‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 45 sur 125 · ARTICLE · texte numérisé non relu

ARTICLE

Que tous les ouvrages mis en concours seront exposés ensemble, et jugés consécutivement apres quatre jours d’exposition et dans l’ordre suivant :

La Sculpture, la Peinture, et l’Architecture; que sur les quatre jours d’exposition, deux seront consacrés au public.

Qu’avant de s’occuper du jugement la Commime réunie déterminera si il y a lieu ou non a décerner des prix, quelle y procédera par assis et levé, que dans le cas de doute, on iroi a l’appel nominal, que si le résultat se trouvoit pour la négative, il s’ouvrira une discussion tendante a instruire les concurrents des motifs qui auroient déterminés l’assemblée a prendre ce parti, que dans le cas contraire, on procédera au jugement d’après les articles suivant.

Les ouvrages seront jugés en assemblée générale parla Commune des arts qui sera convoquée a cet effet chacun des votants sera tenu de motiver et de signer son opinion.

Ces opinions seront motivées d’après les principes énoncés cy dessus et applicables au trait historique ou programme proposé.

COMMUNE DES ARTS

— IjO )•c^~

Les prix seront accordés a la pluralité relative des suffrages.

En cas d’égalité de voix entre plusieurs concurrens, la couronne sera partagée a l’égard des récompenses pécuniaires qui y sont attachées, la Commune des arts en référera a la Convention national.

L’assemblée générale de la Commime arrête la rédaction de ces articles.

On soumet a la discussion les articles reglementaires. Apres ([uelques observations pour et contre, et quelques additions, l’assemblée les arrête ainsi qu’il suit :

ARTICLE i".

La convocation aura lieu de droit pour le lendemain du 4®

:1e l’exposition. Cette convocation se fera par lettres adressées deux jours avant le jugement a chacun des artistes reconnus pour membres de la Commune des arts. La même lettre servira d’avis pour tous les jugements, et de titres pour être admis. Les salles seront toujours ouvertes à 9 heures du matin, cette lettre contiendra aussi les programmes imprimés.

Les ouvrages seront distingués par des lettres alphabétiques et le programme sera attaché sur chaque ouvrage.

Il sera formé pour chaque jugement un bureau composé d’un president, deux secrétaires, quatre scrutateurs, et deux adjoints.

A onze heures l’assemblée ira aux voix sur la question de savoir s’il y a lieu a decerner des prix.

Les concurrents ne seront point admis a juger pour l’art seulement dans lequel ils auront concouru.

Le scrutin sera fermé a p heures du soir. La seance pour le dépouillement commencera le lendemain a p heures du matin, chaque bulletin sera lu a haute voix, et le résultat proclamé de suite.

Tous ces bulletins motivés seront remis sous le scellé.

Ap res les jugements portés, il sera nommé un Comité de membres pris dans chaque genre d’art pour rédiger un résumé extrait des opinions énoncés dans les bulletins, et devant servir à l’instruction des artistes.

Ce résumé sera imprimé et rendu publique, et les ouvrages continueront d’étre exposés publiquement pendant trois jours.

La Commune des arts en réfère au Comité d’instruction publique pour tracer le mode de la distribution des prix.

L’assemblée arrête en outre sur la proposition d’un membre que le jugement imprimé sera envoyé aux autorités constitués et aux départements.

Le citoyen a représenté a l’assemblée que les scellés ayant été mis chez lui sur ses papiers, il ne pouvoit se trouver responsable devant la loi de sa correspondance qu’avec le citoyen Thierry son ami présentement en Italie, dont il faisoit les adaires et a qui il avoit envoyé différentes sommes. Mais que la loi sur les émigrés, du 28 mars 1793, section IV des exceptions art. VIII alinéa cotté 7“ disant que : «Les français qui n’ayant aucune fonction publique, civile ou militaire, justifieront qu’ils se sont livrés a l’etude des sciences, arts, et métiers, qui ont été notoirement connus avant leur départ, pour être consacrés exclusivement a ces études, et ne s’être absentés que pour acquérir de nouvelles connoissances dans leur état»,quil lui importait de faire constater que le citoyen Tbierrv avait toujours professé l’art de l’architecture, qu’il n’est dans le pays etranger que pour les progrès de cet art, et qu’en conséquence il peut lui être permis au therme de la loi de lui faire parvenir les fonds qui lui appartiennent et entretenir avec lui une correspondance sans pouvoir être soupçonné d’intelligence criminelle.

Qu’il ne connoissoit pas de moyen plus sur de faire constater l’etat du citoyen Thierry son ami que d’invoquer en pleine assemblée le témoignage de ses pairs, des artistes de tout genre qui ont vécu avec lui.

Qu’en conséquence il demandoit acte de la déclaration qu’il faisoit, que ceux des artistes qui connoissent le sitoyen Thierry pour architecte signassent leurs attestations sur un certificat déposé a cette effet sur le bureau, lequel serait certifié par le president et secrétaire, et dont il lui seroit donné copie pour lui valoir auprès des autorités constitués.

L’assemblée ayant reçu a l’instant l’assurance que plusieurs de ses membres connoissent lé citoyen Thierry pour architecte, a arreté que les propositions du citoyen son correspondant seront adoptées, qu’il sera rédigé un certificat qui sera signe par les témoins au

Quelques points, qu’on a biffés, suivaient le mot [citoyen]. — Idem.

milieu de l’assemblé générale et après leur déclaration a haute voix.

Quil en sera délivré copie certifié au citoyen d) a la suite du présent arreté.

Q.ue le présent lui servira auprès des autorités constituées pour constater l’etat du citoyen Thierry compris dans l’exception portée dans le paragrafe mentionné au commencement et obtenir la prompte levee des scellés.

On propose de nommer une comission chargée de présenter au Comité d’instruction publique le travail de la Commune relatif au jugement des prix. Les citoyens Anselin, Boisot et Sergent sont élus comissaires par acclamation.

Un des comisaires du Sallon représente a l’assemblée qu’il est ouvert pour tous les artistes, qu’on a déjà rendu des ouvrages, mais qu’il est necessaire de fixer un terme ou les travaux de ceux qui ne voudront concourir ne seront plus rendu, attendu que les commissaires seroient obligés de faire un trop grand sacrifice de temps.

Sur sa proposition l’assemblée arrête qu’elle fera insérer dans les journeaux que d’ici au 10 du mois on ne trouvera plus personne pour rendre aux artistes les ouvrages exposés au sallon.

On observe a l’assemblée qu’elle a arrêté que les tableaux resteroient exposés jusqu’apres le jugement quelle doit porter sur l’exposition du sallon; on demande que le jugement soit fixé à huit jours apres celui des prix, on observe en outre qu’il est instant de déterminer le jour ou la discüssion sera ouverte sur cet objet.

L’assemblé arrête que cette discussion sera a l’ordre du jour dans la séance suivante.

Le citoyen Sergent annonce a l’assemblée qu’il a fait la recherche de toutes les loixs rélatives aux arts, il engage la Commune a faire acquisition de ces Loix, il annonce encor que sous peu de jour il doit présenter a la Convention nationale des observations tendantes

Voir plus haut.

a faire accorder cette année un encouragement aux artistes, il ajoute que comme il ny en a pas a l’exposition de l’année derniere il s’efforcera de faire décréter une somme plus forte cette année et de faire renvoyer sa demande au Comité d’instruction publique, ou d’en être rapporteur lui-méme, enfin il assiire que l’intérêt des arts et le bien des artistes sera toujours l’objet de son zèle.

Sur la proposition d’un membre le citoyen Sergent est invité a faire pour l’assemblee l’acquisition des loix relatives aux arts.

Un membre obtient la parole et dit qu’un tableau de port de mer qui a obtenu un encouragement est encore exposé cette année, que depuis ce temps le citoyen Hue en a encor fait un, qu’il ny a pas de raison pour qu’il n’en recommence pas un autre, et que cette conduite est un attentat envers la propriété des artistes, il se résume en demandant que des comissaires nommés par la Commune soient chargés d’instruire le Comité d’instruction publique quelle a écrit au pouvoir executif relativement a cet objet et qu’il ny a pas fait droit, cette demande est appuyée.

Sergent dit qu’il y a un mois qu’il se proposait de parler a la Convention de cette tache d’aristocratie, en même temps qu’il parleroit des encouragements, il observe qu’il est inutile d’ecrire au pouvoir executif pour obtenir des renseignements sur de pareils objets, mais bien a la Convention national qui charge le pouvoir exécutif de leur exécution.

Un membre rappelle a l’assemblée qu’elle a arreté qu’il seroit fait une pétition a la Convention nationale a l’effet de lui demander que le decret qui ordonne que tous les travaux publics seront mis en concours, cesse enfin d’être illusoir pour tous les artistes et soit mis en exécution.

Sergent engage la Commune a présenter cette pétition le plutôt possible parceque la Convention doit décréter qu’il sera élevé sur la place des piques un monument en marbre consacré a la mémoire de Michel Lepelletier, et qu’il seroit infiniment doux pour les artistes républicains en s’occupant de ce concour de rendre

en quelque sorte hommage aux mânes de cet illustre ami de la liberté.

L’assemblée arrête que le citoyen Sergent et Allais rédigeront la pétition, quelle sera présentée de suite a la Convention nationale.

Elle arrête ensuite sur la demande des sculpteurs concurrents que leurs bas reliefs seront descendus samedi.

Seance levée a ^ heures.

Biennaimé, secrétaire.

Seance du 2 octobre l’an 2'"^^ de la République

une et indivisible.

La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal dont la rédaction est adoptée après une réclamation a laquelle on fait droit.

On procédé ensuite a l’admission des artistes non encor reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont les citoyens J. B. Greuze, Honnet, Grégoire, et Letellier peintres, Montony, Jacob et Alloys Verhelst sculpteurs, Godefroy graveur, Nounau, Gaucher, et Clavarau architectes.

On admet aussi les citoyens SoufHot et Lemaire (âgés de i 5 ans) graveurs.

Les citoyens Cathelin graveur et Allegrain sculpteur déposent sur le bureau leurs diplômes académiques.

On ouvre la discussion sur la question de savoir si l’ouvrage d’un des concurrents pour le grand prix, qui est mort sera jugé ou non.

Un membre demande que son ouvrage soit jugé et que dans le cas ou il obtiendrait le premier prix, les émoluments soient accordés a celui qui marcheroit apres lui.

Un autre demande que la pension soit accordée a ses parents, on lui observe a cet egard que le but de la nation etoit en accordant une pension de faciliter l’etude du jeune artiste qui remporteroit le

prix, et que considéré sous ce rapport le but de la nation seroit manqué, si une famille incapable de s’occuper des arts jouissoit de cette pension.

Apres quelques observations et propositions pour et contre l’assemblée passe a l’ordre du jour motivé sur l’arrete de la Commune qui dit quelle jugera les prix et que dans le cas d’embarras lors de leur distribution, elle en referera à la Convention Nationale.

L’ordre du jour est adopté.

Quel sera le mode de jugement' pour les ouvrages exposés au sallon.

Un membre obtient la parole et dit : nous avons tous le livre du sallon, nous ferons une marque sur les ouvrages qui nous plairont le plus et nous motiveront nos jugements.

On demande que la Commune décide dabord quel genre sera jugé le premier afin qu’on puisse procéder a la disposition des tableaux, de décider ensuite si ceux qui ont obtenu des encouragements, pourront en obtenir encor et combien il y aura d’artistes couronnés.

On propose et l’assemblée arrête que ceux tpii n’ont pas terminé les travaux d’encouragementqu’ils ont obtenusa l’exposition derniere n’auront pas droit a ceux de cette année.

Un membre dit a l’appui de cet arrêté qu’il n’est pas juste que ceux qui seront restés dans une paresse (L’opinant ajoute a ces mots une epithête) le president l’interrompt, et lui représente que cette expression n’est pas convenable dans une société de freres.

Je m’étonne dit un autre membre que sous le régne de la liberté et dans le sein meme de la Commune des arts, on se permette de pareilles expressions, il n’est pas vrai que ceux qui n’ont pas terminé leurs travaux d’encouragement soient restés dans une action condamnable parceque j’ai été chargé de mission de confiance par mes concytoyens.

On demande que si de deux artistes qui reuniroient égalité de suffrages il y en avoit un qui ait déjà obtenu des encouragements.

il n’ait rien a reclamer, et que la recompense entière soit accordée a celui qui n’en aiiroit pas encor obtenu. On demande encor qu’aucun artiste ne puisse concourir a deux expositions de suite car on observe que celui qui auroit eut un prix étant a porté de faire plus de dépenses qu’un autre pour ses etudes, pourroit en obtenir toujours, et par conséquent décourager des artistes qui par leurs talents auroient pu s’ils avoient eut plus de moyen lui disputer la palme.

On représente que tous ceux qui cultivent les arts n’etant pas destinés a sy distinguer, le but de la Nation n’étoit pas d’encourager des talents médiocres, et qu’il lui importoit peu que les trois quart de ces artistes frissent mauvais, pourvu qu’il y en ait un quart de bon, on insiste pour que d’après les principes reconnus par l’assemblée ce soit l’ouvrage quelle juge et non pas l’artiste, on observe qu’avec toute autre marche on manqueroit le but que la Convention s’est proposé en décrétant des travaux d’encouragement.

II s’eleve des réclamations pour et contre, enfin le président met aux voix pour la priorité des deux propositions suivantes :

Il y aura t-il une exposition d’intervalle entre celle ou un artiste aura été couronné et celle ou il pourra prétendre a l’étre de nouveau ;

L’assemblée jugerat-elle un ouvrage sans considérer si son auteur a déjà obtenu des prix d’encouragement.

Cette dernière proposition obtient la priorité, elle est mise aux voix et arretée.

On alloit statuer sur la question de savoir combien il y auroit d’artistes couronnés on demande l’ajournement de cette discussion jusqu’apres le rapport du citoyen Sergent; adopté.

Un membre communique a l’assemblée des reflexions sur le mode de jugement, il fait lecture d’un discour dans lequel il établit le principe que tous les membres de la Commune doivent juger tous les ouvrages exposés, il démontre la nécessité et la justice d’accorder des prix d’encouragement aux differents genres d’arts, et

il en propose dix huit, il subdivise les diflferents genre d’art, il forme six divisions dans la peinture, quatre dans la sculpture, trois dans l’architecture et la gravure : il demande qu’on procède au jugement de chaque genre dans le sallon de l’exposition et a deux jours differents, qu’il ny ait d’exposé a chaque jugement que les ouvrages de l’art a juger, que chacun des différents genres de cette art soit classé dans cette exposition, et qu’on procédé par autant de scrutins qu’il y auroit de genre a juger, lesquels scrutins seroient placés près de chacune de ces diverses expositions, que les bulletins soient motivés et signés, que les prix soient accordés a la majorité relative, qu’une comission soit nommée pour extraire des bulletins les jugements, reflexions et analyses, et présenter cette extrait a une assemblée générale dans laquelle il seroit fait lecture de tous les procès verbaux, et ou le président proclameroit les jugements et les noms des artistes couronnés, il termine son projet par demander que si la Commune obtient de la Convention des encouragements il soit enjoint aux peintres et sculpteurs de tirer désormais des sujets de l’histoire des Français «oublions quelquefois, dit il, les grecs et les romains, sommes nous tellement a sec que nous ne puissions rien tirer de notre propre fond î a cette perpétuelle et froide concentration je ne reconnaitrais pas de vrais Républicains.»

L’assemblée demande que ce projet soit déposé sur le bureau.

Un membre dit : Tout en applaudissant au discour qui vient de vous être prononcé, je remarque que le nombre des prix est trop faible. Je sais bien que tous les mérités ne peuvent pas être égaux, mais il faudrait en encourager le plus possible.

La discussion s’entamoit sur cette question.

«L’ouvrage couronné appartiendra fil a la Nation», lorsqu’un membre observa que la Conxention n’avoit pas décrété des prix mais bien des travaux d’encouragement.

On demande que le travail qui auroit été fait pour prix d’encouragement puisse concourir après être terminé, parce que étant payé

d’avance si il n’existoit plus aucun véhicule d’émulation, l’artiste pourroit se négliger.

L’assemblée passe à l’ordre du jour motivé sur la loi.

On revient au mode de jugement.

Dans le cas ou deux artistes qui meriteroient pour la première fois un travail d’encouragement, reuniroit une égalé quantité de voix, on propose le balotage, il est rejetté; on demande qu’il y ait deux prix, mais comme la somme est fixée, un membre observe qu’on pourroit ajouter la somme destinée au second prix a celle destinée au premier, diviser la totalité en deux et donner a chacun des deux artistes qui auroient reunis une égalité de suffrages, une somme égalé de récompense.

Cette proposition appuyée est mise aux voix et arretée.

On propose en outre et l’assemblée arrête que cette mesure sera applicable a plus de deux artistes.

Le president invite les membres qui pourroient avoir des idées sur le mode de jugement a les présenter dans la seance du vendredi.

Le citoyen Greuze a déclaré qu’il n’avoit jamais eut de patente.

Séance levee à 8 heures 3/4-

Bienaimé, secrétaire.

Seance du ^ octobre ly 3? j» , 2 de la République une et indivisible.

La seance s’ouvre par l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont les citoyennes Sophie et Félicité Laborey, Weler, Lavergnolle, Parfait, Régnault, et Sophie Contouly, les citoyens Garnier et Vallin, peintres, Archangé, architecte, Moithey, graveur, et Desrais, dessinateur.

On admet aussi les citoyens François Moreau (ly ans) Petit (16 ans) Ducreux fils (i^ ans) Gremiller (16 ans 1/2) Peintres, et le citoyen Cliquot sculpteur âge de i4 ans.

On procède ensuite a la lecture du procès verl)al.

Apres cette lecture les citoyens Lempereur, Robert, Antoine et Mouchy viennent déposer sur le bureau leurs titres academic|ues.

Le citoyen Belle écrit a l’assemblée que depuis qu’il a ete instruit par son fils de l’arrété de la Commune relativement aux titres et brevets académiques, il a fait d’inutiles recherches pour retrouver les siens; il assure qu’il s’empressera de les déposer dès qu’il les aura trouvé étant fort éloigné de mettre quelqu’importance a leur conservation, il ajoute que si une foulure considérable au pied ne le privoit depuis quelque temps d’assister aux séances de la Commune, il auroit fait de vive voix sa déclaration dont il demande l’insertion au procès verbal.

Le president fait part d’une adresse qu’un modèle a barbe se propose de présenter au Ministre de l’interieur, la rédaction de cette adresse paroissant peu convenable a l’assemblée, elle arrête que le citoyen Allais sera chargé de la refaire.

L’un des comissaires chargés de porterai! Comité d’instruction publique le mode de jugement des prix établi par la Commune dit qu’ils n’ont trouvé personne au comité et qu’ils y doivent retourner.

C^n propose de charger les memes comissaires de demander que l’ouverture du cabinet des estampes a la bibliotéque nationale ait lieu tous les jours.

Un membre observe que la Commune doit présenter une pé- Ution a la Convention pour demander que tous les Monuments publics soient mis au concours, et que cette pétition doit tendre aussi ace que le cabinet des estampes soit ouvert tous les jours poulies artistes.

Sur la proposition d’un membre l’assemblée arrête que des coin issair.es choisis dans son sein se transporteront chez le ministre de l’interieur a l’effet de lui demander que le cabinet des estampes soit ouvert tous les jours depuis p heures juscpia deux et que le plan de paris actuellement aux Cordeliers soit déposé incessament dans ce cabinet.

Elle arrête en outre que les comissaires généraliseront la demande et quils exposeront au Ministre son vœu dont l’efFet est que tous les artistes puissent avec leurs cartes civiques et leurs cartes de membres de la Commune entrer dans toutes les bibliothèques, muséum, cabinet et galleries appartenants a la Nation avec liberté dy travailler.

On procédé a la nomination des comissaires. Les citoyens Veni , Lebrun et Régnault sont élus par acclamation.

On demande par amendement que le Cabinet des estampes qui est trop reserré dans l’endroit ou il est soit changé de local.

Un membre croit que le Ministre n’a le droit que de faire exécuter la loi, que la demande du préopinant n’est qu’un objet d’administration et que d’ailleurs les comissaires auront assez de zele et de lumière pour demander tout ce qui pourroit tendre a l’intérêt des arts, il observe que le Ministre ne pouvant pas de son chef augmenter les agens, il convien droit de ne demander que quatre jours d’ouverture par semaine pour le Cabinet des estampes dont deux seroient pour les artistes particulièrement, et deux autres seroient a la fois et pour les artistes et pour le public.

L’assemblée s’en rapporte au zèle de ses comissaires pour toutes ces différentes demandes.

Avant de passer a l’ordre du jour un membre soumet a la décision de l’assemblée la question de savoir si un artiste peut concourir pour les travaux d’encouragement avec un ouvrage qu’il n’a pas exposé au Sallon.

On passe a l’ordre du jour motivé sur la loi qui dit que les ouvrages qui auront été exposés auront seuls le droit de concourir.

Un membre demande a faire une motion d’ordre.

Il dit : La salle dans laquelle la Commune tient ses séances devient de jour en jour plus petite, je vous propose de nommer des commissaires qui vous rendront compte de la surface de la salle du Laocoon comparée avec la surface de celle ou vous êtes afin de vous y établir s’il y a possibilité.

On demande d’un coté l’ajournement et de l’autre que les architectes presens soient chargés de procéder sur le champ a cette operation, et d’en rendre compte seance tenante.

L’assemblée adopte cette derniere proposition et elle charge les citoyens Radel Norry et Levasseur de s’occuper de suite a ce travail.

On reproduit la proposition déjà faite de mettre en concours les travaux relatifs a la ceremonie de la translation de descarte au Panthéon français.

. Un membre ne pense pas que dans cette circonstance la Convention veuille faire de la dépense, il observe qu’on pourrait faire usage des differents ustensiles qui ont déjà servi a des cérémonies de ce genre.

Un membre obtient la parole sur cette question, il demande que l’assemblée nomme des comissaires pour faire un travail sur les fêtes et les cérémonies publiques: les prêtres dit il fascinoient les yeux du peuple par leurs cérémonies, les Romains en mettoient dans leurs jeux et dans leurs fêtes, tous ont senti la nécessité de présenter aux yeux de la Multitude la divinité dont ils vouloient entretenir ou propager le culte, avec cette appareil qui commande la vénération. Je demande que votre comité établisse le rapport que les arts doivent avoir avec les cérémonies publiques, et que les fêtes ne soient plus désormais une Marche sans ordre d’autorités constituées qui ne présente rien de grand.

QjLie la Commune s’occupe aussi de surveiller les abus qui s’introduisent dans les batiments publics telle que les etablissements d’echoppes et petites boutiques qui en interceptant l’ensemble des monuments dégradent aussi leur dignité quelle établisse un comité de surveillance pour les arts, avertisse la Commune lorsquil s’etabliroit quelque chose de mauvais goût. Les législateurs ajoute-til peuvent avoir besoin de vos lumières pour diriger et faire fleurir les arts, c’est a vous de les aider et de coopérer avec eux a ce grand travail.

Je vous propose de demander a la Convention qu’il soit érigé un temple a la liberté et un a la félicité publique et que les programmes des ouvrages d’encouragement soient établis de maniéré a ce que ces ouvrages servent a la fois d’ornements pour ces deux temples et d’exemples ou de leçons pour l’instruction publique. J’observe que puisque c’est la nation qui paye, il est juste que ce soit la nation qui jouisse.

L’assemblée arrête ces deux propositions au milieu des applaudissements, elle engage l’opinant a rédiger ses observations et a les déposer sur le bureau.

Qiiant aux échoppés qui entourent les monuments publics, un membre observe que la pétition que la Commune doit présenter a la Convention aura un considérant dans lequel sera contenu la demande de l’abolition de ses échoppes.

Un des architectes nommés pour mesurer les dilferentes salles de la Commune rend compte de leurs operations; il en résulte que la salle ronde égalé celle actuelle, il propose de prendre la grande salle pour les assemblées générales.

On observe que cette salle ne serait pas encore assez grande pour une assemblée publique, et qu’il faudrait s’établir dans le sallon. Mais on représente que le sallon sert de passage au Muséum, on demande et l’assemblée arrête l’ajournement jusqu’après les divers jugements a porter par la Commune.

On passe a l’ordre du jour qui est le mode de jugement pour les ouvrages exposés au sallon.

Un membre donne lecture d’un discour dont le résumé tend a demander le mode proposé par Norry en exceptant seulement la répartition des prix d’encouragement a laquelle il donne beaucoup plus d’extension, on demande que le citoyen Norry fasse une seconde lecture de son projet. Le citoyen Norry observe que le citoyen Boizot doit faire part a l’assemblée de ses idées sur cet objet.

Le citoyen Boizot dit qu’il n’a pas encore achevé de mettre au

net ses reflexions; mais qu’il lui semble que les assemblées sont trop frequentes dans le projet de Norry, il demande qu’il y ait plusieurs scrutateurs et que les artistes aillent motiver a leur aise, et déposé leurs scrutins lesquels seroient dépouillés en assemblée générale, il demande encore qu’il ny ait qu’une seulle classe de jugé par jour.

Un membre obtient la parole pour représenter qu’il ne faut pas demander a la Convention la somme qu’elle auroit pu accorder l’année passée s’il y avoit eut une exposition, les besoins de la république lui paroissent trop pressants pour ne pas faire quelques sacrifices.

On observe qu’il ne faut pas perdre ses prétentions, que puisqu’il existe une somme d’encouragement consacrée annuellement pour les arts, il en faut profiter que les artistes d’ailleurs sont dans un instant malheureux.

Le president quitte le fauteuil et prend la parole, il dit : Les artistes ont toujours fait des sacrifices la gloire est leur aliment et non pas l’argent, il faut s’en tenir a ce que la Convention voudra arrêter mais ne rien demander, parceque cela seroit avilisant.

Un membre dit qu’il ne faut s’inquiéter de rien parce que Sergent et David sont les avocats de la Commune dans la Convention, et l’on passe a l’ordre du jour motivé sur cet objet.

On observe que l’ordre du jour est de classer les differentsgenres d’art, on demande qu’il soit nommé des comissaires pour procéder a ce classement. Mais un membre représente qu’il est nécessaire d’ajourner cette décision a Lundi, attendu qu’on a donné jusqu’au dix pour retirer les différents ouvrages qu’on ne voudra pas laisser au concour.

Le citoyen Philippeaux annonce a l’assemblée que les sculpteurs doivent descendre leurs bas reliefs le landemain, il demande si les salles seront publiques, on observe que jusqu a ce que la Convention ait statué il faut que les bas reliefs soient scellés pourtout le monde même pour les artistes.

Un membre demande que les sculpteurs ne descendent qu’après que le Comité d’instruction publique aura fait son rapport. L’assemblée arrête cette proposition.

Un des concurrents demande par amandement que les bas reliefs soient moulés, on lui observe que les comissaires de la Commune ont fait rendre dernièrement un decret et qu’il ne faut pas s’inquiéter.

Un membre croit que si les concurrents trouvent plus d’avantage a descendre leur ouvrage, ils doivent y être autorisés et qu’en annonçant dans les papiers publics que l’exposition aura lieu, les députés en seront instruits et qu’ils ne manqueront pas d’en presser le rapport.

On demande que l’exposition générale des ouvrages qui concourent pour les prix ait lieu dans le même temps motivé sur l’arrêté de la Commune a cet égard.

Un membre déclaré qu’il s’est trouvé plusieurs fois inutilement a la cy devant academie d’architecture, qu’enfin le departement lui avoit dit qu’il n’avoit pas reçu de lettres du Ministre, qu’il esperoit avoir le double de cette lettre et retirer enfin les projets.

On rétablit une proposition déjà faite, on demande et l’assemblée arrête sans égard a ses précédents arrêtés que i° les Sculpteurs descendront leurs bas reliefs sitôt qu’ils le jugeront convenables 2° cjue l’exposition aura lieu pour le public Lundi et Mardi

quel sera annoncée dans les journaux et principalement dans le journal du soir par feuillant 4° que les concurrents procéderont eux memes a la police de leur exposition.

Le citoyen Philippeau dépose sur le Bureau un mémoire de dépenses faites pour la Commune, on propose de renvoyer cet objet a l’examen du bureau actuel et de celui qui etoit en exercice lorsque ces dépenses furent faites, pour qu’il ait a le viser et l’ordonnancer, l’assemblée arrête cette proposition.

Le citoyen David graveur dépose sur le bureau plusieurs privilèges qui lui ont été délivrés au nom de Louis le dernier, il y joint sa déclaration é'crite d’avoir brûle le diplôme qui lui avoit été en-

COMMUNE DES ARTS

voyé par l’académie de Berlin, la patente qui l’associoit a la cy devant academie de Rouen, et le brevet qui lui avoit été délivré par le traître et conspirateur Stanislas Xavier. Cette déclaration est annexé au procès verbal.

On demande qu’il soit nommé des comissaires pour surveiller l’arrangement des prix et faire vernir les tableaux. L’assemblée arrête que ce sera les mêmes qui ont été présent a la levée des scellés.

Séance levée a ^ heures.

Bien AIMÉ, secrétaire.

Seance du jûi/r du /*'’ nw’is de L’an 2'""^ de la République

une et indivisible.

La seance s’ouvre par la lecture du procès verbal. Après cette lecture on procède a l’admission de plusieurs artistes non encor reconnus en assemblée générale; ces artistes sont les citoyens Dubois, Wille fils, Duperreux, Vernet, Ducrey, Descat, Olivier, les citoyennes Piètre, Vallin et Veirene, peintres, Daiteg, sculpteur, Cherpitel, Carrez, Bernier, Bellet et Montizon, architectes, Wille Pere, Malbeste, Halbon et Carpentier, graveurs.

Les citoyens Ville père. Ville fils, Desenne, Beauvalet, Cherpitel, et Pyere le jeune déposent sur le bureau leurs titres académiques.

Le citoyen Restout écrit a l’assemblée que des longtems plus disposé a donner sa démission a l’academie qu’a en suivre les grades, il n’y a point pris de lettres de réception, il ajoute que la présente déclaration tiendra lieu de sa signature jusqu’à ce quil lui soit possible de la ratifier.

Le président fait part a l’assemblée d’une lettre du citoyen Calamar l’un des sculpteurs qui concourent pour les prix, il lui annonce qu’accablé du malheur qui vient de lui arriver dans la chute

de son bas relief, il ne pourra pas se rendre a la seance, ce seroit, dit il, renouvelle!' une douleur trop amere, faites retirer mon ouvrage du concours, et jugez mes camarades, il ne doivent pas souffrir de cet événement fâcheux.

Le citoyen Régnault dit que Calamar le croyant toujours president lui avoit adressé la lettre dont il venoit d’étre fait lecture, mais que ne croyant pas devoir faire retirer le bas relief, il l’a fait pro- \'isoirement couvrir jusqu’à ce que la Commune ait statué sur cet objet : il me paroit ajoute-t-il que le désir secret de Callamar est que son prix soit vu.

Un membre observe que ce désir est contradictoir avec sa lettre, qu’il faut qu’il s’explique avant que l’assemblée mette cette affaire en délibération.

On observe que sa lettre écrite dans le moment de la douleur pourroit bien ne pas contenir ses véritables intentions; qu’avec le temps il a fait d’autres réflexions puis qu’il a fait dire depuis par son frere de découvrir le bas relief.

Un des concurrents obtient la parole : il fait part a l’assemblée de la manière dont l’événement est arrivé.

Un membre dit qu’on ne peut juger les intentions de Callamar que d’après sa lettre, qu’il faut que l’assemblée obtienne son aveu avant de découvrir son ouvrage.

On demande si sous le règne de la liberté, l’auteur a le droit d’emporter son ouvrage, il est certain que ce droit est incontestable, Cependant Callamar veut d’abord enlever le sien puis il réfléchit, et il le laisse : il veut donc qu’il soit vu du public; il y a plus il dit que ses amis font fait réfléchir, et qu’il est déterminé a s’en rapporter a la sagesse de ses concytoyens.

Un membre observe que le vœu de l’exposant paroit être que son ouvrage soit connu du public; il demande quil reste exposé jusqua la fin du concours.

L’assemblée passe a l’ordre du jour motivé sur le droit que Callamar a d’emporter son bas relief ou de le laisser si bon lui semble.

On demande par amandement qu’il y ait un écrit pour instruire le public de la maniéré dont l’événement eut lieu. L’assemblée arrête cette derniere proposition.

Le citoyen Sergent l’un des comissaires chargés de présenter au Comité d’instruction publique le mode de jugement des prix établi par la Commune fait son rapport; il dit que ce travail a été très bien accueilli il ajoute que comme membre de ce comité, il lui a représenté qu’il seroit beau au milieu des horreurs mêmes de la guerre d’encourager les arts, que ce seroit en quelque sorte enrayer les tyrans que de leur faire voir nos moyens s’étendant beaucoup au delà des eftorts qu’il nous faut faire pour les combattre.

Il termine en instruisant l’assemblée que le comité a nommé séance tenante deux comissaires pour examiner le tra\ail de la Commune et en faire leur rapport a la séance suivante.

Le même membre fait ensuite lecture du projet de pétition pour l’édification d’un temple a la liberté et un a la félicité publique qu’il avoit proposé dans la seance précédente.

L’assemblée adopte cette pétition, elle arrête qu’elle sera imprimée et porté a la Convention par une députation de six de ses membres, et les citoyens Régnault, Landon , Moreau jeune, Gois, Moitte, Anselin, Bienaimé et Allais sont élus comissaires par acclamation.

Un membre demande que l’assemblée ait un Heuron a elle, pour mettre en tête des mémoires ou des discours qui lui seroient présentés, et dont 'elle ordonneroit l’impression. Il projiose et l’assemblée arrête que tous les artistes qui voudront bien s’en occuper lui soumettront une esquisse de fleuron, et que celle qui sera choisie sera remise a un de ses membres graveur en bois.

Un membre obtient la parole pour faire au nom du comité d’architectes nommés pour l’adjoindre au Comité d’instruction publique le rapport sur la division des terreins environnants la Convention nationale. Par un arrêté de la Commune des arts ce rapport étoit a l’ordre du jour.

Le travail est divisé : la prémiere partie présente des réflexions générales sur le projet de l’achevenient du Louvre et de la jonction avec les Thuilleries.

La deuxieme partie comprend des observations critiques sur plusieurs articles du programme décrété par la Convention nationale.

Enfin il est terminé par un résumé en forme de considérant qui précédé un projet de programme en trois articles essentielles et plusieurs autres qui ne sont que réglementaires.

L’assemblée approuve la rédaction de ce travail, et sur la motion d’un membre, elle arrête que le rapporteur est autorisé a en faire faire trois copies dont l’une sera remise par les artistes qui y auront coopéré au Comité d’instruction publique, un autre au Comité d’aliénation et la troisième restera aux archives de la Commune des arts.

Le citoyen Allais fait lecture de l’adresse du modèle a barbe dont la rédaction lui avoit été confié. Cette rédaction est adoptée, et le president invite les membres qui connoissent ce model a la signer.

Un membre obtient la parole, et représente a l’assemblée quelle cherche des logements pour les modèles et qu’il y en a un auquel on parvient par le meme escalier qui mène a l’academie, et que le propriétaire est regardé par sa section comme ne devant plus revenir: il demande quil soit nommé des comissaires pour conférer de cet objet avec le Comité du Muséum et demander ensuite au Ministre a disposer de ce logement, si il y a lieu. L’assemblée nomme pour comissaire les citoyens Duvivier et Moreau l’aîné.

Le president fait part a l’assemblée d’une lettre du citoyen Duranieau. Il annonce qu’il fait passer par les mains du citoyen Philippeau son titre d’académicien.

On passe a l’ordre du jour qui est le mode de jugemejit des ouvrages exposes au Sallon.

Le citoyen Boizot fait part de ses réflexions écrites sur cet objet il propose de diviser tous les ouvrages en cinq classes savoir : peintures historiques, peinture de genre indifferament choisie dans tous.

sculpture, architecture et gravure et quelque soit la somme destinée aux recompenses, elle soit partagée en trois parties égalés dont Tune seroit pour le genre historique, une autre pour la sculpture et la troisième subdivisée en trois autres parties égalés applicables a la peinture de genre a l’architecture et a la gravure.

Le sécretaire demande et l’assemblée arrête que l’extrait des procès verbaux qui doit etre remis aux cidevants académiciens qui ont déposé leurs diplômes sera imprimée.

Sur la proposition d’un membre l’assemblée autorise ses comissaires du sallon a classer les ouvrages qui doivent concourir pour les travaux d’encouragement.

On demande que pour donner plus de facilité au jugement, chaque artiste ait d’abord a se juger lui même, en choisissant parmis ses ouvrages celui qui lui paroitroit le plus digne de concourir et que celui la seul soit exposé.

On combat cette proposition en observant que tous les artistes sont libres de laisser autant d’ouvrages que bon leur semble parce quil ny a que l’ouvrage qui a le plus de voix qui peut avoir le prix, que c’est l’art qu’il faut juger et non celui qui le professe, ()n se résume en demandant que les artistes soient libres de laisser a l’exposition autant de leurs ouvrages qu’ils voudront.

Cette demande est appuyée, mise aux voix et adoptée conformément a un arreté antérieurement pris a cet égard.

■ On agite la question de savoir comment on encouragera les artistes des départements. L’assemblée statut rien sur cet objet motivé sur le droit (ju’ils ont d’envoyer leurs travaux au Sallon.

Un membre demande qu’on pose en principe que pour avoir droit aux travaux d’encouragement il faudra au terme de la loi être né ou naturalisé français. Cette demande est sanssuitte, motivé sur l’existence de la loi.

Seance levee à 9 heures.

Bienaimé, secrétaire.

Séance du 1 8^^^ jour du z®'’ IVlois de l’an 2 de la République une et indivisible.

La séance s’ouvre par la lecture du procès verbal sur lequel il n’y a point de réclamations.

On procédé ensuite a l’admission de plusieurs artistes non encore reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont les citoyens Elie, Munié, Patron, Sévin, Didot, Vanpanedonck, Châtelain, Pierre Franque, Le Tourneur, Duplessis, Pinçon, Changarnier, Palliere, Joseph Franque, Augustin Défossés, Moufte et la citoyenne Beaurepaire, peintres, Nicolet, Dhuez, Monpellier, Bruyère et Demontreuil, sculpteurs, Tharaval, Lescuyer, Bonnet et Boursot, architectes, Monsaldy, Aubiy et Joubert, graveurs.

Les citoyens D’huez, Bachelier, Choffard, Spandonck, Sedaine, Voiriot, Forty et Hazon déposent sur le bureau leurs titres académiques.

Le citoyen Hue joint a son diplôme une lettre dans laquelle il assure l’assemblée que c’est avec plaisir, quil déposé sur le bureau cette marque distinctive plus propre a étoulfer le génie, qu’a l’alimenter, il termine par la prier de croire, que s’il avoit été a Paris fors de son arrêté, il n’auroit pas attendu jusqu’à cette epoque pour s’y conformer, et il signe Hue, Républicain.

Le citoyen Brébion L’ainé écrit a l’assemblée en lui envoyant les deux parchemins, qui constatoient son admission a la cy devant académie d’architecture quil les auroit apporté lui meme si sa vue très affaiblie lui permettoit de sortir le soir, et de supporter la lumière des réverbères, il désire que l’assemblée générale veuille bien agréér ses excuses.

Le citoyen Mique le fils écrit que son père actuellement a la campagne loin d’ici pour sa santé etoit directeur de l’academie d’architecture parce que cette place etoit une prérogative attachée a celle des prémiers architectes de la liste civile, mais qu’au-

cun titre particulier ne lui assuroit celui de membre de cette académie.

Le citoyen Boulée, malade a Fleur^' sous Meudon écrit que sitôt que sa santé sera rétablie il viendra déposer son diplôme sur le bureau.

Le citoyen Wille père qui dans la séance précédente avoit déposé ses patentes de l’academie de Paris, vient déposer quatre autres patentes des academies étrangères.

Un sécretaire fait ensuite lecture d’une adresse ayant pour titre Dubois peintre a la Commune des arts, elle tend a demander que le tableau de la Cananéene qui a mérité le prix a Drouais, et qui est actuellement relégué dans l’école du modèle, au risque d’y être détérioré par la fumée de la lampe, soit déposé dans le Muséum. C’est un parti qui lui paroit renfermé le double avantage d’assurer a la nation la conservation d’un beau tableau, d’honorer la mémoire de son jeune auteur, et d’exciter en même temps la noble émulation dès jeunes gens qui lui survivent.

Cette proposition est appuyée au milieu des plus vifs applaudissements.

Un membre demande que la psiché de Devait Waeyenberg exposé au Sallon soit acheté par la nation et egalement placée dans le M uséum.

On demande la question préalable.

Un membre obtient la parole il dit : il me semble qu’on a demandé que la nation acheté la statue de Van Waeyenbergh, je demande qu’auparavant elle soit jugée avec tous les ouvrages exposés au Sallon.

On demande aussi que l’enfànt qui dort soit également acheté. Apres quelques observations, l’assemblée arrête que des comissaires choisis dans son sein feront toutes les démarches nécessaires pour cet objet, et lui rendront comjne des moyens qu’ils auront trouvés pour rendre la nation proprietaire de ces deux ouvrages a l’effet de les déposer dans le Muséum. Les citoyens Lebrun et Babouo sont élus par acclamation.

L’assemblée arrête aussi qu’il sera porté a la mere de Drouais un extrait de son procès verbal par des commissaires et elle charge de cette mission les citoyens Dubois et Le Thyeres.

On observe que Le Thyeres ayant ete très ami de Drouais sa presence pourroit causer a la mère une trop vive impression. Sur cette observation l’assemblée arrête qu’il sera remplacé par le citoyen Fortin.

Un membre demande que le bureau soit autorisé a se procurer une loi relative a la marine, un secrétaire se charge de cette acquisition.

On passe a l’ordre du jour.

Le citoyen Landon obtient la parole et fait lecture d’un discour intitulé mode de jugement pour les ouvrages exposés au Sallon. Après cette lecture le citoyen Boizot qui avoit communiqué ses réflexions sur cet objet dans les séances précédentes observe que si on est obligé comme le propose l’opinant de motiver neuf ouvrages dans un bulletin cela deviendra interminable, fort embarrassant et presqu’impossible, on lui observe cependant qu’en établissant tous les motifs dans une même séance on gagneroit beaucoup de temps.

Après quelques débats un membre demande que Boizot et Landon soient invités a relire les articles de leur projet, que l’assemblée ensuite accorde la priorité a celui des deux ouvrages qui lui paroitroit le plus convenable a l’elfetde le soumettre a la discussion article par article. Cette demande est appuyée et adoptée.

En conséquence les citoyens Boizot et Landon communiquent alternativement leur travail, on propose de renvoyer le tout au Comité qui fera son rapport a la prochaine séance.

Un membre demande qu’avant de renvoyer cet objet au Comité on le discute le plus longtemps possible dans l’assemblée parce que il s’y trouveroit beaucoup plus de lumière que dans un comité.

On représente qu’il est inutile de faire un grand travail sur le mode de jugement, car un seul scrutin pourroit tout faire donnez dit l’auteur de cette proposition le maximum a ceux qui reuniront généra-

lement le plus de suffrages. Le médium a ceux qui en reuniront le plus après le maximum et ainsi de suitte pour le minimum apres le médium et votre operation sera faite entres peu de temps et sans embarras.

Le citoyen Boizot convient qu’il peut exister de l’inconvénient dans son projet, mais quil avoit cherche le moyen le plus court poLir épargner le temps des artistes, il refait une lecture de la répartition de la somme accordée pour les encouragements, il observe que le graveur garderoit sa planche et que la somme d’encouragement l’indemniseroit des épreuves qu’il enverroit dans les départements et aux autorités constituées, la médiocrité de la somme accordée ajoutetil nous a contraint de prendre ce parti.

Un membre dit que la République doit se montrer grande qu’elle doit payer la planche du graveur indépendamment du travail d’encouragement quelle pourroit lui accorder. Maison lui représente que dans les circonstances on est obligé de faire comme on peut.

Enfin après diverses obser\ ations l’assemblee arrête que le citoyen Landon sera adjoint au comité auquel elle renvoyé les deux projets.

Une députation des jeunes élèves qui mettent aux places vient déposer sur le bureau la liste des quarante cinq candidats parmi lesquels doivent être choisis les juges pour le concours des places conformément a l’arrête pris par la Commune a cette egard. Ces candidats sont les citoyens Mouchy, Julien, Suvée, Vincent, David, Régnault, Vieil, Tannet (Peintres) Gérard, Tomassin, Foujat, Pajou fils, Moutony, Landon, Michalon, Prudh(nnme, Sérangelli, Ramier, Callamar, Naigeon, Espercieux, Boizot père, Lethiere, Millehomme, Taunay, sculpteurs, Isabet, Perrin, Garnier, Peyron, Bridan, Courteille, Thevenin, Moreau jeune, Anxiau, Lemaux, Potain, Debret, Bouillon, Guérin, Gautereaux, Hariete, Labadye, Turcaty, Sueback, Défontaine et Dabosc.

On soumet a la discussion le mode d’election pour les quinze juges et les six suppléants, qui doivent être choisis parmi les quarante cinq candidats.

On propose le sort un membre observe que sans détruire l’égalité on ne doit dans les arts choisir que le mérite. Malgré cette observation on appuyé la proposition du sort et l’assemblée arrête que ce sera par cette voye que les juges seront élus.

Elle arrête en outre qu’on y procédera sur le champ. Apres cet arrêté un membre demande qu’il y ait une police intérieure dans la Commune parcequ’on y recevoit tous ceux qui se presentoient sans exiger leur carte.

On propose que chaque membre porte la sienne a sa boutonnière il est d’autant plus important ajoute ton de prendre des mesures de police, que dans la Commune de Paris même notre assemblée y est représenté comme composée d’aristocrates.

On procédé au tirage au sort pour les juges des jeunes gens, il en resuite, que les citoyens Gérard, Thomassin, Moutony, Landon , Prudhomme, Espercieux, Boizot père, Le Thiere, Isabey, Perrin, Garnier, Le Maux, Bouillon, Gauteraux, et Hariete sont élus juges et que les suppleans sont les citoyens Taunai Peintres, Michalon, Ramier, Thévenin, Mouchy et Potain.

L’assemblée charge son bureau d’écrire une lettre de convocation aux membres choisis par le sort pour qu’ils aient a se rendre Lundi matin dans les salles de la cy devant academie, a l’elFet de juger les figures des jeunes gens qui mettent aux places.

On reprend la discussion sur les cartes et on reproduit la motion déjà faite de nommer des scrutateurs chargés de les examiner, un membre demande qu’un modèle soit chargé de cette fonction, parce qu’un membre qui doit délibérer ne peut pas s’en charger, et qu’un modèle connoissant beaucoup d’artistes s’en acquiteroit avec plus de promptitude, et que d’ailleurs on pourroit lui accorder une indemnité qui lui seroit de quelque secours.

On propose pour la seconde fois que tous les membres portent leurs cartes a leur boutonnière, on cite l’exemple de la société des Jacobins, et celle des électeurs, cette proposition est appuyée et l’assemblée l’arrête.

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On demande par amandement que celui qui n’auroit passa carte soit tenu de se faire reconnoître, cet amandement est sans suite et l’arrété maintenu comme il avoit été pris.

(^n observe a l’assemblée quil lui fiut prendre des mesures qui la mettent au dessus du soupçon, parceque la calomnie la réprésentoit déj<à dans Paris comme un repaire d’aristocratie.

En conséquence on propose de faire imprimer les noms de tous les membres afin que les patriotes soient connus, cette proposition est appuyée.

Un membre croit que pour procéder plus promptement a cette nomenclatûre, il fuit se hâter de changer de place et de juger tous les ouvrages exposés, apres cela dit-il l’assemblée pourra procéder a l’epurement de ses membres et a la publicité de leurs noms.

La discussion sur cet objet est ajournée a laseance suixante. Seance levée à ^ heures i/4-

B I E N A I M É , secrétaire.

Seance du 2 0 du mois de l’an deux de la République une et indivisible.

En l’absence du president le citoyen Régnault prend le fauteuil.

La seance s’ouvre par l’admission des artistes non encor reconnus en assemblée générale. Ces artistes sont : les citoyens Drahonet, Bilcocq. De S‘ Jean, Baltasar, Budelot (neveu), Laplace, la citoyenne Frossard, Bertier, Tannay et Lavallée Poussin, Peintres, Mérard, Forestier et Mouchy, sculpteurs, Vestier, Dedieu, Galimar, Raimond, Sobre, Courteépéé et Hubert Architectes, Delettre, la citoyenne Challion, Nicolet, Droz Marchand, Ignace Hubert et Willemin graveurs.

Les citoyens Berwich, Vestier père, Guay, Bilcocq, Michel, Garnier et Lavallée Poussin, déposent sur le bureau leurs titres académiques.

On procédé ensuite à la lecture du procès verbal. Après cette lecture le president demande si les suppleans des juges qui doivent prononcer sur les ouvrages des jeunes gens qui concourent aux places seront convoqués comme les comissaires juges en titres.

L’assemblée arrête que ces suppléants seront convoqués.

Un membre demande que l’assemblée adopte l’ordre du nouveau calendrier afin que le dixième jour des décades soit pour elle un jour de repos conformément a la loi, il propose de fixer les séances au i®*" 3®“*® y®"*® et ^®“® jour, on demande par motion d’ordre que l’assemblée décide auparavant combien elle aura de seance par décade.

Un membre propose d’ajourner cette question jusqu’à ce que la Convention ait dénommé les jours. On lui observe que la loi est tellement précise a cet égard, que le jour meme tous les bureaux de la mairie etoient fermés, on demande que la discussion s’établisse sur la question de savoir s’il y aura 8 ou i 2 assemblées par mois. On produit sur cet objet plusieurs propositions. La première est de fixer les assemblées au nombre de neuf par mois, trois par décade, lesquellesse tiendroientle troisième, le sixième, et le neuvième jour. La seconde est de les fixer a douze par mois quatre par décade. Le deuxieme, quatrième, sixième et huitième jour. La troisième est de commencer les assemblées le troisième jour des mois et de les continuer ainsi de deux jours en deux jours jusqu’au bout.

Le président observe qu’il faut d’abord décider s’il y aura par mois neuf ou douze séances, il demande a laquelle de ces deux propositions on donne la priorité elle est accordée a la première.

On propose de fixer provisoirement le nombre des assemblées à quatre par décade; mais l’assemblée jugeant plus convenable de fixer la loi sur le champ rejette tout mode provisoir, et elle arrête que le nombre de ses séances est fixé a neuf par mois, et quelles auront lieu le troisième, le sixième, et le neuvième jour de chaque décade.

Un membre obtient la parole pour une motion d’ordre. Des artistes

républicains, dit il, ne doivent pas prendre indiflFéramment les soupçons que la calomnie pourroit essayer de jetter sur leurs intentions ou leur conduite. Des malveillants ont osé dire que votre assemblée etoit aristocratique, je demande quil soit adressé une pétition a la Convention, une aux Jacobins et une a la Commune de Paris, et que les sociétés populaires soient invitées a nommer des comissaires qui assisteront à vos séances. On demande aussi que les séances soient publiques ainsi que la distribution des prix. Cette demande est appuyée.

Un membre pense qu’il suffit de notifier a la Commune de Paris que nous nous assemblons pour conférer des objets qui ont rap|X)rt aux arts il demande que les comissaires déjà nommés pour mesurer les differentes salles présentent leurs vues sur la manière de les disposer de façon que les assemblées soient publiques.

On propose l’etablissement d’une commission qui délivreroit les cartes d’entrée aux artistes nouvellement admis après qu’ils auroient montré leurs cartes civiques, et que cette mesure s’etende indistinctement sur tous les membres de l’assemblée admis ou a admettre, cette proposition est appuyée.

On insiste pour la publicité des séances et on demande que pour la prochaine il soit arrangée une petite barrière derrière les banquettes, qu’on rapprocheroit plus du centre, et que quelques personnes du public soient toujours admises jusqu’à ce qu’on en puisse recevoir un plus grand nombre.

Un membre dit ; avant d’étre artiste vous devez être citoyens, et en remplir les devoirs. La loi sur les assemblées populaires est formelle, elle dit que vous notifierez a votre municipalité que vous vous assemblez. Admis depuis deux jours parmi vous j’ignore si vous avez pris cette mesure. Si elle n’est pas prise, je demande qu’elle le soit.

On avance la nécessité d’étre établi par la Commune de Paris, et on appuyé la proposition antérieurement faite de lui adresser une pétition.

Le président observe que le pouvoir legislatif nous a constitué par un décret en vertu duquel nous fumes convoquées par le pouvoir exécutif, et que ces deux pouvoirs sont supérieurs aux départements et a la Commune de Paris, il observe en outre que copie des loix portés par le corp constituant est toujours remise aux autorités constitués, que par conséquent elles ne peuvent pas ignorer notre existence.

L’assemblée ferme la discussion sur cet objet.

On demande par amandement que le public soit instruit de l’arrété antérieurement pris par la Commune sur la publicité de ses séances afin d’imposer silence a la calomnie, on demande en outre que sur le champ des comissaires soient nommés pour s’occuper de chercher un local commode pour cette publicité, et qu’elle soit annoncée non seulement dans les journaux, mais encor par une affiche ayant en tête le décret de la Convention nationale, et dont la rédaction seroit faite par la comission chargée de présenter au Corp législatif la pétition présentée par le c®“ Sergent.

Il faut dit un membre avant d’apeller le publique a nos séances trouver un lieu assez spacieux pour le recevoir; un autre membre ajoute : Si nous voulons ne pas rendre illusoire l’annonce que nous ferons au public, établissons nos assemblées dans le Sallon. Mais avant instruisons nos concitoyens par la voye des journaux de l’intention dans laquelle nous sommes de donner de la publicité a nos séances, et que lorsque cette intention pourra s’effectuer, ils en seront avertis par une affiche. L’assemblée arrête cette proposition.

On demande que la prochaine seance se tienne publiquement dans le Sallon, mais on observe a l’opinant que cet endroit est trop sonore, et que la voûte de verre repercutant le son dans les quatres angles, il est impossible de s’y entendre. Malgré cette observation, on insiste pour que la prochaine séance soit tenue dans le Sallon, et que les comissaires soient chargés de le faire disposer a cet effet.

Un membre représente que l’affluence du publique qui pourroit assister a nos séances ne seroit pas grande; il propose en conséquence de s’établir dans la première grande salle, une quarantaine de citoyens spectateurs peut suffire pour rendre compte que ce n’est pas ici un foyer d’aristocratie.

On reproduit encor la proposition de s’installer dans le Sallon, elle est fortement appuyée et l’assemblée arrête qu’a commencer par la prochaine ses séances se tiendront désormais dans le Sallon.

On propose par amandement d’y passer sur le champ; mais 011 observe a l’opinant quil ne seroit pas convenable de faire cette essai pendant la nuit.

On refait la motion déjà écartée de demander des comissaires a la Commune de Paris pour assister a nos séances.

On passe a l’ordre du jour.

Le citoyen Allais qui avoit été chargé de faire copier le programme présenté par son comité pour la division des terreins compris entre la rue S‘ Nicaise, la place de la Reunion et rues adjacentes, instruit l’assemblée que le comité y a ajouté deux articles, il en fait lecture et leur rédaction est adoptée.

On demande et l’assemblée arrête que le renouvellement du bureau aura lieu au commencement du second mois.

On revient a la discussion sur les cartes d’entrée.

On repose ainsi la question. Tous les membres reconnus ou a reconnoitre seront tenus de montrer leur carte civique pour obtenir une carte d’artiste.

L’assemblée arrête en conséquence 1“ quil sera établi une comjnission de six membres chargée de délivrer les cartes d’entrée pour ses séances 2® que tous les membres reconnus ou a reconnoitre seront' obligés de constater par l’exhibition de leur carte civique quils sont citoyens que tous les jeunes artistes qui n’ont pas encore l’âge requis par la loi pour délibérer seront tenus de montrer leur carte de sureté'qui doit être rouge.

On demande ensuite que la comission vérifie d’abord si on est citoyen, et ensuite si on est artiste. On appuyé cette demande motivé sur ce que des hommes qui ne seroient point artistes pourroient intriguer pour se faire recevoir et regarder comme tels, et profiter de la faveur que la loi accorde aux arts pour émigrer et se rendre coupable.

Un membre propose qu’on ne puisse être reçu sans une attestation signé de vingt membres, on écarte cette proposition et on y substitue celle d’exiger la signature de six membres, et que dans le cas ou les six signatures ne pourroient s’effectuer en faveur d’un artiste qui se presenteroit, il seroit alors renvoyé par devant un comité qui seroit chargé de faire les démarchés nécessaires pour le connoitre et faire ensuite son rapport a l’assemblée.

La prémiere partie de cette proposition est d’abord arrêté, et après une légère discussion l’assemblée arrête egalement la seconde.

Un membre demande que la censure n’ait lieu que pour ceux qu ne sont pas connu parfaitement pour artiste. Faites une note dit-il dt tous les artistes qui ont exposés leurs ouvrages au Sallon précédent et a celui-ci, de tous lescy devants académiciens, des jeunes gens qui concourent pour les prix et pour les places , alors ceux sur lesquels quelques doutes pourroient s’élever resteront, et vous les examinerez plus facilement. On observe que des mauvais citoyens pourroient se faire inscrire pour les places chez le citoyen Philippeau, en conséquence on arrête la première partie de cette proposition et quant à la seconde apres diverses propositions l’assemblée arrête que le citoyen Philippeau n’inscrira sur son registre aucun artiste s’il n’a préalablement montré sa carte de citoyen ou sa carte civique.

On passe a la discussion sur les citoyennes.

Sur la proposition d’un membre elles sont renvoyéés au meme mode que les autres artistes.

On procède ensuite a la nomination du comité de révision pour les cartes. Le nombre de ses membres avoit d’abord été fixé à six;

COMMUNE DES ARTS

mais l’assemblée arrête qu’il sera de huit afin qu’il y en ait deux de *pris dans chaque genre d’art.

On présente une liste de candidats; et les citoyens Beauvoisin, Petit Coupray, Norry, Radel, Guyot, Tourcaty, Boizot et Petitot sont élus par acclamation.

L’assembléé arrête ensuite que pour reconnoitre les membres qui auront été examinés par le comité leur carte d’artistes sera timbrée de ces mots (Commune des arts en abrégé).

Un membre demande pourquoi le programme des prix d’architecture et les esquisses des exposants ne sont point <à la disposition du public, les comissaires déjà chargés de cette opération sont invités a remplir l’objet de cette demande.

On revient sur l’admission des artistes non encor reconnus et on propose d’établir un registre sur lequel les six témoins signeroient leur attestation. Cette proposition est ajournée à la séance suivante.

Seance levéé à ^ heures 1/2.

Bi EN A I M É , secrétaire.

Séance du 2 ^ du mois de l'an deuxieme de la République une et indivisible.

Conformement a l’arreté pris dans la séance précédente les artistes composant la Commune des arts se sont réunis dans le Sallon d’exposition des tableaux ou la seance s’est tenue elle s’est ouverte par la lectîire du procès verbal dans lequel on demande que l’absence du président qui ne s’etoit pas trouvé à la dernière séance soit constatée ainsi que son remplacement parle citoyen qui avoit exercé sa fonction.

On propose ensuite de nommer des comissaires chargés de s’informer au Comité d’instruction publique du temps ou seroit rendu le décret de la Convention sur le jugement des prix, et d’en presser l’exécution.

L’assemblée arrête cette proposition.

On demande par amandement que les comissaires soient les concurrents mêmes qui conjointement avec le citoyen Sergent pourroient presser le Comité d’instruction publique, et l’engager a faire rendre le décret le plutôt possible.

Apres quelques observations du citoyen Sergent, l’assemblée arrête que les concurrents munis de pouvoir se transporteront seuls au Comité d’instruction publique.

Plusieurs artistes cy devant académiciens viennent déposer sur le bureau leurs titres academiques. Ces artistes sont les citoyens Lequeue, Pajou père, Debourge, LafiFare, Duret et Levasseur.

Un membre obtient la parole. J’ai pensé, dit il, qu’un acte d’humanité n’étoit point étranger a une société d’artistes en conséquence je présente a l’assemblée, l’adresse d’un viel imprimeur en taille douce qui est infirme, et qui ne pouvant plus gagner sa vie, demande a être placé dans un hospice national. Je vous propose d’autoriser votre bureau a apostiller cette adresse, et inviter tous les artistes qui le connoissent a la signer. Cette proposition est

On demande par motion d’ordre et l’assemblée arrête que les membres qui obtiendront la parole viendront s’expliquer au milieu de l’assemblée jusqu’à ce qu’on y procède a la construction d’une tribune.

Le president instruit l’assemblée que le modèle a barbe dont elle avoit appuyé l’adresse au Ministre de l’intérieur n’en a pas obtenu une réponse favorable parcequ’il n’avoit pas pour l’instant a sa disposition des fonds pour cet objet, il propose en conséquence de faire une collecte et que les fonds qui en proviendront seront remis a un membre chargé de donner chaque semaine a ce viellard ce qui lui seroit nécessaire pour subvenir a ses besoins.

Après une légère discussion on demande l’ordre du jour motivé sur ce quil y aura a la porte une capsule dans laquelle chacun pourra

déposer en sortant la somme quil jugera convenable de consacrer a cet acte de bienfaisance.

Un membre observe qu’en passant a l’ordre du jour ainsi motivé, c’est prendre un arrêté a cet objet, il propose l’ordre du jour pur et simple. Il croit pourtant que l’assemblée doit agiter la question de savoir si on demandera au Ministre ou a la Convention au nom de l’instruction publique une retraite pour les modèles.

L’assemblée passe a l’ordre du jour sur l’objet soumis a sa discussion.

On demande^que le programme et les esquisses soient annexés au projet d’architecture qui concourent pour les prix, on propose en outre et 11 est arrêté que les auteurs de ces projets seront tenus d’y joindre une explication motivéé. Sur la demande qui lui en est faite, l’assemblée autorise les commissaires déjà chargés de ce soin de reclamer en son nom une des esquisses restées a la cy devant academie d’architecture.

La discussion s’ouvre sur le mode de réception et on propose de ne reconnoître pour professant les arts que ceux qui subsistent par cette profession.

On demande qu’on délibère aussi sur cette question « Les artistes «que les circonstances ont forcé de changer d’état devront ils être «regardé comme inadmissible dans l’assemblée de la Commune des « arts. »

Un membre dit : L’objet soumis a votre discussion est tellement délicat qu’il me paroit qu’on ne peut le discuter dans une assemblée générale plusieurs artistes ne vivent plus de leur travail mais ce qu’ils ont gagné antérieurement; mais de ce qu’ils ont gagné antérieurement {sic) avec leur talent d’autres vivent en faisant de mauvais tableaux, d’autres enfin sont de jeunes cy devant qui ne sachant que faire étudient les arts avec la ferme resolution d’en faire leur état quoique leur filiation soit, comme ils n’en sont pas moins admissibles, ce sont des enfants rendus a la patrie qu’il faut accueillir et encourager parce qu’ils peuvent devenir un jour des citoyens très inte-

ressant. L’assemblée renvoyé cet objet a son comité d’organisation chargé d’en faire un prompt rapport.

On revient a la discussion sur l’admission des citoyennes et on demande que sans être tenus a montrer leurs cartes civiques, elles apportent la signature de six artistes. On reproduit la proposition du registre sur lequel les six témoins signeroient leur attestation et on ajoute que les signataires seroient tenus de se présenter au Comité qui feroit son rapport.

On reclame autant de sévérité pour admettre dans la Commune des arts, que les sections en apportent pour délivrer un certificat de résidence.

Un membre dit : on a pas encor établi comment on reconnaitroit les artistes je demande que vous fixiez ce qu’il faudra avoir fait pour être considéré comme tel.

Un autre membre observe que d’apres les principes reçus, il faut recevoir indistinctement ceux qui professent les arts parcequ’insensiblement on établiroit une ligne de démarcation, et on formeroit une corporation académique contraire au système de la liberté. Il se résume en demandant que pour être admis, il suffise d’avoir la signature d’un artiste connu.

On observe qu’une exposition publique peut seule faire connoître ceux qui sont artiste. On propose de faire le relevé de ceux qui ont exposé dans le Sallon précédent, et dans celui de cette année, et que ceux qui ny ont pas exposé, qui peuvent par conséquent n’etre pas connu, soient soumis à l’examen. Le president représente a l’opinant que cet arrêté a été pris dans la derniere séance, en conséquence il se borne a demander que le comité de révision soit chargé de le mettre en exécution.

Ap rês diverses autres propositions l’assemblée arrête que les citoyennes n’étant pas obligées par la loi de porter aucune carte civique, elles ne seront pas tenues d’en montrer; mais que pour le reste, elles se conformeront en tout au mode d’admission établi par les autres artistes.

On demande que le comité soit autorisé a extraire de la nomenclature des artistes qui ont exposés au Sallon les tourneurs, ebénistes, chirurgiens et mécaniciens; cette mesure est adoptée.

Un artiste se présente pour être admis; on lui demande s’il a exposé ses ouvrages en public ou s’il etoit académicien : sur la négative il est renvoyé au mode d’admission.

Un membre observe a l’assemblée que depuis que la Convention nationale a décrété un nouveau type de Mon noie, il lui en fut présenté plusieurs qui furent d’abord accueillis, puis rejetté parceque ils furent reconnus de mauvais goût. Si les artistes, dit-il, avoient été consultés, on les eut pas acceptés, il est de votre compétence de vous occuper de cet objet, je propose que chacun des membres de cette assemblée se receuille sur cette matière et qu’a la prochaine séance il apporte les réflexions qu’il aura fiite, on a osé dire que les artistes n’etoient que des manipulateurs. Les hommes de lettre se sont toujours \ antés de fournir aux artistes les sujets qu’ils traitent, ils ont rangés le génie de leur coté, dementez leurs assertions, faites chacun un système monétaire. Lorsque vous aurez fait le receuil de tout, jugez celui qui aura le mieux mérité et allez a la Convention déjouer les menées des intriguans qui assiègent les comités et qui avec un peu de charlatanisme en imposent a des hommes qui pour être législateurs n’ont pas toutes les connoissances requises pour bien juger un objet qui a rapport aux arts.

Je demande en outre que vous fassiez graver un trait des differents types qui auroient |îaru le mieux mériter, qu’il soit distribué a tous les membres de la Comention afin quils y reconnoissent l’ouvrage d’une assemblée composée de grands artistes.

On propose d’arrêter que la prochaine séance sera employé a cette discussion. Le président observe que cela doit se réduire a une simple invitation, en conséquence il invite tous les membres qui auront fait quelque reflexions sur le système monétaire a les communiquer a l’assemblée dans la séance suivante.

On passe a l’ordre du jour.

Un membre du comité d’organisation obtient la parole pour le rapport sur le mode de jugement pour les ouvrages exposés au Sallon.

Après la lecture de ce rapport, on demande quil soit discuté article par article. Cette marche est adoptée et l’assemblée arrête après de légères discussions les premiers articles dont le rapporteur fait une seconde lecture elle arrête en outre sur la proposition d’un membre que dans le cas ou les citoyens Sergent et David pourroient obtenir de la Convention nationale la somme de l’arriéré des travaux d’encouragement conjointement avec celles destinées aux encouragements de cette année, elle sera reservée pour servir aux récompenses a accorder au Sallon prochain.

Séance levéé a p heures.

Bien AI ME, secrétaire.

Séance du 26 du mois de l’an 2 de la Republique une et indivisible.

En l’absence du président, le vice president prend le fauteuil et la séance s’ouvre par la lecture du procès verbal. La discussion s’engage ensuite sur la demande que fait un membre de rapporter l’arrêté qui exige que les concurrents architectes joindront a leurs projets une explication motivée.

On observe que le nombre des concurrents est grand, il n’est pas juste de rapporter l’arrêté. S’il en est ajoute ton qui sont partis pour défendre la patrie, envoyer leur votre arrêté, ils y peuvent satisfaire en vous faisant parvenir une note que vous joindrez a leur ouvrage. Q,uant au citoyen décédé, nommez trois commissaires chargés d’expliquer son projet.

L’assemblée passe a l’ordre du jour motivé sur ces observations, et après avoir arrêté que trois commissaires seroient chargés d’expli-

quer le projet du citoyen décédé, elle nomme par acclamation David Leroy, Radel et Véni.

Un membre instruit l’assemblée que les jeunes artistes désireroient que la marche des ecoles soit réglé suivant le nouveau calendrier. L’assemblée fait droit a cette demande, et elle arrête que les poses de modèles seront d’une décade, et par conséquent de trois par mois.

Un autre membre obtient ensuite la parole. Il y a dit il un décret contre les etrangers, nous avons beaucoup de camarades qui le sont. Je demande quil soit fait une adresse à la Convention nationale a l’effet de lui demander que les artistes ne soient pas compris dans cette loi. Cette proposition est appuyée on observe neanmoins qu’une simple pétition pourroit suffire parce que la Convention en a déjà exempté les ouvriers qui travaillent dans les manufactures et atelliers nationaux.

Un membre croit que tout ordre du jour cessant on doit s’occuper de cet objet quil regarde comme très important. La Convention nationale sur la loi quelle a porté sur les émigrations a regardé les artistes en quelque sorte comme des cosmopolites comme des hommes dont tout Lunivers est la patrie, elle n’apportera pas plus de rigueur dans sa loi sur les etrangers; mais il propose comme un moyen plus sur de s’adresserait Comité de Salut public, il cite a cet egard un exemple mais il insiste pour qu’on s’appuye sur la loi portéé sur les émigrations car croyez, ajoute til, que la république ne regardera pas comme étrangers des artistes qui viennent s’établir sur le territoire de la liberté il y a d’ailleurs dans le Comité de Salut public des hpmmes qui voyent les arts en grand, et qui se proposent quant après avoir chassé les tyrans nous jouirons des douceurs de la paix, d’établir des monuments qui surpassent s’il est possible ceux des Grecs et des Romains.

Dapres ces considérations, vous voyez que vous serez accueillis, occupez vous donc sur le champ de cette discussion, et portez au Comité de Salut publique une adresse courte et simple.

Demandez par addition que les négociants qui ont des marchandises anglaises utiles aux arts, soient tenus de les déposer, et qu’une Comission soit chargée de les débiter aux artistes.

Au nom du bien quil veut lui meme a nos frères et camarades artistes étrangers, on demande que le citoyen Sergent auteur de ces propositions soit invité a rédiger l’adresse pour le Comité de Salut public.

Sur la représentation du citoyen Sergent de l’impossibilité dans laquelle il est de ne pouvoir se rendre a cette invitation, l’assemblée charge le citoyen Allais et Duvivier de la rédaction de cette adresse.

Le citoyen Leroi architecte fait part a l’assembléé de quelques dispositions rélatives a l’école d’architecture dont le Ministre de l’interieur la fait informer. II annonce quil se propose de recommencer bientôt son cour dans le lieu des séances de l’academie des Sciences indiqué pour cet objet par le Ministre parceque les salles de la cy devant académie d’architecture ont été accordées a la nouvelle Comission chargée de fixer les poids et mesures, et il demande a se concerter avec le bureau sur l’annonce quil en doit faire, sur l’indication des jours, et de la durée des leçons et sur d’autres objets, il termine en disant quil a cru devoir faire a son cour les additions que la reunion des artistes exigent, et qu’il se propose en conséquence d’y présenter le tableau de l’architecture civile, navale et militaire des anciens peuples, a ces époques célébrés de l’histoire dont les peintres et les sculpteurs aiment a retracer les plus beaux moments.

Cette demande est adoptée.

On demande par amandement qu’apres s’étre concerté avec le bureau le citoyen Leroy communique son annonce a l’assemblée parce quelle doit être affichée au nom de la Commune des arts.

Le président observe quelle sera portée au Ministre qui fera les frais de l’impression.

Un membre demande par motion d’ordre que les séances ne se tiennent plus dans le Sallon parce qu’on ne sy entend pas. Un des architectes nommés pour l’arrangement des salles dit que pour se mettre au dessus de la calomnie, la Commime a été forcé de s’établir dans le Sallon; mais qu’on disposera la salle du Laocoon pour les séances des que les prix seront jugés, on propose et l’assemblée arrête que l’on transportera les ouvrages des concurrens dans la salle d’assemblée de la cy devant académie, et quelle tiendra ses séances dans la salle du Laocoon,

Plusieurs propositions incidentes sont faites, mais l’assemblée maintient son arrêté, elle y ajoute seulement que les comissaires feront débarasser la salle jusqu’à la hauteur au moins de 6 pieds et quils feront servir les armoires de Banquettes autant que cela sera utile et possible.

Un membre demande si on a mis a exécution l’arrété pris sur les tableaux des ports de mer, on lui observe que c’est l’objet d’une pétition qui au terme de larrêté de la Commune doit être présenté a la Convention immédiatement après le jugement des prix et celifi des ouvrages exposés au Sallon.

Par motion d’ordre on propose que les comissaires qui doivent porter la pétition rélative a la loi sur les etrangers au Comité de Salut publique soient nommés, on fixe leur nombre a quatre et les citoyens Allais, Duvivier, Le Sueur et Veni sont élus par acclamation.

On procède a l’admission de deux artistes suivant le nouveau mode établi. Ces artistes sont les citoyens Maradan et Dutailly. On demande que les six membres qui ont signé pour chacun d’eux soient tenus de se présenter; cette proposition est ecartée et les deux artistes admis.

Plusieurs membres viennent déposer leurs diplômes sur le bureau. Ces membres sont les citoyens de Wâilly deux brevets dont l’un est de Landgrave de Hesse, Monnot, un brevet de l’académie et un du cy devant comte d’Artois, Moreau (jeune).

un privilège a joindre aux titres qiiil a déjà déposé, Genteaii, un diplôme de l’academie de Bologne et un de l’academie de Marseille.

Le citoyen Mauduit envoyé trois diplômes et demande que dans l’extrait quil reclame, on y spécifié d’une maniéré détaillée les différentes dattes de ces diplômes afin que vu son âge avancéé s’il pouvoit obtenir une retraite en raison de ses services, il en put donner preuve par le présent extrait.

L’assemblée arrête quil sera fait droit a sa demande.

Le citoyen Clérisseau écrit quil n’a jamais possédé d’autres titres academiques que ceux qui sont consignés dans les registres; et que s’il en avoit reçu d’autres, il se seroit déjcà fait un devoir de les déposer en assemblée générale.

La citoyenne Vallayer Coster instruit l’assemblée que sa mauvaise santé qui la retient a la campagne l’empéche personnellement de déposer son diplôme elle le joint a sa lettre et prie le citoyen president de faire mentionner sur le registre son empressement a executer ce que prescrit la Commune des arts.

On donne aussi lecture d’une lettre du citoyen Rousset a laquelle il joint ses deux brevets d’académicien , il assure que si son grand âge lui permettait de sortir la nuit il serait venu le déposer lui même et assurer la Commune des arts de ses sentiments fraternels.

Un membre fait son rapport sur la. démarche faite près du Comité d’instruction publique il ditqu’après avoir attendu longtems inutilement les comissaires ont pris le parti d’instruire le comité, par une lettre de l’objet de leur mission ; il annonce que les concurrents se propose d’y aller le lendemain jour de séance.

Il avertit ensuite l’assemblée que plusieurs artistes graveurs qui veulent préparer un travail qui lui doit être soumis demandent a se reunir dans une des salles de la Commune, et quils invitent ceux de leurs frères qui voudront se joindre a eux a sy trouver. L’assemblée arrête quelle satisfait a l’objet de cette demande.

Le citoyen Allais fait lecture de la pétition quil avoit été chargé de rédiger pour le Comité de Salut publique. Après quelques corrections, la rédaction est adoptée et les commissaires sont invités a se transporter sur le champ au comité parcequ’on avoit déjà posé les scellés chez plusieurs de nos camarades.

Les membres qui avoient été chargé de conférer avec le comité de la section du Muséum sur un logement qui pouvoit etre accordé aux modèles font leur rapport. Il en résulte que ce logement a ete réellement abandonné par celui qui l’occupoit, et que les scellés sont sur ses portes depuis le i 2 may dernier. L’assemblee arrête qu’il sera écrit au Ministre de l’interieur a ce sujet.

Le Secrétaire prévient l’assembléé qu’a la prochaine séance, il faudra quelle procède au renouvellement de son bureau conformément a son arrêté qui en fixe le terme a un mois.

Séance levée a p heures 1/4.

B I EN A I MÉ , secrétaire .

Séance du 2 ^ du / mois de l'an deux de la République une et indivisible.

La seance s’ouvre par la lecture du procès verbal après quelques corections, sa rédaction est adoptée.

On procède a l’admission des artistes qui se sont conformés a l’arrété pris par la Commune des arts pour être enregistrés au nombre de ses membres. Ces citoyens sontCharle le peintre, Baudoin, Raimond et Claude Naigeon, Peintres, Antoine Huet, architecte, Jacque Couché, François David, et Henri Gérard, Graveurs.

Après une légère discussion, l’assemblée arrête quil suffira désormais que dans chaque séance un membre du comité de révision et présentation , fasse lecture des noms de ceux qui auront satisfait a son arrêté et des noms de ceux qui auront signé comme témoins.

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Un membre demande qu’on ne puisse entrer sans carte.

On demande l’exécution de l’arrété qui exige que chaque membre ait sa carte a sa boutonnière.

On observe quil doit suffire de montrer sa carte en entrant et qu’une fois entré, on doit être libre de la tenir dans sa poche.

Plusieurs membres demandent le maintien de l’arrété apres en avoir démontré la nécessité et sur leur proposition l’assemblée passe a l’ordre du jour motivé sur le besoin de tenir son arrêté.

Le citoyen Raimond cy devant académicien architecte fait déposer sur le bureau ses titres académiques.

Un secrétaire communique a l’assemblée une lettre qui lui est adresséé par la citoyenne Brogniart, et dans laquelle elle lui fait part que son mari étant absent elle ignore ce quil a fait de ses titres académiques quelle a inutilement cherché depuis plusieurs jours. «Cependant, ajoute t elle, je continue mes recherches, et vous pouvez compter, citoyen, qu’aussitot qu’elles auront réussi, je vous enverrez avec plaisir et diligences tous ces hochets de l’amour propre. «

Un membre fait lecture d’un discour sur l’abolition des signes féodaux, il demande leur conservation comme devant servir de monuments pour l’histoire.

On regarde les opinions énoncés dans ce discour comme tendantes a faire regretter les signes de féodalité en conséquence on demande l’ordre du jour.

Un membre pense quil ne faut pas passer légèrement a l’ordre du jour, parce quil y a des ouvrages et des monuments chargés de signes féodeaux et dont l’existence peut servir a l’instruction des hommes. Les détruire ce seroit, dit il, vouloir réduire a l’ignorance. J’appuye la fin de ce discour, et je demande quil soit rédigé en conservant ce quil peut y avoir de bon.

On demande l’ordre du jour motivé sur l’existence de la loi et sur ce que son execution étant confié a des artistes, ils ne manqueront pas lorsque la conservation de quelques signes feodeaux leur

paroîtra indispensable d’en instruire la Convention nationale qui décidera sur le fait.

L’assemblée passe a l’ordre du jour ainsi motivéé.

Le citoyen David Leroy communique a l’assemblée les extraits de quelques uns de ses écrits, elle les acceuille favorablement et applaudit au caractère républicain qui semble les avoir dicté.

Un secrétaire rappelle a l’assemblee qu’au terme de son arrêté elle doit procéder au renouvellement du Bureau.

On demande auparavant le rapport des comissaires chargés de solliciter le jugement des prix auprès du Comité d’instruction publique.

Un deux prend la parole, et instruit l’assemblée que l’intention du comité est d’accelerer le jugement, mais que n’ayant pas trouvé le mode établi par la commune convenable dans tous ses points, il avoit a établir un rapport sur cet objet et qu’il le feroit incessament.

Le citoyen Allais rend compte de sa mission près du même comité il en résulte que conformément au décret ce comité s’adjoindra s’il en est besoin les artistes dont il aura besoin pour l’aider dans son travail sur le nouveau programme de division des terreins compris entre la place de la réunion et rues adjacentes.

Plusieurs cy devant académiciens viennent déposer sur le bureau leurs titres academiques, ces artistes sont les citoyens Gondouin, • Gaucher, Guérin et Couture.

On passe ensuite a l’appel nominale pour la nomination du president, il se trouve soixante ciiu[ \otans. Le citoyen Boizot père obtient 25 voix. Allais i4> Moreau jeune, Ansselin et Bienaimé 4> Le Sueur 3, Régnault et Spercieux 2, Demachy, Leroi, Vincent, Gilbert, Gauché, David peintre et Hubert architecte une voix.

Il en resuite qu’aucun membre n’obtient la majorité, et que le balotage s’établit entre les citoyens Boizot et Allais.

Un membre fait une proposition tendante a accélérer la marche

des nominations, il est invité de la reproduire dans la prochaine séance.

Séance levéé a 9 heures i/^.

Bien AIMÉ, secrétaire.

Seance du trïdi de la i'^^^ décade du 2 mois de l’an deux de la République

une et indivisible.

En l’absence du président et du vice president le citoyen Régnault prend le fauteuil, et la séance s’ouvre par la lecture du procès verbal dont la rédaction est adoptée.

On avait proposé dans la seance précédente d’engager tous les membres de l’assemblée a déposer leur carte sur le Bureau afin qu’elles puissent servir a faire l’appel nominal, on observoit c[ue cette mesure en accélérant la marche des nominations les soumettoit a un plus grand nombre de votans puisqu’on ne pouvoit retirer sa carte qu’après avoir déposé son scrutin.

Cette proposition est rétablie par un membre, mais elle reste sans suitte et l’on passe a l’ordre du jour motivé sur l’existence d’une liste de présence. Le président invite ceux qui ne sont pas inscrit a se présenter pour l’étre, pendant ce temps l’un des membres du comité de révision et présentation fait lecture des noms des artistes cjui se sont conformés à l’arrété pris par l’assemblée pour l’admission de ses membres il communique aussi les noms de ceux qui ont signe comme leurs témoins.

Le citoyen Régnault cède le fauteuil au vice president.

Plusieurs cy devants académiciens les citoyens Trouard, Peronet, Coustou et Boullée déposent sur le Bureau leurs titres académiques.

On demande s’il a été écrit au Ministre de l’interieur relativement aux logements pour les modèles et sur l’affirmative, l’assemblee arrête que les comissaires déjà nornmés pour cet objet se transporteront chez le Ministre pour solliciter une prompte réponse.

Un membre prie l’assemblée de décider si les ingénieurs des ponts et chaussés font un corp séparé dans les arts, on lui représente que l’assemblée de la Convention s’occupe de cet objet.

Le citoyen Verheist dépose sur le Bureau un diplôme de l’academie des Arts d’Ausbourg.

Le citoyen Sergent obtient ensuite la parole. Le Comité d’instruction publique, dit il, a par l’organe de Romme fait son rapport sur le mode de jugement des prix, j’en ait fait ajourner la discution a trois jours et je n’ai pas besoin de déduire ici les raisons qui my ont déterminé, je me reserve de les développer a la tribune de la Convention.

Je vous propose de faire imprimer votre projet afin quil en soit délivré un exemplaire a tous les membres de la Convention lorsqu’on discutera celui du comité et de le faire précéder d’un préambule concu de maniéré a détruire les bruits calomnieux qu’on setforce de répandre contre vous.

Un membre observe que le public se plaint de ce que les artistes seuls entrent dans le Muséum il observe quil soit pris de promptes mesures pour faire cesser de telles plaintes.

Le citoven Régnault répond a cette observation que sous trois ou quatre jours les gardiens seront disposés, et que les portes seront ouvertes.

On demande qu’une députation de vingt quatre membres se transporte a la Convention pour lui remettre tous les diplômes qui ont été déposés sur le Bureau de la Commune des arts. Cette demande reste sans suitte.

On met aux voix la proposition de Sergent elle est adoptée. L’assemblée arrête en outre que les citoyens Allais et Sergent se concertront pour la rédaction du préambule qui doit précéder le mode de jugement quelle a proposé.

Un des comissaires de la salle instruit l’assembléé quils se proposent de faire construire des gradins et une tribune pour le publique suix’ant le désir quelle en avoit manifesté. Mais il demande

ou Ton prendra des fonds pour cet objet. L’assemblee passe a l’ordre du jour.

On procédé a l’appel nominal pour l’élection du president. Le balotage existe entre les citoyens Boizot et Allais.

Apres la fermeture du scrutin Sergent fait lecture du discours préliminaire pour le projet de jugement dont l’impression avoit été arrêté et qu’il avoit été charge de rédiger conjointement avec le citoyen Allais. La rédaction est adoptéé.

L’assemblee arrête de suitte qu’il en sera tiré a l’impression un nombre d’exemplaires suffisants pour qu’il en soit envoyé non seulement a la Convention, mais encor a la Commune de paris et au département.

On proclame le résultat du scrutin qui donne cent huit voix pour la présidence au citoyen Boizot et quarante deux au citoyen Allais. En conséquence le citoyen Boizot vient prendre posession du fauteuil, et le citoyen Allais est proclamé vice president.

On procédé ensuite a l’appel nominal pour l’election des secrétaires le nombre des votans est de quatre vingt huit. Le citoyen Bienaimé obtient vingt neufvoix, Gilbert en obtient vingt six, Tourcaty onze, Radel huit, Ducamp Bussy trois et plusieurs autres membres une et deux voix. Il n’y a point de majorité et le balotage s’établit entre Bienaimé et Gilbert, il en résulte que le nombre des votans n’etoit plus que de soixante, que Gilbert a reuni quarante neuf voix et Bienaimé onze, en conséquence le citoyen président proclame le citoyen Gilbert sécretaire et le citoyen Bienaimé sécretaire adjoint.

Les citoyens Tourcaty, Radel et Ducamps Bussy qui ont ensuite reunis le plus de suffrages sont nommés scrutateurs.

L’un des membres du comité de révision et présentation rappelle a l’assemblée qu’au terme de son arrêté cette commission ne doit exister qu’une décade. L’assemblée arrête attendu . que le travail de ce comité est a peine établi, qu’il sera continué la décade prochaine.

COMMUNE DES AHTS.

On reclame une carte pour un jeune architecte qui a déjà été reconnu et qui désireroit en être muni avant son départ pour la réquisition. L’assemblée ne voulant point dérogerai! mode d’admission quelle a établi n’autorise le comité à délivrer une carte au jeune requérant qu’apres avoir reçu pour lui la signature de six de ses membres,

Seance levée a 9 heures.

Bien AIMÉ, secrétaire.

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