VAGUES DE TRANSLATION
ces effets sont limités^ parce que Tamplitude des oscillations séîsmiques est très faible. Pour que ces effets eussent un caractère cataclysmique^ il faudrait supposer à Técorce terrestre des oscillations plus amples et plus rapides qu'elles ne le sont réellement. Les traces de ces oscillations^ ou plutôt celles des déplacements de masses d'eau qui en auraient été la consé* quence^ n'existent nulle part.
A ««cDe profondear le moaTemenC de§ eaux ne §e Mt-n plvs tenllrt
— Les causes qui produisent les vagues^ les flots de fond^ la marée et les courants sont extérieures par rapport à la masse des eaux de l'océan; leur maximum d'effet se trouve à la surface des mers^ et leur influence doit cesser de se faire sentir à une faible profondeur. Quant aux vagues de translation^ elles ne se manifestent que lorsque les tremblements de terre agitent le sol sous-marin , c'est-à-dire^ pour un même points à de rares intervalles. Au-delà d'une certaine profondeur^ le calme le plus complet règne au sein des eaux; il n'est que rarement troublé par les secousses séîsmiques ou par les éruptions sousmarines. A cette profondeur^ les eaux n'éprouvent d'autres déplacements que ceux qui résultent de mouvements moléculaires plus ou moins lents et insensibles.
Quelle étendue dans le sens vertical faut-il supposer à la zone où le mouvement des eaux se fait sentir? En donnant à cette zone la même limite que celle qui marque le point où cessent les manifestations vitales^ on émet une appréciation plutôt trop forte que trop faible. Cette limite^ avons-nous dit^ est à 500 mètres de profondeur.
Les marées ne produisent que des courants superficiels. D'après les observations de M. Siau, nous savons que, dans la baie de Saint-Paul (ile Bourbon)^ le mouvement des vaguer
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o'eat plui sensible ui delà de 188 mètres de profondeur. Ce iKHnbre est un maximum fourni par l'observation directe. En plein océan, l'impulsion produite par les Togues doit se propager à une plue grande dislance dans le sens vertical, maii n'atteint certainement pas la profondeur de 500 mètres, qui Mt, en quelque aorte, un maKimum théorique. Quant aux courants, ils peuvent exister à une profondeur plus grande que celle qui est assignée aux vagues, mais il n'est nullement probable que quelques-uns d'entre eux pénètrent à uoe di!=lance de la surface de l'océan supérieure à 500 mètres. On cite comme exemple d'un courant régnant à une grande profondeur celui qui, venant de la cAte orientale de l'Afrique, est dévié à l'ouest par le banc de las Agulhas, situé dans le voisinage du cap de Bonne-Espérance. Ce banc est à une profondeur de 120 à 150 mètreB; on eu conclut que le courant qni Mit toutes ses sinuoeités, et qu'il oblige à changer de directioD, a une profondeur supérieure à la sienne. Or, il n'est pu nécessaire que le courant se fesse sentir jusqu'à une profondeur de 500 mètres^ pour que sa déviation , [nY>duile par sa rencontre avec le banc de las Agtilhas trouve une explication. Rappelons-nous que les courants naissent principalement BOue l'influence des vents et des variations de la lempératare des couches atmosphériques situées dans le voisiaage de la surface de l'océan; le mouvement de rotation de la terre et lents ont surtout pour effet de déter- T la direction des courants. Ceux-ci, e entre les tuasses d'eau inégalement ni ne doivent pénétrer à uoe grande -ber, pour ainsi dire, en siphon.
« sont essentiellement formés d'eau devoir, en vertu de cette circonstance,
l'océan se divise KEf DEUX EONES. 540
se diriger plutôt dans un sens vertical que dans an sens tiorizontai ; mais le maximum de densité de Teau est à +4^ et non à 0^. Les courants polaires s'établissent à la surface des eaux avec d'autant plus de facilité que leur faible salure diminue leur pesanteur spécifique. A mesure qu'ils s'éloi*gnent de leur point de départ^ leur température s'élève^ et les causes susceptibles d'amener leur inflexion vers les régions profondes de l'océan n'ont pas le temps d'apparaître. L'échange entre les eaux froides des p61es et les eaux chaudes de l'équateur semble s'effectuer plutôt par des courants latéraux que par des courants superposés. C'est ainsi que^ dans les parages au nord du Canaveral^ le long de la côte sud des Etats-Unis, on observe seulement des courants de marée près du rivage^ en-deçà de la distance où la profondeur est de 50 à 60 mètres; au-delà^ jusqu'aux plus grandes profondeurs qu'atteignent ordinairement les sondes^ règne un courant qui porte an sud ; quand la profondeur devient plus grande^ on trouve le gtdf'Stream qui va vers le nord. On a de plus constaté à l'est de ce dernier l'existence d'un contre-courant.
Quelle que soit la profondeur à laquelle pénètrent les coU'* rants marins y l'océan n'en doit pas moins présenter des régions où règne un calme complet, puisque, même à la sur* face du globe , certaines contrées n'offrent aucun courant. Le calme peut encore s'établir sur les points du sol sous-marin rencontrés par un courant, lorsque ce sol sous -marin est creusé de dépressions en forme de vallées abritées.
L'équilibre qui règne dans les profondeurs de l'océan est établi depuis longtemps; il ne saurait être troublé par les variations lentes et séculaires qui se manifestent dans la température de la partie de l'écorce terrestre en contact avec les eaux marines. On peut donc diviser la masse liquide qui en*
veloppe le globe en deux zones (^). L'une ne commence qu'à 500 mètres de profondeur et se continue jusqu'à la rencontre de la masse solide du globe ; aucun être organisé n'y peut pénétrer^ et les eaux y sont soumises à un calme qui n'est troublé que de temps à aulre^ tantôt par une secousse de tremblement de terre, tantôt par quelque éruption volcanique; dans cette masse immobile, la pression .et l'obscurité vont en augmentant, tandis que la température s'abaisse de plus en plus. L'autre zone est comprise entre celle dont il vient d'être question et la surface de l'océan; elle contient, selon l'expression de Humboldt, une exubérance de vie dont aucune autre région du globe ne saurait donner une idée. Ses eaux y sont sans cesse agitées par les vagues, les courants, la liiarée; elle est pour l'homme l'image de la mobilité.
C'est en nous plaçant dans un même ordre d'idées que nous avons vu (page 263) l'atmosphère se diviser en deux zones, dont la plus inférieure a 8000 mètres de puissance , et ne pourra jamais être franchie par l'homme. C'est dans cette zone que vivent tous les animaux à respiration aérienne, que le soleil devient un corps éclairant et que s'accomplissent tous les phénomènes dont l'atmosphère est le siège. S'il était donné à l'homme de s'éloigner de plus en plus de la planète qu'il habite , il subirait rapidement l'influence du milieu sidéral dans lequel notre globe est plongé. Il se rapprocherait de plus en plus d'une région où régnent un froid très intense, un silence absolu et une nuit éternelle.
(1) Voir la figure 26, page 668, pour la disposition et la puissance zones atmosphériques et océaniennes.
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