‹ Procidence du cordon et opération CésarienneChapitre 9 sur 16 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Les dangers de la procidence du cordon ne seront pas, de notre part, l’objet d'une longue étude. -Nous rappellerons seulement que, si cette complication est d’un pronostic bénin pour la femme à qui l’on fait subir une intervention avec toutes les précautions d’asepsie nécessaires, il n’en va pas de même pour l’enfant, dont elle compromet sérieusement l'existence.

Il est impossible, quoi qu'en aient dit certains auteurs, de se faire une idée exacte de l’état de vitalité du fœtus, par le simple examen du cordon procident. En dépit de la compression de la tige funiculaire, l'enfant peut continuer à vivre pendant un certain laps de temps, et l'absence de battements dans le cordon ne doit pas faire conclure à la mort du fœtus. L'auscultation du cœur fœtal, et elle seule, nous donnera des indications justes.

Les diverses statistiques, que nous empruntons à la thèse de Gallot, nous donnent une mortalité considé- ‘able pour le fœtus. Dans ses relevés, Clarke accuse 49 morts sur 66 cas, soit une mortalité de 74 0/0. La statistique de Collins donne T3 morts sur 97 Cas; MOortalité 75 0/0. Celle de Churchill: 220 morts sur 355

procidences, soit 61 0/0. Sextorph donne 195 morts

pour 356 cas, soit 55 0/0. Michaelis relève 27 cas de procidence accompagnant une présentation de la tête ou du siège, avec 20 morts, donc 75 0/0 de mortalité. Tarnier, à la Maternité, publie 10 morts sur 29 cas, et, malgré les nombreux progrès accomplis par la Science obstétricale, la mortalité est encore de 34 0/0. Avec Varnier, nous arrivons avec 7 morts sur 29 cas, soit 25 0/0.

Dans la statistique de Gibory, nous trouvons 24 morts sur 74 cas, soit 32 0/0; dans celle de Perrossier, 34 morts sur 93 cas, soit 36 0/0.

Enfin, la statistique personnelle de Gallot donne 65 cas de procidence avec 32 morts. Mais, dans 9 cas, l’enfant était mort au moment de l’arrivée de la femme dans le service, ce qui fait donc 23 cas de mort, soit une mortalité de 35 0/0, pour les enfants encore vivants à l’arrivée à la clinique Baudelocque.

La gravité du pronostic est, en effet, d'autant plus grande que la procidence à lieu à un moment plus rapproché du début du travail, et que les membranes se rompent vite.

Cela ne veut pas dire que l’enfant dont le cordon est procident ne souffre pas, alors que la poche des eaux n’est pas encore rompue. S'il est vrai que dans certains cas la cGmpression est minime ou même nulle, il faut, en revanche, se souvenir que, bien souvent, lorsque les membranes se rompent, nous voyons le liquide. amniotique coloré en vert, modification qui peut s’accompagner d'un trouble profond du rythme cardiaque.

Cest ce qui faisait dire à Cazeaux: « Nous sommes

portés à penser que, même avant l'écoulement du liquide amniotique, la simple pression de la tête sur le cordon peut être assez considérable pour interrompre la circulation fœto-placentaire, »

N'oublions pas, avant tout, que notre devoir est d’intervenir rapidement, car, quelle que soit la présentation, la procidence sera‘d’autant plus grave qu'elle aura duré plus longtemps.

Le pronostic de la procidence du cordon au cours du travail est évidemment plus grave dans le cas de viciations pelviennes; verrons-nous là une indication opératoire?

De plus, puisque les méthodes thérapeutiques usuelles, destinées à combattre la procidence du cordon, r'enrayent que d’une façon très imparfaite les accidents qui en découlent, est-il logique que les accoucheurs, désireux de sauver le plus grand nombre d’enfants possible, s'adressent à la section césarienne?

Cette opération est-elle réellement supérieure aux autres interventions? Doit-on la conseiller et peut-on la pratiquer toujours et partout? C’est ce que nous allons examiner, en prenant pour cela, comme base de

discussion, la statistique de la clinique Baudelocque.

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