‹ Prodrome d'une histoire des végétaux fossilesChapitre 65 sur 116 · Famizze. PALMIERS · texte numérisé non relu

Famizze. PALMIERS

Tout le monde connoit l’aspect remarquable que présentent les plantes de la famille des Palmiers. On sait que ce sont de grands végétaux arborescens, à tige simple ou trés-rarement dichotome , terminée supérieurement par une touffe de feuilles souvent très-grandes, tantôt pinnées, tantôt divisées en lobes

-étalés en éventail.

La structure intérieure des tiges ne paroît pas offrir de caractères propres à la distinguer de celle des autres plantes monocotylédones; du moins cette partie de l’anatomie comparée des végétaux, n’est pas assez avancée pour que nous puissions en déduire des caractères pour reconnoître les fa-

milles. Extérieurement cette tige, cylindrique ou légèrement renflée dans son milieu, présente dans sa partie inférieure des anneaux transversaux, incomplets, produits par l’insertion de la base amplexicaule des pétioles des feuilles. Supérieurement, ces sortes de gaines persistent, et les bases des pétioles hérissent la tige de toute part.

|’ Ces lignes transversales, produites par l'insertion des feuilles, | entourent presque jamais complétement la tige, et ne correspondent pas à une véritable articulation, excepté dans les

Calamus et peut-être dans quelques genres voisins; enfin, Is tige n’est pas fistuleuse comme dans les Graminées. |

Les feuilles présentent deux modes de divisions bien différens : celles à lobes pinnés et celles à lobes en éventail.

Le mode d'insertion de ces divisions des feuilles les distingue facilement de toutes les autres feuilles pinnatifides, et particuliérement de celles des Cycadées, avec lesquelles on pourroit craindre de les confondre à l’état fossile. Dans les Palmiers à feuilles pinnées chaque foliole est répliée sur ellemême à sa base , et insérée sur le côté du pétiole , absolument comme les Barhés d’une plume , leur bord correspondant à la face supérieure et inférieure de la feuille, tandis que dans les Cycadées la surface des folioles est dirigée dans le même plan que la feuille entière.

La même disposition a lieu dans les feuilles en éventail, qui ne sont réellement que des feuilles pinnées, dont les insertions des folioles sont trés-rapprochées; aussi le pétiole se prolonge-t-il quelquefois assez loin dans la partie moyenne de la feuille, et cette disposition est un caractère propre à faire distinguer ces diverses feuilles les unes des autres.

Nous ne dirons rien des fleurs elles-mêmes, qu’on ne trouvera probablement jamais à l’état fossile ; mais on sait qu’elles forment des épis ou des panicules plus ou moins rameuses,

renfermées dans une spathe d’abord complétement close, souvent comprimée , plus ou moins alongée et s’ouvrant ensuite par une fente latérale.

Les fruits présentent trois modifications essentielles : tantôt ils présentent trois ovaires distincts, qui, considérés isolément, offrent une face interne et une face externe qui ne sont pas semblables : souvent un seul de ces ovaires persiste; mais il est facile de le reconnoître à ce défaut de symétrie : c’est ce qui a lieu dans le Dattier ; tantôt ces trois ovaires sont réunis sous une pulpe commune; mais les noyaux sont distincts; tantôt, enfin , ils ne forment plus qu’un seul noyau, dans le-

ue

( 117 ) quel on voit encore des traces du nombre ternaire des parties, comme dans les Cocos.

On a trouvé à l’état fossile des parties trés-différentes de ces végétaux remarquables.

1.° Des tiges caractérisées par la disposition des bases des pétioles ; telle est la plante figurée dans la Description géologique des environs de Paris, sous le nom d’Endogenites echinala, mais qui, se rapportant évidemment à la famille des Palmiers, sera mieux nommée Palmacites echinatus.

Parmi les bois monocotylédons dont nous ne connoissons que la structure interne, il en est probablement plusieurs

F qui appartiennent a cette famille ; mais nous n'avons pas jusqu’à présent de moyens de les distinguer des tiges des Dracæna , des Pandanus , des Yucca, des Aloes, etc.

2.” Des feuilies qui se rapportent, les unes à la forme en éventäil; les autres aux feuilles pinnées.

Les premières paroissent constituer trois espêces; maïs au milieu du nombre immense de Palmiers qui existe, et dont nos collections ne renferment aucun échantillon, nous ne pouvons déterminer si les espèces fossiles sont diférentes des espèces vivantes.

Outre ces trois espèces, M. de Sternberg en a figuré une, à laquelle il donne le nom de Flabellaria borassifolia, qui nous paroît très- douteuse, jusqu’à ce qu’on ait trouvé des échantillons avec leur pétiole; car celui qu'il a représenté, paroïtroit indiquer plutôt des feuilles partant en touffe du sommet d’une tige, qu’une feuille flabelliforme.

Les secondes sont bien moins fréquentes. Un échantillon qui se rapporte évidemment à cette forme nous a été donné par M. Bertrand Roux, qui l’a trouvé dans le Psammite de la chartreuse de Brive , près le Puy. Nous lui donnerons le

| h nom de Phænicites pumila : c'est une feuille trés-petite pour une espêce de Palmier , mais montrant bien le mode de plicature propre aux folioles de la plupart des plantes de

#, LME) 2 cette famille. Elle a de l’analogie en plus petit avec celles des Dattiers et des Areca. Ses folioles linéaires sont alternes et assez éloignées. dal)

Une seconde espèce, beaucoup plus remarquable , ne peut être rapportéé avec certitude à aucun genre de cette famille ; mais je ne doute pas qu’elle n’en fasse partie, d’après le mode d'insertion de ses folioles; elle ressemble surtout au Caryota mitis. M. de Sternberg, qui a fait connoître cette plante, Va nommée Næggerathia foliosa : c’est le seul exemple que, nous connoissions d’une plante appartenant très-probableme do à la famille des Palmiers , et trouvée’ dans les ! terrains Kool liers d'Europe.

Un second exemple paroïit fourni par une plante des mines de houille de l'Inde , qui vient de m'être communiquée. Cette plante, qui me semble devoir constituer un genre particulier, appartenant trés-probablement à la famille des Palmiers, présente des feuilles pinnées, dont le pétiole commun est grêle et porte des folioles opposées, sessiles et même un peu embrassantes , assez éloignées les unes des autres. Ces folioles sont oblongues , lancéolées , à six ou huit nervures paralleles , toutes égales et trés-marquées ; elles paroissent quelquefois se déchirer au sommet, comme les folioles des Palmiers. Leur forme et leur disposition leur donnentsurtout de l'analogie avec les feuilles des Calamus ou Rotang. Nous AÉSIGHErONSPE ce genre fossile sous le nom de Zeugophyllites.

1 La plante figurée par M. de Sternberg sous le nom de Palmacites

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LS . . . p

caryotoides , pl. 48, fig. 2, si nous en jugeons d’après sa figure., paroît avoir bien peu d’analogie avec les Palmiers que nous connoïssons. Quant aux divers fruits cités par le même auteur sous le nom de Palmacites as:

trocaryiformis, Nœggerathi et dubius , il nous paroît peu probable qu’ils

appartinssent à la famille des Palmiers , surtout les deux derniers, que nous avons eu occasion d'examiner par nous-même et dont nous parlerons plus tard.

KL Sd

( 119 ) Parmi les organes de la fructification nous devons d’abord remarquer le fossile figuré par M. de Sternberg, tab. 41, fossile qui nous paroît avoir la plus grande analogie avee une spathe de Palmiers, comme ce savant l’avoit déjà pensé; peutêtre est-ce la spathe du Flabellaria borassifolia du même auur, si cette feuille appartient bien à la famille des Palmiers,

ou celle du Næggerathia foliosa.

Quant aux fruits, leur détermination est le plus souvent

difficile , soit à cause de leur conservation imparfaite, soit à PRE e e. F .

cause du nombre considérable de fruits vivans avec lesquels

il faut les comparer pour arriver à un résultat qui ait quelque certitude. Cependant il y a quelques genres faciles à reconnoître; tels sont le genre Cocos et les genres voisins (Bactris et Elaïs), faciles à distinguer à leur noyau percé de trois trous à sa base.

Nous en connoissons trois espèces déjà figurées plus ou moins exactement , et que nous citerons plus bas ; toutes trois pro-

viennent des terrains de sédiment supérieurs. Quelques autres

fruits fossiles de l’ile de Sheppey paroissent aussi se rapprocher de quelques fruits de Palmiers, et particulièrement des noyaux du Dattier; mais avant de nous prononcer sur les fruits nombreux de cette localité, il faut en faire un examen trés-approfondi, auquel nous n’avons pas encore pu nouslivrer.

On a cru aussi reconnoiître quelques fruits de Palmiers parmi les fossiles du terrain houiller. M. de Sternberg en cite trois, sous les noms de Palmacites astrocariiformis, Næggerathi et dubius. Le premier nous est complétement inconnu, et il nous paroit difficile de fixer avec quelque probabilité ses rapports avec les plantes vivantes. Cependant l'opinion de M. de Sternberg, à son égard , a plus de vraisemblance. Quant aux deux autres, nous possédons un assez grand nombre de fruits analogues à ces deux espèces, c’est-à-dire de fruits à trois et à six côtes ; mais il nous paroît peu probable qu’ils appartinssent à la famille des Palmiers. Les

fruits trigones qui paroissent constituer plusieurs espèces voisines du Palmacites Næggerathi de M. de Sternberg sont à trois valves et déhiscens. J’en ai vu un échantillon des mines de houillé d'Écosse dont les valves sont écartées , Caractère qui, comme on sait , ne se retrouve dans les fruits d'aucun Palmier. Les früits hexagones, qui constituent aussi deux ou trois espèces, ne peuvent pas être des fruits de Palmiers ; car dans tous les genres de cette famille où le fruit est symétrique, il est à trois parties et non à six; en outre, ces fruits paroissent

adhérens au calice et ressemblent assez au fruit des Musacés. |

Les Palmiers ÉnoNe donc fort rares dans les terrains houillers.

M. ‘de Sternberg pense aussi que le fruit figuré par M. Mantell' est un fruit de Palmier analogue à ceux des Corypha. 11 y a, en effet, beaucoup d’analogie entre cés fruits; mais nous exposerons plus bas, en parlant de la plante décrite par M. Mantell sous le nom de Clathraria Lyellii, les raisons qui nous font penser que ce fruit appartient à une autre famille de plantes SR

Tiges.

I. PALMACITES. Tiges cylindriques , simples , eouvertes de bases de feuilles pétiolées, à pétiole élargi et amplericaule à sa partie inférieure, k PALMACITES ECHINATUS ; Endogenites | Terr. de calcaire gros-

echinatus, Ad. Br., Descript. géol. des | sier inférieur.

envir. de Paris, p. 356, pl.10, fig.1.

Mie de ** Feuilles, 1. FLABELLARIA. Feuilles pétiolées , divisées en lobes linéaires disposés en éventail, plissés à leur base.

1, FLABELLARIA RAP#iroutA, Sternb., | Terrain marno-charfasc. 2, tab. 21. ‘ bonneux@@# "04 4 ie

1 Trans. géol., 2.° série, tom. 1, pag. 2, tab. 46, fig. 3 et 4.

C ail 2. FLABELLARIA LAMANoOxIsS ; Palmaci- | Terr. lacustre palæoles Lamanonis, Ad. Br., Class. des vég. | thérien. foss. l | | 3. FLABELLARIA PARISIENSIS; Palmaci- | Terr. de calcaire grostes parisiensis, Ad. Br., Descript. géol. . sier.- k. des env. de Paris, p. 364, pl. 8, fig. 2.

4.? FLABELLAR. BORASSIFOLIA, Sternb., | Terr. houiller. fase. 2, P+ 27) tab. 18. |

“III. PHŒNICITES. Feuilles pétiolées, pinnées ; folioles linéaires “ liées en deux à leur base, à nervures fines et peu marquées. Terrain de sédiment

PHŒNICITES PUMILA.

supérieur.

NIV. NŒGGERATHIA. Feuilles pétiolées, pinnées ; folioléé 10 vales presque cunéiformes , appliquées contre les parties latér@les du pétiole , dentées vers leur extrémité, à nervures fines a divergentes.

NœGcEratHtA rouosa , Sternberg, | Terrain houiller.

fasc. 2, pl.2

V. ZEUGOPHYLLITES. Feuilles pétiolées, pinnées ; folioles opposées, oblongues ou ovales , entières, à nervures très-marquées , en petit nombre , D eme à la ne et au sommet, loutes d’une égale en |

ZEUGOPHYLLITES CALAMOIDES. | Terrain houiller,

à *% Fructifications.

Vyr. COCOS. Fruits ovoïdes » légèrement trigones , marqués de trois trous vers leur base.

| je

“ 1. Cocos Burn, Burtin, Oryct. de [Terrain de Mimedt “Brux., pl 30; fig. À. supérieur.

} 2. Cocos déni: Park., Org. [Terrain de sédiment Temainÿ, 1 ,ph 7, fig. 1 — 3. supérieur.

\ 3. Cocos FAuyasri, Faujas, Ann, du | Ibid. |

| Mus., 1; pe 445, t. 29.

OR 07 } « 13. Faire. LILIACÉES.:

Quelques fossiles annoncent. l'existence de, cette belle fa-

mille parmi les végétaux de l’ancien monde; ces fossiles se rapportent à des tiges, à des feuilles, à quelques fruits et même à une impression de fleur. |

Parmi les feuilles, la mieux caractérisée est une empreinte trouvée à Armissan , près Narbonne, qui rappelle, au premier aspect, une feutlle de Sagittaria ; maïs qui, comparée avec plus de soin, ressemble surtout aux espèces de Smilax à feuilles cordiformes et presque hastées, telles que le Smilax aspera; la forme générale est à peu près la même, c’est-àdire que les lobes inférieurs , divergens, sont arrondis, et ne sont pas aigus, comme dans les diverses APCE de Sagittaires.

Ce caractère est plus important qu on ne le pénseroit parce qu'il est lié à la disposition des nervures. Dans les Sagittaires, plusieurs nervures principales se recourbent pour aller se terminer à l’extrémité de ces lobes, et déterminent ainsi leur forme plus ou moins aiguë. Dans les Smilax , les nervures se courbent, mais restent parallèles au bord de la feuille, et vont ensuite se terminer dans le lobe moyen : en outre , la disposition des nervures secondaires est assez différente dans ces deux genres, et celle qu’on observe dans la plante fossile, que nous indiquons ici, est tout-à-fait la même que dans les Smilax. k

Nous pouvons donc fortement présumer que ces feuilles proviennent d’une espèce de Smilax voisine du Smilax asperd ; cependant, comme la disposition des nervures dans les Tamus, dans plusieurs Dioscorea, pourroit donner lieu , dans d’autres

" 0 1 Sous ce nom, nous comprenons les Liliacées proprement dites et les Asparagées réunies par M. Rob. Brown sous le'nom d’4suliodélées , auxquelles nous pensons qu’on peut même arwer les Smilacées du

même auteur.

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éspéces, à la même forme que nous observons dans cette plante fossile, nous lui donnerons seulement le nom de Smilacites hastata. "

* D'autres feuilles, moins bien caractérisées, appartiennent peut-être à a cette famille; mais comme leur forme linéaire, k nervures parallèles, est propre à beaucoup de plantes mo- | nocotylédones, nous les laisserons parmi les espèces de AL | ie sous le nom de Poacites. |

« Nous remarquerons seulement que plusieurs espèces de ces (feuilles se trouvent dans le terrain houiller, et qu’il seroit | possible que les fruits dont nous avons parlé en traitant de la \famille des Palmiers , appartinssent aux mêmes plantes. En teffet. ces fruits sont trigones et déhiscens, comme ceux de (Plusieurs genres de la famille des Liliacées.

* Quelques végétaux fossiles du terrain de grès bigarré pa- |foïssent aussi se rapprocher, d’une manière même étonnantegde quelques plantes de cette famille. Je citerai particulière- ‘ment deux espèces de plantes à feuilles verticillées quatre par quatre ; ces feuilles sont linéaires, sessiles, elles paroissent minces et marquées de trés-légères nervures longitudinales ; l'absence presque complète de ces nervures est le caractère le plus important qui distingue ces impressions du Convallaria verlicillata. Si ces nervures étoient plus mariquées , les plantes fossiles ne paroîtroient différer que spécifiquement de la plante vivante que nous venons de citer. Dans l’une des espèces la tige est droite, et les feuilles étroites sont dirigées tout autour de la tige, comme dans le Convalla- | ria verticillala ; dans l'autre , la tige est courbée comme dans | le sceau de Salomon (Convallaria polygonatum) , et les feuilles, plus larges, mais cependant linéaires et verticillées, sont

Moutes dirigées du côté supérieur de cette tige, comme dans

Ja plante vivante que nous venous d'indiquer. Cette derniére espèce fossile participeroit donc à la disposition verticillée des feuilles du Convallaria verticillata, et à la direction de la

tige et des feuilles du Convallaria polygonatum ; malheureusement on ne voit sur ces empreintes aucune trace de fructification ; mais”ces plantes étant bien certainement monoco= tylédones, et le nombre des plantes de cette classe à feuilles: verticitlées étant tres-limité, les rapports que nous venons. d'indiquer acquiérent plus de valeur, et nous croyons qu’on, peut désigner ce genre fossile sous le nom de Convallarites ÿ. jusqu'a ce que de nouveaux échantillons, et surtout des traces de fructification, nous permettent de mieux fixer ses rapports avec les plantes du genre Convallaria. + $ Parmi les fossiles du terrain houiller on trouve, quoique rarement, des fragmens de tiges présentant des anneaux transi . Versaux qui entourent ordinairement toute la tige , mais dont les extrémités, surles échantillons bien conservés, se croisent comme l'insertion d’une feuille amplexicaule. Ces anneaux. d'insertion , très-rapprochés, sont fort analogues à ceux qu’on voit sur les tiges des Yucca, de l’Aletris fragrans ‘et de plusieurs Liliacées arborescentes. M. Artis a figuré une plante de ce groupe sous le nom de Sfernbergia transversa. | Ces tiges ont aussi beaucoup de rapports avec celles des A mais on n'a jamais trouvé dans ce terrain ni feuilles ni fruit qui indiquent la présence de ces végétaux. On peut done présumer que, lors de: la formation des terrains houillers , il existoit un très- -petit nombre de plante monocotylédones arborescentes, à tiges analogues surtout à celles des Yucca et des Aletris, , RRtO. des feuilles fort sem blables aussi à celles des plantes de cés genres, et dont les fruits auroient également été conservés dans ces terrains ÿ. mais cependant, comme l'analogie de ces tiges, de ces feuilles et de ces fruits avec la famille des Liliacées offre encore quelques doutes , ‘d’autres familles monocotylédones présentant à peu prés les mêmes caractères , nous préférons laisser ces portions de végétaux parmi les monocotylédones de famille douteuse. Quant aux fleurs, on n’en &@s

jamais vu de trace; car personne ne considérera comme télles

que M. Rhode à figuré sous ce nom; ces prétendues fleurs F ant, suivant toutes les probabilités, que des cristallisaons ou des infiltrations plus ou moins réguliéres, dans lesquelles on peut voir tout ce qu’on veut.

% Ce n’est que dans des terrains bien plus récens, à Monte- Bolca, qu’on a trouvé quelques impressions de fleurs, parmi lesquelles une paroît analogue à celles de quelques plantes de à famille des Liliacées ; en effet, on y reconnoit un périanthe

six divisions aiguës et un ovaire libre, conique, terminé ar un long style, à peu près comme dans les. Yucca; on n’y Wvoit plus de trace des étamines, qui étoient peut-être tomes. |

Outre les tiges du terrain houiller, dont nous avons parlé

Iborescentes de cette famille.

| De ces deux tiges l’une a été trouvée dans le grés de la férêt de Tilgate, et a été décrite par M. Mantell sous le nom ‘de Clathraria Lyellü; l'autre, provenant de Stonesfield , est Mibséréée dans la collection d'Oxford, et a été figurée par M. ISternberg (pl. 30) sous le nom de Conites Bucklandi. Elles présentent toutes deux un axe central, couvert de sillons ana-

Istomosés , et présentant ainsi une surface réticulée , à mailles tétroites, lancéolées, dirigées dans le sens de la Nfitieue de L a tige et trés-petites par rapport au diamètre de cette tige. Lutour de cet axe, qui représente la vraie tige, se trouve

Me écorce, ou est une fausse EE SH formée par la sou-

cé tte sorte d’écorce est marquée par les bases larges et rhom- | wi des feuilles ou de leur pétiole.

tillon conservé dans la collection de M. Lambert , à Londres,

( 226 :) et d'après ceux rapportés par M. Gaudichaud'. Quant au formes extérieures, une structure à peu prés semblable pa roît exister également dans les Cycas; mais l'organisation in: térieure des tiges est tout-à-fait différente dans les plante de cette famille, et un autre caractère que présentent le échantillons du Clathraria Lyellii, indique plus d’analog entre cette plante et les Xanthorrhea et peut-être les Dracæ l'axe dont nous avons parlé, est interrompu de distance d distance, et les fibres ou faisceaux vasculaires qui sillonne nf sa surface, se réunissent obliquement sur le côté de l’extrémit supérieure de ces morceaux; lorsque deux de ces portior d’axe se succèdent, on voit qu’il existoit sur ce point un large cicatrice arrondie , absolument semblable à celle que “produit sur les Dracæna l'insertion de l’axe de la panicule * insertion qui paroît avoir lieu de même sur les tiges de Xars thorrhea$. Enfin, la tige du Clathraria Lyellii est quelquefoi dichotome, comme celle des Xanthorrhea. Ce qui distingue cependant cette tige fossile de celles de ce genre de la Nouvelle-Hollande, c’est que, dans la plante vivante, les bases des feuilles qui forment cette fausse écorce, sont distinctes et seulement réunies par une matiere résineuse, analogue au sang- dragon. Dans le Clathraria, au contraire, l'écorce paroît d’un seul morceau et formée par la soudure complèti et intime des bases des feuilles ; ces feuilles sont aussi be: coup plus grosses dans la plante fossile et en’ moins grané nombre autour de la tige. ‘ ee: à

1 M. De Candolle à donné une figure d’un de ces derniers morceau! dans son Organographie, pl. 7 et 6.” | 4 2 Voyez la figure publiée par M. Berthelot des tiges de Dracen a Draco (Ann. des sc. nat.,t. 14, pl. 8, fig. 1). 3 Dans ces plantes la panicule de fleur doit, à ce que nous pensons être considérée comme terminale , et le raméau qui continue la tiges est au contraire latéral ; mais, par l'effet de son développement, il fai suite directement à la tige, et l’axe de La panicule est rejeté de côté.

| « ( 127 } » Dans la plante fossile de Stonesfeld on observe une structure très - -analogue à celle que nous venons de décrire, mais les bases des feuilles ne paroissent pas soudées en une écorce continue ; elles représentent des sortes d'écailles imbriquées, plus redressées vers le haut; ce qui établiroit.encore plus de ressemblance entre cette plante et le Xanthorrhea hastilis.

On n’a pas trouvé dans les deux localités où ces fossiles ont été découverts, de feuilles qu’on puisse rapporter avec quelque certitude à des plantes analogues aux Xanfhorrhea, Dra- “cæna, etc. À Stonesfield, au contraire , on a découvert des feuilles de plusieurs Cycadées; c’est ce qui nous avoit d’abord engagé à ranger ces deux tiges dans la famille des Cycadées, opinion que les raisons que nous venons de rapporter nous ont fait abandonner. On peut aussi présumer que la graine fossile figurée dans l’ouvrage de M. Mantell, sous le nom de Carpolithes Mantelli, appartient à une plante monocotylédone, et peut-être à la même que le Clathraria Lyellii.

Malgré l’analogie qui nous engage à rapporter ces deux sortes de tiges à la famille des Liliacées et à en rapprocher celles du terrain houiller, figurées par M. Artis, cependant

elles constituent trois genres bien distincts : l’un, plus voisin | des Yucca et des Aletris, pourra conserver le nom de Sternbergia, quoiqu'il fût peut-être préférable de ne pas donner à des plantes fossiles des noms déjà appliqués à des plantes vivantes; le second , se rapprochant davantage des Xanthorrhea, peut recevoir le nom de Bucklandia, qui rappelle celui d'un savant qui a fait faire tant de progrès à l'étude des fos- Msiles, et qui a surtout bien fait connoîitre ceux du même lieu Md’où cette tige provient; le troisième, fondé sur la plante de Tilgate , doit conserver le nom de Clathraria , puisque ce nom Me été Ôté aux plantes du terrain houiller qui le portoient d’abord et que nous réunissons aux Sigillaria.

( 128 ) * * Tiges.

T. BUCKLANDIA. Tige couverte de fibres réticulées, FRET, |

insertion à des feuilles non amplericaules dont les pétioles sont libres jusqu’à leur base. |

BucxranDrA sQuAMOsA; Conites Buck- |Terr. jurassique schislandi, Sternb., fasc. 3, tab. 30. | toïde. |

IT. CLATHRARIA.. Tige composée d’un axe dont la surface est couverte de fibres réticulées, et d’une écorce formée par la sou-. dure complète des bases des pétioles dont l'insertion est rhomboidale. | | pere Craruraria Lyecr, Mantell; Buck- [Terrain de mstvi

landia anomala , Sternb. , Tent. flor. | sableuse, |

prim., p. 33.

Le Feuilles. : ?

III. SMILACITES. Feuilles cordiformes ou hastées, traversées par une nervure moyenne plus marquée, el par deux ou trois nervures secondaires, de chaque côté, parallèles au bord de la feuille; nervures lertiaires réticulées. É SMILACITES HASTATAe | Terr. lacust. palæoth.

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