FORMATIONS FLUVIO-MARINES
parfaite des débris d'organisation végétale ou animale dont les terrains lacustres d'Aix, d'CEningen^ etc., nous fournissent les exemples.
vonaattoM flaTio-marioc». — Les terrains de transport échelonnés le long des fleuves, depuis leur source jusqu'à leur embouchure , n'ont qu'une durée éphémère; parmi ceux que nous pouvons observer, il n'en est peut être aucun dont l'origine remonte au-delà de l'ère jovienne. Les anciennes couches fluviatiles qui sont parvenues jusqu'à nous se sont formées sur les points par où les fleuves pénètrent dans l'océan ; elles se sont intercalées entre des couches marines, et c'est à cette circonstance qu'elles doivent leur conservation.
Les deltas sont essentiellement des formations fluviatiles; mais les lagunes qui en font partie peuvent être normalement ou accidentellement occupées par des eaux salées, habitées par des animaux vivant dans l'eau de mer ; les débris de ces animaux impriment aux dépôts qui s'édiflent dans ces lagunes un faciès marin; de là, l'intercalation de couches marines au milieu de^formations fluviatiles.
Un estuaire donne origine à des dépôts essentiellement marins; mais les fleuves qui se rendent dans cet estuaire, apportent, avec leurs sédiments, des débris d'animaux et de plantes terrestres ou lacustres; ces débris et ces sédiments, en se déposant sur le même point, déterminent l'intercalation de couches fluviatiles au milieu de formations marines.
Enfin, des fleuves très importants peuvent, même en dehors des estuaires, amener le dépôt de couches fluviatiles dans les eaux de l'océan. Le courant produit par le fleuve des Amazones conserve une partie de son impulsion jusqu'à plus de cent lieues de son embouchiire. Le courant équatorial qui vient
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de VkMtpJè oblige les eaux de ce fleute à dévier yen te nordouest; le» sédiments qu'il transporte se dirigent vers l'embouchure de rOrénoque; ils forment^ sur les côtes de la Guyane^ des hauts*fonds limoneux qui se convertissent en marais et puis en terre-ferme. Les terrains qui se constituent ainsi doivent probablement , au moins dans le voisinage de l'embouchure du fleuve des Amazones^ produire un mélange de couches fluviatiles et marines.
Dans le phénomène de l'accroissement des côtes de la Guyane et de l'Amérique intertropicale , il est un arbre qui joue un rôle que je tiens à rappeler afin de mettre en évidence la variété des nloyens employés par la nature pour arriver à un but déterminé. Cet arbre est le manglier {Rhizophora mangle), qui croit en abondance dans les lagunes et dans les plages maritimes. Ses branches se dirigent dans deux sens opposés ; les unes portent les feuilles et forment la tête de Tarbre ; les autres^ dépourvues de feuilles^ se dirigent en bas, s'enracinent dans la vase et constituent une sorte de plancher^ au moyen duquel on peut ^nétrer dans les forêts maritimes formées par le manglier. Aussitôt qu'un bas-fond est établi près du rivage , les mangliers viennent s'y fixer; ils accumulent, autour de leurs racines, de la vase et des débris flottants; le bas- fond, dit La ttèche, dans son Manuel de géologie , est consolidé, du côté de la mer, par les herbes rampantes qui y croissent sous les tropiques; du côté de la terre, il continue à s'accroître jusqu'à ce que le terrain qui touche à la côte ferme devienne trop sec pour les mangliers; ceux-ci sont bientôt remplacés par d'autres arbres plus appropriés au sol et notamment i)ar les cocotiers.
Enfin, les alternances de couches fluviatiles et marines peuvent être produites par les mouvements du sol lorsqu'ils se manifestent à l'embouchure des fleuves, et qu'ils sont, à des in-
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iervalles rapprochés^ successiyemeDt ascendants et descen^ dants.
Les formations fluvio-marines ont dû s'établir dès qne les fleuTes ont commencé à conter à la surface du globe , c'estràdire peu après le commencement de Tère tellurique. Mais c'est à dater de la période jurassique qu'elles se sont montrées avec les caractères que nous leur connaissons. Lb lignite ^ eiploité dans la partie méridionale de l'Areyron , sur le pla-* teau du Larzac^ a son gisement entre i'oolite inférieure et k terrain oxfordien; il s'est formé par voie de charroi, et, quoique accompagné de coquilles lacustres, il repose sur des couches marines et est recouvert par elles.
Le terrain oolitique d'Angleterre se termine par le groupe de Purbeck que nous décrirons plus tard ; ce groupe est une formation fluvio-marine où, au milieu de couches avec coquilles lacustres^ se trouve une assise avec fossiles marins {Ostrea dtS" torta , Hemicidaris purbeckensis).
Depuis la fin de la période jurassique jusqu'à l'époque actuelle , les formations fluvio-marines ont pris une importance sans cesse croissante. Plus tard, en étudiant chaque ter* rain, j'aurai l'occasion de mentionner la plupart d'entre elles.
AllerMineM 4e fôrmaU mi» uiarfiie» et «e forniatlottft taoMÉMS. -^
L'intercalation de couches marines dans un dép6t fluviatile et celle de couches fluviatiles dans un dépôt marin sont des phénomènes qui ne doivent pas être confondus avec les alternances de formations exclusivement marines et de formations exclusivement lacustres. Ces alternances résultent de ce que le même bassin ou la même contrée ont été alternativement recouverts par des eaux douces et par des eaux salées. Elles ont été signalées pour la première fois par Cuvier et Brongniart, dans
leur Description géologique des environs de Paris, publiée en 1810. Ils ont reconnu que la nier avait, à plusieurs reprises^ envahi et abandonné le bassin de la Seine; Tétude de ce bassin a même démontré que ce phénomène s'était répété , dans ce bassin, plus souvent qu'on ne Tavait cru d'abord.
Constant Prévost , dans un mémoire lu à l'Académie des sciences en 1827, a vainement essayé de réfuter la théorie des submersions itératives des continents, en faisant jouer aux formations fluvio- marines un rôle plus important que celui qui doit leur être accordé. Voici quelques-unes des conclusions du mémoire de G. Prévost : l*». Il n'existe aucun fait positif sur lequel puisse s'établir l'opinion que les mêmes points de la surface du globe , qui sont maintenant découverts , ont été plusieurs fois alternativement misa sec et submergés. 2®. Ceux de ces mêmes points qui constituent les parties basses de nos continents n'ont jamais cessé d'être un fond de mer, jusqu'au moment où un événement qui a causé la retraite des eaux leur a permis de recevoir et de nourrir les végétaux et les animaux terrestres dont les générations se sont succédées sans discontinuité depuis cette époque jusqu'à nos jours. J^. Les «alternances de dépôts marins et de dépôts d'eau douce ne peuvent prouver une suite d'irruptions et de retraites des mers^ puisque, dans le même bassin et au même niveau, des sédiments qui renferment des débris d'animaux de la mer se mêlent , se confondent avec d'autres qui ne contiennent que des coquillages fluviatiles, des plantes et des animaux terrestres, et que des phénomènes analogues ont incontestablement lieu simultanément dans la mer actuelle à l'embouchure des grands fleuves (t).
(1) Je crois devoir transcrire ici les autres conclusions du mémoire de C. Prévost, en faisant observer qu'elles ne sont admissibles que dans certains eat,