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.… feuilles en séries verticales parallèles : disposition qui, comme on va le voir, caractérise toutes les tiges de Fougères arborescentes; mais quelle qu’en soit la cause , cette disposition des vaisseaux permet de distinguer facilement une tige de Fougère en arbre de celle de tous les arbres monocotylédons. Les feuilles des Fougères présentent des caractères encore % plus tranchés que leurs tiges. Leur pétiole est presque tou- … jours comprimé latéralement. Aussi épais ou même plus épais que large, il est souvent parcouru supérieurement par-un sillon assez profond.
Parmi les espèces vivantes je ne connoiïs que l’Osmunda regalis qui présente un pétiole ailé latéralement vers sa partie inférieure, et cependant cette expansion membraneuse dispäroît vers son point d'attache, et ses feuilles ne sont pas amplexicaules , comme celles de la plupart des plantes monocotylédones. ‘ Il résulte de cette forme dés pétioles des Fougéres que les cicatrices qu'ils laissent sur la tige après leur chute, sont presque toujours plus hautes que larges, très-rarement un peu plus larges que hautes, et jamais larges et amplexicaules, comme celles des arbres monocotylédons, de la famille des Liliacées, des Asparagées, et encore bien moins des Palmiers, où les feuilles produisent des cicatrices linéaires et transversales. Dans les Fougères , au contraire , les cicatrices d’insertion des feuilles représentent des sortes de disques bien limités, très - réguliers, dont la forme varie d’une espéce à l'autre; mais qui annoncent toujours un pétiole comprimé latéralement, ou tout au plus à peu près cylindrique. Ce
v D'après l'observation faite par M. Gaudichaud sur l’Ængiopteris evecta , Willd., cette belle Fougère des Moluques a les pétioles dilatés à la base, presque comme ceux des Palmiers, et la tige assez courte qui les supporte, est marquée d’anneaux transversaux, comme dans ces plantes : c’est le seul exemple de cette structure que je connoiïsse dans
la famille des Fougères.
( 42 ) disque présente souvent à sa partie supérieure une échancrure plus ou moins profonde, qui correspond au sillon du pétiole; enfin, sa surface montre des séries de points plus ou moins nombreux, qui indiquent le passage des vaisseaux de la tige dans le pétiole.
Ces traces de vaisseaux offrent encore un caractere propre à cette famille. Dans toutes les plantes monocotylédones que j'ai eu occasion d'observer, les faisceaux de vaisseaux sont épars et distribués sans ordre dans les pétioles des feuilles : c’est ce qu'on peut voir particuliérement dans les Palmiers, qui ont un pétiole parfaitement distinct du limbe de la feuille. Dans les Fougères, au contraire , les vaisseaux sont réunis en un nombre fixe et limité de faisceaux, qui sont distribués avec la plus grande symétrie dans l’intérieur du pétiole, en nombre pair pour ceux qui ne sont pas sur la ligne médiane.
Les coupes des pétioles des Fougères les plus communes de nos climats, montrent parfaitement cette structure, qui paroît se retrouver dans toutes. Il en résulte que les séries des points qui correspondent au passage de ces faisceaux de vaisseaux, et qu’on observe sur les disques d'insertion des feuilles, sont toujours distribués avec symétrie sur ces disques.
Ces disques, déjà si réguliers, produits par les bases des pétioles , sont en outre disposés sur la tige avec une régularité admirable, qui dépend du mode d'insertion des feuilles. Dans toutes les Fougères arborescentes dont j’ai vu les tiges, les feuilles sont insérées en séries parallèles, parfaitement droites depuis la base jusqu’au sommet de la tige, ou légèrement contournées en spirale. Le nombre de ces séries varie suivant la grosseur proportionnelle des pétioles et des tiges. Je n’ai vu qu’un trop petit nombre d'échantillons de ces plantes pour savoir si le nombre de ces séries est ordinaire-
1 Voyez la figure de quelques-unes de ces coupes , Class. des végét. foss., tab. 4.