POUR LA PROCESSION DE LA FÊTE DIEU
Les Gens Tenans le Siège ordinaire de Police du Comté pairie de Laval, à tous ceux qui ces présentes verront, Salut : sçavoir faisons que sur ce qui nous a été représenté par le Procureur fiscal de ce Comté qu'au mépris des différentes ordonnances de police concernant Tordre et l'assemblée de la pro«;éssion généralle de la Fête Dieu, plusieurs particuliers de l'un et l'autre sexe en interompoient le cours en traversant les rangs et passants d'un côté de la rue à l'autre.
Que quoi que les maîtres de différentes Communautés soient obligés d'assister à cette procession, à peine d'amende, il s'apercevoit cependant depuis plusieurs années
que la pluspart s'en dispensoient, ce qui provenoit de la facilité qu'ont les Jurés de chaque Communauté de les excuser.
Qu'il s'est aperçu également que pendant les stations qui se font es églises des Cordeliers*, Saint Tugal^, des Jacobins^ et des Halles, la procession est toujours interompùe et dérangée d'une manière indécente, par la liberté que chacun se donne de quitter sa place et d'entrer dans des maisons particulières et des cabarets, de sorte que lorsque le Saint Sacrement sort desdites stations et particulièrement de celles des Cordeliers, Jacobins et des Halles, il est impossible de rassembler et reprendre l'ordre de la Procession.
Que les propriétaires et habitans des maisons situées dans les rues par lesquelles passe ordinairement la procession, négligent de faire nettoyer les dites rues et d'en faire enlever tous les bois, pierres et autres empêchemens, de façon que dans certains endroits la procession se trouve resserrée au point qu'on ne peut conserver l'ordre qui y doit régner.
Que les propriétaires des maisons inhabitées ne prennent pas le soin de faire décorer décemment la face des-
1 . Ce couvent sert aujourd'hui de caserne. Il fut fondé par Guy XII, seigneur de Laval, en 1396. Son église, remarquable par la décoration des autels, est devenue paroissiale sous le nom de Notre-Dame des Cordeliers.
% Paroisse et collégiale, situëe sur remplacement actuel de la bibliothèque. Cette église fut fondée parGuy II, en 1046, sous le vocable de Notre-Dame du Bourg-Chevreau. Elle prit le nom de Saint-Thugal, au commencement du xv*> siècle, forsqu'on y eut transporté les reliques de saint Thugal, évêque de Tréffuier, qui étaient conservées depuis le ix*' siècle dans la chapelle du château. Les armoiries du chapitre de Saint-Thugal étaient : D'or à une croix potencée d'azur^ cantonnée de quatre mouchetures d'hermines de sable.
3. Le couvent des Jacobins, fondé par Guy XV®. seigneur de 'Laval, en 1485, fut construit sur le lieu de la Trinquerie (emplacement actuel de la Préfecture), qui avait d'abord été choisi pour rétablissement de l'église Saint- Vénérand. (E. Moreau, Mémoires de Frin du Guyboutier),
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dites maisons sur la rue, n'y même de couvrir le pavé comme il est d'usage, avec des herbes et fleurs dont l'odeur ne soit pas forte.
Que lorsque la procession se rend chez les RR. PP. Cordeliers et Jacobins les Corps et Métiers qui réviennent sur leurs pas à costé de la Procession qui continue sa marche vers lesdits Cordeliers, embarassent et dérangent l'ordre de la Procession.
Que les années précédentes nous aurions vu par nous même que notre dessein de rendre la procession plus solemnelle et moins chargée d'embaras, avoit réussi en faisant entrer tous les Corps et Métiers dans les cloîtres des révérends pères Cordeliers et des R. P. Jacobins, qu'ainsi il croioit à propos d'ordonner de même que les Communautés de métiers et marchands continueroient d'entrer dans les cloîtres des dites deux Communautés par les portes qui ouvrent dans les Eglises, et y resteroient jusqu'à ce que la procession fut entrée dans les dites églises, après quoi lesdits Corps de métiers et marchands sortiroient par les portes desdits cloîtres qui ouvrent dans les Chapiteaux.
Sur quoi faisant Droit Nous ordonnons qu'a la dite procession généralle de la Fête Dieu de la présente année, tous les Corps de métiers et marchands assisteront en habit décend chacun un flambeau de cire à la main, a laquelle fin enjoignons à tous les Jurés, Bâtonniers, procureurs et sindics de chaque Communauté et métier de nous rémettre lundi prochain pour tout délai, une liste de tous ceux qui composent leurs Corps ou Communautés, dans les quelles listes lesdits maîtres seront établis suivant l'ordre de leur Réception, et en cas d'obmission desdits maîtres, lesdits Jurés Bâtonniers et procureurs seront condamnés en trois livres d'amende, et pareillement à deffaut par eux de nous rémettre lesdits rolles ou listes dans ledit jour de lundi prochain, ils seront condamnés dans des amendes proportionnées à leur désobéissance.
Enjoignons pareillement aux dits Jurés Bâtonniers et procureurs Sindics de se trouver le jour de la procession à rappel, qui se fera au pied du grand escallier de l'Eglise paroissiale de la Sainte Trinité, à six heures du matin avec leurs torches, cierges, drapeaux et guidons à peine de dix livres d'amende, pour par eux y faire mettre leurs Corps et Communautés dans les rangs ordinaires et accoutumés et suivant l'ordre cy après, et de nous donner un mémoire des absens qui seront condamnés en six livres d'amende si la cause de leur absence n'est jugée vallable par toute la Communauté au bas de la Liste, ou par nous en connoissance de cause.
Enjoignons aussi à tous les habitans demelirans dans les rues par les quelles la procession a coutume de passer, de faire nettoyer les dites rues, d'en faire enlever tous les bois, pierres et générallement tous empêchemens dès le jour précédent la Fête Dieu, de tendre, orner et décorer dès le matin les dites rues, de tapisseries et autres meubles décens à peine de six livres d'amende, les exhortons de tendre les dites riies en Ciel comme il est d'usage.
Faisons deffences aux dits Corps de métiers cy après nommés, de troubler l'ordre de la procession sous peine d'amende arbitraire, et au cas qu'il y eût quelqu'un qui se plaignit du rang cy après marqué, ordonnons qu'il se pourvoira devant Nous d'heure et de tems d'y pouvoir faire Droit l'année prochaine.