‹ Procès-verbaux des comités d'agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention (volume 3)Chapitre 39 sur 223 · DEUX-CENT-DIX-HUITIÈME SÉANCE · texte numérisé non relu

DEUX-CENT-DIX-HUITIÈME SÉANCE

Le 6 mai 1791 , le Comité d'agriculture et de commerce s'est assemblé. Présents : MM. Meynier, Herwyn, Gillet, de Lattre, Hell, Griffon, Boufflers, Augier, Roussiliou, Lamerville.

Un des membres a exposé que M. le Président avait écrit, le 6 avril dernier, aux Ministres de la guerre et de l'intérieur pour les inviter à former une commission mixte composée d'officiers du Génie militaire et de l'Administration centrale des ponts et chaussées pour examiner les mémoires présentés à l'Assemblée nationale par MM. Lachiche et Bertrand sur un projet de canal de jonction du Rhône au Rhin;

Que M, de Lessart avait informé le Comité qu'il avait nommé MM. de Ghézy et Dausse, inspecteur général et ingénieur en chef, que ces deux commissaires s'étaient rendus au Comité le 97 avril dernier et que les mémoires leur avaient été remis; mais que M. Duportail'^^ n'ayant pas répondu, on ignorait s'il avait nommé des commissaires du Génie militaire; qu'il était cependant pressant que celle commission fut formée, se réunît et que le Comité eût connaissance des membres qui la composeront, pour quoi il a demandé que M. le Président fût chargé d'écrire une seconde lettre au Ministre de la guerre en lui rappelant la première, le prier de former, en ce qui le concerne , la commission dont il s'agit et d'en informer le Comité.

Le Comité, en adoptant cette proposition, a chargé son président d'écrire à M. Duportail la lettre y mentionnée.

M. Meynier a fait rapport d'une pétition du département du Gard, sous le n" 3716 , tendant à ce que les barques qui arrivent à la foire de Beaucaire fussent visitées à Beaucaire , et non à Arles comme ci-devant, attendu le préjudice que le commerce peut souffrir par le relard (ju'occasionne le transport des marchandises.

Le rapporteur a pensé que, comme l'administration des douanes regarde le pouvoir exécutif, la pétition du département du Gard doit être renvoyée au Ministre de l'intérieur, pour être pris par lui telles mesures qu'il jugera convenables.

Le Comité a adopté les conclusions de M. le Rapporteur.

M. Schwendt, député à l'Assemblée nationale, au nom des députés de la ci-devanl province d'Alsace, a présenté un mémoire

''^ Ministre de la guerre.

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de la municipalité de Strasbourg sur le transit et l'entrepôt des marchandises.

Le Comité a arrêté que M. Goudard fera au premier comité le rapport de cette affaire.

M. Boufflers a fait rapport du mémoire n" 2290, sur le tour et le moulin à soie de riiivention du s"^ Enfantin, entrepreneur de la manufacture royale des soies à Romans, dont cet artiste avait été chargé par l'administration et autorisé par le département de la Drôme d'apporter des modèles à Paris.

Le rapporteur a rendu compte de l'examen approfondi qu'il a fait, à différentes reprises , de ces deux machines, avec MM. Meynier, Lasnier de Vaussenay, nommés commissaires, Hell, membre du Comité, Boissy d'Anglas, député à l'Assemblée nationale, Le Roy, de l'Académie des Sciences, Tolozan, Becbet et autres personnes instruites dans la partie de la soierie.

Il en résulte : 1° que le tour cylindrique du s"" Enfantin offre un grand nombre d^avantages , entre autres de croiser parfaitement la soie, sans que la main des ouvriers puisse aucunement faire varier cette opération; de rendre impossible la jonction de deux fils de soie vulgairement appelée le caize, lequel occasionne un déchet considérable au dévidage et organsinage et rend les étoffes barrées et défectueuses, etc., etc.; 2° que le nouveau moulin du s"" Enfantin a la supériorité la plus marquée sur celui de M. de Vaucanson , que la vitesse y est plus que double, que les frottements y sont réduits à moitié , que les ouvriers y travaillent avec beaucoup plus de facilité , que l'entretien en est beaucoup plus aisé et moins dispendieux et que ce moulin produit des apprêts invariables et parfaitement réguliers pour l'organsinage; 3" enfin, que les procédés très ingénieux de cet artiste peuvent encore contribuer infiniment à la perfection des mécaniques employées jusqu'ici pour ces sortes d'opérations.

Le rapporteur a ajouté : que les talents distingués du s' Enfantin avaient été annoncés à l'Assemblée nationale et au Comité par les recommandations aussi instantes qu'honorables du département de la Drôme et de la municipalité de Romans; et que les avantages de ses machines sont reconnus dans des certificats remplis d'éloges de la part de tous les fabricants qui ont fait usage de la soie organsinée d'après ces nouveaux procédés.

En conséquence, il pense que le Comité, ayant reconnu par le rapport qui vient de lui être fait et par son propre examen que le s' Enfantin non seulement a satisfait mais même qu'il a surpassé le v<eu (les administrateurs qui l'ont appelé et envoyé dans la ca-

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pitale , sera d'avis que cet artiste a les droits les mieux acquis aux récompenses qui lui ont été conditionnellement promises par le Gouvernement.

Le Comité, en adoptant les conclusions de M. le Rapporteur, a décidé qu'un extrait coUationné serait remis au s'' Enfantin pour en faire usage auprès de l'administration.

Le même a présenté au Comité un essai de bougies de la composition du s"^ Le Noble , l'expérience qui en a été faite répondant à l'exposé de son mémoire et ne pouvant qu'être d'une utilité générale.

Le Comité a pensé que les procédés du s' Le Noble méritent les encouragements de la Nation.

La séance a été levée à 1 0 heures.

Et" Meynier, président; Gillet, P.-A. Herwyn, secrétaires.

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