‹ Procidence du cordon et opération CésarienneChapitre 8 sur 16 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Nous pouvons maintenant examiner quels sont les symptômes de la procidence du cordon.

Le diagnostic de la procidence du cordon est évidemment facile à faire quand celui-ci est dans le vagin; mais, ce symptôme étant constaté, il faut se demander immédiatement si l'enfant est mort ou vivant,

Pour cela, il sera nécessaire de saisir le cordon entre deux doigts; on en recherchera alors les battements. Mais, ce qu’il ne faudra pas oublier, c’est que la constatation de disparition de battements de la tige funiculaire pendant quelques instants ne suffit pas pour que l’on puisse porter le diagnostic de mort de l’enfant. Dans ces cas, il faudra ausculter, et ausculter attentivement, pour se faire une conviction absolue.

Plus difficile est le diagnostic de procidence du cordon lorsque la poche des eaux n'est pas encore rompue. On perçoit la tige funiculaire sous la forme d’un cordon souple, arrondi, mobile, Ce cordon est le siège de battements rapides et non synchrones au pouls de la mère. Ce signe permet de distinguer les pulsations fœtales des pulsations vaginales (pouls vaginal d’Osiander).

Me

Très importante est, en particulier, la recherche de ia présence du cordon dans la poche des eaux, lorsque déjà un membre fait procidence.

Il y aura une difficulté — ce sera la seule, mais elle sera grande — qui consistera à distinguer les baitements du cordon de ceux qui sont transmis à la poche des eaux par les vaisseaux épanouis de la tige funiculaire dans le cas d'insertion vélamenteuse.

Enfin, lorsqu'il y aura procubitus, on pourra sentir le cordon sur les parties latérales de la tête; lorsque, pour tenter une application de forceps, on introduira largement la main dans les voies génitales, grâce à cette exploration qui devra, sans exception, être toujours faite, il sera possible de refouler le cordon et de cette façon on évitera de le saisir en même temps que la tête entre les cuillers du forceps.

Les procidences du cordon offrent un intérêt diagnostique de premier ordre, car, en présence de cette complication, il faut intervenir immédiatement. Lorsque, en effet, l’accoucheur emploie la méthode expectative et qu'il laisse l'accouchement abandonné à luimême, la mort du fœtus est souvent fatale.

Dans ces procidences du cordon, quel est le mécanisme de la mort de l’enfant? Beaucoup d'opinions et de théories différentes ont été formulées à ce sujet.

Smellie, Guillemot, Velpeau accusent le refroidissement du cordon. |

Cette théorie, déjà ancienne, est, en réalité, complètement abandonnée. On lui préfère actuellement celle

qui fait intervenir la compression de la tige funiculaire

par la présentation. De quelle façon agit cette compression ?

Certains accoucheurs, entre autres Adolph, Faust, Fréteaux, Capuron, pensent que la mort de l’enfant est causée par l’apoplexie du cerveau et du poumon: la veine serait plus facilement comprimée parce que son calibre est plus considérable que celui des artères; le sang continue donc à arriver aux organes, il afflue et ne peut retourner au placenta: de là, de la stase vasculaire et de la congestion dans les divers organes, en particulier, dans le cerveau et les poumons.

D'autres auteurs, Mittelhaüser, Siébold, Wigand, Deneux, pensent, au contraire, que les artères sont seules comprimées et que c’est l’anémie ou la syncope qui sont les causes de la mort.

Pour Tarnier, les divers organes de la tige funiculaire seraient comprimés en masse, et le fœtus mourrait par asphyxie, parce que la circulation sanguine serait entravée. Il est habituel, en effet, de voir la face de l’enfant violacée plutôt que pâle et décolorée; les cavités du cœur sont gorgées de sang noir; le cœur, le poumon et le foie sont le siège d’une congestion in-

tense.

Fo

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