‹ Procidence du cordon et opération CésarienneChapitre 4 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La procidence du cordon est un des chapitres les plus importants de la dystocie d’origine ovulaire; aussi ce point a-t-il sollicité de tout temps l’attention et la sagacité des accoucheurs.

On conçoit que la présentation d’une anse de cordon précédant la présentation fœtale, l'expulsion consécutive d’un enfant mort ou tout au moins difficile à ranimer, les modifications de consistance et de couleur du liquide amniotique, à une époque où l’on ne connaissait pas encore l’auscultation fœtale, tous ces signes ne pouvaient passer inaperçus aux yeux d’observateurs tels que Baudelocque, Mauriceau, M”° Lachapelle et bien d’autres.

Pourtant, en 1833, Michælis écrivait dans les Abhandlungen aus dem Gebiete der Geburtshülfe: « S’il est dans l’art des accouchements un chapitre qui n’ait été traité avec succès par personne, c’est assuré-

ment celui de la procidence du cordon; nous attendons

AT

encore la théorie d’un manuel opératoire applicable à la chute du cordon. »

- Nous ne devons donc point nous étonner de voir, dans l’histoire de l'Obstétrique, le grand nombre de procédés, d'instruments variés, imaginés pour venir à bout de cette grave complication qui occasionne si souvent la mort du fœtus.

Dans cette courte étude sur les procidences du cordon, nous dirons d’abord quelques mots de l’étiologie et de la gravité de cette anomalie; puis, sans faire l'historique des divers instruments qui ont été proposés pour la rétropulsion du cordon et sans trop insister sur la rétropulsion manuelle, employée jadis par tant d’accoucheurs, mais d’une façon incertaine, et remise en honneur par les maîtres de l’Obstétrique, entre autres par M. le Professeur Pinard, qui l'a appliquée et fait appliquer dans son service modèle de la clinique Baudelocque, nous envisagerons un procédé différent, l’opération césarienne qui, imaginée en 1550 par Jacques Nuffer, a été depuis bien souvent employée dans de nombreux cas de dystocie. Depuis quelques années, plusieurs accoucheurs ont eu recours à ce procédé, dans certains cas de procidence du cordon, et c’est ce nouveau mode d'intervention que nous nous proposons d'envisager dans cette courte étude, faisant nôtres les paroles de notre savant maître: ( A l'heure actuelle, les indications de l'opération césarienne s'étendent et l’on pourra ainsi sauver un plus

grand nombre de femmes et d'enfants. »

ÉTIOLOGIE

M”° Lachapelle donnait de la procidence cette défi-

nition :

« La procidence est la chüte intempestive d’une partie quelconque du fœtus qui, vu sa ténuité ou sa mobilité, ne peut constituer par elle-même une position (nous disons maintenant présentation) particulière et qui, au contraire, accompagne ordinairement la présentation d’une région plus ou moins étendue. »

Nous retiendrons plutôt la définition du professeur

Pinard :

« La procidence est la chute intempestive d’une petite partie fœtale qui, n’appartenant pas à la présentation, précède ou accompagne celle-ci, lorsqu'elle tend à s'engager ou s'engage dans la filière pelvi-génitale. »

Les auteurs font dépendre cette complication de laccouchement d’un assez grand nombre de causes (1): l'abondance des eaux, la présentation de l’enfant en « posture contre nature », suivant l'expression de Mauriceau dans son traité des aladies des femmes

(4) Gallot. Thèse de Paris, 1905.

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