‹ Prodrome de géologie (volume 2)Chapitre 14 sur 149 · AVENIR DE NOTRE PLANÈTE · texte numérisé non relu

AVENIR DE NOTRE PLANÈTE

œoient de cette période ^ et que , depuis lors , elle n'a pas dis-paru de la surface du globe.

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Lors de la période cosmogonique^ Teau était reléguée vers la zone la plus extérieure de Tatmosphèrc terrestre; mais, depuis cette période jusqu'à nos jours, elle n'a cessé de tendre à se rapprocher de plus en plus du centre de la terre, d'abord en s'accumulant autour du globe sous forme d'océan, puis en s'insinuant de plus en plus dans les diverses parties de Técorce terrestre qu'elle accompagne, pour ainsi dire, dans son mouvement centripète. L'air atmosphérique obéit au même déplacement. Il est donc naturel de penser qu'il viendra, dans l'histoire de notre planète , un moment où le globe aura absorbé dans sa niasse la totalité de l'eau et de l'air atmosphérique qui l'enveloppent : alors, elle présentera la constitution actuelle de son satellite, elle sera passée à l'état de lune.

L'idée que je viens d'émettre, et que je crois parfaitement juste, a été introduite dans la science, il y a déjà quelque temps. Je la trouve formulée par M. Lecoq, dans ses Eléments de géologiey publiés en 1838 (tome II, page 303). Tout récemment, M. Ssemann l'a exprimée de nouveau : a En admettant, dit-il, pour la terre et la lune un point de départ identique et simultané , on conçoit que leur refroidissement a eu lieu en proportion de leur volume. Le volume de la lune étant le cinquantième de celui de la terre, la température y aurait baissé cinquante fois plus vite que celle de la terre, à conductibilité égale. Les époques géologiques de la lune, comparées aux époques correspondantes de la terre, auraient été d'autant moins longues, jusqu'au moment où la chaleur solaire a commencé à devenir un élément appréciable. La lune avance donc

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beaucoup plus rapidement que la terre dans la série des phénomènes que toutes les deux ont à parcourir^ et il serait logique de supposer que la terre présentera un jour les principaux traits qui caractérisent actuellement son satellite. Nous croyons donc que la terre verra disparaître à la longue Teau qui couvre sa surface et l'air qui l'entoure. La quantité totale de Teau sur la terre, comparée au volume de cette dernière^ est tellement faible y que les procédés ordinaires de l'analyse chimique ne trahiraient pas sa présence^ une fois qu'elle aurait été absorbée par le globe. On évalue le poids de l'océan à rr^ du poids de la terre^ ce qui^ réduit aux expressions ordinaires dont se servent les chimistes, donnerait en 100 parties : roche, 99,9958 ; eau, 0,0042. »

Je n'insisterai pas plus longtemps sur cette question qui m'occupera de nouveau dans ce chapitre et sur laquelle j'aurai l'occasion de revenir, lorsque je parlerai de la circulation de l'eau dans les profondeurs de l'écorce terrestre.

Eu étudiant les phénomènes volcaniques, nous verrons qu'ils établissent une analogie de plus entre l'état actuel de la lune et le futur état de notre planète.

Noos venons de suivre le globe dans ses transformations successives, et nous avons pu reconnaître quelle est , en dé6nitive, la structure qu'il doit offrir dans un avenir éloigné, mais certain. Pouvons-nous porter notre pensée au delà? Nous ne le pensons pas. Ce qu'il nous parait permis d'affirmer, et ce qui sera démontré dans la partie de cet ouvrage consacrée à l'étude des phénomènes volcaniques, c'est que la terre n'est pas destinée à se briser en fragments sous un dernier effort de Inaction intérieure ; elle ne doit pas fournir les éléments de planètes télescopiques semblables à celles qui parcourent les régions situées au delà de l'orbite de Mars.

CONDITIONS PE l4'i;XI8TENG£ SIDÉRALE , ETC. 123

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iNmrm — ^.'observation directe démontre que la température a été en s'abaissant a la surface du globe depuis les premiers tempfS géologiques jusqu'à nos jours. Cet abaissement de temr pérature et les alternatives qu'il a subies peuvent s'expliquer, en m^eure partie, par des modifications correspondantes dans le relief du sol. Mais cette cause n'étant pas à elle seule suffi* santé di^ns l'explication du phénomène , on doit admettre un affaiblissement dans les sources de cbaleur qui existent autour de nous. Le phénomène étant général, persistant, sa cause présente les mêmes caractères et n'est autre que celle qui a fait passer notre planète de l'état gazeui^ à l'état de fluidité ignée, et qui, en dernier lieu. Ta recouverte d'une enveloppe solide. Non-seulement notre planète, mais aussi le soleil, tous les corps sdides dont se compose le système planétaire et le milieu sidéral dans lequel ces corps sont plongés, se sont refroidis, La chaleur d'origine s'est dispersée, soit dans le milieu très-froid qui jadis enveloppait la nébuleuse planétaire , soit dans les régions successivement parcourues par notre système planétaire supposé mobile, Il nous importe peu de savoir comment s'est acoomplie cette dispersion de chaleur qui, pour se manifester, a demandé un espace si étendu et un temps si prolongé : c'est là une de ces grandes questions d'astronomie qui portent l'inSni avec elles et qui confondent notre intelligence.

Tout s'est donc refroidi autour de l'atmosphère terrestre» et il en a été de même pour cette atmosphère : moins de cha^ leur lui est arrivée non-seulement de l'espace interplanétaire, mais aussi du soleil et du centre de la terre.

Cette différence entre la température du milieu sidéral pen-* dant les premiers temps géologiques et celle du même milieu

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pendant Tépoque actuelle , est peu considérable et ne peut pas dépasser 5°. Tl ne faut pas, en effet, perdre de vue que Ton doit chercher dans l'espace interplanétaire, dans le soleil ou dans la masse du globe, non la cause unique de rabaissement de la température à la surface de la terre , mais un complément nécessaire à des causes que nous indiquerons, dans le cours de cet ouvrage, comme ayant exercé une grande influence sur les modifications climatologiques.

Un rôle plus important dans les révolutions du globe a été assigné à des changements survenus dans son axe de rotation. On conçoit que des géologues, surtout les partisans des causes violentes, aient été entraînés à chercher dans l'astronomie les solutions qu'ils ne pouvaient trouver ailleurs, par suite de l'énergie qu'ils supposaient aux révolutions géologiques. Or, si un changement d'axe de rotation pouvait se produire, les idées des personnes qui voient dans l'histoire de la terre des cataclysmes généraux paraîtraient très-fondées.

Arago, examinant l'hypothèse d'un changement d'axe de rotation, suppose que le nouvel axe passe par Brest : «Cette ville, dit'il, étant devenue le pôle, toute la presqulle de Bretagne se trouverait dans un repos presque absolu : l'océan qui la baigne à l'ouest ne serait pas dans le même cas, parce qu'il se trouve seulement posé sur la charpente dont son ht est formé. Les eaux se précipiteraient donc en masse sur un rivage qui désormais ne fuirait plus devant elles, et cela avec l'ancienne vitesse du parallèle actuel de Brest , avec une vitesse de près de cinq lieues par minute. »

Je supposerai, à mon tour, que la nouvelle ligne équatoriale vînt à passer par les pôles. Le rayon terrestre étant aux pôles plus court qu'à l'équateur, les eaux trouveraient devant elles deux vastes dépressions de plus de âO kilomètres de profon-

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