‹ Procès-verbaux des Comités d'agriculture et de commerce de la Constituante, de la Législative et de la Convention [microform]Chapitre 169 sur 285 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

«Il existe à Paris, par décret de l'Assemblée constituante de mai 17Q0, deux ateliers de filature de coton et chanvre, l'un, du Nord, placé faubourg Denis, maison des ci-devant Récollets, composé de 689 individus, l'autre, dit du Midi, situé rue Jacques, aux ci-devant Jacobins, composé de 1 365 individus. Ces établissements étaient sous la surveillance de la ci-devant municipalité de Paris.

Celle-ci avait fait un tarif pour le prix des ouvriers.

Ce tarif n'ayant point varié avec le prix des denrées, on fut obligé de s'en écarter et les prix varièrent dans les deux ateliers; ils devinrent même arbitraires, particulièrement dans celui du Midi, d'après les connaissances pratiques et d'habitude des chefs d'ateliers, de sorte que l'ancien prix fixé pour maximum fut attribué aux ouvriers de classe inférieure et celui des ouvriers de classe supérieure porté de 2 livres à 5 1. 1 o s.

Cette augmentation du prix n'aura rien d'extraordinaire, si l'on fait attention au surhaussement du prix des denrées depuis mai 1790 jusqu'au 19 fructidor 179/1 (8lY'e esclave)"1.

Au a/i nivôse la municipalité diminua ces prix.

On murmura dans les deux ateliers.

Pour faire cesser ces murmures, on fit passer à l'atelier du Midi les citoyennes Plaisant et Blondeau, employées alors à l'atelier du Nord, et on les remplaça par les citoyennes Métayer et Verdure, emplovees comme chefs à l'atelier du Midi.

Les murmures, au lieu de s'apaiser, n'en devinrent que plus réels, et parurent avoir alors pour objet de la part des ouvrières le déplacement des chefs qui les avaient jusqu'alors dirigées dans leurs travaux.

line autre cause de ces changements, si l'on en croit l'administration qui l'opéra (c'est-à-dire la municipalité), c'est que le déchet dans l'atelier du Midi sous la conduite des femmes Métayer et Verdure était plus considérable que dans celui du Nord d'environ 9 p. 1 00.

On espéra , disent les administrateurs , que le changement de local et d'ouvriers ou plus de surveillance corrigeraient cet abus.

") CrtîMe observation sur l'augmm- «»l en marjn« dans la minuta du lajt- U lion du prit , précédée du mut noie, j.ort.

m. ly

H»ft1Hii tftftoit»-

290 PHOCÈ&-VRRBAUX DU COMITÉ [8 vwd. au m]

Mais il est résulté que dans l'atelier du Nord , comme dans celui du Midi, les citoyennes Métayer et Verdure ont eu plus de déchet, en outre qu'il s'est produit une fermentation inquiétante dans les deux ateliers.

II est à observer qu'on n'a pas augmenté les prix depuis la fixation du □ h nivôse, qui a diminué la fixation, ce qui me paraît le véritable sujet des troubles.

La cause principale de ces agitations paraît principalement venir de la trop grande influence des citoyennes Métayer et Verdure sur la multitude d'ouvrières employées dans ces filatures, et de quelques prévarications dont on accuse la citoyenne Métayer en faveur de plusieurs ouvrières.

Notamment d'avoir donué à trois ouvrières, le 19 fructidor, k 1. h s. à chacune, en outre de la paye des ouvrages faits par elles (Lettre du directeur des ateliers du a/i fructidor).

Des faits ci-dessus il résulte :

i° Que les filatures susdites ont été mal surveillées par l'administration qui en était chargée.

ii° Qu'il paraît qu'il y a eu au moins des négligences de la part des citoyennes Métayer et Verdure dans les opérations des ouvrières qu'elles surveillaient.

La citoyenne Verdure demande que le Comité prenne connaissance des pièces par elle remises par le département à la Commission d'agriculture, et que les citoyens Lemit{,J et Concedieu, membres du département, qui ont été commissaires aux ateliers du Nord et du Midi, soient entendus sur les renseignements qu'ils peuvent donner à la Commission d'agriculture et des arts.

3" Qu'il est urgent de changer l'administration de ces filatures et de les diviser en plusieurs petits établissements et je conclus délinitivement à ce dernier parti.

i\éanmoins il paraît aussi convenable d'indemniser les citoyennes Métayer et Verdure des frais de déménagement que leur a occasionnés leur subit changement de local effectué en a 4 heures par ordre du citoyen Coquet, qui était alors directeur desdits établissements.

Je demande aussi que la Commission d'agriculture et des arts se fasse rendre compte de l'état de situation desdits établissements lors de la nomination de Coquet à la place de directeur et à l'époque

III Lomit, architecte; Concedieu, la Seine pendant la RéwJution; Paris; contrôleur au Mont-de-piété, puis mar- j8q4,in-8\ — Publication delà Sochand ling^r et mercier. (Sigismoxd ciété de l'histoire do la Révolution Lacbou, Le Département de Parie et de françewe.)

[8 n*D. âii ni] D'AORIULLTL'RH KT DtùS AKT8. m

de sa sortie ainsi que sous l'administration de son successeur. Elle doit aussi prendre en considération le taui actuel des denrées pour en faire la base des prix des travaux desdils ateliers (1' ».

lin rapport est fait sur la fixation du traitement du citoyen bourgeois, économe de la ferme nationale dr1 KdmbouilleL Le Comité a adopté le projet de décret suivant :

La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de son Comité d'agriculture et des arts, décrète re qui suit :

Art. 1". Les appointements du citoyen Bourgeois » économe de la ferme nationale de Rambouillet, serti ht portes à trois mille livres à compter du t* vendémiaire an m.

Art. 2. Il aera payé au citoyen Bourgeois par la Trésorerie nationale, et sur les fonds mis a la disposition de la Commission d'agriculture et des arts, la somme de dix huit cents livres pour indemnité à raison Je ses soins et travaux antérieurs.

Art. 3. Le présent décret ne sera point imprimé, il sera adressé manuscrit lia Commission d'agriculture et des arts seulement'*.

Un rapport est fait ensuite sur la proposition du citoyen Daubenton qui demande une exception pour des laines provenues de ses troupeâùi étrangers, ou dont il a perfectionné les espèces. Le Comité arrête de renvoyer au Comité de commerce et des approvisionnements avec invitation de rendre la mesure, demandée par Datlbenlon* applicable à tous les cas semblables à celui où ce citoyen »e trouve (3).

On membre propose et le Comité adopte le projet de décret suivant sur la fixation provisoire dos dépenses de l'école vétérinaire d'Alforl.

La Convention nationale décrète :

Art. I ". Le traitement da directeur de l'École vétérinaire d'Alforl est (ixé a six mille livres par an.

Art. 2. Le traitement du directeur adjoint est fixé a cinq mille livres par an.

Art. 3. Le traitement des trois professeurs sera porté à quatre mille livras par an pour chacun d'eux.

(l Le rapport wt de Roux et signe par lui (AF u pl. 67).

Le décret M fut pas adopte par la Convention.

W iJëiibontun demandait que la laine de son troupeau de Montbard fût foustraite au ma\imum auquel le dis-

trict île Semur Pavait fixée. L'agence animale de la (lommissinn d agriculture démontrait, dans son rapport, la justice des réclamations de Daubcnton et la nécessité d'excepter de la loi les laines provenant de troupeaux espagnols (F1* 7, p. yo).

292 PROCÈS- VERBAUX DU COMITÉ [8 vnro. a* mj

Abt. à. Le secrétaire attaché à cet établissement aura pour traitement la somme de deux mille cinq cents livres par an.

Art. 5. Le payement du portier sera de trois cents livres par an.

Art. 6. Il pourra être employé aussi par année :

En frais de bureau de secrétariat i,aoo livres

En frais d'anatomie t,«oo

Pour les forges î ,900

Pour le cabinet de l'école 600

En frais d'impression 4 00

Pour réparations des bâtiments 3,ooo

Ces dépenses variables seront acquittées sur des états fournis par le directeur de l'École, visés et approuvés par la Commission d'agriculture et des arts(i).

La séance est levée. Bouchbr Saovbch.

Page 1