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Kn effet, la bonne foi du sicur Payenneville est la seule garantie qu'il propose. Comme lui , votre Comité veut bien croire qu'un homme qui aura avancé les deux tiers de la valeur de J'objet déposé ne sacrifiera pas son état, sa réputation, son crédit au modique bénéfice que le vol de l'autre tiers pourrait lui procurer. 11 sup-
f>ose même, avec le pétitionnaire, la possibilité de faire assurer es marchandises et objets déposés par la Compagnie d'assurances contre les incendies; mais il ne se dissimule point que, le but de l'établissement proposé étant de recevoir des marchandises, il n'est pas impossible que le peuple voyant un dépôt aussi considérable de marchandises hors de la circulation en conçoive de l'ombrage, qu'il se porte à quelque soulèvement qui, malheureusement, entraîne trop souvent avec lui le pillage.
D'un autre côté, votre Comité a senti que ce bureau de prêt sur nantissement serait par le fait môme un entrepôt d'accaparement; que, si d'un côté la nécessité y appelait les personnes qui se trouveraient réellement dans le besoin, la cupidité pourrait de l'autre y attirer des spéculateurs.
Cette spéculation serait d'autant plus facile que tel homme qui voudrait préparer la rareté d'une sorte de marchandise trouverait un port assuré dans cet établissement, puisqu'il recevrait les deux tiers de la valeur du dépôt qn'il ferait et que l'autre tiers lui serait encore garanti par la fortune personnelle du sieur Payenneville et de ses agents. Ainsi, au moyen de ao o/o par an pour l'intérêt du prêt, intérêt qui se trouverait encore réduit par la possibilité de faire valoir le montant de ce même prêt, un spéculateur, sans courir aucun risque, pourrait en quelques mois accaparer toute une sorte de marchandise et y fixer ensuite le prix que sa cupidité lui dicterait.
Votre Comité s'est encore convaincu que, si cet établissement prévenait quelques Jaillîtes, il en préparait ainsi nécessairement beaucoup.
Ainsi, d'un côté le défaut de sûreté pour le surplus des objets déposés, de l'autre la facilité de faire servir cet établissement aux vues de la malveillance et de la cupidité. Tels sont les motifs qui ont déterminé votre Comité à vous proposer de décréter qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur la pétition du sieur Richard Payenneville ».
Le Comité a adopté les conclusions du rapporteur.
Le Président a levé la séance à minuit.
Lacazb fils aîné, présitlent; IkiTtx, sccrêlaii-e.
[t8 dé«;. i7«)ii Dti COMITÉ DE COMMERCE.