‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 21 sur 116 · MER · texte numérisé non relu

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remarquable , tandis que ceux qui montrent les variations s plus grandes dans cette structure vasculaire, seront admis

par presque tous les botanistes comme peu naturels et formés de groupes trés-distincts , tels sont les Acrostichum , les Polypodium , les Aspidium. |

» 1 n’y a donc pas de meilleurs caractères pour grouper les Fougères d’après leurs frondes stériles, que ceux que pré- ‘sente la disposition des nervures , surtout en les combinant ‘avec le mode de division des frondes et des pinnules. C’est en effet au moyen de ces caractères que nous avons divisé - en plusieurs groupes toutes les Fougères fossiles, parmi lesquelles il est difficile de trouver quelques échantillons avec des indices de fructification : ce cas est si rare, que je crois . que M. Sternberg n’en cite que deux, et je n’ai pu l’observer que sursix espèces et le plus souvent d’une manière trop peu . nette pour pouvoir déterminer avec certitude le genre dont elles faisoient partie : je n’ai donc pas pensé qu’on dût, pour un si petit nombre d'individus, faire exception au mode général de classification adopté pour les fossiles de cette famille. Cette rareté même des fructifications dans les Fougères fos- - siles m'engage à n’entrer dans aucun détail sur la structure . de ces organes dans les plantes vivantes ; car il ne sera jamais possible d'observer sur des fossiles la structure même | des capsules, qui exige souvent l'emploi du microscope et - qui forme la base des premières divisions des Fougères vivantes : quant à la disposition de ces capsules, qui a servi … dans presque tous les cas à établir les genres , il n’est per- * sonne qui ne sache que Linné avoit fondé les genres de Fou- - gères uniquement sur la forme des groupes de capsules, et que depuis on s’est servi avec beaucoup d’avantage de la disposition des membranes ou tégumens qui recouvrent ou en- -veloppent ces groupes de capsules, ainsi que de leur position “par rapport aux nervures, pour former des genres plus na- “turels ; d’ailleurs il est extrêmement rare qu’on puisse ob-

server sur les Fougères fossiles qui présentent quelques indices de fructification, autre chose qdgis forme des groupes de capsules. 4

Il existe dans cette famille un certain nombre de genres trés-remarquables, soit par la disposition de leur fructification, soit même par la forme de leur fronde; tels sont, sous le rapport de la fructification surtout, tous les genres de la tribu des Osmondacées, à l'exception du Mohria et du Todea: les épis de fructification des Osmunda , des Anemia, des Lygodium , des Schizea , font reconnoître ces genres au premier aspect lorsqu'ils sont en fructification. On peut en dire autant des genres Bofrychium et Ophioglossum ; la forme des frondes si singulière des Schizea et des Gleichenia, les distingue immédiatement de toutes les Fougères, même sans le secours des fructifications. Aucune de ces plantes ne s’est présentée à l’état fossile avec des caractères propres à la faire reconnoitre avec certitude ; ainsi il est trés-probable que les Osmondacées, les Ophioglossées et les Gleichéniées ne faisoient pas partie de la Flore de l’ancien monde; que les Polypodiacées seules constituoient toute la famille des Fougères, du moins à l’époque de formation des terrains houillers; car le genre Tœniopteris, qui se rapproche par la disposition des nervures de la tribu des Marattiées , est propre aux terrains plus modernes. ‘

Je sais que plusieurs botanistes ont cru reconnoître dans quelques Fougères du terrain houiller des plantes analogues a nos Osmunda, telles sont les Nevropteris gigantea et fleruosa

1 On verra que nous indiquons sous le nom de Schizopteris , une plante fossile qui nous paroît avoir plus de rapports avec les frondes stériles des Schizea qu'avec aucune autre plante que nous connoissions ; mais l'identité de ces deux genres et même la position de cette singulière plante fossile dans la famille des Fougères, sont loin d’être parfaitement

établies.

CON ‘on: LÉ ER ils

“ de M.Sternberg, que ce savant avait d’abord désignées sous le

nom d'Osmunda gigantea ;je conviens qu’il existe quelque ana- » logie, quant aux feuilles, entre cette plante et l’'Osmunda re-

- galis ; mais j'ai découvert sur quelques feuilles des traces de

fructification , qui me paroissent établir d’une maniere cer- » taine que c’est un genre de Polypodiacées, probablement différent de tous ceux qui existent actuellement, mais se rapprochant surtout des Asplenium.

Par la forme de leurs feuilles les Fougeres fossiles se rapprochent beaucoup des genres maintenant les plus nombreux parmi les Fougères vivantes: ainsi c’est particulièrement avec les genres Asplenium ou Darea, Polypodium, Aspidium , Cyathea , Blechnum , Pteris, qu’on leur treuve le plus d’analogie, et ces frondes fossiles ne présentent pas de ces déviations de la structure habituelle des plantes de ces genres, qui pourroient indiquer l'existence dans ces temps anciens de genres

. tres-différens de ceux qui habitent encore notre globe.

Il est même assez remarquable que les genres qui paroissent

les plus nombreux dans les terrains houillers , sont encore | presque les seuls qui renferment des espèces arborescentes ; cependant, en examinant les tiges qui nous paroissent pro-

. venir de ces Fougères arborescentes de l’ancien monde , on

| trouve de grandes différences entre elles et celles du monde actuel, quoique les caractères essentiels, et l’on peut dire or- . diniques, soient les mêmes.

Ainsi , malgré la grosseur et la hauteur de ces tiges, qui atteignent plus de 3 décimètres de diamètre, et plus de 12 à 15 mètres de longueur, et qui par conséquent surpassent de beaucoup les plus grandes Fougères arborescentes actuelles , les cicatrices laissées par les bases des pétioles sont

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