles, quand ils le voudroient.
On objecte que d’un autre coté un petit nombre de membres pourroit prolonger indéfiniment ses délibérations.
On demande le maintien de l’arreté qui fixe à le nombre nécessaire pour ouvrir les séances, mais que passé 9 heures on n’entame point de nouvelle discussion ou que la discussion entamée soit ajournée de droit.
L’assemblée arrête cette proposition.
Un membre demande que la Commune des arts soit munie de toutes les loix qui lui sont relatives et que cette collection fasse partie de ses archives que l’on nomme 2 commissaires qui se transporteront chez le Ministre de la Justice à l’efiFet de lui en faire la demande. Ces propositions sont appuyées.
L’assemblée les arrête et nomme pour commissaires les c®"® Sergent et Duvivier jeune.
On propose ensuite de nommer un archiviste et d’ajourner cette nomination a vendredy proch". L’assemblée arrête qu’elle nommera dans la proch“® seance un archiviste par la voie du scrutin.
On demande en outre que tout ce qui peut avoir eu quelque rapport à la Commune des arts, fasse partie de ce dépôt d’archives. On observe à ce sujet qu’il fàudroit délibérer sur la question de savoir si la Société d’artistes qui s’est appellée la Commune des Arts, avoit bien pu prendre ce titre. On réfuté cette observation en disant qu’elle fesoit des convocations où nombre d’artistes se rendoient, qu’elle correspondoit avec le Ministre; qu’elle a fourni des commissaires en differentes circonstances; qu’en dernier lieu le Comité des assignats a appellé de ses membres pour coopérer à ses travaux importants etc.
Un membre le c®" Garnerey offre de remettre ce qu’il à de pièces relatives à la Commune des arts, il dit que plusieurs autres citoyens ont des papiers entrautres le c'“ Mouchette, le quel s’est toujours refusé à s’en désaisir. Il demande que l’assemblée prenne des mesures pour l’y obliger. Cette proposition est appuyée.
Un autre membre veut que l’on invite toutes les sociétés libres d’artistes a reunir leurs papiers aux archives de la Commune des arts.
On objecte qu’il n’est pas exact de dire qu’il y eut plusieurs sociétés d’artistes, mais bien une seule quelquefois même peu nombreuse mais toujours existante; que ce fut elle qui en provoqua et obtint la libre exposition au salon qui fit rendre plusieurs autres décrets, que si elle a plusieurs fois changé le lieu de ses séances, elle étoit néammoins toujours la meme qu’elle lutta constament et efficacement contre les prejugéspuis que la reunion actuelle de tous les artistes est en partie son ouvrage. L’opinant demande que l’on collige soigneusement tous ces papiers qu’il considère comme nécessaires à l’histoire des Arts dans notre mémorable Révolution; à l’égard de Mouchette que l’on exige de lui ce dont il est depositaire en lui signifiant l’arreté à son domicile qui est sous le scellé et que l’on fasse auprès de la Municipalité les démarches nécessaires pour obtenir la levée de ce scellé.
Un membre offre de remettre des papiers relatifs à la cy devant academie d’architecture contenant des idées et projets d’organisation qui furent faits alors.
On reprend la question préalable. Après diverses propositions sur le mode à employer auprès des citoyens ou société qui pourroient a\oir des papiers interressans pour l’histoire des arts, l’assemblée arrête quen vertu de sa constitution légale, il leur sera simplement envoyé extrait du procès verbal ainsi conçu «L’assemblée générale «de la Commune des arts a arreté que les procès verbaux, me- « moires et toutes autres pièces concernant les arts qui sont actuel- « lement entre les mains des differents citoyens qui ont été Presi- «dens, secrétaires ou archivistes dans les assemblées de la Reunion
« des artistes sous queique dénomination que ce soit depuis le «commencement de la Révolution, seront remis à l’archiviste de «la Commune des arts elu au scrutin en vertu de sa deliberation «du I O septembre.
L’assemblée arrête cette derniere proposition ainsi que la rédaction.
Le president demande à l’assemblée en quel nombre on fera imprimer le projet de jugement présenté par le comité : L’assemblée arrête qu’il en sera tiré cinq cents exemplaires.
On distribue des cartes à ceux des membres qui ne s’étoient point trouvé a la derniere séance.
Seance levée à q h. \j/\.
Allais, secrétaire.
Seance du Vendredy i ^ septembre ijpy L’an deuxieme de la République une et indivisible.
La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal sur lequel il n’y a point de réclamation. On admet les artistes non encore reconnus dans l’assemblée qui sont les citoyens Jeaurat, Boze, Perrin, Vandal, Chauvin, Villers, Cailler et la citoyenne Doucet Peintres : Dutry, Moreau, Riftard Boquet Pigalle, sculpteurs, Petuand Parent, Boulanger, Florence & Bernard architectes : Ribaud, Morel & Bouquet Graveurs.
Un membre demande qu’a l’archiviste que l’on va nommer soit adjoint un membre pour l’aider dans les rédactions d’extraits interessans a insérer dans le Journal des Arts; on appuyé la proposition, mais on observe ensuite qu’elle est prématurée et que la nomination d’un archiviste doit la précéder.
On lit une lettre des jeunes artistes en réquisition qui invitent leurs collègues à se joindre a eux et donnent pour rendez vous l’attelier du citoyen Régnault; on en lit une du citoyen Millot qui
offre quelques réflexions sur la nouvelle organisation des arts qui va occuper l’assemblée. On en lit ensuite une du citoyen Miger qui demande a l’assemblée de lui soumettre ses reflexions sur le mode de jugement.
Il réclame la parole pour lire son travail.
L’assemblée arrête que le cit. Miger aura la parole après la distribution des cartes. On demande, par motion d’ordre, que cette distribution se fasse par deux commissaires.
L’assemblée raporte son arrêté a cet egard et arrête qu’il sera nommé deux commissaires pour cette distribution : elle nomme par acclamation les citoyens Lenoir ik Petit Coupray.
Le citoyen Duvivier rend compte de sa mission auprès du citoyen Heurtierl‘1 relativement aux logemens demandés par les citoyens Lambert et les modèles.
On demande de nommer deux commissaires qui visiteront le local indiqué par le citoyen Chartier : on demande que les modèles et le citoyen Lambert s’adjoindront aux mêmes commissaires qui en rendront compte a l’assemblée, cette proposition est adoptée.
Le citoyen Miger lit un travail dans lequel il combat le projet du comité qui propose la formation d’une commission qu’il regarde comme une petite academie déjà formée au milieu de la Commune, il demande que la Commune des arts juge en masse et non point par commission ; ce projet qu’il y substitue développé dans un grand nombre d’articles, a obtenu, a plusieurs reprises, les applaudissements de l’assemblée.
Un membre prend la parole sur la lecture de ce travail, il loue la baze de ce projet, mais il fait remarquer qu’il ne comprend point le motif des jugemens, puisque le motif se fera par fèves noires & blanches. Il ne rejette pas neanmoins la composition d’un comité qui prepareroit la voie et ne seroit qu’un jugement préalable que conflrmeroit la Commune. Il demande que l’on pose d’abord sur
L’original porte Heurtier et, trois lignes plus loin, Chartier. (Voir p. 81-82.)
quels principes on édifiera un sistême de jugement, il s’étonne de ce que dans le projet du comité on ait énoncé qu’il n’y avoit point de principes fixes dans les arts. Il insiste dans tous les cas sur les jugements motivés qu’il regarde comme très propres à dejouer l’intrigue et à eclairer les jeunes artistes. II demande que les jugemens motivés soient lus ^ fois en pleine assemblée, que la plus grande publicité présidé aux jugements afin que le peuple fi'ancois connoisse de quelle importance sont les arts dans la République.
Il demande la question préalable sur le projet qui vient d’être proposé.
Plusieurs membres demandent la parole, l’auteur l’obtient le premier.
Un artiste concourant annonce que les sculptures seront finies le 28. II invite la Commune à arrêter le plutôt possible le mode de jugement. Il observe que deux de ses collègues sont en réquisition, que cette circonstance doit faire sentir à l’assemblée combien les delais sont prejudiciables aux concurrens.
On demande que depuis mardy les séances soient permanentes. Arrêté,
Un membre demande que l’on fasse mouler les sculptures dans le cas ou le mode ne seroit pas assez discuté, regardant ce mode comme important et l’operation du moulage comme peu de chose, il observe que le desavantage qui en peut résulter pour les ouvrages est égal pour tous.
Un autre membre demande la question préalable motivé sur ce que les assemblées étant permanentes il en résultera une décision prochaine, à moins qu’on ne veuille à plaisir perdre le temps.
On observe par motion d’ordre, qu’il ne s’agit pas tant du mode que des principes qui sont toujours simples, clairs et féconds, il appuyé le preopinant.
L’auteur du projet obtient la parole, il demande qu’aucun mode ne soit adopté qu’après un mur examen, il réfute le membre qui a combattu son projet.
Un autre membre appuyé le projet proposé et y ajoute quelques propositions, il demande qu’après le jugement prononcé par la Commune, des commissaires soient nommés pour rédiger les motifs & eclairer par la les concurrens 6c le public d’apres les principes reconnus dans les arts.
Plusieurs membres appuyent dans le meme sens le projet présenté.
Un membre objecte la dificulté des jugemens motivés, il dit que souvent un artiste juge sainement par sentiment et sans pouvoir neanmoins l’établir par écrit. Il cite un exemple a l’appuy de cette assertion. Il se résumé et demande une deuxieme lecture du dernier projet et n’est point pour le jugement motivé. Il le regarde comme illusoire et le jugement fait par toute la Commune comme ouvrant une vaste carrière aux cabales.
Un membre le combat 6c demande les jugements motivés, il demande que les citoyens Dardel et Miger se réunissent pour combiner leurs idées et rédiger un projet.
On appuyé encore le jugement motivé, l’opinant entre dans des détails sur l’art, et fait diverses citations à l’apuy de son opinion. L’opinant pose comme principe que le but des arts est de toucher le cœur, d’elever l’âme et d’eclairer l’esprit en flattant les yeux. Qii’un tableau d’histoire doit instruire le spectateur éclairé et le spectateur ignorant, car les artistes possèdent un langage qui doit etre entendu de tous.
Un membre demande une nouvelle lecture, la distribution du projet imprimé.
Un membre demande la question préalable sur le projet du citoyen Miger.
On pose aussi les questions : sera-ce la Commune qui jugera ou sera-ce un comité : on demande que cette discussion ait lieu à la prochaine séance.
2® question : les jugemens seront-ils motivés, ne le seront ils pas?
Et dans le cas d’afifirmatlve comment et par qui seront rédigés ces
• ' ? • jugemens motives;
Un membre observe que l’on ne peut rien alléguer contre le droit que la Commune a de juger. La masse dit l’opinant, ne peut que bien juger, c’est dans les comités, dans un petit nombre d’hommes que naissent l’intrigue et la cabale; ce principe incontestable ne doit pas être mis eji délibération.
Un membre demande que le comité résume les principes connus des arts, d’après ce qu’a dit le citoyen Dardel, qu’il soit invité a coopérer à ce travail comme membre de ce comité, et à refondre ce plan d’après les différentes opinions énoncées, qui tendent à attribuer, autant que possible, le jugement a l’assemblée générale.
Ces propositions sont appuyées, un membre ajoute que le comité, dans l’ordre de son travail, doit d’abord poser les principes des arts, que le jugement soit motivé, mais non définitif et confirmé par l’assemblée générale. L’heure ne permet pas d’arrêter ces propositions qui sont ajournées a la séance.
Séance levée à ^ h. 1/2.
Allais , secrétaire.
Seance du ly y^’’^ ly pj , l’an deuxieme de la République une et indivisible.
La séance s’ouvre par l’admission des artistes non encore reconnus dans l’assemblée qui sont les citoyens Désormery, Taillasson, Lionois, Garnier, S. Wagers, Hue, Chateau et la citoyenne Landragin Peintre. Les citoyens Roussel, Chevalier & Pinot architectes. Le c®" Lucas sculpteur. Les c®"® Delaunay, Ch. N, Varin, Joseph Varin, de Ghenot, Avril fils et J. B. Gaultier graveurs.
On lit le procès verbal de la précédente seance dont la rédaction est adoptée.
Le c®" Duvivier rend compte de sa Mission relativement aux logemens destinés aux C. Lambert et aux C®*’® modèles des écoles. Il en resuite que s’etant de nouveau concerté avec le C. Heurtier
COMMUNE DES ARTS
ik ayant examine la maison sise rue du Chantre N® yi qu’avoit indiqué le C. Heurtier, il s’y trouve 4 logemens parfaitement convenables, au moyen de quelques légers changemens qui les rendront habitables. Le C. Duvivier, après l’avoir lû, dépose sur le Bureau son rapport par écrit et détaillé. Sur quoy l’assemblée arrête que son president écrira au Ministre, pour l’engager a mettre ces logemens à la disposition de la Commune des arts.
Un membre demande la parole pour observer à l’assemblée qu’en vertu d’une loy qui attribuoit au Ministre la disposition des logements en faveur des artistes qui pouvoient avoir des titres à cette faveur de la nation, il en a été donné a des personnes qui n’étoient point dans ce cas: l’opinant cite une parente du concierge de la cy devant académie. Il dit que ce n’est pas le seul abus qui ait eu lieu sur cet objet. Il demande que la Commune des arts prenne des informations et arrête l’arbitraire qui a corrompu la sage intention du décret.
Un autre membre objecte que ce décret ne dénomme pas seulement les artistes, mais aussi les savans, les gens de lettres et en général les citoyens dont les lumières, les talens les services leur donneroient le même droit.
Cette question donne lieu a diverses propositions; enfin l’assemblée en arrête la discussion jusqu’après l’organisation des arts. Plusieurs membres donnent lecture des différentes réflexions ou projets sur le mode provisoire du jugement des prix de cette année. Un de ces travaux est assez goûté de l’assemblée et assez peu étendu pour la déterminer à en arrêter l’impression. Chacun est invité a déposer son manuscrit sur le Bureau, comme devant produire une masse d’idées très propres a donner de nouvelles lumières au Comité.
Un membre demande que les ^ commissaires nommés pour correspondre avec le Comité d’instruction publique rendent compte de ce qu’ils ont fait.
Par les réponses des membres de ce Comité, il en resuite que le travail n’est pas commencé. Ils rendent compte des motifs de leur
inaction, ce que l’assemblée n’approuve pas; elle les engage positivement à s’occuper de leur mission, Sc arrête en généralisant la proposition que toute commission nommée pour une fonction quelconque rendra tous les 8 jours compte de ce qu’elle aura fait.
Un membre demande que le Comité des 12, continue de s’assembler pour travailler au mode général d’organisation, un autre membre observe que les membres seront en quelque sorte obligés de suivre la discussion sur le projet du Comité <St qu’il convient qu’ils attendent l’opinion de la Commune sur ce premier travail.
On demande que chacun muni d’un exemplaire l’examine à loisir et que la discussion soit ajournée a demain.
On demande la nomination de l’archiviste; sur la proposition d’un membre l’assemblée arrête qu’il y aura un scrutin ouvert ou chacun ira mettre son bulletin sous l’inspection de deux scrutateurs Pajou et Lussault.
On demande que demain la séance s’ouvre par la discussion sur la question de savoir si la Commune posera les principes des arts.
Seance levée a p h‘®*.
Allais , secref^'.
Séance du Mercredy 18 ^793 deuxieme de la République
une et indivisible.
La séance s’ouvre par l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée g^® qui sont les citoyens Landry et Gaillardon Peintres; le c®“ Leniot sculpteur, les c®'“ Guibert et Demarteau graveurs.
On lit le procès verbal de la séance de la veille, la rédaction en est adoptée.
Un membre prend la parole, il demande que sans discuter d’avantage sur la question de savoir si la Commune posera ou non les principes reconnus dans les arts, cette proposition soit mise aux voix.
fi.
Un autre membre dit que l’assemblée doit penser que les juges quels qu’ils soient, ne sont pas dénués des principes, il rejette la proposition.
Plusieurs membres demandent une seconde lecture des travaux lus dans la précédente séance. Cette proposition mise aux voix est arretée. Après une legere discussion sur l’ordre de ces lectures, il est arreté qu’elles auront lieu dans le meme ordre que la veille.
Elles sont interrompues par une proposition incidente d’un membre qui reclame l’impression d’un des projets en opposition à celui du Comité. Cette proposition n’a pas de suite, on continue les lectures.
Un membre qui n’avoit point encore émis ses idées obtient la parole sur l’ordre du jour, il en donne lecture. Il demande que l’assemblée pose enfin les principes, car ajoute-t-il, on ne sauroit nier l’existence de ces principes. Il cite les auteurs qui en ont écrit: Après plusieurs développemens il demande que les artistes qui auroient de nouvelles idées a proposer, soient invitées à en faire part.
Un autre membre appuie le préopinant, il insiste de meme sur l’existence des principes et la nécessité de les fixer authentiquement. Après s’ctre étendu il demande qu’on le réfute. Personne ne prend la parole pour nier qu’il y ait des principes.
U n membre en com ient mais il demandesi l’assemblée entend faire un code sur les arts, comme on fait un code civil, un code criminel.
Un autre membre dit qu’a proprement parler, il n’y a que les sciences que l’on puisse dire fondées sur des principes, que les arts dont le but est d’imiter la nature ne sauroient être soumis à des principes démonstratifs, que les objets et les moyens de la nature étant infiniment variés, son imitation est presque toute du ressort du sentiment. Il cite les grands artistes qui n’ont consulté que la nature, ils citent aussi leurs imitateurs qui toujours restèrent en arrière, les idées de l’opinant sont appuyées.
Enfin un membre demande que les membres qui sont pour la nécessité de poser des principes soient invitées a en présenter la ré-
daction, afin que si les auteurs ofiFrent des idées toutes nouvelles, on reconnoisse la nécessité de recueillir ces principes, ces traits de lumière inconnus jusqu’ici et qui n’auroient point eu par devers eux les artistes appellés a juger.
La proposition est appuyée par un membre qui y donne de nouveaux developpemens, on l’a combat le préopinant reprend la parole & ayant laissé echaper une expression qui choque le membre qu’il réfuté, on demande qu’il soit rappellé a l’ordre avec censure. II s’élève un grand tumulte, l’opinant demande à être entendu : on demande d’une part l’ordre du jour, de l’autre la censure. II obtient la parole, il observe qu’il n’a pas mérité la censure de l’assemblée puisque ce n’est pas elle qu’il a blessé, qu’il n’a eu l’intention de blesser personne, qu’il a usé du droit de dire énergiquement sa pensée Sc qu’on ne s’est jamais montré si dificile sur le choix des expressions qu’a son égard. Un membre rapelle qu’un des membres le menaça de son oppression à la tête de 600 de ses amis Sc que ce membre ne fut point censuré. II loue l’assemblée de sa modération en attribuant alors cette incartade à un mouvement impétueux qui ne tient souvent qu’au caractère, au tempérament de l’individu. II fait observer que l’assemblée ne doit pas se montrer plus severe dans une circonstance moins grave, sans manifester de la partialité. Enfin le calme se rétablit : un membre demande par motion d’ordre, qu’a l’avenir tout membre qui interrompera les délibérations soit exclus de l’assemblée. La rigueur de cette proposition et l’embarras de son exécution fait qu’elle n’a pas de suite. On passe à l’ordre du jour. Mais il est tard, l’assemblée ajourne à demain la suite de la discussion de savoir si on posera ou non les principes reconnus dans les arts.
L’assemblée ferme le scrutin pour la nomination d’un archiviste Sc renvoyé à demain le dépouillement.
Seance levée à p h. 1/2.
Allais, secrei.
Séance du Jeudy i p i/ pj , L’an deuxieme de la République
une et indivisible.
On ouvre la séance par l’admission des artistes non encore reconnus en assemblée G’'' qui sont le C. Delafontaine Peintre, la Démarquais Peintre, les C. Brunet et Vailliard sculpt., le C. D’auvergne Architecte.
On lit le procès verbal dont la rédaction est adoptée.
On nomme pour procéder au dépouillement du scrutin qui avoit été mis sous les scellé, les citoyens Boizot, Machy, Gois, Molinchon, Gilbert, Miger. Après une légère discussion on arrête que ce dépouillement se fera a part de l’assemblée dans la salle ronde.
Un membre prend la parole pour dénoncer un délit commis dans les arts; il semble, dit l’opinant, que l’on veuille par la destruction des chef d’œuvres, faire oublier les arts et nous replonger dans l’ignorance et la barbarie, il existe a l’hotel de Bretonvilliers plusieurs peintures de nos grands maitres & particulièrement un plafond peint par Bourdon, qui est un de ses plus beaux ouvrages, un membre de la Commission des monumens a signé son arrêt de mort, déjà la voûte etoit percée par le passage d’une cheminée dont la fumée a obscurci les alentours ik l’on vient de construire un plancher qui a accru le dommage, l’opinant demande qu’il soit fait une pétition pour demander la cassation de la Commission des monumens plutôt funeste qu’utile a l’objet de sa mission. L’origine de cette Commission, ajoute-t il, suffit seule pour la faire rejetter, elle datte du tems de l’Aristocratie ministerielle de Roland. Un membre observe que cette Commission fut nommée en 1790 avant le Ministre Roland. Un autre membre avance les memes choses à l’appui de la dénonciation, en ajoutant que ce qui en reste meritoit bien d’étre conservé. Il demande que la Commune des arts s’en fisse rendre compte. Un autre membre qui a eu une mission a
l’hotel de Bretonvilliers en qualité d’architecte, pour présider ci la construction des ateliers d’armes, dit que le Plancher dont on parle est construit depuis i6 ans, que Dupont de Nemours qui y avoit établi une imprimerie a causé de nouveaux domages.
Un membre dit qu’il n’y a que le percement de la cheminée qui ait causé une destruction digne de regrets, que le reste est en assez bon état pour être facilement réparé et suplée a l’aide des gravures.
Le membre dénonciateur reprend que la lettre du Ministre qiiil a lue, dit aux commissaires de voir ce quil seroit à propos de faire pour la conservation de ces chef d’œuvres. II inculpe grièvement le membre qui a signé une lettre qui dit qu’il ny a pas moyen de tirer parti de ces peintures; il conclut de nouveau à la cassation de la Commission.
Un membre observe qu’il fàudroit entendre le membre inculpé, qu’on ne doit pas tout à coup attribuer des intentions destructives à un artiste préposé pour la conservation des monumens, que cette commission n’a point mérité jusqu’ici de pareils reproches. Ce membre arrive, après avoir entendu ce qu’on lui impute, il dit qu’il y a quelques vérités dans ce qu’on a anoncé, mais que le dénonciateur n’est apparemment pas instruit de plusieurs circonstances qui, s’il les eut connus, ne l’auroient pas fait bazarder tout ce dont il l’a accusé. Le Ministre, dit-il, avoit déjà fait faire des dispositions préparatoires pour des ateliers avant d’en prévenir la Commission des monumens. Elle avoit marché jusques la d’après les ordres du Ministre. Elle a depuis peu des pouvoirs plus étendus qu’elle tient immédiatement de la Convention nationale, l’hotel de Bretonvilliers etoit une propriété particulière occupée longtems par les fermiers généraux, ensuite par Dupont de Nemours, devenue depuis propriété N^® par l’emigration de la proprietaire, que c’est lui qui informé par un architecte membre de la Commune, a prévenu ses collègues, que toute la Commission a vu l’etat de ces peintures et que la lettre dont on a parlé est signée de 2 de ses membres & non pas de lui seul, ce que le dénonciateur a omis de dire. II insiste sur
le mauv.'iis état de ces peintures et invite l’assemblée à nommer des commissaires éclairés et sans passion pour se faire rendre compte de ce qu’il avance.
L’assemblée nomme par acclamation p commissaires qui sont les citoyens le Brun, l’Agrenée l’ainé, b". Gérard, Suvée, Potaj/i, Vien, Vincent, Naigeon, Belle fils; on reclame l’ordre du jour.
Un des scrutateurs rend compte du résultat du scrutin. Il y a P 2 votans, aucun membre n’a eu la majorité absolue. Les C. Allais et Pajou se trouvent au Balotage, l’un et l’autre allèguent les raisons qui les empechent d’accepter la fonction d’archiviste; ils prient l’assemblée de jetter les yeux sur d’autres membres.
L’assemblée arrête quelle procédera à un nouveau scrutin. Sur la proposition d’un membre elle arrête en outre que le depot de ses archives sera dans le local de ses séances.
On propose de différer la nomination et de laisser les archives à la conservation des secrétaires : l’assemblée ajourne jusqu’après le jugement des prix la nomination de son archiviste.
On passe à l’ordre du jour qui est la lecture de diférens projets de jugement ou réflexions a ce sujet.
Un membre demande que sans trop s’appesantir sur des questions qui peuvent etre renvoyées au travail général de l’organisation des arts, on s’occupe promptement du jugement des prix.
On fait encore lecture de plusieurs pièces dont les vues sont favorablement accueillies de l’assemblée; chacun déposé son travail sur le Bureau.
On observe qu’il faut fixer un terme à ces lectures.
Un membre propose un ordre de délibérations en 4 articles.
Un membre observe que l’opinant tend a faire recommencer les discussions au lieu de les accélérer.
Beaucoup de membres demandent la parole, enfin après diverses propositions, l’assemblée arrête que l’on déterminera en forme de déclaration le but des arts qui ont le dessin pour baze; elle adopte article par article les propositions suivantes:
Art. 1®*'. Le but des Beaux arts du dessin est de toucher au cœur, de parler à l’ame, d’eclairer i’esprit en charmant les yeux.
2®. Les arts du dessin, la peinture, la sculpture et la gravure peuvent rendre toutes les nuances des passions qui agitent l’homme.
3®. L’architecture doit donner à chaque monument un caractère tel qu’a son aspect on reconnoisse l’objet pour lequel il est
édifié.
4®. Les Beaux arts doivent imiter la nature dans ce qu’elle offre de plus Beau.
3®. Les arts sont une des branches essentielles de l’instruction publique,
6®. Les monumens des Beaux arts sont les témoins irréfragables de l’histoire.
Arrête en outre la rédaction définitive, jusqu’après le considérant qui doit les précéder.
L’assemblée arrête en outre que les jugemens des prix seront motivés d’apres le passage de l’histoire qui en aura fait le sujet.
On entame la discussion sur la question de savoir si les jugemens se feront par la commune entière ou par des commissaires nommés. On demande l’ajournement à la prochaine séance;
On lit encore deux projets sur ce sujet.
La séance est levée a ^ h. 3/4-
Allais , secrétaire.
Seance du Vendredy 20 7^''® ly yj l’an deuxieme de la République
une et indivisible.
La seance s’ouvre par l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée G*® qui sont les citoyens Vandol, Chris-
tophie, Menjaud, Reivault, Bernier, Robert Peintres; Clement Sc Duval Graveurs, Bienvenu, Chassagnole & Durand Architectes.
On donne lecture du procès verbal sur lequel il y a plusieurs réclamations, apres les corrections faites il est adopté.
Un membre prend ensuite la parole sur le fond sans parler contre les arrêtés pris la veille dans la séance, il se plaint en général de ce que quelques membres doués d’un organe plus imposant Sc d’une constance plus soutenue, parviennent en lassant l’assemblée à lui faire adopter leurs idées, qu’ainsi on lui a fait perdre trois séances pour arrêter des articles qui, quelque bons qu’ils puissent être, ne vont point au fait dont elle vouloit s’occuper qui est un mode provisoire et raisonnable pour le jugement des prix de cette année; il prévoit des débats interminables et un résultat dificile <à obtenir; il pense qu’on auroit sagement fait de ne pas adopter dans les circonstances ou nous nous trouvons un mode de jugement si diamétralement opposé au mode usité jusqu’ici.’
Un membre prend ensuite la parole et déduit une opinion toute contraire, il veut que la Commune toute entière juge, il s’étend sur tous les vices des corps academiques. Cette opinion développée par écrit est déposée par l’auteur sur le Bureau.
Un autre membre est dans le sens du préopinant, mais vu les longueurs et les embarras qu’entraine le mode de jugement par la Commune entière, il pense que sans déroger au droit qu’elle a de juger elle même, elle pourroit en ce moment le deferer à une commission.
Un membre propose que les concurrens choisissent leurs juges; c’est dit il, un droit incontestable Sc qu’on ne peut lui ravir sans user d’une autorité par laquelle eux portion de la Commune se trouvent dans la dépendance de l’autre portion; l’opinant propose donc que les concurrens élisent leurs juges, qu’il leur soit adjoint un nombre d’électeurs qui les aideroient dans leur choix; il resulteroit de cette commission un jugement que la Commune confirmeroit.
Un membre propose comme moyen conciliateur qu’il soit nommé
par la Commune une commission qui feroit un travail préparatoire sur les ouvrages Sc en forme de rapport qu’apelleroit l’attention du reste de l’assemblée par les remarques essentielles qui seroient à faire sur les ouvrages a juger; que pour former cette commission, il seroit fait une liste de candidats dont les concurrens auroient droit de récuser un nombre déterminé par l’assemblée que cette commission , par son rapport analitique , eviteroit a l’assemblée des recherches d’autant plus longues que l’assemblée pourroit se trouver plus nombreuse.
Un autre membre dit que le droit de rejection ne doit pas être attribué aux concurrens. Il en fait voir les inconveniens et l’inutilité, puisque le travail de la commission proposée seroit motivé.
Un membre dit que c’est trop disputer sur ses droits, que sans blesser l’égalité politique on peut admettre dans cette assemblée la diférence des talens reconnue par la Loi même, il vote pour ce jugement provisoire et urgent la nomination d’hommes éclairés.
On combat la proposition et*on demande le jugement en masse & que les concurrens soient interpellés de dire si ce mode de jugement ne leur convient pas.
Un membre dit qu’il n’est point impossible que par erreur intrigue ou autre circonstance quelconque, il résulte de la masse un mauvais jugement, & dans ce cas, qu’il faut prévoir, il demande comment la Commune des arts pourra rectifier son propre jugement. Il demande que dans tous les cas, les concurrens n’ayentpas droit de récuser, que les peres, oncles & freres seulement soient de droit, exclus de la fonction de juge.
Un membre demande comment la Commune entière pourroit elle motiver son jugement. Il propose qu’une commission présente le résultat de son examen a l’assemblée g^® qui ratifiera et prononcera définitivement : cette proposition est appuyée.
Un membre y donne de nouveaux développemens, il cite l’exemple de la Convention où on ne délibéré que sur le raport préalable d’un comité. Cela est fondé, dit-il, sur ce qu’une assemblée peut se
laisser entraîner à l’énoncé séduisant d’une première proposition présentée avec éloquence : il demande d’arrêter comme principe que la Commune des arts jugera définitivement en masse, mais que ce jugement sera précédé du rapport d’une commission dont les concurrens auront le droit de rejetter un nombre déterminé, et que les jugemens préj\aratoires seront motivés.
Enfin on demande d’arreter comme principe, que la Commune entière jugera définitivement.
On propose plusieurs rédactions : l’assemblée donne la priorité à cellecy qui est arrêtée. Les diferens ouvrages mis en concours seront jigés par tous les membres composant la Commune des Arts, qui seront convoqués à cet effet.
Séance levée à 9 h. 1/4.
Allais, Secref\
Séance du 21 de la République
une et indivisible.
On ouvre la séance par l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée g*® qui sont les citoyens Merlot & Lejeune peintres, Berthelemy & Laumer sculpteurs, Romanet et Glairaut-Moudet graveurs.
On lit le procès verbal sur lequel il n’y a point de réclamation. Un membre lit ses reflexions sur la question de savoir si le jugement des ouvrages en concours se fera préalablement par une commission pour etre ensuite confirmé par la Commune. Il combat la formation d’une commission, les moyens qu’il déduit sont goûtés de l’assemblée: il dépose son manuscrit sur le Bureau.
Un autre membre dit qu’autrefois, avant que l’académie eut porté son jugement, les éleves dans l’exposition qui le précédoit, jugeoient les ouvrages et que le résultat tacite de l’opinion des jeunes artistes étoit toujours un jugement sain et impartial, il demande donc que
sans le secours d’une commission après une exposition publique dont la Commune déterminera la durée, l’on aille aux voix en assemblée
Un membre combat ce mode. La commission dit il est necessaire. La Commune se compose d’hommes à grands talens et de jeunes artistes qui n’ont pas encore toutes les lumières qu’ils devront avoir. Les uns sont faits pour guider : les autres pour être éclairés et puisqu’il faut encor convenir que les foibles talens sont en majorité en considérant moins cette souveraineté dont on se montre si jaloux, et meme l’interet particulier des concourans, mais bien l’intérêt des arts et leurs progrès qu’il s’agit d’accélérer, il faut donc provoquer les lumières des hommes de mérite et sans doute ce seront ceux là que vous choisirez pour former une commission. Pour moi, ajoute l’opinant, qui serai toujours attentif à delfendre mes droits, je ne croirai point les aliéner en appellant autour de moi les lumières des hommes supérieurs pour m’aider dans mes jugemens, il s’agit ici d’analyser et le talent de l’analyse, qui est le résultat d’un grand savoir, n’appartient pas à tous.
On réfute de nouveau cette opinion. Que serviroit dit-on d’avoir détruit les académies, leur vice essentiel etoit d’avoir un goût dominant, ce seront les mêmes hommes que vous choisirez pour former votre commission car c’est parmi eux que se trouve une grande partie des talens que vous voudrez appeller et s’ils avoient des préjugés, ils les ont encore, s’ils influencoient, ils continueront d’exercer cette influence : chacun se reposera sur le travail de la Commission.
Quelle sera dit un autre membre, la position de celui qui ne se confiant pas en ses propres lumières, viendra pour juger, lise guidera sur le raport de la commission. Ainsi le jugement par la commune en masse ne seroit qu’une illusion et ce sera la commission qui aura réellement jugé, il sera difficile que ces commissaires se dépouillent de leurs habitudes ce qu’ils vous donneront pour raport en sera le résultat. La formation d’une commission iroit contre le but de votre
premier arreté. II y a un sentiment inné qui fait que ce qui est vraiment beau, attire à soi et capte les suffrages, consultez ce premier sentiment, sans craindre l’erreur. Ce qu’on appelle jugement motivés est illusoire, peut être dangereux c’est une influence à redouter : chacun est ingénieux à faire valoir son opinion, et ici c’est sa propre impulsion qu’il faut écouter.
Un autre membre est pour la Commission dont il ne préjuge aucun inconvénient.
II est de nouveau combattu par un autre membre qui développe d’une maniéré satisfaisante pour l’assemblée, les moyens qu’il oppose.
Un autre membre exprime énergiquement son antipatie pour les académies.
On demande par motion d’ordre que l’on s’abstienne de manifester à l’avenir ces passions puériles contre les corps académiques; car ajoute l’opinant ils n’existent plus de pareilles sorties tendroient donc à combattre un phantome et sans doute ce n’est pas contre les individus qu’on prétend les diriger. L’opinant rentre dans la discussion : il ne convient pas, comme on l’a avancé que ce qui est beau se fasse toujours distinguer au premier aspect, c’est dit-il la renommée et par conséquent l’influence commencée par les artistes qui a fait la réputation des plus beaux ouvrages, il cite que des artistes de talent et de bonne fol sont convenus qu’il leur avoit fallu du tems et de la reflexion pour découvrir dans des chefs d’œuvres des beautés dont ils n’avoient point eu jusques là l’idée : et quand il seroit vrai ajoute-t-il que le propre d’un bel ouvrage fut de fixer infailliblement l’attention de tous, on peut admettre cette hypothèse, qu’il ne se rencontrera pas un chef d’œuvre parmi les ouvrages a couronner, qu’ils peuvent même etre tous d’une égale médiocrité et que pour définir le mérité particulier de chacun, le premier examen d’une commission semble necessaire et son influence peu dangereuse puisqu’hors de cette commission il y auroit encore des talens competens, qu’il s’engageroit une discussion d’ou resulteroit le plus grand
jour et qu’enfin le rapport seroit infailliblement détruit s’il etoit vicieux ou erroné.
Un autre membre dit, vous avez arreté comme principe que les jugemensserontmotivés, mais j’etends cette condition à tous les juges; autrement le but ne seroit pas rempli, ce seroit voter par feves blanches et noires. L’opinant regarde neammoins la commission comme abrégeant le travail et la Commune conservant tous ses droits, puisque ceux de ses membres qui auront a combattre les analyses de la Commission, le pourront faire : il vote pour la commission dont l’influence ne lui semble pas dangereuse.
Plusieurs membres développent encore pour & contre leurs opinions respectives, chacun n’apperçoit point d’inconvenient dans le mode qu’il propose. Cependant l’assemblée est encore indécise.
Un membre fait une nouvelle proposition qui consiste à ce qu’il soit formé dans chaque art une commission dont le rapport mis sous le scellé n’en seroit retiré qu’apres le jugement de la commune qui alors en prendroit connaissance.
Un membre conteste que tous les arts ne puissent être jugés par tous les artistes indistinctement, il cite Michel Ange, Servandoni, qui possédoient tous les arts. Il ne faut pas dit l’opinant séparer les arts comme des corporations de métiers. Les arts sont frères ils ont des rapports qui les lie entre eux, il ne faut pas les isoler. II observe que les jugemens étant motivés, il n’y aura que ceux qui pourront motiver qui jugeront.
Un autre membre combat cette proposition et pour appuyer ce qu’il a dit à ce sujet il demande que tous les architectes déclarent s’ils se sentent en état de porter un jugement sur la Peinture, que réciproquement les peintres, graveurs disent s’ils jugeront des plans d’ Architecture. Défions nous dit il des mouvemens de l’amour propre et que la manie de juger, ne nous entraine pas a de fausses mesures : n’établissons pas un principe général sur des exceptions. Si Michel Ange et quelques autres ont reuni plusieurs talens il y en avoit toujours un dans lequel ils excellèrent. II demande que si les artistes
de chaque genre d’art déclarent ne pouvoir tout juger, il n’y ait dans chacun que les Pairs admis à porter un jugement qui seroit néanmoins ratifié par la Commune entière.
Un membre réfute qu’il n’y ait que les pairs qui puissent juger, il veut qu’aumoins on fasse un essai de jugement par tous les arts confondus.
Plusieurs membres appréhendent cet essai pour les concurrens.
Un membre dit qu’une commission aura nécessairement de l’influence et telle que la Commune ne pourra s’en garantir, une des causes c’est la presqu’impossibilité de faire former un jugement par un très grand nombre a quoi il faut joindre la paresse naturelle <à chacun qui le porte à se reposer volontiers sur la foi d’autrui il est bien vrai ajoute-t-il que tous les arts ont le meme principe, le dessin, mais chacun évitant la fatigue des longues études, cette inertie fait qu’il manque le plus ordinairement des diverses connoissances particulières à chaque art, et en cela les artistes modernes devroient imiter ceux que l’on a cités, qui avides d’instruction se rendirent habiles dans toutes les parties et excellens au moins dans une.
L’opinant pense que le jugement motivé et signé sera illusoire : il voudroit que l’on ne fut pas contraint à ce jugement motivé, il entre ensuite dans une digression sur les arts qui sans tendre directement <à l’objet de la délibération, interesse néanmoins l’assemblée. Il conclut à ce que la Commune entière juge, mais sans motif obligé.
Un autre membre pense meme qu’on ne sera pas contraint de juger en aucune maniéré car dit il si beaucoup d’artistes sont encore au dessous des talens où ils peuvent prétendre ce seroit entrer dans la carrière par la fonction de juge.
On demande de fermer la discussion.
Le president rappelle à l’assemblée qu’elle devra dans sa prochaine séance procéder au renouvellement du Bureau.
La séance est levée à ^ h. 1/2.
Allais, secrétaire.
Séance du Lundi zj septembre Jy p j de la République
une et indivisible.
La séance s’ouvre par l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée générale qui sont les citoyens J‘^ Victor Bertin, André Michau, Dafrique et Baudouin Peintres.
Alexandre Renier, Roger et Jadoüille Pere Sculteurs, Bouchu et Jadoüille fils architectes.
On lit le procès verbal sur lequel il n’y a point de réclamation.
Le president annonce le renouvellement du Bureau comme premier ordre du jour.
D’une part on demande l’ajournement et la suite de la discussion de la précédente séance.
D’autre part on demande le renouvellement du Bureau, il est appuyé.
On procède à l’appel nominal pour le scrutin du president.
Il se trouve i i4 votans. Sur quoi le c''*' Moreau obtient 43 voix le c®“ Pajou fils 3^. Le c®" Naigeon p le c®"' Boisot y Petit Coupray 3. D’autres membres 1 et 2 voix. Le Balotage s’établit entre les c®°® Moreau et Pajou n’y ayant pas majorité absolue. Il y a ^3 votans sur quoi le c®" Pajou obtient 63 voix le c. Moreau 32.
Le president proclame au nom de la Commune des arts le c®'' Pajou pour son president et le c®*’ Moreau J"® vice president.
On procédé a la nomination des secrétaires.
Il se trouve 68 votans sur quoi le c®” Bienaimé obtient 34 voix, Gérard 12, Allais 12, Anselin 4 etc.
On met au ballotage le c®' Bienaimé et le c®” Allais. Il reste 33 votants sur quoi le c®*’ Bienaimé a 43 voix et le c®” Allais 12.
Le president proclame pour secrétaire le c®“ Bienaimé les c®“" Allais et Gérard pour adjoints.
COMMUNE DES ARTS
L’assemblée confirme dans leurs fonctions de scrutateurs et par acclamation, les c®"® Gois, Bonvoisin et Tourcati.
Séance levée à ^ heures 1/2.
Allais, secref‘.
Séance du 2^ ly 9} de la République une et indivisible.
La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal sur lequel il n’y a pomt de réclamation apres cette lecture, les sculpteurs qui concourent pour le prix et qui sont en état de réquisition demandent qu’il leur soit délivré un certificat ou attestation de la Commune des arts pour valoir auprès du Ministre de la guerre de maniéré a les faire exempter jusqu’apres l’achevement de leur travail de toutes les sujétions attachées a leur état de réquisition, on demande que deux commissaires soient nommés pour présenter au Ministre l’attestation de la Commune; un autre membre demande que cette attestation ne soit autre chose que l’extrait du procès verbal de la séance. Ces deux propositions mises aux voix sont adoptées. On propose pour commissaires les citoyens Régnault et Boizot pere qui sont élus par acclamation.
On procède ensuite a l’admission des artistes non encor reconnus en assemblée générale; ces artistes sont les c*^*'® Vogel architecte, Hariete, Berton , et Lafontaine Peintres.
Les sculpteurs concurrents font une seconde demande par l’organe du secrétaire : ils prient l’assemblée de vouloir bien autoriser le c‘‘" Philipeaux a faire descendre samedi prochain leurs bas reliefs par les modèles selon la coutume quils avoient de le faire, on demande, et l’assemblée arrête que cette autorisation de sa part n’aura lieu qu’après qu’elle aura définitivement statué sur le jugement.
Un membre observe que le Comité d’instruction publique attend
après le travail de l’assemblée; en conséquence il demande l’ordre du jour. L’ordre du jour est adopté.
Le président rappelle le fond de la question qui est de savoir s’il y aura une commission pour le jugement des prix.
Un membre fait lecture d’un discour fort peu étendu dont le résumé est pour la Commission, il cite a l’appui de son assertion l’exemple des législateurs qui-, ne craignant pas de se laisser influencer nomment lorsqu’il s’agit d’une délibération importante un comité dont ils accueillent ou rejettent le travail selon qu’il leur paroit plus ou moins convenable; il termine par réitérer de son serment de prononcer en homme libre et d’après le sentiment profond de sa conscience.
Un secrétaire fait part à l’assemblée en l’absence de l’auteur d’un discour dans lequel on rejette tous les modes de jugement proposés jusqu’alors auxquels on substitue celui de faire juger les prixs par les concurrents meme.
Apres cette lecture un membre propose de prendre un mode de jugement qui, en conservant a la Commime des arts son droit, soit aussi de nature a répandre des lumières, il a prétendu que la commission seule pou voit procurer cet avantage, qu’il ne falloit pas craindre qu’elle alterat en rien le droit de la Commune, puisque cette Comission ne pouvoit pas juger définitivement, il pense que de tous les projets soumis a la discussion celuila est le seul qui ait peu d’inconvenients, il observe que tout autre moyen entraveroit la marche, et qu’il feroit arriver dificilement au but qu’on se propose; il appuie la nécessité de motiver les opinions, et se résumé par proposer la commission comme un moyen simple et facile.
On présente un autre mode qu’on avance comme devant reunir tous les avantages de la commission sans en avoir les inconvénients, cest celui qui engageroit tous les membres a émettre particulièrement leur vœu pendant le cour de l’exposition.
Un membre observe que pour émettre son vœu il ne faudra pas faire un livre, que celui qui saura plus dira plus, enfin que chacun
ne pouvant motiver qu’en raison de ses connoissances, il y aura un peu plus ou moins d’étendue dans l’explication des motifs, il insiste pour que la commission soit rejettée en demandant qu’il y ait un Jugement particulier sur les ouvrages qui précédera le jugement definitif lequel devra être motivé et signé.
Il s’eleve beaucoup de bruit sur la maniéré de poser la question , et l’on donne lecture d’un arrêté pris antérieurement par la Commune qui déclare quel jugerait en masse, et que les jugements seront motivés. Sur l’invitation de l’assemblée, le préopinant reproduit son résumé et il est enfin définitivement arrêté que la Commune jugera en masse, et que chacun de ses membres sera non seulement tenu de motiver, mais encor de signer individuellement son jugement.
On demande si ceux qui ne voudront pas motiver auront le droit de juger, il s’élève a cette egard un grand bruit occasionné par l’improbation de l’assemblée qui passe cependant a l’ordre du jour sur la proposition de censurer au procès verbal l’auteur de la demande.
Le citoyen Lebrun dépose sur le bureau les titres academiques de sa femme. L’assemblée applaudit a sa conduite, et sur la proposition d’un membre le president donne a ce citoyen le baiser fraternel.
On demande ensuite que tous nos frères les académiciens soient invités a suivre cet exemple afin de livrer aux flammes tous ces signes honteux de l’aristocratie. Le citoyen Foucou ci devant académicien déclare qu’il a brûlé sa patente le lo aoust. L’assemblée paroit satisfaite de cette déclaration.
On appuie la proposition tendante a ce que tous les dijdomes auxquels sont attachés l’effigie et la signature du cidevant roi, soient brûlés sur la loi qui exige que toutes ces effigies seront détruites.
L’assemblée arrête cette proposition, elle arrête en outre que tous les cidevants académiciens qui déclareront avoir brûlé leur patente, signeront leur déclaration au procès verbal.
Un membre demande que nul académicien ne puisse voter au prochain jugement s’il ne s’est pas conformé a l’arrété de la Commune a cette egard, un autre va plus loin il propose la dénonciation des infracteurs au comité de surveillance; on veut réfuter sa proposition, il la soutient comme essentiellement liée à l’obligation de remplir partout ses devoirs de citoyen.
Ainsi les deux propositions précédentes mises aux voix sont adoptées.
L’assemblée arrête aussi que copie de ces arretés sera envoyée a tous les membres des cy devants academies, et quelle sera en outre insérée dans les journeaux.
On propose par suite de brider les brevets des pansionnaires, il s’eleve a cet egard une discussion pour et contre; enfin un membre observe que presque tous les pensionnaires ont déjà porté leur brevet chez le Ministre de l’interieur pour y être renouvellé dans l’esprit des nouvelles loix, un autre dit que les pensionnaires pouvant être considérés comme pensionnaires de l’Etat, il n’y a pas lieu a délibérer et qu’il faut passer a l’ordre du jour.
On procède avant a l’admission de deux artistes non encor reconnus; ces artistes sont les citoyens Duret sculpteur et Halam peintre.
Un secrétaire fait lecture de la rédaction de l’extrait du procès verbal a envoyer au Ministre pour les sculpteurs concurrents qui sont en réquisition. La rédaction mise aux voix est adoptée.
Le president fait part à l’assemblée que le c®" Poyet ci devant académicien architecte vient de déposer sur le bureau son brevet. L’assemblée accueuil favorablement le civisme du citoyen Poyet.
On passe ensuite a l’ordre du jour.
Après quelques propositions et une légère discussion l’assemblée arrête que tous les prix seront exposés ensemble et jugés consécutivement après trois jours d’exposition en commençant par la sculpture.
On demande que le temps de l’exposition soit partagé entre le
public et les artistes, mais un membre obser\e que le temps destinés aux artistes ne peut pas être divisé entre eux et le public, qu’il faut qu’un jour soit tout au public ou tout aux artistes.
On représente a cet égard que c’est avant le jugement que le public doit être admis parceque son opinion guide en quelque sorte le jugement des artistes, mais que trois jours d’exposition étoient insuffisants, qu’il en falloit donner deux au public et deux aux artistes.
En consécpience l’assemblée déclare qu’elle rapporte son arrêté précédent cpii fixoit l’exposition a trois jours, et elle arrête que le jugement aura lieu après quatre jours d’exposition en commençant par les sculpteurs.
La discussion s’ouvre sur la question de sa\oir si les concurrents seront jugés par leurs pairs, un membre prononce un discour dans lequel il attaque a la fois la vanité et la modestie des architectes auxquels il impute l’opposition a la reunion des artistes pour juger, et le résumé de son discour tend a demander que cette reunion s’effectue.
On demande que le public soit libre de manifester son opinion; cette demande est ecartée par la question préalable motivée.
Un membre propose que tous les bulletins motivés soient faits dans l’assemblée, et que ceux la seuls soient admissibles comme valables, il demande en outre que l’assemblée générale se réserve le droit de rejetter les bulletins qui lui paroitroient mal motivés.
Un autre membre observe que le mode de jugement en masse est prématuré, que chacun devant et pouvant juger celui qui n’est (jue médiocrement instruit, apres a\oir mal motivé son opinion, n’en aura pas moins le droit de la faire Aaloir, et que cela seroit alors très prejudiciable aux intérêts des concurrents, il demande le rapport de l’arreté qui déclaré que la commune jugera en masse et indistinctement.
On reclame le maintien de l’arrété.
On Elit une autre proposition tendante a Elire \aloir la minorité
des critiques en faveur des ouvrages en concour, et on rapporte a l’appui de cette proposition un trait de cette natîire arrivé a Rome dans un concours de sculpteurs.
On fini par demander quel cas on fera des bultins qui paroitront mal motivés.
L’assemblée n’arrête rien sur cet objet.
Seau ce levée a p heures 3/4*
Bienaimé, secrétaire.
Séance du zj ^793’ Republique
une et indivisible.
La séance s’ouvre par l’admission des artistes non encor reconnus a l’assemblée générale; ces artistes sont les citoyens Stouf et Auger sculpteurs.
On donne ensuite lecture du procès verbal sur lequel il s’élève une réclamation tendante a y faire insérer le nom du cidevant académicien Foucou qui a brûlé son brevet le 10 aoust.
Le citoyen Perrin déposé sur le bureau une déclaration dans laquelle il certifie a la Commune des arts qu’ayant demeuré aux cidevants Menus plaisirs a l’epoque de l’incendie de quatre vingt huit il a perdu dans le cahos de cet événement un carton rempli de notes historiques dans lequel etoit son brevet de pension et la patente du cidevant roy qui constatoit sa réception en quatre vingt sept et que n’y ayant attaché aucune importance, il n’a fait depuis aucune démarche pour en avoir une autre.
Conformement a l’arrété precédamment pris par la Commune des arts et appuyée sur la loi qui ordonne que toutes les effigies royales seront détruites, plusieurs membres viennent faire l’abandon de leurs titres academiques. Ces membres sont les citoyens Moreau jeune, Mounier, Dwailly, Houdon, Miger, et Lagrené L’ainé.
On alloit passer a l’ordre du jour, mais un des sculpteurs occupés au concours donne lecture d’une lettre de son commendant de bataillon qui ne remplit pas l’objet de la démarche faite près du Ministre de la guerre en vertu de l’arrcté de la Commune des arts. Il se plaint de ce qu’on exige de lui dans cette lettre, et demande que l’assemblée fasse droit à sa réclamation.
On propose d’attendre le rapport des commissaires pour ouvrir la discussion sur cette objet; cette proposition est adoptée et l’on passe à l’ordre du jour ainsi concu : Les prix seront ils accordés a la majorité absolue des voix; d’un coté on reclame la priorité pour la majorité de l’autre on demande qu’avant de décider cette question l’assemblée arrête quel cas elle fera des bulletins mal motivés; car on observe que dans le cas ou ils formeroient la majorité, le jugement seroit injuste.
On demande la question préalable motivée sur ce que l’assemblée n’a pas le droit de demander compte aux opinants des raisons qui ont déterminé leurs motifs.
Un membre s’élève contre la majorité des voixs il prétend que c’est trop exiger, et il propose d’arreterque pour remporter le prix le tiers des voix pourra siifhr.
Le citoyen Régnault l’un des commissaires envoyés chez le Ministre de la guerre vient rendre compte de sa mission a l’assemblée, il termine son rapport par proposer que les jeunes sculpteurs continuent tranquillement de travailler et que dans le cas ou on les presseroit trop pour le cazernement ou qu’on les eloigneroit trop de leur travail, alors la Commune des arts ait a prendre toutes les mesures que les circonstances pourroient nécessiter.
On reprend la discussion par la question préalable invoquée contre la proposition de statuer sur les jugements mal motivés.
Un membre pense comme un des préopinants que personne na le droit de rejetter les jugements quels qu’ils soient il propose pour eloigner les erreurs autant qu’il seroit possible, de faire précéder le jugement définitif par une discussion générale qui tendroit a faire
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eclairer tous les membres de l’assemblée respectivement les uns par les autres il présente un mode de jugement par lequel il demande quon pose pour base tous les avantages qui peuvent caractériser un ouvrage parfait tel que correction du dessin, couleur, belle ordonnance, expression exigée par le programme, etc. : quon aille aux voix séparément sur chacune de ces bases, et que celui qui remporteroit la majorité relative des voix seroit couronné, il rejette la majorité absolue, insiste sur celle relative afin dit il d’eviter les balotages qui finiroient par entrainer l’assemblée dans une longueur interminable.
On demande que ceux éclairés par la lecture des bulletins reconnoitroient avoir mal motivé, et que par cette raison voudroient se récuser aient la liberté de le faire.
Cette proposition n’a pas de suitte.
On fait une autre proposition qui est de mettre une capsule sous chacun des ouvrages a juger que les bulletins motivés seroient déposés dans la capside de l’ouvrage auquel on donneroit la preference et cjue celui en faveur duquel la majorité prononceroit auroit le prix cette demande est appuyée sur ce que cette marche est simple et prompte, on ajoute seulement que pour éviter les erreurs il faudroit toujours désigner l’ouvrage ou sa lettre indicative.
Un membre observe qu’en désignant le tableau ou la lettre du tableau qui plaira le plus, on ne désignera rien de relatif aux autres, qu’ainsi la confusion n’est point à craindre, et que les propositions antérieures n’aboutissent a rien.
Apres quelque légères observations, l’assemblée arrête que les prix ne seront accordés qu’a la majorité absolue.
Un membre demande a parler sur l’arrété; comment procederaton dit il au balotage? Sera t il oui ou non motivé?
On propose que le balotage n’ait lieu que dans le cas ou un des ouvrages auroit plus du tiers des voixs et que dans le cas contraire on procède au jugement général.
Dans la circonstance qui exigeroit le balotage on demande que
ce soit sans desemparer qu’on y procède, on appuie cette demende sur ce que pendant l’interval qui existeroit entre le premier scrutin et le balotage on pourroit être influencé par des opinions étrangères et qu’on reviendroit avec une autre manière de voir, d’autres passions, et d’autres sentiments.
On propose encor que dans le cas ou il n’y auroit pas une majorité absolue, et que deux beaux ouvrages auroient reunis un nombre de voix tel qu’il faille les mettre au balotage, il suffise pour remporter le prix de réunir alors le tiers des voix seulement.
Un membre demande pour éviter tous les inconvénients qu’il croit remarqer dans cette marche, que l’assemblée rapporte son précédent arrêté qui exige la majorité absolue, et quelle y substitue la majorité relative.
Le rapport de l’arrété est fortement appuyé par un membre, il le motive sur la nécessité inévitable du balotage.
Il observe qu’il ne seroit pas juste de baloter un ouvrage qui auroit réunis vingt voix avec un autre qui en. auroit reuni que dix, et qu’il faut nécessairement mettre de la différence entre un jugement et une nomination, il se resiime pour le rapport en demandant la majorité relative, excepté cependant dans le cas ou il y auroit presqu’egalité de voix.
On demande la question préalable sur cette proposition en observant qu’on pourroit employer en observation tacite les jours qui précéderoient le jugement lequel seroit porté sans desemparer.
Cette proposition est vivement combattue.
Un membre obtient la parole il parle contre la majorité relative, nous voulons dit-il porter un jugement sain eh bien soyons sé\ères la majorité absolue peut seule produire le bien et rendre la justice, s’il arrivoit que le balotage devienne nécessaire, qu’il ait lieu sur un tiers des voix, et qu’on y procède comme au premier scrutin en motivant ses opinions.
On insiste pour le rapport de l’arrété.
Un membre qui suppose qu’un artiste habile pourroit influencer
Topinion des autres demande que les bulletins motivés soient £aits dans le secret et qu’ils ne soient connus qu’en assemblée générale.
Un autre membre qui reconnoit l’inconvenient du balotage et qui avoit demandé que le tiers des voix suffise pour accorder le prix se restreint a la simple majorité relative, il est appuyé par une partie de l’assemblée et le rapport de l’arrété est encor redemandé.
On demande auparavant a proposer un autre moyen qui est de faire un jugement préalable et non motivé par lequel on choisiroit les deux ou trois meilleurs ouvrages lesquels seroient jugés conformément aux précédens arretés de la Commune.
On propose par motion d’ordre qu’avant de rapporter l’arrété on prépare le mode qui devra y être substitué; on répond a cette proposition que le mode est tout prêt puisque c’est la majorité relative qu’on veut substituer a la majorité absolue.
Apres quelques observations le president propose l’ajournement du rapport.
Un membre demande a observer qu’une égalité de voix peut exister qu’il en fàudroit par conséquent venir au ballotage que cela rameneroit dans la marche de la comission, et que d’ailleurs ceux qui auroient votés pour les ouvrages qui ne seroient pas en balotage pourroient se retirer, et qu’alors ce seroit une minorité qui decerneroit le prix ce qui seroit contre les principes de la justice.
Un autre membre demande que si deux ouvrages reunissoient une égalité de suffrages on les mette de droit en balotage.
On lui observe que dans le cas de cette égalité le prix devroit être décerné au plus jeune comme pouvant consacrer une plus grande quantité de temps à l’étude.
On s’élève contre cette observation, et on représente que dans ce cas il vaudroit mieux le partager parceque ce n’est point une médaillé moindre en valeur qui diminue la gloire de l’artiste couronné.
Un membre demande la parole pour observer à l’assemblée que la Commune des arts peut bien partager la couronne, mais non pas
les émoluments accordés par la nation; il finit par proposer la voix du sort dans le cas ou il y auroit égalité de suftrages.
Cette proposition est généralement applaudie, on demande cepandant a y ajouter que ceux qui auroient mérité le droit de tirer au sort pour les émoluments du premier prix, et qui n’auroient pas été heureux conservent le même droit pour les émoluments du second.
On oppose a cette demande celle d’aller également aux voix pour les second prix, on représente a cette egard qu’il y a plus d’honneur a partager la couronne du premier que les émoluments du second, cette représentation est d’autant mieux acceuilli que l’on considère le second prix comme un encouragement qui n’est pas destiné a celui qui a mérité le premier.
On demande que la Commune déclaré d’abord s’il y aura des prix. Le president observe que cette demande est prématurée, qu’elle ne peut tendre qu’a ecarter la question et il engage son auteur a la reproduire plus tard. ^
Un membre revient a l’objet de la discussion par une nouvelle proposition qui est de faire partager les émoluments en vertu d’un decret de la Convention nationale a ceux qui partageroient la couronne; il se résumé en demandant qu’on écarté des propositions précédentes celles qui tend a établir la voix du sort, et que si par hasard il y avoit égalité de sufirages entre deux artistes, alors on allat dire a la Convention : La Commune des arts a cru dans son ame et conscience, que tels et tels méritoient également le prix ; en conséquence elle a partagé la couronne entre eux mais dans l’impossibilité ou elle se trouve de prononcer sur celui qui jouira des émoluments accordés par la republique, elle vient s’en rapporter pour cet objet a la Convention nationale.
Un membre observe que le mode de jugement dont on s’occupe n’est que provisoire, que sûrement ce sera le dernier, qu’il n’est pas toujours bon d’accorder pensions, qu’aureste, il adoptera le mode qu’on jugera convenable, mais il demande dans son résumé.
qu’on se borne a ne decerner tout simplement qu’un premier et un second prix.
L’objet des débats ne posant que sur une circonstance présumée, la Commune ayant d’ailleurs le droit de s’en rapporter a la législature dans un cas extraordinaire.
L’assemblée générale arrête quelle se reserve le droit de partager la couronne entre deux mérites égaux, et que sur le partage des émoluments attachés a cette couronne, par la nation, elle s’en rapportera a la Convention nationale.
On reproduit la proposition de rapporter l’arrêté qui exige la majorité absolue des suffrages pour remporter les prixs. Cette proposition est appuyé généralement, en conséquence l’assemblée arrête qu’elle rapporte son arrêté, qui exige la majorité absolue, et elle arrête de suite la majorité relative.
On soumet a la discussion pour savoir s’il y aura des prix.
Un membre obtient la parole et dit : L’assemblée a bien le droit de déclarer qu’il y aura un premier prix, mais elle n’a pas celui de dire qu’il y aura ou qu’il n’y aura pas un second prix.
Un autre membre propose d’arreter seulement s’il y aura des prix ou s’il ny en aura pas, parcequ’il pourroit se faire que les ouvrages soient d’une foiblesse à ne pas mériter d’encouragement, il demande qu’on procédé a cette arreté par un scrutin pur et simple qu’on ne seroit pas tenu de motiver.
Il ne faut pas dit un membre préjuger les talents appellés pour juger, la Commune des arts doit se borner a prononcer un jugement, En conséquence il demande la question préalable.
On insiste pour qu’avant de juger l’assemblée déclare s’il y a lieu a decerner les prix, et on demande que cette déclaration ne puisse être faite que dans des assemblées et des discussions que précéderoient le jugement.
On observe qu’une discussion préalable pourroit faire influencer toutes les opinions les unes par les autres, qu’elle ne peut avoir lieu sans mettre en mouvement toutes les passions et les intérêts parti-
culier, on répond a cette observation qu’il ne faut pas une séance pour délibérer s’il y aura des prix, et que cette délibération peut ouvrir la seance même destinée au jugement.
On ajoute que dans le cas ou il ny auroit pas lieu de decerner des prix, il y auroit dans la séance suivante une discussion dans laquelle on developperoit les motifs qui auroient déterminés a prendre ce parti afin que les concurrents en soient instruits, et qu’ils puissent en profiter.
Un membre insiste pour qu’il soit décerné des prix, son opinion est appuyée.
Seance levée a 9 heures 1/2.
Bienaimé, secrétaire.
Séance du 26 septembre tppjj de la République une et indivisible.
La seance s’ouvre par la lecture du procès verbal sur lequel il ny a qu’une réclamation sans suite.
On procédé a l’admission des artistes non encor reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont les citoyens Detournel et Lemaitre architectes, Vandron peintre, et Lorieux graveur.
Les citoyens Briden, Lagrené Lejeune, Suvée, Demachi, Régnault, Corneil, van Pandonek Lejeune et Heurtier viennent déposer leurs diplômes sur le bureau.
Un d’eux demande que tous ces titres reunis soient remis a la municipalité pour y etre brûlés en presence des autorités constituées.
On demande la question préalable jusqu’à ce que le temps accordés par la Commune pour tous ces titres soit expiré, la question préalable est adoptée.
Le citoyen Renou déclare qu’il n’a jamais possédé de patentes
academiques, l’assemblée arrête qu’il signera sa déclaration au procès verbal.
Le president représente a l’assemblée que l’extrait du procès verbal a envoyer aux cy devants académiciens, en raison de son etendue et de la quantité des copies qu’il en faudroit faire imposerait au bureau trop de travail il invite a vouloir bien nommer des adjoints pour cette operation, ou a ordonner l’impression de l’extrait.
L’assemblée ordonne l’impression.
On reclame sur la rédaction et on demande d’une part qu’on désigné les académies qui ont le dessin pour base et de l’autre qu’en désignant la Commune des arts, on ajoute de peinture de sculpture architecture et gravure, afin d’eviter toute méprise après une légère discussion cette proposition est adoptée.
Un membre vient déposer sur le bureau le diplôme du cit. Sauvage son voisin actuellement a la campagne.
On passe ensuite a l’ordre du jour qui est de savoir si avant le jugement des prix on pourra délibérer sur cette question : il y aura-til lieu oui ou non de decerner des prix. L’assemblée reste une instant dans le silence. Le secrétaire donne lecture de la fin du procès verbal, pour rappeller les dernières opinions émises sur cette objet.
Un membre croit que cette question a été suffisament approfondie , qu’on [sic) parfaitement senti l’inconvénient d’établir une discussion avant le jugement; il lui semble que tout ceci se réduit a trois point déclarer s’il y aura des prix par oui ou par non, l’appel nominal en cas de doute, et que dans le cas de la négative, on ouvriroit une discussion pour la motiver, il pense qu’il n’y a plus lieu a délibérer en conséquence il invite l’assemblée a terminer en lui représentant que les jeunes artistes sont déjà cazernés et qu’un plus long retard leur seroit préjudiciable.
On demande si la Commune a le droit dire qu’il y aura des prix ou qu’il n’y en aura pas et quel est le dégré de talents qu’elle assigne pour n’être pas rejetté.
L’assemblée ne statue rien sur cette demande elle a arreté ce qui suit :
i" Il sera décidé avant le jugement des prix s’il y aura lieu a en décerner et cette decision se fera par assis et levé;
2° Dans le cas de doute on procédera a l’appel nominal;
3° Si le résultat est pour la négative alors on ouvrira une discussion tendante a instruire les concurrents des motifs qui auront déterminés a prendre ce parti.
On propose et l’assemblée arrête que le bureau sera tenu de faire un considérant en tcte de la rédaction de l’arreté de la Commune sur le jugement des prix.
Un membre en déposant sur le bureau sa patente academique propose que tous ces parchemins reunis ne soient point livrés aux Hammes mais qu’ils soient envoyés au Ministre de la guerre pour en faire des gargouges.
On demande l’ajournement de cette proposition motivé sur l’arrété précédemment pris a cet egard. L’ajournement est arrêté.
On fait une autre proposition celle de ne recevoir aucun diplôme des cidevants académiciens que d’eux memes, ou qu’aucun membre ne puisse déposer celui d’un autre, s’il n’y a pas la preuve écrite du consentement de celui qu’il représente a cette egard un membre observe qu’il a apporté la patente du citoyen Sauvage il demande si l’assemblé regarde sa conduite comme valable on demande qu’il obtienne une lettre du citoyen Sauvage, ou qu’il reprenne le diplôme qu’il a apporté, et que le citoyen Lebrun qui a disposé de la propriété de sa femme ait a la reprendre si elle n’ecrit pas, on cite a l’appui de ces propositions l’exemple d’une section qui n’a pas voulu recevoir des mains d’une femme les titres de son mari.
Comme ce n’est point un sacrifice qu’on exige, que l’abandon des titres académiques est obligation, que c’est une loi qu’on exécute, l’assemblée sans egard aux propositions précédentes arrête que toutes les patentes des ci devants académiciens pourront être déposéessur le bureau sans leur consentement.
Le bureau ayant besoin d’un peu de tems pour rédiger les arrêtés de la Commune sur les jugements des prix, le president propose à l’assemblée de lever la permanence des séances; on demande qu’auparavant elle fixe le jour de l’exposition cette demande n’a pas de suite.
On reclame la seance du lendemain en proposant de renvoyer au Comité le travail dont elle avoit chargé le bureau. Cette proposition appuyée est mise aux voix, et l’assemblée rapporte son arrêté qui chargeoit le bureau de ce travail; elle arrête que le Comité en sera chargé, et c[ue ce ne sera que dans la séance suivante quelle décidera sur la levée de la permanence.
L’ordre du jour est épuisé.
Pour nouvel ordre un membre propose de statuer sur la maniéré de juger les jeunes eleves qui mettent au place.
La discussion s’ouvre par la demande d’une commission on s’y oppose en demandant que ce soit les jeunes gens qui se jugent eux mêmes.
Un membre dit qu’il faut établir une différence entre le jugement des prix et le jugement des places, il observe qu’il n’est pas facile de juger trois cents personnes les unes apres les autres et il se résume pour la commission conformément a un avis précédent.
On demande que cette commission soit tenue de soumettre son jugement a l’assemblée on appuie cette proposition et on y ajoute celle de faire choisir un juge par chacun des concurrents et de prendre dans la cjuantité que donneroit le résultat de leur choix un nombre de juge détermine par la Commune.
On reproduit la proposition de faire ratifier le jugement par la Commune elle est appuyé par un membre qui demande qu’en se reservant le droit de juger définitivement la Commune ne puisse pas désaprouver.
Pour mettre plus d’ordre dans la discussion l’assemblée arrête en principe que le jugement des ouvrages des jeunes artistes qui mettent aux places se fera par une commission.
COMMUNE DES ARTS
Elle arrête ensuite que cette commission sera tenu de faire son rapport.
On revient au mode d’election et a la quantité des juges qui seront élus.
Toutes les discussions sur le mode d’élection n’eurent pour objet que ces deux questions Les jeunes gens choisiront ils seuls leurs juges, ou la Commune coopererat’elle a cette élection apres quel- ([ues débats la priorité mise aux voix est accordée a la première et l’assemblée arrête que les jeunes concurrents choisiront seuls leurs juges, et qu’elle choisira une commission parmi ceux de ces juges qui auront reunis le plus de voix elle arrête en outre après diverses propositions que cette commission sera de quinze membres et six suppléants.
La discussion s’engage sur le nombre de juges que chaque concurrents auront le droit de choisir, on avoit d’abord proposé que chacun choisisse un juge, mais on observe que quelques uns pourroient choisir le même et qu’il en resulteroit un nombre insuffisant.
Vous avez arreté dit un membre que les jeunes concurrents choisiront leurs juges; laissez leur toute latitude possible sur la maniéré de les choisir car vous n’avez pas le droit de statuer sur cet objet; arrêtez seulement qu’ils en nommeront quarante cinq.
Apres quelques amendements et quelques observations pour et contre l’assemblée arrête que les jeunes gens lui présenteront une liste de 45 juges parmi lesquelles elle choisira une commission conformément a son arrêté ci dessus.
On reproduit un amendement fait pour que nul concurrent n’ait le droit de choisir ni son parent ni son maître, l’assemblée ne prononce rien sur cette amandement.
Un des commissaires nommés pour la visite des logements de la rue du chantre qui avoient été destinés aux modèles instruit l’assemblée que des administrateurs qui ont trouvé ce logement convenable pour eux ont offert d’en payer les loyers, il termine son rapport par demander que le secrétaire soit autorisé a écrire au citoyen Coqueau;
sur la proposition de plusieurs membres l’assemblée arrête que les premiers commissaires nommés pour cet objet iront chez le Ministre de l’intérieur pour lui donner connoissance de ce fait.
L’un des commissaires du Sallon obtient la parole, il prévient l’assemblée qu’au terme de son arrêté la clôture du Sallon doit avoir lieu lundi, mais que le comité avoit cru devoir prendre son attache avant de rien arrêter, il observe que l’opinion de plusieurs d’entre eux est que la Convention n’abandonnera pas les arts cette année plus qu’il y a deux ans, et que puisqu’il y a une somme consacrée a l’encouragement des arts elle pourroit bien déterminer celle qu’elle y destineroit cette année.
Au reste le Comité pense ajoute-t-il qu’il seroit toujours possible de procéder au jugement des ouvrages exposés, que la couronne seroit au moins la recompense du mérite et que si après le jugement et les ouvrages remportés la Convention décrétait une somme pour l’encouragement des arts, les procès verbaux des jugements serviroient alors a faire l’application des prix.
Un membre propose que les prix d’encouragement soient donnés en concours, le president lui rappelle la loi de laquelle il s’écarte.
On demande le rapport des commissaires nommés pour l’hotel de Breton villiers, ajourné a demain.
Seance levée a q heures.
Bienaimé, secrétaire.
Séance du zy septembre ly p) L’an z'^ de la République une et indivisible.
La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal on reclame l’article qui a rapport au logement de la rue du Chantre. La rédaction de cette article est changée et l’assemblee l’adopte, on procédé ensuite a l’admission des artistes non encore reconnus en assemblée générale ces artistes sont les citoyens Jault, Bouché, Vaugour,
Brion et Boquet peintre, Sigisbert et Susanne sculpteurs, Clocliar architecte, et Simon graveur.
Plusieurs cidevants académiciens viennent remettre entre les mains du president leurs brevets et titres academic|ues ces académiciens sont les citoyens Julien, Dejoux, Vieux, Stouf, le ci t^""'' Vieil, Bocjuet, Gois, Taillasson Vincent et la citoyenne Guyard.
Le citoyen Duvivier l’un des commissaires chargés par l’assemblée de se transporter chez le Ministre de la justice a l’effet de lui demander la collection des loix relatives aux arts, vient déposer cette collection sur le bureau.
Le citoyen Gatteau fait hommage à l’assemblée d’un cachet en argent représentant la figure de la liberté avec cette inscription (Commune des Arts). L’assemblée témoigne sa satisfaction au citoyen Gateaux et elle arrête cpie cette homage sera mentioné honorablement dans son procès verbal.
Un secrétaire fait lecture d’une lettre du Ministre de l’interieur dans laquelle ce ministre exprime son regret d’étre forcé de n’opj)Oser qu’un refus a l’apparente possibilité que la Commune des arts croit voir d’obtenir pour ses modèles et son deuxieme concierge les logements delà rue du chantre, il obser\e que le decret qui lui accorde spécialement la disposition des logements n’est applicable qu’a ceux du louvre et que toutes les autres maisons nationales dépendent de la regie des domaines, il assure du reste combien il sent cpie la demande de la Commune des arts est digne d’interét et c|u’il se propose d’y avoir toute espece d’égards dès que l’occasion s’en présentera.
Un membre demande qu’on ait a statuer le plutôt possible sur le sort des modèles, il représente que les mesures a prendre sont d’au tant plus urgentes qu’une très grande partie des jeunes gens étant en réquisition les modèles perdent beaucoup de moyens d’ajouter a leur pension qui n’est que de cinq cent livres et qui par conséquent est trop modique pour suffire à leur subsistance.
Un autre membre observe que l’académie a des fonds sous le
scellé et que ces fonds pourront probablement suffire au payement des modèles.
On propose de charger une députation d’adresser directement au Comité d’instruction publique la demande de la Commune a cet egard, on observe qu’il y a des logements dans le louvre occupés par des artistes qui en ont encore ailleurs, et qu’il est indécent que des riches oisifs aient deux logements tandis que des hommes laborieux et par conséquent utiles n’en aient pas un.
Sur la proposition de faire lever les scellés apposés sur la caisse de la cidevant academie, on demande que l’argent qu’on y trouvera soit d’abord employé au payement de ses dettes avant de pourvoir au frais de l’école parce qu’elles consite principalement en pension à des veuves d’artistes infortunés.
Un membre dit qu’il a été chargé par le citoyen Romme de prendre des renseignements sur les moyens de faire continuer les etudes des jeunes artistes. Il engage l’assemblée a éviter que les fonds ne se portent a la trésorerie nationale et a remettre un appercu des depensesnecessaires pour cette objetau Comité d’instruction publique qui s’empressera sûrement d’y faire droit.
On demande que, soit que la levée des scellés ait lieu ou non, que la Convention ait toujours a payer, attendu qu’en décrétant qu’il y auroit une ecole elle a du s’atendre a en faire les frais, on insiste en outre pour la demande de l’augmentation du payement des modèles.
Tous le résumé des diverses propositions s’accordant a demander la députation.
L’assemblée arrête que quatre commissaires pris dans son sein se transporteront au Comité d’instruction publique a leffet de lui demander une augmentation d’appointements pour les modèles et le second concierge ainsi que la levee des scelles apposés sur la caisse de la cidevant academie.
Sur l’observation faite que des commissaires avoient déjà été nommés pour la levée de ces scellés, un secrétaire donne lecture de
la lettre du Ministre de l’interieur relative a cette objet; il en resuite que le departement et ses comissaires etoient autorisés a retirer de dessous les scellés les projets des architectes qui ont concouru poulie prix, mais que cette autorisation ne s’etendoit pas jusqua donner le droit de toucher aux autres scellés.
On observe qu’il ne faut pas seulement faire ouvrir la caisse; mais qu’il faut encor obtenir le pouvoir de disposer des fonds qu’elle poLirroit contenir, en conséquence l’assemblée arrête que ses commissaires demanderont que la Commune soit autorisée a disposer de ces fonds, a la charge toutefois de rendre compte de l’emploi qu’elle en aura fait, elle fixe ensuite le nombre des comissaires a quatre. Les citoyens Lebrun, Naigeon, Vincent, Thierard sont élus par acclamation.
On propose aussi de demander des médaillés pour les jeunes gens en réquisition qui en ont gagné. On observe qu’il est important de vérifier avant si elles sont encor a l’ancien coin, et dans ce cas de les supprimer.
Un membre annonce que les professeurs vont se retirer a la fin du mois, il demande comme c’est son tour de professer si l’assemblée juge a propos qu’il entre en fonction suivant le rite de l’ancienne académie. L’assemblee arrête que les professeurs continueront leur exercice selon l’ancienne marche jusqu’à nouvel organisation.
Un secrétaire demande et l’assemblée arrête que le bureau est autorisé a acheter des cartons et une armoire destinée <à les renf fermer.
On demande que l’assemblée s’occupe de décider si elle jugera les ouvrages du Sallon, ou si on les remettra aux artistes qui les reclameront. Cette demande est ecartée par celle que fait un des membres qui ont déposé leurs diplômes sur le bureau tendante a ce qu’il soit délivré a chacun de ceux qui ont fait l’abandon de leurs titres academiques un reçu qui constate cette abandon.
On observe que cela est juste, mais qu’il est inutile pour l’instant
de délivrer des certificats qui degenereroient en nouveaux diplômes. L’assemblée passe a l’ordre du jour motivé sur ce que chacun a le droit d’exiger un extreait du procès verbal qui feroit mention de la remise de ses titres.
Le citoyen Le Brun membre de la commission chargée de se
transporter a la maison Bretonvilliers pour y fait son rapport
et dit que la commission des monuments n’a pas démérité dans la conduite qu’elle a tenue a cette egard, car il a trouvé le plafond tombant en écaillé, et hors d’etat d’etre conservé, enlevé ou réparé. Je jemis ajoutil sur la perte d’une des plus belles productions du genie, et je vous propose d’en faire dessiner l’ensemble afin de le faire graver à l’eau forte.
Cette proposition est ajournée jusqu’à ce qu’on se soit assuré a la Bibliothèque nationale que cela n’est pas gravé. L’assemblée charge le citoyen Moreau jeune de cette démarche. Ce citoyen demande qu’il lui soit délivré un extrait du procès verbal contenant le rapport qui vient d’être fait pour remettre a la commission des monuments de laquelle il est membre. On passe a l’ordre du jour motivé sur ce qu’il a le droit de l’exiger.
On agite la question de savoir si l’assemblée procédera au jugement des ouvrages exposés au Sallon.
Un membre dit voulez-vous qu’il y ait des encouragements, dites qu’il y en aura, jugez les ouvrages et laissez aux couronnés le soin de poursuivre leur payement.
On représente qu’il ne seroit pas convenable de charger les concurrents de ce soin, on invite l’assemblée a procéder toujours au jugement par ce qu’il devoit tendre a l’encouragement des arts, et qu’il seroit d’ailleurs fort intéressant pour les artistes que le public connoisse la place qu’ils peuvent occuper.
Après quelques légères discussions et quelques propositions, l’assemblée arrête :
i” Quel procédera au jugement des ouvrages exposées au Sallon ;
2® Qu’on rendra les ouvrages des artistes qui ne voudront pas concourir;
3® Q.’uaprès le jugement l’exposition redeviendra publique afin qu’on puisse voir si les ouvrages ont été justement couronnées;
4® due le présent arrêté sera affiché a l’effet d’en instruire les artistes.
On écarté la proposition de prolonger l’ouverture du Sallon par l’observation qu’il en coûte <ÿo ou 6o^ par jour.
Un membre demande et l’assemblée arrête que les comissaires chargés de présenter au Comité d’instruction publique le programme relatif au projet de division du local compris entre la place de la reunion, la rue S‘ Nicaise, la rue Honore, etc., feront leur rapport.
Un des comissaires qui a quelques idées a ajouter a celles du Comité demande l’ajournement a trois jours. L’assemblée arrête que ce rapport est a l’ordre du jour pour Mardi.
On demande par motion d’ordre qu’il y ait une seance samedi consacrée a discuter le mode de jugement des ouvrages exposés au Sallon.
Le president rappelle a l’assemblée qu’elle a pris un arrête qui renvoyé sa seance de Vendredi a Mardi.
Sur la proposition d’un membre l’assemblée arrête ([u’il y aura trois séances par semaines et quelles auront lieux le Lundi, Mercredy Vendredy et que comme quelques uns de ses membres pourroient n’être pas instruit de cet arrêté, il y aura seance extraordinaire Mardi prochain; elle déclaré en outre qu’elle rapporte son arrêté qui fixoit a Mardi le rapport de ses comissaires chargés de présenter au Comité d’instruction publique le programme relatif au projet de division compris entre la place de la Reunion, les rues S‘-Nicaise, S‘-Honoré, etc., et elle arrête que ce rapport lui sera présenté Lundi.
La citoyenne Quiard déclaré a l’assemblée quelle a perdu le sceau de cire verte attaché a son diplôme.
Un membre demande que le sallon reste ouvert pour les artistes, on lui observe que cela ne peut pas se mettre en c|uestion puisque chaque artiste a le droit d’entrer avec sa carte on ajoute seulement qu’il seroit nécessaire que les artistes y entrent seuls parce que si on avoit le droit d’y faire entrer ses parents et ses amis, la publicité du sallon existeroit toujours en conséquence il est arrêté que les artistes ne pourront faire valoir leurs cartes que pour eux.
Sur la proposition qui lui est faite le president rappelle à l’assemblée qu’elle a arrêté que ses séances ouvriroient à six heures.
Séance levée à q heures.
Biennaimé, secrétaire.
Seance du Republique
une et indivisible.
La seance s’ouvre par l’admission des artistes non encore reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont les citoyens Fragonard fils âgé de 12 ans 1/2, Philibert Vincent, Hoin, la citoyenne Oyon, Maginet et la citoyenne D’ardel, Peintres, Martincourt, Girardin, Thamire et Bouiilet sculpteurs, Gérard, Roy et Barbier graveurs, D’herbelot et Pertinchamp architectes.
On donne lecture du procès verbal sur lequel il ny a que des réclamations sans suite.
Apres cette lecture les Amedée Vanloo, Veuve Brenet, Berruer, Boizot, D’umont, Barbier et Duvivier viennent déposer sur le bureau leurs titres academiques.
On observe que les architectes académiciens ne s’empressent pas beaucoup de suivre cette exemple.
Un secrétaire instruit l’assembiées qu’il a fait insérer dans les petites affiches l’arreté qu’elle a pris relativement a la remise des titres académiques que cette insertion lui a coûté 6^ mais qu’au
bureau du journal de Paris on lui a demandé pour la meme
operation et qu’il n’a pas cru devoir rien arrêter sans prendre l’attache de la Commune, un membre demande que cet arrêté soit inséré dans le journal du soir.
Un des commissaires chargés de demander au Comité d’instruction publique la le\ ée des scellés apposés sur la caisse de la cidevant academie de peinture et sculpture rend compte a l’assemblee de leurs démarchés, il donne lecture d’un decret rendu a ce sujet qui ordonne la le\ée des scellés mais qui n’accorde point une augmentation d’appointements aux modèles et concierges on propose, puisque la demande de cette augmentation a été infructueuse que l’assemblée fasse pour les modèles et concierges ce qu’ils avoient le droit d’attendre de la nation. Cette proposition n’a pas suite attendu c|ue le Comité d’instruction publique a besoin du mode d’organisation que la Commune des arts doit lui présenter pour faire droit a cette augmentation.
Un membre demande que l’assemblee qui fait déposer sur son bureau tous les diplômes académiques y fasse aussi déposer toutes les plaques et médaillés qui servoient à sceller ces patentes en observant toute fois qu’on pourroit conser\er comme monument historique celle qui représente une Minerve, cette demande est appuyée.
Le president obserxe a l’assemblée que toutes ces plaques et médaillés sont déposé dans les archives et qu’elle en [)ourra disposer (juand elle voudra.
On demande encore c[u’immédiatement apres la levée des scellés on procède a la distribution des médaillés.
Toutes ces médailles dit un membre sont a effigie royale, je demande qu’elles soient portées a la Comention. Un des jeunes artistes qui ont droit a ces médailles s’élève contre cette demande : si elles sont a effigie royale dit il nous les fondrons, nous les \endrons ensuite et leur produit servira a alléger nos besoins. Cette observation est goûté, et l’assemblee qui passe neanmoins a l’ordre
du jour motivé sur la nécessité d’attendre la levée des scellés qui sont sur la caisse.
Le citoyen Allais l’un des commissaires chargés de rédiger le programme du projet relative a la division du local compris entre la place de la reunion et les rues adjacentes fait part a l’assemblée que le citoyen Dwailly lui a remis son travail qu’il va le lui communiquer ainsi que le sien que les deux commissaires présents les citoyen Gilbert et Radel pourront également donner communication d.e leurs reflexions sur cet objet et que l’assemblée pourra refondre ces differents travaux de la maniéré qu’elle jugera convenable.
On demande avant lecture du programme.
Apres cette lecture les comissaires font part de leurs differentes observations et demandent trois jours pour établir leurs résumé.
Un membre dit qu’il a été demander au bureau du citoyen Amelot ce qu’il avoit de statué sur ce projet duquel il s’occupe et qu’on lui a répondu que la Commune des arts avoit bien fait rapporter le decret, mais que si elle ne presentoit bientôt son travail, on termineroit cette affaire sans elle, en conséquence il demande que la Commune fasse promptement son rapport et qu’elle établisse un programme, et que comme les fossés de la place de la révolution devront sûrement etre comblés on pourroit provisoirement occuper a ce remblai les ouvriers qui manqueroient d’ouvrages cet hiver, il observe en outre qu’il faudra pour la remise du travail des artistes au moins un terme d’une an.
Pour repondre a l’une des reflexions des comisaires un membre représente que l’utilité publique et l’intention de la Convention nationale exigent qu’on se borne a diviser le terrein et le faire valoir, qu’il ne s’agit pas de construire des monuments nationaux qui necessiteroient des dépenses exhorbitantes, que la nation veut vendre et tirer le meilleur parti possible de sa vente qu’il lui faut des alignements et non pas des projets de restauration pour le louvre.
On lui répond que l’un n’exclut pas l’autre et que si dans cette circonstance on perd le louvre de vue, il faut renoncer pour jamais avoir terminer ce monument digne d’une grande nation.
Un membre croit que l’assemblée nationale a été trompée par ceux qui lui ont fait rendre un decret qu’elle s’est empressée de rapporter d’apres les représentations de la Commune des arts, il ne faut pas dit il établir de petites propriétés particulières, il est tems de songer a réaliser les grands projets des artistes célébrés qui nous ont précédés, nous devons présenter à la Convention non seulement un programme mais encore des réflexions. La jonction du Loin re et des Thuilleries lui semble faite pour ajouter a la gloire du premier siecle de la Liberté, contribuer a consolider le règne des arts, et offrir aux nations étrangères une idée de la grandeur de la nôtre, il pense qu’il seroit convenable de réunir a la fois dans cette enceinte le pouvoir legislatif, le pouvoir executif, le Trésor et toutes les administrations publiques, il demande que les comissaires soient tenus de se réunira l’effet de présenter dans huit jours a la Commune un travail qu’elle arrêtera et qui sera présenté sur le champ au Comité d’instruction publique conformément au décret de la Convention nationale.
L’assemblée arrête que le travail lui sera présenté Lundi et que le Comité d’instruction publique sera prévenu qu’on le lui soumettra dans la semaine.
Un membre observe qu’il ne faut pas présenter a ce Comité de simples reflexions mais un programme bien fait et parfaitement détaillé.
L’assemblee invite tous les architectes qui sont dans son sein a joindre leurs lumières a celles de ses commissaires pour donner a ce travail toute la perfection dont il peut être susceptible.
Un des commissaires chargés du travail relatif au jugement des prix fait lecture de la rédaction des arrêtés de la Commune à cet égard. Cet objet est remis au lendemain, attendu que l’assemblée
est privée de beaucoup de membres qui ii’avoient pas connoissance de la nouvelle fixation des séances.
On demande que les secrétaires des cidevants academies soient tenus de déposer sur le bureau les programmes qui apres avoir été reconnus et avoués par les concurrents, seront affichés pour servir de renseignements aux artistes qui jugeront. L’assemblée arrête cette proposition, et charge son Bureau aux citoyens Renou et Sedaine.
On ne donne aucune suite à la proposition de faire imprimer et distribuer les programmes.
On reclame l’ordre du jour sur une demande tendant a ce que les concurrens soient tenus de motiver par écrit les raisons qui les auront déterminés a prendre telle marche plutôt que telle autre, afin que l’explication de leurs motifs dans leurs ouvrages serve de base au motif des juges. L’opinant regarde comme dérisoire la précaution de marquer par un chiffre ou une lettre un ouvrage dont l’auteur est connu de tous les juges; il représente que chacun des concurrens étant dans l’assemblée pourra facilement designer son travail et se faire connoitre; en conséquence il insiste pour que l’analyse écrite des ouvrages soumis au jugement leur soit annexé et que de plus les concurrents soient tenus d’en faire lecture eux mêmes.
Un membre pense qu’il ne faut pas faire connoitre les noms des auteurs parce que cela pourrait influencer l’opinion; mais il appuyé la proposition d’exiger des concurrents leurs motifs pourvu qu’ils ne soient pas signés.
Après plusieurs objections dont le résumé général demande que les programmes servent seul d’instruction , on passe a l’ordre du jour.
On demande une seconde lecture du décret qui ordonne la levée des scellés apposés sur la caisse de la cy devant académie de peinture et sculpture, et que les modèles, concierges et professeurs seront payés pour le passé par le Thrésorier de la cy devant académie.
Apres cette lecture un membre représente que l’assemblée ii’a rien a statuer parce que les scellés une fois levés on exécutera le décret.
Un autre pense que la Commune ne doit pas se mêler de cette affaire, que puisque la Convention a décrété la levée des scellés, elle chargera quelqu’un d’y procéder, il ajoute que le decret dit ;
Le Trésorier de la cy devant academie payera, qu’en conséquence ceux qui ont des réclamations a faire pourront se présenter.
On lui observe qu’il ny a pas de cy devant professeurs, que les professeurs sont dans le sein de la Commune, qu’ils ne sont en exercice que par elle, que par conséquent c’est elle qui doit suivre cette affiire et on demande qu’une comission soit chargée par la commune de veiller a l’execution du décret.
Un membre obtient la parole et dit qu’il faut attendre cette execution, qu’il est informé qu’il y a déjà des artistes qui ont reçu des lettres du Ministre qui ont rapport a ce décret il demande l’ordre du jour motivé sur ce que la Commune n’est pas autorisée par la loix a surveiller a son execution.
L’ordre du jour est adopté on procède a l’admission de trois artistes non encore reconnus. Ces artistes sont les citovens Beaurain, Auguste et Guyot Peintres ces deux derniers artistes sont âgés de I 6 ans.
Apres cette admission on demande que le mot de Baron qui existe encore sur la bordure d’un des tableaux qui sont dans la salle soit effacé. Le President observe que si cela n’est pas fait, c’est par une négligence qui sera bientôt réparée.
Un membre propose a l’assemblee de faire un choix parmi les desseins qui lui ont ete présenté par le citoyen Persier.
Mais on représente quil est plus instant de juger les places, que les jeunes gens attendent ce jugement avec impatience, on ajoute que quand la Commune a pris un arrêté elle doit fixer le jour de l’execution afin que le sécretaire puisse délivrer les pièces necessaires pour y procéder.
L’assemblé charge son sécretaire de faire remettre aux jeunes éleves la note des arretés qu’elle a pris sur le mode a suivre pour le jugement de leurs places.
Séance levée a q heures.
Th. Bienaimé, secrétaire.
Seance du f'' octobre ly de la République une et indivisible.
La séance s’ouvre par l’admission de plusieurs artistes, ces artistes sont les citoyens Leriche, Wautier, Maiiperrin, Thévenin, Masson, Georget, Sablet, Bideau, Lasseaii, Lacluse (âgé de i ^ ans) Perrin, et Canot peintres, François Leroy, Peyre Lejeune et de Lépine et Plon architectes. Le Fe4ivre dessinateur, Gaitté, Hubert, Le Tellier, Coquet et Moisy graveurs.
Après la iectûre du procès verbal sur lequel il ny a point de réclamations, un des secrétaires communique à l’assemblée plusieurs lettres, la première est du citoyen Renou secrétaire de la cydevant academie de peinture et sculpture qui conformement a un arrêté de la Commune envoyé l’extrait des registres de cette cy devant academie qui sont relatifs aux prix de peinture et sculpture de cette année. La seconde est du citoyen Jaurat qui fait part a l’assemblée, qu’ignorant qu’il seroit obligé de remettre son diplôme, il en avoit Ote les parties contraires a la loi qui abolit la royauté, qu’en consé quence il la prie de le recevoir tel qu’il est. La troisième est du citoyen Girault qui exprime son regret de ne pouvoir pas déposer lui meme sur le bureau son titre academique attendu qu’il est malade.
Les citoyens Pasquier, Le Comte, Leroi, Jardin et Dejou cy devants académiciens, déposent sur le bureau leurs diplômes académiques.
Le citoyen Bachelier déclare que sa patente est a Rouen, et qu’il la déposera si elle lui revient. Le citoyen Ainandu académicien architecte déclare par l’organe du citoyen Vien qu’il déposera sa patente des que sa santé lui permettra d’aller à Versailles.
Le citoyen Peyre observe que ses patentes sont a Fontainebleau ou il fait sa résidence et que dès qu’il y sera retourné, il s’empressera de les envoyer.
On donne lecture des programmes de peinture et sculpture envoyés par le citoyen Renou ils sont avoués et reconnus par deux des concurrents peintres et par les sculpteurs.
On demande que le programme d’architecture soit aussi communiqué, un secrétaire dit qu’il s’est transporté chez le citoyen Sedaine a l’eftet de retirer les projets, les esquisses et les programmes; mais que ses démarchés Rirent vaines parce que le citoyen Sedaine est a la campagne.
On donne ensuite lecture de' la rédaction des differents arrêtés de la Commune relativement au jugement des prix, elle est ainsi conçue :
Mode provisoire de jugement pour les prix de cette année arrêté par la Commune des arts.
La Commune des arts considérant que, pour parvenir a obtenir un jugement simple et motivé sur les productions des Beaux arts qui ont le dessein pour base, et l’imitation de la nature pour but elle devoit avant d’en regler le mode reconnoître en principe :
1° due les arts sont une des branches essentielles de l’instruction publique ;
2° Que le but des arts du dessein est de toucher au cœur, de parler a l’âme, d’eclairer l’esprit en charmant les yeux;
Que les arts doivent imiter la nature dans ce quelle offre de plus beau ;
4° Que la peinture, la sculpture, et la gravure peuvent rendre toutes les nuances des passions qui agitent l’homme;
<y° Que l’architecture doit donner a chaque monument un caractère telle qu’a son aspect on reconnaisse l’objet pour lequel il est édifié;
6° Que les monuments des arts sont les témoins irréfragables de l’histoire,
A arrêté :