‹ Procès-verbaux et documents, Volume 4Chapitre 72 sur 123 · XIX LA DORÉE · texte numérisé non relu

XIX LA DORÉE

€ Monsieur le doyen suyvant voe lettre pour responce nous avons de nobles hommes en la paroisse de la Dorée chacuns de noble homme Julian de Goué sieur du Gue y résidant et noble Yves du Pontavice sei-

1. Ce jeune seigneur avait été nourri page d'Henri IV: les disg^races qu'il eut à la cour après la mort de Biron son intime ami, l'avaient obligé de se retirer en province, dans sa terre de Goué. Il obtint du roi, en 1601, deux foires pour FougeroUes et le marché hebdomadaire du samedi qui s'y tient toujours. Le matin de sa mort, comme c'était fête de Vierge, il était allé à la messe dans l'église de FougeroUes et quand il fut frappé il s'écria : « Jésus Jésus mon amy je suis mort * sans avoir autre chose dit ni prononcé et au inesme instant à rendu l'esprit. Cet ami qui raccompagnait était un M. de CheverQe, sieur de la Blanchardière,de Saint-Mars.

gneur de Sainct Laurent et des Landes et demeurant au lieu de la Lande en lad paroisse et noble homme Paul Chupin, seigneur de Marcillé, demeurant au lieu de Maisonrouge en la paroisse de la Dorée tous les dits gentilshommes bons catholiques et vivant noblement le tout certifie estre vroy tesmoin mon sign manuel sy mys le cinquiesme jour de febvrier mil cinq cens soixante dix sept. »

< M. Gobé. »

« Je envoie les deniers synodaulx au Mans € Je ay quittance. »

Julien de Goué, écuyer, seigneur du Gué, petit manoir à tourelles età fuye, encore de nos jours bien conservé^ était un vétéran des guerres d'Italie, couvert de glorieuses blessures reçues à la bataille de Cerizolles, où fut tué l'un de ses frères. Il n'eut pas moins de cinq à six fils de Julienne du Rusquec son épouse : Louis, le deuxième, qui prit ses grades en l'Université de Paris, se fit prêtre, fut curé de la Dorée et en releva l'église qui avait été entièrement incendiée pendant les guerres. « Dans » ses jeunes ans il avait été fait prisonnier par les An- » glais-^ et conduit à Fougères dont il se sauva, sautant > par dessus les murailles, et leur ûat forte guerre durant » quil luy fut permis,- tellement que le capitaine Man- » dière, celui qu'on disoit avoir assassiné son frère Guy^, » vint surprendre le Gué et l'en chassa et après l'avoir

Page 1