‹ Procès-Verbaux de la Commune générale des arts de peinture, sculpture, architecture et gravure (18 juillet 1793--tridi de la 1re décade du 2e mois de l'an II) et de la Société populaire et républicaine des arts (3 nivôse an II--28 floréal an III) :publiés intégralement pour la première fois avec une introd. et des notes /par Henry LapauzeChapitre 48 sur 125 · SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ POPULAIRE ET RÉPUBLICAINE · texte numérisé non relu

SÉANCE DE LA SOCIÉTÉ POPULAIRE ET RÉPUBLICAINE

TENUE AU MUSÆUM NATIONAL DANS LA SALLE DE LAOCOON LE 6 PLUVIÔSE, L’AN 2 ERE RÉP"°.

Présidence du Citoyen Spercieux (sic).

La séance s’ouvre par la lecture du procès-verbal, du 3 dernier, qui est clos sans réclamations.

On procédé ensuite à l’admission du citoyen Etienne François Lorimier, peintre. II est accepté.

Un membre prend la parole, et demande 1” que les artistes soient astreints <à n’oUrir pour le prochain Musœum, que des sujets pris dans la Révolution française; 2° que chaque artiste soit tenu, dans le cours de six mois, d’exécuter un morceau patriotique pour l’ornement de la salle des séances de la Société.

La discussion s’ouvre sur ces deux propositions. Plusieurs opinans observent, quant à la première, qu’il n’est pas nécessaire de solliciter une loi coercitive par ce ([ue l’intention de cette loi se trouve dans le cœur de tous les artistes républicains, et quant .à la seconde, qu’elle rappelé le fauteuil académique.

La discussion continue : Les avis se balancent : l’opinion flotte, incertaine. On propose de passer à l’ordre du jour sur le tout. Plusieurs membres combattent cet ordre du jour, alléguant que ce seroit jetter un voîle sur une question dont l’indécision deviendroit une insulte pour le patriotisme de la Société.

On revient alors sur une motion déjà faite, de nommer une commissionpour examiner les deux propositions. Cette opinion parvient a fixer les suffrages, on l’arrcte. Six commissaires doivent composer

la commission. Ce sont les citoyens Balsac, Bienaimé, Desoria, Chaudet, Petitot, Le Sueur,

Un des commissaires nommés pour recevoir toutes les idées, propres à un concours, et en former un corps d’ouvrage, présente le travail de la commission d’après les vues qui lui ont été remises par divers membres, et annonce que ce travail a été remis au Comité d’instruction publique. La Société en entend la lecture avec intérêt.

Un membre observe que les commissaires auroient dû en donner connoissance à l’assemblée avant de l’offrir aux autorités constituées, je veux dire au Comité d’instruction. Le rapporteur s’excuse sur le peu de tems, dont la commission pouvoit disposer, l’assemblée paroit satisfaite; mais elle arrête qu’à l’avenir cette mesure aura lieu, et que les commissions seront toujours composées d’un membre de chaque art.

Les artistes nouvellement arrivés de Rome se présentent pour être admis au nombre des membres de la Société. Après avoir satisfait a diverses interpellations, les citoyens Dandrillon, Wicard, Jablet, Debures, Moinet, Gois, Gérard sont reçus avec des témoignages flatteurs accordés à leur patriotisme.

Sur l’observation d’un membre, la Société arrête que les artistes nouvellement admis seront tenus d’exhiber au Comité de présentation le trimestre prochain, tous leurs billets de garde.

Un membre obtient la parole : il demande que la Société prenne une décision sur une dénonciation faite par les artistes de Rome contre l’incivisme des artistes françois restés en pays étrangers, dénonciation sur laquelle la Société avoit cru ne devoir rien statuer et s’étoit contentée de renvoyer les dénonciateurs auprès du Comité de Salut public.

Plusieurs membres insistent avec chaleur, pour que la Société demande à la Convention que les ouvrages de tous ces artistes soient brûlés au pied de l’arbre de la liberté, et qu’on fasse cesser toute lutte entre le Dieu du génie et celui du patriotisme.

L’assemblée ne se croyant pas encore assez éclairée entend plusieurs orateurs sur cet objet. Un membre demande qu’on consulte auparavant le Comité de Salut public; plusieurs opinans s’y opposent.

Après des débats très prolongés, la Société arrête quelle raporte son dernier arreté, et que, ne pouvant brûler les tableaux des traites, puisque c’est une propriété nationale, une pétition sera rédigée, pour faire cette demande à la Convention. Elle nomme pour rédacteurs les citoyens Bienaimé, Le Sueur, Wicard, Détournelle, Dandrillon, Balsac, Spercieux. Cette pétition sera lue à la prochaine séance.

Un membre (le citoyen Détournelle) lit le prospectus d’un journal, relatif aux beaux arts, qu’il se propose de rédiger en son nom. La Société applaudit au zèle du rédacteur.

Le c'’“ Détournelle passe ensuite à la lecture d’une introduction pour son premier numéro. Il est accueilli favorablement.

Le Rédacteur demande qu’il lui soit permis de communiquer avec les sécrétaires, pour se procurer tous les renseignements capables d’enrichir son journal. La Société lui accorde cette demande.

L’assemblée désirant connoître l’emploi des fonds confiés à ses anciens trésoriers arrête, que quatre commissaires, les citoyens Thierry, David, Gilbert et Bonvoisin, vérifieront les comptes de tous les précédens trésoriers. Elle leur donne tout pouvoir à cet effet, et les invite à l’instruire de la suite de leurs opérations.

Un membre demande qu’il soit nommé deux commissaires pour aller vérifier, dans la Salle des antiques et autres lieux, les morceaux propres à être moulés et à servir de modèles aux artistes. La Société adopte cette proposition et choisit pour cette mission les citoyens Wicard et Stouft.

Un des artistes de Rome lit les preuves matérielles de la conduite contrerévolutionnaire de plusieurs artistes ffançois, qui se sont soumis à de vils sermens pour pouvoir continuer leur séjour, hors du sein de leur patrie.

Mots biffes : [qu’une]. Les deux lignes qui suivent, jusqu’au mot « pétition ont été ajoutées après coup et en marge par le secrétaire.

L’assemblée, pendant la lecture, manifeste de tems en teins les sentimens de la plus vive indignation.

On renvoie <à la prochaine séance la reddition des comptes du c®" Bonvoisin trésorier de la Société.

Un membre annonce son départ pour franciade, et demande que la Société l’autorise à proposer son affiliation aux sociétés populaires de cette commune.

La Société, témoignant combien elle désire voir s’étendre les rayons de son patriotisme, l’invite à. cette démarché, et lui marque sa satisfaction de son zèle.

Séance levée à neuf heures un quart.

Deux mots rayés nuis.

Chamoulaud, Espercieux,

PresK

Séance du y? Pluviôse. — Présidence du citoyen Spercieux.

On fait lecture du procès-verbal. Un membre observe que la Société avoit raporté son arrêté pris dans la séance précédente, relativement à la dénonciation des artistes de Rome, ce qui ne se trouve point consigné dans le procès-verbal. Un autre desire aussi qu’il y soit spécifié que la Société n’a arrêté une pétition à la Convention, que par ce qu’elle ne pouvoit exercer elle même, sur les tableaux des traites, sa vengeance patriotique. Le sécrétaire releve ces omissions et fait quelques autres petits changemens que la Société exige; après quoi le procès verbal a été clos.

On admet au nombre des membres de la Société les citoyens Lafitte et Meusnier, artistes de Rome, Piquet peintre, Rouillet sculpteur, Alexandre Morel graveur, Jean Constantin Protain architecte, Michel Henry Clozette chef de la Manufacture des Gobelins, François Varoque, peintre aux Gobelins.

Le sécrétaire adjoint obtient la parole pour une motion d’ordre. II dit : II existe un recueil de traits héroïque. C’est le trésor le plus précieux pour des génies patriotiques. La Conv°" a décrété qu’il en seroit fait lecture tous les décadis; la Société ne tenant point ses séances les jours de repos, je demande qu’à chaque séance, après la lecture du procès verbal, on lise deux traits de ce recueil, afin d’offrir un aliment agréable et utile à l’esprit et aux cœurs des artistes républicains composant cette société. Cette proposition est reçue avec enthousiasme. On entend la lecture de deux récits héroïques. Les applaudissemens qui les accueillent prouvent la vive impression que la Société en ressent.

Le sécrétaire dépose sur le bureau un exemplaire imprimé de son thermomètre moral du génie et des talens. La Société en ordonne la mention civique.

A cette offrande succédé une scène touchante, c’est un vieillard de 6 j ans accablé de malheurs et d’infirmités que le meme membre présente à la Société. II se nomme Pierre Vantigole d® la Pierre, M** d’histoire naturelle rue S‘ André des Arcs, n" y8. La Société l’admet dans son sein avec toutes les marques de distinction qui sont dues à la vieillesse et à l’infortune. Le sécrétaire apprend à la Société que ce respectable vieillard a donné le jour à sept enfans, dont trois ont déjà péri sous le fer des tyrans, qu’il est sans ressources, et que sa femme âgée de 62 ans presque toujours malade, ayant avec elle une fille de i y ans estropiée de naissance, partage son malheur.

Il ajoute, que ce vieillard qui a tant de titres à la munificence nationale, pour espérer obtenir une place aux incurables, le seul objet de ses désirs, se croit encore au dessous de ce bienfait, et cherche à attirer sur lui les regards des représentans du peuple par un acte de générosité précieux aux arts.

Son intention est d’offrir à la Nation pour le musœum deux figures de grandeur naturelle de Goujon représentant Moyse et Aaron. Il demande à faire cette offrande sous les auspices de la Société, qui voudra bien appuyer sa pétition.

L’assemblée ne peut entendre ce récit attendrissant sans laisser échaper de vives émotions de sensibilité.

Un membre demande qu’avant de rien statuer, la Société nomme une commission de six membres pour constater les faits. Le vieillard appuie la proposition, elle est arretée. Les citoyens Bouillet, Martin, Michallon sont élus commissaires à cet effet.

On entend ensuite le raport des comptes des anciens trésoriers Descemet, Isabey, Gilbert et Bonvoisin. La Balance générale se monte en faveur de la Société à cent cinquante huit livres, huit deniers. Le raport est déposé sur le Bureau.

Le Allais rappelé h l’assemblée qu’il a été chargé par elle de vérifier les comptes du c®“ Berwick. Il promet de donner incessamment connoissance du résultat.

Un membre donne lecture du décret de la Conv°" relatif aux graveurs qui ont recelé des estampes royalistes , sur la section de Beaurepaire. On propose de nommer des commissaires pour s’informer des noms, demeures et qualités de ces traites. On observe que le code révolutionnaire s’y oppose. On arrête en conséquence que le sécrétaire écrira pour ces renseignemens au comité révolutionnaire de cette section.

On arrête aussi que le trésorier est autorisé à faire l’acquisition d’un exemplaire du code révolutionnaire, afin de n’hazarder à l’avenir aucunes délibérations contraires au nouveau mode de gouvernement.

Un des commissaires pour la rédaction de la pétition relative à la dénonciation des artistes de Rome demande, au nom de la commission, une prorogation. Elle est accordée.

Un membre observe à l’assemblée que dans la liste du jury, on a omis les noms de plusieurs membres cités dans le rapport du Comité d’instruction publique. On propose de nommer une commission pour en poursuivre la rectification auprès du Ministre de l’Interieur. Cette mesure est adoptée. Les citoyens Hsnard et Desoriasont choisis pour cette mission.

Un des commissaires pour l’examen des antiques propres à servir de modèle lit le rapport de la Comm°". Il fait l’énumération des divers morceaux colorée de la magie d’un stile fleuri. La Société applaudit au fond et au cadre de ce raport intéressant.

Le rapporteur termine en demandant que le citoyen Girault (A, artiste de Rome, qu’il croit jaloux de se rendre utile à sa patrie, en favorisant le progrès des arts, soit invité, par députation, à laisser mouler les antiques, qu’il a rapportées de ce lieu. La Société arrête cette proposition, et nomme pour cette démarché auprès du républicain Girault, les citoyens Michâlons, Bienaimé, Wicard et Morel.

Un artiste de Rome, Pierre Bridant sculpteur, se présente pour être reçu membre de la Société.

Il est admis.

On renvoie à la prochaine séance le mode à emploier, pour obtenir l’affiliation des sociétés populaires de Paris, avec lesquelles on n’a pas encore fraternisé.

Un membre propose d’aller solliciter auprès du Comité d’instruction publique un prix d’encouragement pour l’année 1793 (vieux style). La Société témoignant que cette démarché pur et simple serait insultante pour le patriotisme des artistes républicains, ne statue rien sur cet objet, et ajourne à la prochaine séance cette question; mais pour être traitée sous un nouveau raport.

■ Séance levée à neuf heures i/4.

Six mots rayés nuis.

Chamoui.aud, Espercieux,

Scc'^^. Près*.

Voir une curieuse lettre de David à Wicar {17 septembre 1789) sur le voyage à Florence et à Rome de J.-B.

Giraud, qui allait « compléter sa collec-

tion d’antiques». [N ouvelles archives de l’art français, 1” série, t. 111, 1 8y4" 1875, p. 401-402.)

Séance du Tridï 2® décade Pluviôse. — Présidence du Espercieux.

On commence par la lecture du procès-verbal, qui est clos, sans réclamations.

Le sécrétaire donne communication de la lettre qu’il a écrite au Comité Révolutionnaire de ia section Beaurepaire. L’assemblée en approuve la rédaction.

Dominique Joseph Audestreau Belge réfugié, peintre, est admis au nombre des membres de la Société.

Un membre demande qu’aucun candidat ne soit reçu jusqu’à ce que la liste des pétitionnaires qu’on imprime ait été envoyée.

Plusieurs opinans parlent pour et contre cette proposition.

On demande qu’avant de terminer la question, on procède d’abord à l’appel des candidats. Cette motion est arretée.

On reprend ensuite la discussion qui se termine par l’ordre du jour.

Un membre demande par motion d’ordre qu’il ne soit délivré aucune carte aux artistes de 18 à 2 ^ , jusqu’à ce qu’ils prouvent les raisons d’exemption pour la réquisition.

On adopte cette proposition.

La commission pour le c*^” Girault annonce qu’il a promis de faire réponse à la Société dans cette séance.

Les commissaires pour le c®" Yantajole proposent l’ordre du jour, motivé sur ce que les figures annoncées ne sont pas du célèbre Goujon, et que l’appui qu’il demande est du ressort de sa section. L’ordre du jour motivé est adopté.

Deux citoyens se présentent pour dénoncer une friponnerie. Le sculpteur Patou, Rue des Petits Carreaux a envoyé cherché chez le c®" Beauvallet les bustes de Marat et de Châlier soi-disant poulie théâtre de la Montansier. Il a été reconnu que c’étoit poulies mouler. Le proprietaire a même fait briser en sa presence les contremoules déjà exécutés.

Plusieurs membres font voir l’imperfectioii de la loi à ce sujet. Ou arrête qu’il sera fait une pétition pour prier la Convention nationale d’accorder une plus grande extansion h la loi relative au respect des propriétés pour les productions des artistes en tout genre.

Le c'"' Girault ecrie à la Société, qu’il ne peut laisser mouler ses plâtres, de peur de les voir se détériorer.

Les commissaires pour le Ministre de l’intérieur font leur raport. La Société n’en étant pas satisfaite, invite les memes commissaires à y retourner l’f

Le c'^'“ Le Sueur demande que le c''" Le Hrun ayant été reinoyé de la Commission des arts, et ne pouvant plus, avoir aucune relation avec le Comité d’instruction publique soit exclu du sein de la Société.

Le C-> inculpé nie le fait. On nomme une commission, pour s’en assurer auprès du Comité d’instruction. Destournelle, Esnard et Désoria, sont élus comm'^.

Un membre reprend la parole contre le c’’" Le Brun. Il rappelle deux de ses brochures, l’une contre les artistes, et l’autre pour la justification de son épouse. Il demande cpie les brochures soient lues dans le sein de l’assemblée, afin c[ue la Société puisse juger de l’importance de la dénonciation.

Le c^“ Le Brun fait la peinture des deux écrits et il retrace les différentes nuances, et cherche à faire reconnoitre un ton de vérité dans les couleurs emploiées par son pinceau. Un membre qui parle après lui rembrunit beaucoup son tableau; enfin après une suite de details variés la Société décide qu’elle s'en tiendra à son premier arrêté.

On ajourne la demande en affiliation aux sociétés populaires des sections de Paris, avec les qu’elles on n’a pas encore fraternisé, jusqu’à ce qu’elles soient reconnues bien assises.

En marge : [relativement au jury ]. — Mots biffés : [et pittoresques].

On fait lecture de la pétition à la Convention pour demander que les tableaux des artistes François, en pays étrangers(^) qui ont été le prix des récompenses nationales soient livrés aux flammes, et que leurs noms soient envoyés dans tous les départemens.

Une vive discussion s’élève sur la rédaction de cette pétition. Qiielques membres demandent le raport de l’arrété qui la concerne. Plusieurs orateurs s’y opposent.

L’assemblée arrête, que la pétition sera présentée telle qu’elle a été rédigée, sauf quelques légers changemens.

Seance levée à neuf heures.

Douze mots rayés nuis, plus deux mots rayés nuis. — F. C.

Espercieux, F. Chamoulaud,

Président. Secrétaire.

Seance du i6 Pluviôse. — Présidence du citoyen Espercieux.

On ouvre la séance par la lecture du procès-verbal. Il est clos, avec de légers changemens.

Jacques Léopold architecte est admis au nombre des membres de la Société.

Les commissaires pour le jury annoncent qu’un décret vient de rétablir les noms des cinq membres omis dans la liste du Ministre de l’Intérieur.

On fait lecture d’une lettre du Comité d’instruction publique. Il annonce à la Société que pendant le cours de deux quintidis et décadis, les projets pour l’ornement de la pendule qui doit être placée dans le lieu des séances de la Convention, seront exposés aux regards des curieux.

Mots biffes après coup : [déclarés traîtres à la patrie]. — Les mots en italique ont été ajoutés en marge.

Un membre annonce à la Société qu’il a entre les mains 4o livres provenant d’une collecte en faveur d’un artiste infortuné qui vient de mourir. La Société arrête que cette somme sera remise à un citoyen Turc, ancien modèle pour les artistes.

Elle arrête aussi que le citoyen Anselin sera invité à se rendre dans le sein de l’assemblée, pour donner des renseignemens sur une réclamation du citoyen Deseve, membre de cette Société.

On fait une seconde lecture de la pétition relative à la dénonciation des artistes de Rome. Il s’élève une vive discussion. Plusieurs membres observent qu’ils signeront la pétition, lorsqu’ils seront convaincus des preuves de la dénonciation. D’autres répondent que le comité nommé pour vérifier les pièces probantes en a constaté la validité.

Les débats se prolongent. Un membre demande que le titre de la pétition ne porte point ces mots Société populaire et républicaine des arts, et que les artistes dénonciateurs présentent la pétition en leur nom.

Un autre dit, qu’il faut distinguer deux objets dans cette pétition; l’un, qui regarde la trahison des artistes dénoncés, et l’autre la demande de pouvoir livrer aux fiâmes des tableaux qui leur ont mérité des récompenses nationales.

L’assemblée témoignant que les signatures des citoyens porteront sur cette derniere partie, et quant à la dénonciation, que la responsabilité pèsera seulement sur les citoyens signataires de la dénonciation, adopte définitivement la rédaction de la pétition.-

Arrête en outre que les avis se trouvant partagés sur le fonds de cette pétition, qui réunit plusieurs objets, il sera libre à chaque membre d’accorder ou de refuser sa signature, sans que l’acte de , refi-is puisse faire naître aucun soupçon contre le civisme.

Un membre lit un article des petites affiches, annonçant un abrégé de l’histoire naturelle, en figures, destiné à l’instruction de la jeunesse, et demande qu’on arrête l’émission de cet ouvrage, comme contraire aux principes. Les citoyens Balzac et Dauvergne sont

chargés de porter ce vœu de la Société au Comité d’instruction publique.

On charge aussi les c®“® Thierard, Pétitot, Gérard et Espercieux de rédiger une pétition, pour demander à la Conv°" une extension pour la loi sur le respect des propriétés, dû aux productions des artistes.

La Société arrête qu’il n’y aura pas de séance Nonodi prochain, et que la pétition sur les artistes étrangers sera présentée par les signataires Décadi, 20 Pluviôse.

La commission pour le c®“ Le Brun fait son raport. On lit l’extrait du procès-verbal du Comité d’instruction, qui annonce seulement la démission du c®" Le Brun.

Le rapporteur fait ensuite une relation en faveur du c®" Le Brun, qui prouve que la dénonciation est fausse.

On demande que le c®“ Le Sueur soit tenu de se rétracter.

Le c®“ Le Sueur explique sa dénonciation.

Un membre rappelé les services du c®“ Le Brun en faveur des arts.

L’assemblée, voulant mettre fin à tous ces débats particuliers, passe à l’ordre du jour.

Séance levée à ^ heures 1/2.

Cinq mots rayés nuis.

Espercieux, F. Chamoulaud,

Président. Secrétaire.

Séance du 2 y Pluviôse. — Présidence du citoyen Espercieux.

Le procès-verbal a été clos sans réclamations.

Un membre observe que le sécrétaire ne s’étend pas assez dans son procès-verbal et n’y retrace pas ces élans de patriotisme, que certaines séances ont offerts.

Le sécrétaire dit, que l’esprit d’un procès-verbal n’est pas de faire des phrases, mais de consigner d’une manière exacte et laconique les faits principaux et arretés d’une séance.

L’assemblée cependant manifestant son vœu pour une plus grande extension ; le sécrétaire promet de s’y conformer.

Le c'“" Jault, membre de la Société présente à l’assemblée plusieurs exemplaires d’un discours patriotique et moral sur l’instruction publique qu’il a prononcé dans sa section.

L’assemblée applaudit vivement et arrête la mention civique de son offrande.

Le c**" Petit-Coupret dénoncé pour avoir été désarmé demande à se justifier : il produit les preuves du contraire et les attestations d’un civisme pur. On fait lecture des pièces.

Un mémbre invite la Société à y avoir la plus grande confiance, ayant été délivrées par le Comité révolutionnaire de sa section dont il atteste la sévérité.

L’assemblée satisfaite de trouver cet artiste innocent l’admet au nombre de ses membres au milieu des applaudissemens.

On demande que le dénonciateur soit soumis à la censure: cette |>roposition n’a pas de suite.

Un membre demande qu’à l’avenir les dénonciations ne soient reçues que lorsqu’elles seront accompagnées de pièces probantes, et de la signature du dénonciateur. Cette motion est arrêtée.

Les citoyens, Jacques Vanderbrouke, peintre, Etienne Barthe lemy, Garnier peintre,. Jacques Edme Dumont, sculpteur au Louvre, Jean Défont peintre, Jacques Le Brun, peintre en portraits, Jean Louis Laneuville peintre, Augustin Bel peintre, Pierre Philibert Larnier sculpteur, sont admis au nombre des membres de la Société.

Un membre rappelé, qu’il existe un décret qui invite les sociétés populaires à planter dans cette saison un arbre de la liberté, qui puisse prendre racine, et dont la verdure, au printems, devienne le symbole de l’affermissement de notre liberté. Il demande donc

que la société execute cet acte de patriotisme, que chaque membre brûle de manifester.

Cette proposition électrise l’assemblée. Aux voix, s’écrie-t-on de toute part. L’arrêté est pris à l’unanimité. Des acclamations civiques et nombreuses accueillent la demande d’une promte exécution. La Société commet huit membres pour organiser cette fête, où le Génie patriotique des artistes doit faire ses oftrandes au Génie de la liberté. Les commissaires sont les citoyens Gauthier, La Neuville, Bienaimé, Morel, Tardieu, les deux Stouff, Pétitot.

Le c''" F. Chamoulaud sécrétaire lit un discours pour engager la Société à féliciter la Conv°"dans une adresse, sur l’abolition de l’esclavage et lui ofürir des projets, dans divers genres, pour éterniser cet acte de justice et d’humanité. L’assemblée applaudit à cette lecture.

Un membre observe c[u’il desireroit qu’on s’occupât avant tout d’un objet qui a un intérêt plus direct à l’humanité, celui des hôpitaux.

On arrête, sur sa proposition, que cette délibération fera le grand ordre du jour de la séance prochaine.

Un membre dépose sur le bureau un petit plan d’attaque de Maestricht, afin que la Société puisse en disposer pour l’intérêt de la chose publique. L’assemblée lui en témoigne sa satisfaction.

On lit une lettre du citoyen Beau valet. II annonce que le c“ David député doit proposer une loi pour les mouleurs. L’assemblée avoit chargé un comité de rédiger une pétition relative à cet objet. Les commissaires ne s’étant pas acquitté de leurs fonctions, la Société nomme de nouveaux membres. Ce sont les citoyens Espercieux, Petitot, Berwick Tardieu, Détournelle, Thierry, Wicar et Petit Coupret. Leur pétition consistera à demander une plus grande extension à la loi, sur le respect des propriétés, du aux productions des artistes en tout genre.

Un membre revient sur le discours du c®“ Chamoulaud, et demande que la Société rende hommage aux principes d’humanité qui

COMMUNE DES ARTS

en font la base; la Société arrête à runanimité, qu’il en sera fait mention civique au procès-verbal de ses séances.

Un membre obtient la parole pour une motion d’ordre. Il annonce que la mort de la ci-dev‘ Marquise de Marbœuf laisse, à la tlisposition de la Nation, des sculptures du plus grand prix. Il |>rie la Société de ne pas perdre de vue cette ressource pour les arts.

On demande que le c‘‘“ Detournelle soit adjoint à l’archivrste. Il est adopté.

On arrête aussi qu’il sera souscrit, au nom de la Société, pour un exemplaire de son Journal.

Le 0“ Bienaimé se plaint des calomnies dirigées contre lui, et demande à lire un mémoire justificatif La «Société y consent. Il entre dans les plus grands détails sur sa vie d’artiste. Il retrace tous les instans de sa conduite guidée par les principes d’un patriotisme |>ur. L’assemblée l’écoute avec intérêt, et lui témoigne par ses aj>plaudissemens, que les nuages qui ont pu obscurcir l’opinion de quelques citoyens sur son compte, ne sont pas parvenus jusqu’à elle.

Les artistes chargés de présenter la pétition relative à la dénonciation des artistes de Rome font leur raport. La Conv"" N*‘‘ les a accueillis très favorablement, et a renvoyé leur pétition au Comité de sûreté G’*" et d’instruction publique réunis.

Un membre offre de lire les notes qu’il a prises sur le jugement du Jury, afin tpie la Société puisse s’éclairer sur cet objet. On renvoie cette lecture à une autre séance.

Un des membres du Jury fait part à l’assemblée que le Jury doit s’assembler sextidi prochain, pour mettre en ordre les j)rocès-verbaux et autres pièces de son jugement.

L’ordre du jour amenoit la discussion sur le moyen de fournir des modèles aux sculpteurs et autres artistes, la démarche faite auprès du c*^'* Girault ayant été infructueuse.

Un membre propose qu’on nomme des commissaires pour demander au Comité d’instruction publique qu’on puisse mouler des antiques, qui se trotnentà Paris à la disposition.

Un autre lit à ce sujet une note de tous les antiques propres à être moulés.

Un membre demande que tous les objets énoncés soient classés^ Il ajoute qu’il en existe à Versailles d’une grande richesse poui les arts.

La discussion s’ouvre sur les moyens de se procurer le moulage de tous ces antiques.

On propose de présenter une pétition à la Convention Na'“ pour obtenir leur moulage aux frais de la nation.

Un membre observe que la dépense qu’entraineroit ce moulage, et qui est présumée de 60,000^ formeroit un obstacle au succès de la demande.

D’ailleurs elle lui paroit inutile. Il lit dans son patriotisme, qu’à la campagne prochaine les armées républicaines seront maîtresses de tous les chef d’œuvres de Rome.

L’assemblée manifeste son vœu pour l’accomplissement d’un si merveilleux pronostic.

Un membre reprend la parole sur l’objet de la dépense. Il dit que cet article ne doit point entrer en considération. L’essentiel, ajoute-t-il, est que ce moulage soit avantageux. La dépense n’est rien : le progrès des arts est tout.

Un membre demande, par disgression, qu’on détruise tous les sujets de mauvais goût.

Un autre s’oppose à cette mesure, observant que pour peindre l’histoire, il est nécessaire d’étre guidé dans les costumes, et qu’on les retrouve dans les ouvrages même médiocres.

Le premier répond que son intention n’est pas qu’on anhéantisse les antiques Inférieurs, par ce qu’on y reconnoit dans tous les vrais principes; mais il demande qu’une liste de proscription soit ouverte pour toutes ces figures modernes, que le bon goût réprouve.

On demande que la pétition sur le moulage des antiques soit mise aux voix.

On s’y oppose, en observant que l’affaire étant importante exige un mûr examen. La discussion sur le même objet est remise à no-

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